- Pas de Chérèque en blanc, pas de Chereque sans provision...46% de voix pour interdire les licenciements boursiers...
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- CFDT : congrès de transition
ou de continuité?
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- Près de 6 ans après le mouvement social de Novembre 95 qui avait « secoué » toute l'organisation, trois ans et demi après le congrès de Lille, la CFDT réunissait deux mille militant(e)s pour son 45ème congrès confédéral à Nantes fin Mai.
Durant cette période, la CFDT a été confrontée à plusieurs départs d'équipes militantes ( ANPE, Michelin, Sycopa, etc...) mais a continué à progresser en adhérents. Le seul événement attendu de ce congrès était le départ de Nicole Notât remplacé par François Chereque.
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Les journalistes et observateurs ont découvert une CFDT diverse. Denis Andlauer, secrétaire de l'Union fédérale des Cheminots donnait le « la » dans son intervention en s'affirmant heureux. « Heureux d'être dans une confédération , d'avoir fait le choix de rester à la CFDT en nous opposant à l'éparpillement syndical. Heureux d'avoir pu négocier un accord qui a permis l'embauche de 26 000 jeunes. » En souhaitant que Chereque ne pratique pas un syndicalisme « masochiste » sur les retraites et que la CFDT s'affiche moins aux côtés du MEDEF pour continuer à être heureux .
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Marie Christine Dufresne, secrétaire de FUD Haute Garonne, surenchérit : « Développer la CFDT, oui nous sommes pour, faire une CFDT forte et efficace, oui nous sommes pour, mais pour une structuration allant vers encore plus de centralisation, éloignant les équipes de tous les lieux de débats, de confrontation, d'échanges, fragiliser V interprofessionnel, source de notre enrichissement mutuel, c'est à terme scléroser notre organisation, c'est vouloir bâtir un colosse aux pieds d'airain, un jour ou l'autre, nous le regretterons. »
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Entre présidentielles et législatives.
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- La date choisie située entre les présidentielles et les législatives a donné un éclairage particulier aux interventions,
beaucoup ont porté sur la responsabilité du syndicalisme dans la période. « La résistance organisée avec l'aide de notre Observatoire des Libertés a permis aux municipaux CFDT de Vitrolles de remporter la majorité des sièges aux élections de Novembre 2001 et de faire mettre quasiment sous tutelle une équipe municipale en infraction constante avec le code des communes. Nos concitoyens, et surtout pour ce qui nous concerne, les employés, les ouvriers, tous les travailleurs qui nous entourent, se sentent, se vivent dans un environnement d'incertitude sociale, d'incertitude environnementale, et pour se rassurer ils vont se raccrocher aux leurres de l'extrême droite. » déclare Jacqueline Eyraud Giraud, secrétaire de l'URI (Union Régionale Interprofessionnelle) PACA.
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- Nicole Notât, Super Star !
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- Ce congrès a été dominé par la dernière prestation de Nicole Notât. L'ex- secrétaire générale a eu l'art de retourner les événements et les faits en sa faveur : seuls 22% des mandats se sont exprimés contre le quitus.
Ainsi, à propos des 35H, revendication portée par toute la CFDT depuis longtemps, alors que la secrétaire générale n'a jamais défendu l'idée d'une loi, elle dit au congrès que les militants CFDT ont réalisé à cette occasion un mouvement social qu'elle oppose à celui de 95.
De même elle arrive à positiver la refondation sociale : « Devrait-on conclure que le bilan de la refondation sociale n'est pas brillant ? Ce serait un manque de discernement.»
- Quant à la mondialisation, après l'avoir prévue heureuse, elle dit : « il est urgent de d'abandonner la chimère du culte de l'Etat faible qui garantirait la prospérité de tous.»
- Par contre incontestablement, la CFDT toute entière a su organiser un certain nombre d'équipes dans les PME / TPE, souvent dans des secteurs défavorisés , ce qui lui a permis de se renforcer. Nicole Notât a voulu donner la négociation comme fil à plomb et leit motiv à la CFDT. Ils ont été nombreux à exprimer que cela ne suffit pas.
