- Ne pas savoir à l'avance quand vous pouvez être disponible pour votre vie familiale, citoyenne, culturelle, sportive ou religieuse est un recul considérable pour les salariés. Le progrès c'est quand la machine (ou l'ordinateur) se plie à l'humain, et non pas quand l'humain se plie aux besoins de la productivité.
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- Dans les supermarchés actuellement, les hiérarchies ont inventé "des horaires en îlots" : chaque groupe de salariées (des femmes) s'arrange pour que personne ne soit absent. Sous une apparence autogestionnaire, démocratique, cela les oblige à se remplacer l'une l'autre, à faire face aux absences pour enfants malades, ou autres... Il faut toujours quelqu'un sur la brèche qui se sacrifie et l'employeur a -théoriquement, s'il réussit à "conditionner" ainsi ses salariées - moins besoin d'intérimaires ou de CDD au pied levé.
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- Quels délais de prévenance pour quelle vie ?
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- Toujours dans la grande distribution, les chefs calculent les "besoins en présence" selon ce que leur dit l'ordinateur : quart d'heure par quart d'heure, le nombre de clients, le chiffre d'affaires, le volume de marchandises vendu. Ainsi de semaine en semaine, de mois en mois, selon les saisons, on "commande" les caissières, on les "ajuste" au quart d'heure prés. Comme elles sont embauchées à temps partiel, il suffit de leur proposer des heures "complémentaires" (qui ne sont pas majorées) dont elles sont demandeuses puisqu'elles ont de très bas salaires, et le problème est réglé. On donne le vendredi en caisse, un tout petit bout de papier : les heures
titre
chacune pour lundi jusqu'au samedi /ant...
dont parle à juste
de
suivant...
Où est "l'intimité" dont parle à just e, Martine Aubry, dans ce système ?
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- Quel travail posté ? Les3X8?
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- Si l'on veut réellement effectuer une baisse de la durée du travail, il faut viser tous les postes concernés, jusqu'au bout.
Certains emplois sont déjà à 35 h parce qu'ils sont durs, pénibles, coûteux pour la santé. Notamment les ouvriers d'industrie à la chaîne, en travail posté. Là il faut introduire dans la loi non pas davantage de flexibilité (il y en a tant déjà) ou de précarité (une usine comme Renault-Douai, sur 4500 salariés il y a 2000 intérimaires !) mais des précisions sur les relais, les chevauchements de poste, et leur durée tout au long de la semaine. Nous proposons que, selon les difficultés physiques, parfois inhumaines, de certains postes, la durée du travail soit de 32 h hebdomadaires et non pas de 35 h.
Il n'y a rien là d'excessif : car ceux qu'on appelle les "VSD1 par exemple,(les"vendredi-samedi-dimanche") utilisés dans l'automobile depuis les années 70, ne travaillent que 24 h payées... 39 ! C'est-à-dire que les employeurs payaient logiquement plus cher pour faire tourner à plein des équipements ayant demandé de lourds investissements. Si des équipements de pointe exigent une rentabilité telle qu'il faut travailler en équipe de jour et de nuit toute la semaine, alors la loi doit imposer que les humains qui alternent sur les postes de travail ait une diminution substantielle immédiate de la durée hebdomadaire : 32 h en semaine, 28 h quand s'ajoute un travail de nuit, 24 h quand s'ajoute un travail de nuit et de week-end !
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- Encadrer et limiter le travail de nuit :
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Le Code du travail dans son article L 213-1 interdit le travail de nuit entre 22 h et 5 h du matin pour les femmes dans "les usines, manufactures, mines~ët~ carrières, chantiers, ateliers et leurs dépendances ainsi que dans les offices publics et ministériels, les établissements des professions libérales, des sociétés civiles, des syndicats professionnels et des associations". Donc, essentiellement dans l'industrie. C'est en grande partie hypocrite puisque dans les hôpitaux, et un grand nombre de services aux personnes, par contre, les femmes sont majoritairement employées de nuit.
- La Cour de justice de la Communauté Européenne, ses 13 juges, ses 6 avocats généraux désignés pour 6 ans, dés le 25 juillet 1991, par "l'arrêt Stoeckel", a dit "le droit" - pour la France - selon elle : "Obligation de ne pas poser en principe législatif l'interdiction du travail de nuit des femmes même .si cette obligation comporte des dérogations". Il y avait deux façons d'instaurer l'égalité de rémunération et d'emploi entre les sexes. La première était d'étendre progressivement aux hommes la discrimination positive dont bénéficiait les femmes depuis un siècle. La seconde était de la supprimer pour ramener ces dernières à égalité avec ce "droit" de travailler la nuit qui brise les nerfs, épuise qui y est contraint, plus profondément que la même activité de jour.
