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Gaza : sept raisons de manifester !

À l’appel du Collectif national pour une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens, et de nombreuses organisations politiques, syndicales et associatives. De telles manifestations unitaires ont également lieu dans de nombreuses villes. Nous les soutenons.

1- Refuser que l’on puisse massacrer des enfants, des femmes, des civils innocents

Le dimanche 20 juillet, 502 Palestiniens avaient déjà péri depuis le début de l’opération de punition collective lancée par le gouvernement israélien et près de 3 500 autres avaient été blessés. Selon le bureau de l’ONU chargé des affaires humanitaires, 70 % des victimes sont des civils et 21 % sont des mineurs.

L’offensive aérienne et maritime lancée contre Gaza s’étend maintenant à un assaut terrestre. En 2008-2009, l’opération « Plomb durci », un assaut terrestre elle aussi, avait causé la mort de 1 400 Palestiniens dont plus de 700 civils.

Pendant plusieurs jours, les principaux médias ont minimisé l’ampleur du drame vécu par les Gazaouis. Les morts et les blessés n’avaient ni visage, ni nom, ni prénom, ni âge. Mais petit à petit, la vérité a fini par s’imposer et certains morts et blessés palestiniens ont fini par retrouver un visage.

Les 8 Palestiniens qui, le 9 juillet, regardaient tranquillement la demi-finale de la coupe du monde de football (Argentine–Pays-Bas), dans un café de Khan Younes, pouvaient difficilement passer pour des « terroristes ». Ils ont pourtant été réduits en pièces par un missile israélien.

Quatre personnes handicapées qui vivaient dans un foyer ont, selon l’AFP, été tuées dans le nord de Gaza, le 14 juillet, après un bombardement sans préavis par l’aviation israélienne, 3 autres personnes handicapées ont été gravement brûlées.

Quatre enfants ont été fauchés par un missile sur une plage de Gaza, à quelques centaines de mètres d’hôtels où logeaient des journalistes occidentaux. Le groupe d’enfants se trouvait sur cette plage de pêcheurs pour jouer au football. Un premier missile a tué l’un de ces enfants explique le New York Times. Alors que les autres garçons se mettent à courir, une deuxième frappe atteint le groupe, et en a tué trois autres.

TF1 et France 2 ont filmé l’ignominie à Sderot, une ville israélienne à deux kilomètres de la bande de Gaza : des Israéliens pique-niquant, en assistant au spectacle des bombardements sur Gaza.

L’offensive terrestre a aggravé la violence de l’intervention. Dès le vendredi matin, 30 Palestiniens étaient tués. Parmi eux deux enfants âgés de 4 et 7 ans, ont été tués vendredi par des tirs de chars israéliens. Dans la nord de la bande de Gaza, au moins cinq membres d’une même famille dont des femmes et un enfant ont été tués également. Le dimanche 20 juillet, dans la seule banlieue Est de Gaza (Chayaya), plus de 100 Palestiniens ont été tués dont de nombreuses femmes et de nombreux enfants.

Malgré les appels internationaux à épargner les civils, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a affirmé qu’il était prêt à « élargir » encore son assaut contre la prison à ciel ouvert (quand l’aviation israélienne ne sème pas la mort), que constitue la bande de Gaza.

2 - Ne pas accepter l’hypocrisie qui consiste à renvoyer dos-à-dos le « David » israélien et le « Goliath » palestinien

Israël possède l’une des armées les plus puissantes du monde, munie des armes les plus sophistiquées, dont l’arme nucléaire. Pourtant, cette armée nous est présentée comme le David israélien face au Goliath palestinien et ses centaines de roquettes.

La réalité est tout autre que cette fable : 502 morts d’un côté, pour l’essentiel des civils. 20 morts de l’autre dont 18 soldats.

Les habitants de Gaza n’ont aucun « Dôme de fer » à leur disposition pour protéger leur population. Les « frappes chirurgicales » et autre « riposte graduée » ne sont que des artifices de langage pour dissimuler la punition collective que le gouvernement israélien est en train d’infliger à la population de la bande de Gaza.