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- Une pratique syndicale contestée
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- Claude Debons, secrétaire de la Fédération des Transports, interroge : « La stratégie CFDT mise en œuvre ces dernières années a t-elle pris à bras le corps les questions qui ont surgi du fond des urnes ? »
- Monique Coutaux, de l'Enseignement Privé précise : « II faut que la CFDT porte plus l'image de propositions créatives, capables de répondre aux aspirations des salariés, sinon comment s'étonner que de nombreux salariés aient eu le sentiment d'avoir été oubliés »
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« Le clivage entre ceux qui créent les richesses et ceux qui se les approprient pour dominer est toujours fondamental et structurant de l'histoire du monde et de l'action du syndicalisme » affirme René Defroment, secrétaire de l'URI Auvergne, l'organisation qui a le plus progressé ces trois dernières années.
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- A ce congrès, les syndicalistes ont retrouvé une liberté de parole et la contribution critique a été importante. « Oui, il y a des contradictions entre les médias, les idées, les revendications de toutes nos composantes. Mais nous devons apprendre à les résoudre par le débat et non en amenant certains militants à sortir de la CFDT. Savoir vivre ensemble, c'est la vocation première d'un syndicalisme confédéré de masse. Comment faire progresser notre taux de syndicalisation si nous éliminons, sélectionnons ? », affirme Sylvie Courtois du syndicat Prévoyance et Retraite de Paris.
- « Une CFDT forte oui, oui mais également ouverte. Une CFDT claire oui, mais aussi riche de ses différences. » confirme Marc Bréteil métallurgiste parisien.
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- Les contradictions apparaissent bien sur les retraites
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« Le sentiment de mon syndicat, c' est que le congrès de Nantes ne sera pas d'un grand cru. Les résolutions proposées par le Bureau National sont évidemment bien construites mais n'affichent pas des principes forts, en particulier sur les retraites » s'exprime le représentant du syndicat CFDT de la Métallurgie de Marcoule.
- « Pour nous, il n'est pas de question de fonds de pension, fussent-ils à la française. Souvenons nous d'ENRON. Puis, quelle différence y aurait - il entre les capitalismes américain et français ? Aucun. Les dangers sont les mêmes. Pour nous, il est primordial qu'aucun retraité ne perçoive une pension inférieure au SMIC. Idem pour les pensions de reversion...
Pour nous, les comptes individuels doivent être indexés, non plus sur les prix mais sur l'évolution des salaires », poursuit le représentant du syndicat de la Métallurgie Lorraine.
- René Defroment, de l'URI Auvergne enfonce le clou :
« Toute la CFDT est pour l'égalité «public/ privé », mais nous disons l'égalité pour le progrès : 37, 5 annuités pour tous. Pourquoi les salariés qui réduisent leur temps de travail sur l'année, notamment pour créer de l'emploi, rallongeraient-ils leur temps de travail sur la vie ? »
- En refusant de se situer dans cette démarche, Nicole Notât a dû faire face à une bronca dans la salle. Les critiques se sont aussi exprimées sur la précarité et sur les salaires :
- « Oui, les plus défavorisés ont une exigence de dignité et il appartient au syndicalisme d'y répondre. La précarisation de l'emploi qui concerne plusieurs millions de personnes ne tient pas dans nos réflexions la place qu'elle occupe dans la réalité des entreprises et dans les stratégies patronales de baisse du coût du travail et de flexibilité externe. Elle engendre une insupportable insécurité sociale, découlant de la durée limitée du contrat de travail ou de la faiblesse du revenu salarial. N'oublions pas que les fins de CDD et de missions d'intérim sont la principale cause d'inscription au chômage. Et que ces contrats précaires et le temps partiel imposé alimentent la catégorie des « travailleurs pauvres » que les Etats Unis connaissent depuis longtemps » s'exprime Claude Debons de la FGTE. « Toute notre expérience de syndicat de terrain, nous montre qu'envers les couches populaires , il faut avoir, si on veut les arracher des griffes de l'extrême droite, un discours et des actes plus clairs et plus nets sur les sujets qui les préoccupent.
