- Réduire le temps de travail effectif, c'est décisif contre le chômage de masse
Le travail
ne manque pas :
on voit partout
des secteurs
où il manque des bras
et des cerveaux. L'économie
va bien :
tous les indices,
en France,
sont au beau fixe
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- Mais dans les 25 dernières années il a été imposé un développement du surtravail pour quelques millions de salariés, tandis que plusieurs millions d'autres étaient chassés de leur emploi. D'où un chômage de masse prolongé, intolérable, qui déstabilise, gangrène toute notre société. Ce chômage ne nuit pas qu'aux 5 millions de chômeurs concernés, mais aussi à tous les salariés qui en subissent la pression, il déstabilise nos écoles, nos hôpitaux, notre Sécurité sociale, nos villes, notre jeunesse, nos retraites...
- Ce chômage n'est pas dû à une quelconque fatalité économique. Au contraire il a été le fruit de décisions successives, répétées, conscientes des décideurs du marché, des financiers capitalistes, des employeurs, et des gouvernements qui ont soutenu ces choix. Il n'est pas dû, contrairement à ce qu'on voudrait nous faire croire, à la concurrence internationale ou au progrès technologique, encore moins au " coût " du travail trop élevé :
- • La France bat tous ses records d'excédent commercial depuis de nombreuses années
- • L'essentiel de nos échanges se fait en Europe où le coût et les conditions de travail sont proches, et où les échanges se font le plus souvent à notre avantage.
- -Le "surtravail " s'est développé dans des secteurs qui ne sont ni soumis à la concurrence internationale, ni au développement technologique : les "services" aux personnes, le nettoyage, le gardiennage, la restauration, la distribution, le bâtiment...
- • Le coût du travail a baissé tandis que les gains de productivité augmentaient.
En fait, les grandes entreprises de notre pays vont bien, leurs marges sont florissantes. Jamais la France n'a été aussi
à riche, elle est la quatrième puissance économique du monde, rien ne justifie qu'il y ait tant de chômeurs, tant d'inégalités.
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- Un surtravail forcené
pour les uns, l'exclusion
pour les autres
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- Ce sont les employeurs, les actionnaires, les tenants du libéralisme qui ont surexploité les salariés, augmenté la productivité de tous, exclus du marché du travail le plus possible de main d'ceuvre pour qu'en Bourse leurs profits flambent au maximum. Au lieu de répartir les gains et les richesses, ils ont augmenté leur fortune : 10 % d'entre eux possèdent 54 % du patrimoine national. À l'autre bout de la chaîne des inégalités sociales accrues : 10 % des exclus ont" moins de 1 % du patrimoine national.
- La part des salaires a reculé de 10 % dans les 10 dernières années, alors que la part des profits progressait de 10 %. Cela se poursuit encore aujourd'hui : en 98 et 99, les profits montent, les salaires reculent.
Ceux qui travaillent produisent tous plus qu'ils ne produisaient il y a 10 ou 20 ans. Mais au lieu d'utiliser ces gains de productivité pour diminuer au fur et à mesure, la durée du travail, les décideurs économiques ont imposé l'inverse : ils ont tiré profit de ces progrès pour licencier, aug-
mentant sans cesse les charges de travail tandis qu'ils excluaient des catégories entières de travailleurs. Surtravail d'un côté, sans-travail de l'autre.
- Alors que des millions de salariés travaillent plus de 10 h par jour et 48 h par semaine (sous la menace permanente du chômage), 4 millions de salariés ont été enlevés des statistiques de l'Anpe et cantonnés au " travail partiel ", au sous-travail (financé par l'Etat à hauteur de 30 % des cotisations sociales). En fait, il y a eu un partage féroce, inégal, brutal du travail.
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- C'est pourquoi, seule une réduction massive du temps de travail, un "rattrapage historique", une redistribution du travail et des richesses, peut faire reculer le chômage de masse. Et puisque le patronat n'a jamais voulu la négocier ni la mettre en œuvre sérieusement avec les syndicats et les salariés, une loi était indispensable. Voilà ce que le gouvernement de la gauche plurielle annonçait vouloir mettre en œuvre par une loi pour la réduction du temps de travail à "35 h hebdomadaires sans perte de salaire".