- Courrier des lecteurs
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- Cher camarade,
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- Après la culotte historique de la gauche voici quelques conseils... J'entends les ténors du PS dire qu'ils auraient pu "faire plus" "aller plus loin", "expliquer mieux et fort", etc... S'ils persistent dans cette voie, ils peuvent s'attendre à prendre d'autres culottes car il ne s'agit pas de quantité et de volume du son, mais de proposer quelque chose de neuf, de neuf parce que vraiment à gauche ! Les 35 h, les retraites ou la formation des jeunes posaient en effet de véritables défis qui avaient pourtant ceci de fantastique qu'ils auraient pu fournir l'occasion de re penser notre société. C'est pour cela que la gauche avait été élue.
- Faute de quoi le pauvre yo-yo (que je crois au demeurant l'un des hommes politiques les plus "intègres") a payé non seulement pour sa campagne frileuse ou ses erreurs de stratégie, mais aussi et surtout pour 20 ans de déception antérieure chez son électoral. C'est pour cette raison que l'ardoise a été salée.
- Si le PS compte sur Fabius, DSK et tutti quanti pour se refaire une santé, ce sera aussi peine perdue, car ce sont eux, qui, aux yeux de beaucoup, sont les artisans de la défaite. Ils auraient mieux fait de traîner leurs guêtres dans les salles de prof, dans les vestiaires des usines ou des associations sportives car, comme le disent les Anglais et la Bible : "The writing was on thé wall" : "Leur défaite était écrite sur le mur". Bref, tous ces énarques ne sont pas très forts, car ils n'ont rien vu venir. Il est donc temps d'en changer.
- Pour ma chapelle, le fait qu'Allègre nous ait fait passer pour des glandeurs ou se soit vanté d'avoir "endormi" et "anesthésié" les syndicats enseignants a pesé lourd dans la balance électorale, car les dormeurs ont fini par se réveiller pour voir 35 élèves par classe et 0,5 % d'augmentation en mars ! Amitiés et à bientôt, J.L. F. (76)
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- Chers amis, chères amies,
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- Quelle déception ! Quelle désillusion ! Je lis votre revue depuis huit ans, et je vous fais parvenir mon réabonnement mais je ne vous cache pas les grands questionnements qui l'accompagnent. Après votre non-action face aux résultats du premier tour des présidentielles, et sans vouloir céder à la catastrophite aiguë de gauche, je me demande désormais qu'attendre de votre courant.
- Dans les jours suivants le 21 avril, lors de discussions avec des amis français, allemands, et québécois, nous attendions avec impatience la prise de position de votre groupe sur le vote pour le 5 mai... Nous espérions ne pas vous voir céder aux pressions... Pour ma part, s'il y avait un segment de la gauche française dont j'espérais qu'elle se dissocie de l'engourdissement républicanisant de l'axe LCR/Medef/médias, c'était le vôtre. Et c'est avec une tristesse véritable que j'ai entendu vos leaders cautionner à leur tour le discours trompeur du "référendum républicain"...
- Je considère (sans prétention) qu'après le premier tour, on ne pouvait faire l'économie de stratégies brisant le carcan des perspectives imposées par les autres partis, les médias, les "intellectuels", etc. Il fallait offrir autre chose à la population de gauche. Vous avez raté une occasion importante.
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- Si la gauche se reconstruit, vous allez participer ou vous allez courir derrière le mouvement en expliquant qu'il faut rallier le PS ?
Amitiés sincères. M. D. (Berlin).
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Oui, et les faits ont tranché : 10,5 millions d'électeurs de gauche ont voté Chirac, nul n'aurait pu les arrêter, ils ont réagi puissamment parce que, une fois, la gauche défaite, c'était la seule chose à faire. Et 15 000 adhérents nouveaux sont venus au PS parce que celui-ci a été encore utilisé comme instrument pour résister à la droite les 9 et 16 juin. Non seulement nous proposons de rallier le PS, mais nous souhaitons autour, avec le PS... un grand parti de gauche. D&S
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- Chers camarades,
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- Je m'excuse du retard car je n'ai pas fait attention au dernier numéro, le chèque que je vous ai envoyé, il y a quelques jours, c'est un abonnement que j'ai fait à quelqu'un qui j'espère sera bientôt au parti.