Sur les salaires et les minima sociaux par exemple, nous estimons que la CFDT peut et doit défendre des positions syndicales plus offensives. Soyons clairs, le SMIC actuel n'est pas un salaire décent dans un pays qui enregistre une hausse de 64 % du nombre de contribuables assujettis à l'impôt de solidarité sur la fortune. » poursuit Jean Sicard du syndicat des communaux des Bouches du Rhône.
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- Des votes pour l'ouverture
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- Cinq résolutions étaient présentées et ont été largement adoptées concernant l'emploi, les conditions de travail, la protection sociale dont les retraites et l'épargne salariale, la fonction publique, le développement et la structuration de la CFDT.
Au total 13 amendements étaient proposés dont certains bien insignifiants. L'esprit critique retrouvé s'est aussi exprimé dans les votes de certains amendements, à la différence du congrès de Lille leurs scores ont dépassé celui du quitus.
- Un amendement demandant que la CFDT agisse « pour qu'il n'y ait pas de plans sociaux dans les entreprises dont les résultats sont en progression » a obtenu 46 % des mandats. Cet amendement, combattu par la direction confédérale en disant que l'important était de se battre pour que tout le monde soit reclassé, montre bien que bon nombre d'équipes CFDT restent combatives malgré l'orientation affichée par la CFDT depuis de nombreuses années. Les amendements affirmant que le salaire soumis à cotisation doit rester exclusivement le mode de rémunération du travail et pour écarter que l'idée que l'épargne salariale puisse servir de complément pour les retraites ont obtenu 37 % pour.
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Malgré la volonté confédérale de ne pas « ouvrir » la Bureau National aux voix oppositionnelles, 42 % des mandats se sont portés sur Jacqueline Eyraud Giraud, représentante de PACA et 33% sur Claude Debons, représentant de la Fédération des Transports, 2 grosses structures de la Confédération. Deux moments forts ont réuni tout le congrès et fait lever l'ensemble de la salle, d'abord l'intervention du représentant des syndicats palestiniens qui « plaide » pour une paix juste au Proche Orient et le respect des droits des Palestiniens. Puis le représentant de l'OIT (Organisation Internationale du Travail)a également marqué le congrès avec une analyse de la mondialisation qui « creuse chaque jour le fossé des inégalités et des injustices ».
- Il a souligné les contradictions de notre monde :
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Entre le nombre de chômeurs et les 260 millions d'enfants au travail.
- Entre les besoins de santé et le démantèlement des services publics.
- Entre les secousses médiatiques engendrées par une baisse du CAC 40 et le fait que 1 humain sur 3 vit avec moins de 2 euros par jour.
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- Aucun message revendicatif fort, mais...
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- Malgré la richesse des débats, ce congrès n'a délivré aucun message revendicatif fort. Les retraites vont être l'objet d'attaques importantes. Or le message de vouloir maintenir la retraite par répartition est brouillé par le positionnement sur l'épargne salariale. Aucun objectif ou stratégie ne sont retenus sur le nombre d'années des cotisations, car aucun amendement sur l'égalité public / privé à 37,5 annuités n'a été retenu pour le débat du congrès. La secrétaire confédérale a précisé que la Confédération n'était ni demanderesse, ni décideuse du passage aux 40 ans pour les fonctionnaires, en même temps elle affirme que la CFDT ne défendra pas forcément les 37, 5 annuités « la durée de cotisation sera forcément sur la table de négociation ».
- Rien sur la généralisation des 35 h et contre la précarité, rien sur la sous-traitance.
- Rien contre les privatisations et une défense claire du service public.
