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II n'y a pas eu que de la suffisance et de l'aveuglement dans la préparation de la campagne électorale par ses conseillers et Lionel Jospin lui-même. Il y a eu un débat politique.
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- Dans ce débat politique, tout au long de l'élaboration du "projet socialiste 2002", de septembre à décembre, la Gauche socialiste avait fait des propositions. Et elle a continué de janvier à avril... sans être entendue au cœur du dispositif de campagne !
- Elle a proposé surtout des mesures phares pour le salariat : hausse du Smic et des minima sociaux, retour aux 37,5 annuités pour tous, privé et public, aller jusqu'au bout des 35 h par une meilleure application au bénéfice de tous les salariés, une vraie démocratie sociale (nouveau paritarisme, élections aux caisses de sécurité sociale, élections professionnelles, prud'hommes valorisées, représentativité syndicale, financement des syndicats, principe majoritaire pour les accords d'entreprise...). Elle n'a pas été entendue. Elle n'avait même pas pu aller jusqu'au bout des amendements qu'elle proposait car la direction du parti lui avait répondu avec fermeté qu'il n'était pas question de les intégrer (notamment sur les 37,5 annuités qui furent pourtant approuvées par des dizaines de fédérations du parti... et une majorité des militants...).
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- De mauvais conseillers
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- En fait, dans la préparation de cette campagne, ce sont surtout des voix droitières qui se sont fait entendre. Il n'a été question que des erreurs ou du mauvais bilan des 35 h, qui n'ont pas été défendues ni assumées (elles ne sont mentionnées qu'une fois, page 4, en une ligne, dans le programme de 44 pages du candidat Jospin). Les conseillers ont tantôt refusé de prendre une position claire sur les retraites, tantôt esquivé tout nouveau progrès social dans les entreprises (discrétion sur la question des licenciements, de la précarité, des droits syndicaux...). Le livre de DSK a paru en janvier, les "notes" de Laurent Fabius également, ont tiré vers la droite, le contenu déjà modéré de ce que le candidat semblait dire.
- Le "conseil politique" qui s'est mis en place autour de Lionel Jospin n'a pas senti, ni même deviné ce qui se passait en profondeur dans le pays : assuré de passer au 2° tour, c'est une campagne de second tour, qu'il a mené, ne cherchant ni à rassembler la gauche, ni à développer un "souffle" attisant le clivage droite-gauche. Au contraire, il a recherché l'introuvable "centre", l'indépassable hauteur au-dessus des camps, esquivé les débats de fond sur la sécurité, sur la redistribution des richesses. Le programme de 44 pages, indigeste, catalogue, n'avait pas d'arête. Trop techno, peu lisible, il proposait 900 000 chômeurs de moins... pourquoi pas plus ? Pourquoi pas d'axe "plein emploi, bon emploi" ?
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Pourquoi pas la poursuite de la réduction du temps de travail ? Pourquoi pas de redistribution des richesses ?
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En trois mois, le candidat n'a pas parlé des salaires. Il n'a pas été question du droit des licenciements alors que ceux-ci continuaient de plus belle et que le Conseil constitutionnel de droite avait annulé le principal article sur ce point de la loi de modernisation sociale. II n'a pas été question des 35 h... alors que 9 millions de salariés (un sur deux) ne découvraient les 35 h qu'à partir du 1er janvier 2002... Il n'y a guère eu de polémique avec le Medef mais pas davantage avec les libéraux et leur conception du monde, et leurs admirations pour Reagan et Thatcher...
- On n'a même pas valorisé ce qui était positif dans notre bilan de peur sans doute d'être obligé de mettre l'accent dessus et de devoir amplifier ce que nous avions fait. Pas de polémique idéologique, ni de confrontation sur ce que signifiait chaque mesure face à chacune de celles défendues par Chirac : on a recherché consensus et modération.
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- On a enragé jour après jour...