Quant à moi, je vous joins le chèque et vous redemande mes excuses car ce n'est pas dans mes habitudes depuis 65 ans que je suis dans le parti socialiste.
- Sincères salutations, E.D. (68)
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- D'Amsterdam à Barcelone,
de Séville à Copenhague
le couteau de l'Europe libérale
sur la gorge des salariés
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- Même si nous concédions que la signature du traité d'Amsterdam était, non pas "une première reculade" mais une concession tactique et forcée de Lionel Jospin, pour ne pas être "isolé" aussitôt arrivé au pouvoir en juin 1997, comment ne peut-on pas être inquiété par la suite ? L'Europe libérale fonctionne comme un piège.
- Quand la situation économique est bonne, il n'y a pas d'inflation, le commerce extérieur excellent, les déficits limités, une politique de relance est possible : c'est ce qui a fait "oublier" (autant que c'était possible) les "critères de Maastricht" de 1997 à 2001. Il était possible d'alimenter la sortie de crise, la croissance, l'emploi et même de redistribuer légèrement. Convenons que c'est ce qui a été fait par le gouvernement de la gauche plurielle et que c'est ce qui lui a permis de "durer" cinq ans avec un cote de notoriété telle qu'elle laissait augurer de la victoire possible de Lionel Jospin.
- Mais en vérité, c'était illusoire, et le gouvernement restant enfermé dans le cadre des critères maastrichiens, n'est pas allé assez lion, assez brutalement pour redistribuer, défendre les services publics, les salaires, etc... C'est à ce moment-là qu' il aurait fallu profiter de ces moments-là pour renforcer les prélèvements sur les cagnottes privés, sur les profits, et mieux corriger les inégalités terribles nées et perdurantes de la crise. Dès qu'au milieu 2001, des nuages noirs se sont amoncelés dans la situation économique internationale, le carcan des critères libéraux européens s'est refait sentir, mises en garde contre les déficits, rigueur, etc...
- Et c'est ainsi qu'on arrive à Barcelone, le 23 mars 2002 en pleine campagne électorale. Lionel Jospin y est obligé de côtoyer Jacques Chirac en faisant mine de s'entendre avec lui... et d'accepter des mesures indignes sur les retraites et contre les services publics : c'est un choc négatif, terrible, catastrophique !
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Car à quoi bon préparer un "duel" télévisé de deuxième tour, contre le candidat de droite "vieilli, fatigué, usé," si, sur des questions aussi essentielles que les retraites, on signe le même texte contraignant européen avec lui : querelle de personne pour masquer un accord de fond ?
- Lionel Jospin, nous dit-on, hésita sur le fait de déclencher une querelle à Barcelone mais ne le fit point de peur de paraître justement trop en faire dans le combat personnel avec Chirac et d'être "isolé" : pourtant, là, ce n'aurait justement pas été personnalisé... Ainsi, cinq ans après, on retrouve le cas de figure d'Amsterdam, où, au nom du réalisme, on signe des accords européens libéraux...
- Du coup, on ne se bat jamais... et on nourrit l'antieuropéa-nisme en même temps que la méfiance sur la sincérité de la volonté de transformation sociale.
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Pire : Lionel Jospin avait même engagé la polémique électorale en accusant Chirac de faire des promesses incompatibles avec le "déficit zéro" exigé à Barcelone pour toute l'Europe en 2004. Mettre en cause les promesses de Chirac de baisse d'impôt, de renforcer d'abord, la police, la justice et de construire des porte-avions, c'est bien : mais pas au nom du fait qu'elles étaient incompatibles avec... les exigences des libéraux d'Europe, non !
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Il valait mieux accuser Chirac du contraire : de ne pas se battre pour desserer l'étau du "déficit zéro". D'autant qu'en Europe nous n'étions pas les seuls à vouloir le faire. Et surtout c'est aujourd'hui la seule façon de s'opposer à l'austérité de Francis Mer et de Jean-Pierre Raffarin, de contester "l'audit" des finances effectué, jeudi 27 juin, l'orientation "on serre la vis pour 2004" qu'ils impriment maintenant contre toutes les revendications sociales ainsi que les privatisations de GDF, d'EDF, de France télécom, etc...
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