- Aucun positionnement sur les enjeux politiques à venir.
- Rien sur la stratégie à mettre en place pour retrouver l'unité syndicale à noter le bon accueil réservé à Bernard Thibaut par les congressistes.
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- La déclaration sur la mondialisation non soumise aux amendements et aux votes reprend des principes généraux et généreux mais aucune revendication concrète n'est formulée. Seule apparaît la confirmation, approuvée par plus de 90 % des mandats, de définir de nouvelles règles du jeu pour la négociation collective dans les branches ou les entreprises en maintenant le principe que seuls seraient applicables les accords signés par les syndicats majoritaires. On espère que cette volonté affirmée ne sera pas brouillée par une politique différente.
- Pourtant François Chérèque, dans le journal CFDT, titre sur un congrès de mobilisation et la CFDT lance une campagne « pour exiger du futur gouvernement un seul salaire minimum 35 h sur la garantie la plus élevée dès le 1°
juillet 2002». Retrouverons nous le syndrome italien où la CGIL s'est retrouvée au centre de la mobilisation contre les mesures du gouvernement Berlusconi ?
- Ce 45ème congrès voit donc un navire CFDT, avec un nouveau capitaine, relativement fort avec ses militants et ses adhérents, mais qui risque de tanguer dans les années à venir dans la tempête de la mondialisation et des avidités du MEDEF à faire reculer les acquis sociaux relayées par un gouvernement de
droite, où la seule volonté de négocier ne suffira pas pour s'y opposer efficacement.
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- Au même moment où les congressistes étaient réunis, se déroulaient les négociations sur la visite à 20 € pour les généralistes. La Direction confédérale avait largement défendu et impliqué ses équipes dans l'accord signé par la CNAM le 23 janvier 2002, en expliquant qu'il ne fallait pas céder aux revendications catégorielles. Elle aura peut-être du mal à expliquer pourquoi Jean-Marie Spaeth, Président de la Cnam, a cédé aussi facilement, juste avant les législatives, à un gouvernement de droite provisoire alors que le gouvernement précédent avait résisté. Ce qui ne manquera pas d'aiguiser d'autres appétits pour d'autres professions médicales. Cela risque de laisser un goût amer aux militants qui s'étaient impliqués dans la défense de la précédente position confédérale.
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François Chérèque est âgé de 46 ans. Il est le fils de Jacques Chérèque, ancien membre de la commission executive du temps d'Edmond Maire, ancien Préfet chargé de la reconversion industrielle de Loraine, il était à l'initiative du Parc des Schtroumfs, ancien ministre de Rocard.
- Educateur spécialisé, François Chérèque a été secrétaire de l'Union Départementale des Alpes de Haute-Provence. Depuis 1996, il est Secrétaire de la Fédération de la santé, la plus grosse Fédération de la Confédération avec 130 000 adhérents déclarés. Depuis 2001, il est membre de la Commission executive, il est chargé de la campagne prud'homale.
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La CFDT a près de 865 528 adhérents en comptant un adhérent pour 8 timbres.
- Les 5 plus grosses Fédérations sont la Santé, les Services, la Métallurgie, Interco et les Transports.
- Les 5 plus grosses régions sont l'Ile de France, Rhône-Alpes, la Bretagne, le Nord et les Pays de Loire.
- En 2001, la CFDT a progressé de 4,2 %. C'est le moins bon chiffre depuis 9 ans. En 10 ans, elle a progressé de 69,5 %. Depuis le dernier congrès, la progression confédérale a été de 27,6 %.
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- 58,9 % en Auvergne,
- 43,6 % en PACA,
- 41,6 % en Midi-Pyrénées,
- 40,6 % en Picardie.
- 37,6% en Franche Comté.
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- 55,76% pour les Services,
- 52,4% pour le Bâtiment,
- 45,5% pour la Culture,
- 40,8% pour la Santé,
- 34,7% pour le Textile.