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35 h ce n'est pas une
question syndicale,
ni simplement
revendicative, ça ne
concerne pas
seulement les salariés
et les chômeurs,
c'est maintenant,
un enjeu politique
central,
un condensé des
choix
que doit opérer
la gauche
pour rompre
avec le libéralisme.
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- C'est un choix de société : que l'on soit étudiant ou retraité, cadre ou chômeur, selon l'échec ou la réussite des 35 h, la vie intime de chacun sera différente. Faire reculer le chômage seulement de quelques dizaines de milliers en profitant de l'embellie de l'économie ne serait pas suffisant.
On sait qu'on peut, en combinant des aides, des crédits d'impôt, un peu de croissance, corriger à la marge le taux de chômage, afficher 0,5 % ou 1 % de chômeurs en moins.
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- Mais c'est au chômage structurel qu'il faut s'attaquer, pas seulement au chômage conjoncturel.
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- Le fameux rapport Charpin sur les retraites (contestable de a à z : lire le dossier de «A gauche» n° 724 du 24 mars 1999 et de «D&S» n° 66 spécial été 99) prévoit un taux de chômage -structurel, donc - de 9 % en 2040... Cette vision est délibérément catas-trophiste afin de menacer tout le monde de l'obligation de travailler jusqu'à 65 ans. Mais si un tel chômage de 3 millions de personnes continue pendant 40 ans, il est vrai que tout ira mal, y compris les retraites.
- Le rôle de la gauche est de ne pas laisser se poursuivre cette "société de marché" qui conduit à la barbarie. Le rôle de la gauche est de rompre avec cette pente catastrophiste, pas seulement d'en limiter timidement l'inclinaison.
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- Martine Aubry stigmatise, en février 99, "ce pays de sceptiques où l'on doute de tout et où on dit, comme dans la pub, "ça ne marchera pas". Hé bien, ça marche, 1000 emplois sont créés par semaine grâce aux 35 h".
- A ce rythme-là, il faudrait 100 ans pour faire reculer le chômage de masse !
- Nous pouvons, nous devons faire davantage : tout dépend du contenu de la loi, de la volonté de redistribuer les richesses en même temps que le travail.
Evidemment, ça ne peut pas se faire « à profit constant ».
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- Il faut que les
actionnaires
« remboursent »
une part de leur
profit aux salariés.
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- Si on part de l'idée qu'il faut respecter les diktats des grandes entreprises et de leurs actionnaires, qu'il faut continuer à laisser se réduire les salaires, et augmenter les profits, on n'y arrivera pas. Si une loi est nécessaire pour les 35 h, c'est parce qu'il s'agit de corriger une injustice, d'opérer un rattrapage, une redistribution qui exige une volonté politique : ça ne peut pas plaire à la fois aux entreprises, aux actionnaires, et redonner leurs droits perdus aux salariés et aux chômeurs !
- Les 35 h, c'est une lutte, c'est une épreuve de force, c'est un choix de société : il s'agit de faire triompher une volonté de la République face aux lois aveugles du profit et des marchés.
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D'ailleurs, le patronat, le Cnpf, le Medef ne s'y sont pas trompés : ils ont déclaré la guerre au gouvernement, ils se sont fixés pour objectif explicite de le déstabiliser sur cette question. Même lorsque le deuxième projet de loi leur donne le maximum de satisfaction, ils crient au loup, refusent «le marché de dupe», font mine de s'indigner encore plus, tellement ils sont hostiles à la négociation, au principe de la réduction du temps de travail.
On ne peut contenter tout le monde, le meunier, son fils, et l'âne... ...les actionnaires, les patrons et les salariés, les chômeurs...
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- Le gouvernement de la gauche plurielle est là pour répondre à l'immense majorité du peuple de gauche qui l'a élu en juin 1997... et qui revotera ou non pour lui en 2001, 2002 selon ce qu'il aura accompli.