Le 16 juillet, au 9e jour des bombardements, l’armée israélienne avait demandé à 100 000 habitants de Gaza d’évacuer leur domicile.

Quelle hypocrisie ! Où pouvaient-ils aller ?

S’enfuir à la nage ? Cela n’aurait même pas été possible puisque que l’aviation et la marine israéliennes organisent le blocus de Gaza.

Franchir la frontière égyptienne ? Seuls les blessés et ceux qui sont de nationalité égyptienne sont autorisés à franchir le seul terminal, celui de Rafah, à la frontière égyptienne.

Aller se réfugier un peu plus loin dans la bande de Gaza ? Mais c’est une des zones les plus peuplée du monde (2 millions de personnes vivant dans la misère, soumis au blocus israélien, entassés dans une bande de 6 à 12 kilomètres de large sur 41 kilomètres de long) et, de toute façon, Israël bombarde tout, sans discernement.

Israël justifie ces attaques par la destruction des bases d’où partent les roquettes qui visent Israël mais qui détruit les bases aériennes, maritimes, terrestres d’où partent les avions, les missiles, les obus, les chars qui tuent les Palestiniens par centaines ?

3 - Refuser que le Président de la République française adopte le point de vue du gouvernement israélien

Dans le communiqué de l’Élysée du 9 juillet, François Hollande n’a pas eu un seul mot pour les victimes palestiniennes, alors que selon l’ONU, l’offensive israélienne avait déjà tué 82 Palestiniens, en grande majorité des civils et un seul Israélien. Après s’être entretenu avec la Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, le Président de la République avait exprimé « la solidarité de la France face aux tirs de roquettes en provenance de Gaza ». Il a rappelé qu’il appartenait « au gouvernement israélien de prendre toutes les mesure pour protéger sa population face aux menaces ».

Mais qui protège le peuple palestinien ?

Comment est-il possible que François Hollande ait pu apporter son soutien à un chef gouvernement de la droite dure, dont le ministre des Affaires étrangères est Avigdor Lieberman, dirigeant d’une formation de la droite extrême « Israël Beytenou »  ? Lors de la deuxième intifada, en 2002, Agvidor Lieberman, avait prôné « le bombardement des stations d’essence, banques et centres commerciaux palestiniens » et exigé « le transfert partiel des Arabes israéliens, une communauté de 1,3 million de personnes, vers les territoires palestiniens » [1]. Alors que les transferts de population constituent, aux yeux du droit international, des « crimes contre l’humanité ».

Pouriah Amirshahi, député (PS) des Français de l’étranger pour la zone Maghreb/Moyen-Orient avait aussitôt demandé « Qu’on m’explique où est l’esprit des Lumières lorsqu’on encourage des personnes à la vengeance par tous les moyens possibles ».

Le gouvernement israélien qui cherchait une légitimité pour son offensive militaire et sa politique de représailles qui frappe aveuglément les populations civiles palestiniennes, s’est aussitôt réfugié derrière ce communiqué en affirmant : « Le président français François Hollande m’a donné raison et a même publié un communiqué condamnant les tirs de roquettes ».

François Hollande a fini par déclarer : « La sécurité de toutes les populations civiles doit être assurée et l’escalade doit cesser », mais seulement après les déclarations en ce sens du Secrétaire général de l’ONU.

Il a fallu le début de l’offensive terrestre pour que le président de la République arrête de renvoyer dos-à-dos David et Goliath et appelle l’État hébreu à exercer « la plus grande retenue ».

4 - Ne pas accepter que le monde soit partagé, comme dans les westerns racistes, entre les « bons cow-boys » et les « méchants indiens »

C’est pourtant l’habituelle propagande de l’État d’Israël, pour qui Israël serait « une villa dans la jungle ».

