Face à la droite menaçante, Ancrer le PS à gauche
L'orage gronde. La bande à Chirac, Raffarin, Juppé, Fillon avance vite, très vite. Ils ont tergiversé tout l'été, fait traîner, et masqué leurs p'rojets, mais le Medef les pousse et ils accélèrent : baisse des impôts des riches, cadeau des cotisations sociales aux employeurs, suppression des emplois jeunes, allongement de la durée du travail, de jour, de nuit, diminution des congés payés, baisse du Smic, abrogation de la loi de modernisation sociale, ils foncent maintenant. Cela ressemble fortement à Juppé en automne 1995. Le "projet de loi relatif à la durée du travail" posé en conseil des ministres le 18 septembre, sera à l'assemblée début octobre et va supprimer les conquêtes sociales des cinq dernières années. Ils privatisent Air France, et commencent avec GDF, demain EDF. Ensuite ils programment leur stratégie pour la destruction de nos retraites au cours de l'été 2003.
Les libéraux attaquent. Pas à moitié, mais fermement, presque frontalement. Ils n'ont encore devant eux, que la grève du 3 octobre et la manifestation nationale d'EDF. Emploi, conditions de travail, salaires, statut, garanties collectives, défense du service public, les cinq syndicats d'EDF-GDF mobilisent. Les salariés d'Air france s'y joignent et tous ceux qui veulent défendre nos services publics lancent des appels unitaires de soutien. C'est le début d'un affrontement de classe qui, tôt ou tard, va être décisif.C'est pour cela qu'il faut l'unité syndicale, et qu'il faut une gauche politique combattante. Le débat qui a traversé toutes les composantes de la gauche et de l'extrême gauche devrait porter sur les questions fondamentales : quel programme pour le salariat, pour les retraites, contre le capital financier, pour le socialisme. Quelles ruptures claires avec le libéralisme ? Quelle unité nouvelle de toute la gauche sans exclusive, ni préalable dans le respect des sensibilités de tous ? Quel engagement aux côtes des luttes sociales, depuis EDF et Air France jusqu'aux sans-papiers ? Dans les mois qui viennent les tests des conflits sociaux vont se succéder.C'est au sein du PS que passe le débat essentiel. Parce que c'est là que l'alternative se joue. La Gauche socialiste a conservé son unité et doit surmonter toute force centrifuge pour, d'un même pas, construire un "pôle de gauche" et trouver les ouvertures nécessaires pour faire basculer le parti tout entier vraiment à gauche. Ça se sait, une telle bataille ne se gagne pas "au centre", il y faut un rapport de force : c'est à Argelès sur Mer, les 27-29 septembre que doit se faire le premier regroupement, sur un premier document politique de fond, qui doit lancer un "appel" à toutes les autres composantes susceptibles de tirer les leçons du 21 avril. Il faut la force maximum à ce pôle de gauche. La dynamique est à contruire et elle doit associer, élargir, ouvrir les alliances capables de faire basculer le parti à gauche, d'empêcher les "blairistes" de prendre le contrôle de l'appareil. Nous savons ce qu'il en a coûté à la Gauche travailliste de n'avoir pu empêcher la coupure délibérée du parti d'avec les syndicats, d'avoir laissé les droitiers faire un putsch, changer les statuts, couper les ponts avec le mouvement social. La Gauche socialiste a adopté à l'unanimité à Nantes, des thèses extrêmement précises en ce sens. Ces thèses sont sa carte de visite, sa référence, son projet. Cette orientation politique mûrie fait sa force. Et cette force, basée sur une longue tradition militante, sur une histoire venue de loin, sur de nombreux documents politiques fondamentaux additionnés depuis 1995-96 notamment, est au service de la transformation du Parti socialiste, du mouvement social et de toute la gauche.