- La Cour pouvait aussi décider de condamner les États où les disparités de salaires étaient trop grandes entre hommes et femmes, de nuit comme de jour : par exemple infliger à la France 1 million d'amende par jour, tant qu'il y aurait un écart de 1/3 de salaires en moins
pour les femmes par rapport aux hommes...
Nos superjuges ont choisi d'exiger que la France lève l'interdiction du travail de nuit pour les femmes et ont demandé une astreinte d'1 million de francs par jour d'amende contre la France faute d'avoir mis son droit du travail en conformité.
La deuxième loi sur les 35 h devrait être l'occasion de répondre à la CJCE et de préciser les conditions du travail de nuit qui concerne aujourd'hui 870 000 femmes et plusieurs millions de salariés hommes : 1 million de francs d'amende par jour, cela mérite une attention particulière, au moins sur deux choses :
- - le travail de nuit doit être encadré pour tous et toutes : fixé, selon les postes, avec des semaines de 28 à 32 h. Soit quatre nuits maxi par semaine de 8 h ou de 7 h.
- - le travail de nuit ça nuit : dix ans de travail de nuit c'est quinze ans de vie dépensée. A vivre à contre-cycle, le corps humain souffre et s'use davantage. Cette souffrance doit être non seulement limitée mais compensée : une majoration du travail de nuit s'impose. La loi doit organiser la négociation pour que cette majoration existe entre 10 et 25 % selon les postes.
Il y a là non seulement une nécessité de justice, mais aussi des gisements d'emploi.
- L'employeur regardera à deux fois avant d'étendre inutilement le travail de nuit : pour qu'il s'y décide, il faudra donc que l'utilisation des équipements et le marché en jeu rendent impératif un tel choix.
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- Contrôler et réduire le travail le dimanche :
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- Le travail du dimanche a été étendu par la loi quinquennale : 5 dimanche par an de dérogation dans le commerce. 5 % des français et 20 % des salariés sont amenés à travailler le dimanche, pas seulement là où c'est impératif (transports, hôpitaux, feux continus...) mais aussi dans les commerces, la restauration, les services...
On ne peut vouloir réguler la vie sociale et laisser filer la disparition du repos hebdomadaire. La tendance à la déréglementation aboutit à ce que, depuis dix ans, 2 millions de salariés de plus travaillent sur 6 jours, c'est-à-dire le samedi. Et plusieurs millions dorénavant voient leur dimanche amputé. On ne peut prétendre réussir les 35 h et laisser cette dérégulation progresser. Le travail le dimanche doit être limité à la stricte nécessité des besoins publics.
- Pour cela nous proposons :
- - qu'il soit majoré (à 100 %) de façon à rendre dissuasive l'usage courant de salariés ces jours-là dans les secteurs où ce n'est pas impératif.
- - qu'il soit clairement limité, contrôlé et que les dérogations ne soient accordées qu'au nom du principe de nécessité. Nul n'a intérêt a remplacer la civilisation du loisir par la civilisation du caddie. Nos sociétés ont besoin de temps commun de repos, de loisir, de rencontre, ou familles et citoyens peuvent se retrouver, agir, vivre.
- - deux jours de repos consécutifspar semaine, pour tous.
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- C'est ça "l'intimité" du temps que la loi doit protéger. Les techniques sont assez développées, le pays est assez riche, pour que le 21°
siècle soit celui du progrès pour les humains qui travaillent en 3X8, de nuit ou le dimanche. C'est à la deuxième loi d'encadrer les évolutions en ce sens !
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- PLUS IL Y A DE FLEXIBILITÉ, PLUS IL Y A DE CHÔMAGE
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- Qui peut encore croire ou faire croire que la flexibilité crée de l'emploi ? Depuis vingt ans, la flexibilité n'a cessé de progresser, en même temps que la productivité d'ailleurs. Et le chômage s'est accru.
- Ce n'est pas surprenant : le principe de la flexibilité c'est d'obtenir davantage de travail chaque salarié. Si on en obtient davantage de l'un, on a moins besoin d'embaucher un autre !
- C'est pour cela que le Medef s'acharne à "échanger" la baisse du temps de travail contre de la flexibilité : c'est un marché de dupe pour les salariés, c'est une fausse réduction du temps de travail. Cela aboutit à produire en 35 h "en moyenne" davantage que ce qu'on produisait en 39 h hebdomadaires. Finalement, avec ce système, les employeurs y gagnent sur tous les tableaux : ils produisent autant à "flux tendus", ils prennent prétexte pour geler ou bloquer les salaires, (quand ils ne les baissent pas), ils obtiennent des "aides" de l'état, et., ils n'ont guère besoin d'embaucher (ou alors temporairement, de façon précaire).
- Quand aux conséquences sur les salariés, elles sont défavorables : ils ne connaissent pas vraiment de nouveau temps de loisir, leur vie personnelle est dégradée, les effets santé se font ressentir, et leurs salaires ne s'améliorent pas, Ils perdent même les heures supplémentaires qui permettaient de boucler les fins de mois !
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