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Chaque semaine, en février et mars, au Bureau national, et par notes, argumentaires écrits, la Gauche socialiste a multiplié les interventions pour alerter sur l'insuffisant contenu social de la campagne, sur le caractère pas assez mobilisateur vis-à-vis des 21 millions de salariés de ce pays. Nos différents camarades ont essayé de donner des arguments sur la sécurité, l'école, le logement, au-
tant que sur le social : dans les réunions nous donnions un éclairage sur le sens du vrai choix entre gauche et droite, un choix de société, un engagement de fond, un enjeu fondamental entre libéraux et socialistes. Mais dans les réunions, on nous répondait : "C'est bien ce que vous dites, mais pourquoi le candidat ne le dit pas comme ça ?". Nous n'avons pas mégoté nos efforts, près de 100 réunions nationales animées par nos responsables, des dizaines d'articles, de prises de parole, d'engagements dans les débats partout où c'était possible. De toutes nos forces, nous souhaitions, nous croyions à la victoire possible de Lionel Jospin. Même si nous enragions de ne pas être davantage écoutés, de ne pas sentir le "souffle" de la mobilisation gauche. L'heure n'est pas encore aux bilans, mais que ceux qui ont vraiment dirigé la campagne regardent en arrière, et qu'ils se demandent pourquoi c'est cet infâme Le Pen qui ose s'adresser aux "exclus, aux obscurs, aux sans-grades, aux métallos, aux ouvriers licenciés...". Pourquoi ne pas nous être donnés les moyens politiques de rassembler le peuple de gauche dés le premier tour ? D&S l'avait titré dans son n°94 : "Votez dès le 21 avril pour assurer la victoire de Lionel Jospin le 5 mai". Ne gaspillez pas vos voix, ne jouez pas avec, ne donnez pas de message par la bande, écrivions-nous en éditorial, il faut placer Jospin le mieux possible pour assurer sa victoire contre Chirac...
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- Un coup de tonnerre ?
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- Le 21 avril, en nombre de voix, au total, la gauche était majoritaire. Elle disposait de 42,96 % des
voix, même en ne comptant qu'à moitié les voix de Chevènement et en "oubliant" certaines des voix de St-Josse. C'est la droite, c'est Chirac qui a le plus perdu le 21 avril par rapport à 1995 : 4 millions de voix (40, 56 % des voix).
- Même l'extrême droite n'a pas gagné de voix : en 1995, Le Pen et de Villiers obtenaient déjà 6,2 millions de voix. En 2002, en additionnant sur le même périmètre idéologique, les voix de Boutin, Mégret et le Pen, on arrive à un total de 5,8 millions de voix soit 400 000 de moins... Seul, Le Pen gagne 900 000 voix mais moins que l'extrême gauche qui en gagne 1,9 million.
- Si l'on constate un glissement, c'est entre la gauche et l'extrême gauche : la gauche perd 1,6 million alors que les trois groupes trotskistes gagnent 1,9 million sur le score d'Ariette Laguillier de 1995. Il faut noter que sur le Smic, les retraites, les 35 h, Noël Manière a développé... ce que le candidat socialiste se refusait à dire et il a aussi progressé. Le centre de gravité de la gauche s'est déplacé à gauche, malgré le score affaibli de Robert Hue qui n'a d'ailleurs pas fait une campagne très audacieuse, lui non plus, sur les revendications sociales phares.
- L'abstention laisse d'importantes réserves à gauche le 21 avril, et l'on en est arrivé à ce résultat paradoxal : au milieu d'une forte radicalisation de la gauche, d'une poussée exprimée de mécontentement venant de la France d'en bas, le candidat
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- Respect à Lionel
- Décidément, il y avait beaucoup de membres de "l'establishment" qui ne voulaient pas qu'un ancien trotskiste devienne Président de la République. Eux qui supportent un aventurier aussi médiocre, versatile et corrompu que Chirac, ne t'aimaient pas, Lionel. Trop honnête, trop rigoureux, trop travailleur, trop inébranlable, trop étranger à leur monde. Incorruptible. À cause de cela, ils ne savaient guère comment te prendre alors ils ne t'ont pas voulu, tous ces milieux dirigeants, affairistes, toute cette caste dominante, même si tu leur proposais une campagne électorale et un programme modéré... Même si tu conciliais avec eux, eux ne voulaient absolument pas de toi...
- Tu as dit une fois que tu avais été "naïf : la naïveté peut être une qualité en politique face aux retors et aux combinards de toutes sortes. Justement, ils voulaient la défaire, ta naïveté : ils ont contrôlé tous les médias, privés comme publics, télé comme radio, presse écrite et édition. Entre les Bouygues, Le Lay, Mazerolles, J.M. Cavada, Serge July, J.-M. Colombani, Philippe Alexandre, et J.-M. Messier, il ne restait pas beaucoup d'espace pour une campagne électorale loyale, ils ont triché sur tout, même sur 63 reportages en 30 jours sur l'insécurité... De l'attentat du 11 novembre, à la tuerie de Nanterre, du commissariat de police de Clichy au petit vieux dont deux voyous blancs brûlent la maison, il n'y a pas eu de quartier. "Libération" qui titre sur "74 % des Français ne s'intéresse pas à la campagne" ou "ne voient pas la différence entre la gauche et la droite" accompagnait France inter, J.M. Apathie, J.M. Sylvestre, qui organisaient des "téléphones sonnent" sur "Pourquoi ça ne vous intéresse pas" au lieu d'organiser le débat, tiens, par exemple, sur les retraites...