Le site du porte-parole de l’armée israélienne, le 10 juillet, adoptait pleinement ce point de vue en demandant à ceux qui visionnaient ses simulations d’imaginer ce que signifierait la portée des roquettes palestinienne si Gaza était proche de la ville qu’ils habitaient : Londres, Paris, Bruxelles, Lille…

Mais ce site se gardait, bien évidemment, d’inverser ce point de vue en demandant à un habitant de Londres, Paris, Bruxelles, Lille ce que pourrait bien représenter pour lui le fait d’être soumis aux bombardements constants de l’aviation israélienne.

5 - Parce qu’il n’y a aucune solution militaire, ni pour le peuple palestinien, ni pour le peuple israélien

Le gouvernement israélien prenait prétexte de la division des Palestiniens pour ne pas négocier avec les Palestiniens. Mais dès que les Palestiniens ont mis sur pied, le 2 juin, un nouveau gouvernement d’unité, soutenu aussi bien par le Fatah que par le Hamas, Israël l’a aussitôt considéré comme une menace. C’est là la cause fondamentale de l’offensive israélienne qui, comme toutes les offensives, tente de se justifier en se présentant comme une opération défensive.

« Dix jours plus tard, l’enlèvement de trois jeunes Israéliens a donnée lieu à un ratissage de la Cisjordanie qui n’avait pas pour objectif de retrouver ces garçons – on savait dès le lendemain qu’ils avaient été tués. Le but était de faire payer aux Palestiniens le prix à la fois de ces assassinats et de cet accord » écrivait l’historien israélien Zeev Sternhell dans l’Express du 15 juillet.

La fuite en avant du gouvernement israélien est une tragédie pour le peuple palestinien et le peuple israélien.

La solution ne peut être que politique, négociée et organisée autour des résolutions de l’ONU les résolutions 242 et 1515, notamment.

La résolution 242 affirme le principe du retrait des forces israéliennes des territoires occupés lors de la guerre « des six jours » : Gaza, Cisjordanie, Golan, Jérusalem-est…

La résolution 1515 affirme la vision de l’Onu d’« une région dans laquelle deux États, Israël et la Palestine, vivent côte à côte, à l’intérieur de frontières reconnues et sûres »…

6 - Parce que, afin d’agir pour la paix au Moyen-Orient, ce n’est pas en Égypte ou en Isral que devrait se rendre Laurent Fabius, mais à Gaza !

7 - Parce que la liberté de manifestation doit être garantie et protégée dans notre pays.

Vidéo

Rassemblement de Bellerive : retrouvez les interventions à la tribune

Du 20 au 22 juin, les socialistes contre l’austérité se sont rassemblés à Bellerive-sur-Allier. Démocratie & Socialisme a contribué, à son niveau, au succès de ces journées. Nous vous invitons à retrouver les propos tenus durant ces débats dans les vidéos ci-dessous.

Samedi 21 juin, matin : La réforme territoriale


Bellerive 2014 La réforme territoriale Partie 1 by 2014bellerive


Bellerive 2014. La réforme territoriale Partie 2 by 2014bellerive


Bellerive 2014 La réforme territoriale Partie 3 by 2014bellerive


Bellerive 2014 - La réforme territoriale Partie 4 by 2014bellerive


2014 Bellerive - La réforme territoriale Partie... by 2014bellerive

Samedi 21 juin, après-midi : Débat sur l’état du PS et de la gauche

Partie 1


Bellerive 2014 - Débat sur l'état du PS et de... by 2014bellerive


Bellerive 2014 - Débat sur l'état du PS et de... by 2014bellerive

Intervention de Christian Picquet de la Gauche Unitaire


Bellerive 2014 - Intervention Christian PICQUET by 2014bellerive

Intervention de Pouria Amirshahi, député socialiste des français de l’étranger


Bellerive 2014 - Intervention de Pouria Amirshahi by 2014bellerive

N’hésitez pas à partager ces vidéos dans votre entourage pour soutenir la démarches du sursaut des socialistes contre l’austérité.

Succès du rassemblement des socialistes contre l’austérité

Appel de Bellerive-sur-Allier

Adopté à l’unanimité des présents, le dimanche 22 juin 2014

Nous socialistes réunis les 20-21-22 juin à Bellerive sur Allier, nous sommes venus de 65 départements à l’appel de différentes sensibilités du Parti socialiste. Indignés et mobilisés contre la politique du gouvernement, contre l’austérité, contre le chômage de masse, nous demandons l’application des engagements du discours du Bourget qui ont fait la victoire de mai-juin 2012. Le pacte de responsabilité, la « politique de l’offre » et la baisse du « coût du travail » n’ont jamais été dans le programme du candidat président. Si des millions d’électeurs de gauche se sont abstenus aux municipales et aux européennes, c’est parce qu’ils ne se reconnaissent pas dans la politique suivie depuis 20 mois.

Les électeurs de gauche n’ont pas voté pour donner 41 milliards sans contrepartie aux employeurs. Ils n’ont pas voté non plus pour une austérité budgétaire de 50 milliards d’euros. Nous, socialistes, voulons une réorientation de la politique du gouvernement et une finance soumise aux exigences de l’économie. Nous voulons la mise en œuvre d’un nouveau mode de développement écologique et durable. Nous voulons la réduction du temps de travail pour renouer avec le plein emploi et assurer le maintien des retraites. Nous voulons redistribuer les richesses par une augmentation significative des salaires. Nous voulons une réforme fiscale, avec un impôt progressif et direct, qui s’attaque au capital, aux dividendes, aux fraudes fiscales. Nous voulons faire reculer les inégalités, défendre et élargir les services publics, renforcer le droit du travail, contrôler les licenciements et relocaliser les emplois.

Nous pensons que ces aspirations sont majoritaires dans notre parti, dans le salariat, dans la population. Il n’y a aucune fatalité à la prétendue « mort de la gauche » si nous menons une politique économique et sociale de gauche responsable et courageuse, tout simplement en étant de gauche, en incarnant la gauche, en agissant à gauche ! Avec 40 % du bureau national du PS et avec « l’appel des 100 députés » socialistes, nous soutenons pleinement les élus, députés et sénateurs socialistes qui s’opposent à l’austérité à l’occasion du collectif budgétaire. Nous voulons que le pouvoir émane des parlementaires et non que tout soit décidé par un seul homme.

Ensemble et en confrontant, en rapprochant nos points de vue, nous nous sommes préparés ce week-end aux échéances sociales urgentes et aux débats nécessaires et programmés (états généraux, congrès) au sein du Parti socialiste et de toute la gauche. Nous savons que rien de grand ne s’est jamais fait sans unité de toute la gauche. Convaincus que le rassemblement de Bellerive-sur-Allier préfigure un rassemblement plus large, nous appelons à un gouvernement d’union de la gauche, rouge, rose, vert qui repose sur la majorité de l’Assemblée nationale et sur le mouvement social mobilisé. Nous appelons au sursaut des socialistes et de toute la gauche.

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Enregistré par "La Clé des Ondes" - 90.1 FM

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À l’ombre du mur de basalte, par Julien Guérin

Livre à découvrir

Les rédacteurs de D&S publient


- Jean-Jacques Chavigné et Gérard Filoche ont publié ensemble « Une vraie retraite à 60 ans, c’est possible » (Jean Claude Gawsewitch, 2010). Ce livre en est la version 2013, actualisée.



- La gauche radicale en Europe, coécrit par notre ami Philippe Marlière.



-  Le choc
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Par Gérard Filoche, Jean-François Claudon, Cyril Gispert et Jean-Jacques Chavigné.

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En 10 questions, 10 réponses, les deux auteurs avancent leurs propositions après un passage en revue détaillé de toutes les solutions présentées : de la restructuration des dettes publiques aux plans d’austérité en passant par la « règle d’or », la sortie de la zone euro, les euro-obligations ou la monétisation des dettes publiques.



- "Une vraie retraite à 60 ans, c’est possible" de Jean-Jacques Chavigné et Gérard Filoche - Éd. Jean-Claude Gawsewitch
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