Oui, mais tu t'es laissé enfermer là-dedans, tu as choisi tes conseillers, tes axes de discours, tu n'as pas voulu, non plus, toi, mener le débat sur les retraites et polariser entre droite et gauche, échapper à cette pression, mobiliser d'abord et avant tout, les tiens, les nôtres, le salariat... Pourtant seulement ceux d'en bas t'auraient permis de battre ceux d'en haut qui t'en voulaient tant... et qui t'ont rendu des hommages convenus et trop visiblement insincères. Ceux d'en bas, ils te respectent, eux, davantage. Même ceux qui crient, avec raison, que tu n'en as pas assez fait contre le capital et pour le travail.
- Tu nous as surpris et fait mal quand tu as déclaré que tu te retirais de la "vie politique". On a eu le sentiment qu'en plus, tu nous lâchais. Parce que nul ne peut se retirer de "la vie politique", tout est politique dans la vie... Il faut le redire aux jeunes, on peut quitter ses responsabilités" mais pas "la vie" politique. Quand on a des échecs en haut, on retravaille en bas... C'est peut-être finalement pas "respectueux" de te le dire comme ça, alors que ce billet se veut un nommage sincère et par-dessus nos débats d'idées, mais tu ne vas pas t'en sortir comme cela, la vie va te reprendre, elle doit, y compris politiquement, surtout quand la gauche va regagner, surtout quand le mouvement social réagit comme le 1er mai dernier...
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du Parti socialiste, qui l'a joué "modérée", s'est trouvé abaissé à un point tel qu'il est passé, à 200 000 voix près, derrière le candidat de l'extrême droite.
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- La vraie France est majoritairement à gauche
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- La France est de gauche. Elle est sociologiquement de gauche et elle ne demande qu'à l'être politiquement lorsque les dirigeants de gauche qui s'adressent à elle, sont à la hauteur de ses aspirations. Cela n'a pas été le cas. Certes, il y a un effet surprise, malentendu, une conjonction exceptionnelle, une absence de dramatisation, d'avertissement préalable, un résultat "coup de tonnerre" qui pouvait être évitable : mais pourquoi ? Sinon parce que les conseillers du candidat socialiste ne voulaient pas répondre d'abord à la préoccupation sociale des plus exploités, des plus démunis ? Ils visaient des "couches moyennes" qui ne constituent pourtant pas un électoral suffisant pour gagner (cf. "la flamme et la cendre" commentaire du livre de DSK dans D&S n 94). Ils proposaient des "baisses d'impôt" plutôt que la défense et l'extension des services publics. Ils ont laissé signer à Barcelone, en mars, en pleine campagne électorale un texte inadmissible sur les retraites... à 63 ans. Ils ont refusé de batailler pour une claire démocratie en Europe, contre les libéraux partisans de la déréglementation à tout-va. Sans doute, et c'est tout le paradoxe, malgré tous ces "manques", la gauche aurait-elle gagnée si elle était
arrivée au deuxième tour : parce qu'alors le choix aurait été "pour ou contre Chirac", et l'honnêteté de Lionel Jospin le plaçait indiscutablement en tête. Dans ce dernier cas, les électeurs de gauche se seraient fait une raison, et malgré les carences d'un programme qui ne les soulevait pas d'enthousiasme, ils auraient choisi "leur" camp. Mais, laissés à eux-mêmes, par une campagne qui enjambait le premier tour, ne les convainquait pas, ils ont donné libre cours à leur humeur le 21 avril avec le résultat qu'on sait. On connaît tous ceux qui "se sont mordus les doigts" de n'avoir pas bien voté... Ils sont des centaines de milliers qui auraient "fait la différence"... mais s'ils l'ont fait c'est bel et bien pour les raisons politiques énumérées ci-dessus.
- Alors ne cherchons pas à culpabiliser le peuple, à accuser les abstentionnistes, à invoquer "les autres" (Chevènement, Taubira, Laguillier, Besancenot, Mamère, Hue...). Ne dit-on pas que Christiane Taubira avait proposé de se désister trois semaines avant le premier tour, à la fois parce que sa campagne ne prenait pas, à la fois parce que le Parti radical ne la soutenait pas : elle ne demandait qu'une aide en contre-partie pour boucler son budget, il lui aurait été répondu qu'il valait mieux qu'elle aille jusqu'au bout,
"parce qu'on avait besoin de ses voix au second tour"... Or elle a eu quatre fois le nombre de voix dont avait besoin Lionel Jospin pour dépasser Le Pen...
- C'est à nous-mêmes, à la campagne du Parti socialiste, à ce qui n'a pas été fait, ou mal fait de 1997 à nos jours, qu'il faut s'en prendre. Mais pas tout de suite : les grands débats sont pour demain. D'abord, il faut gagner la "revanche", le "vrai deuxième tour", la "belle" de juin.
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- Tout cela est réversible
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- L'analyse rapide des causes de cette catastrophe donne certaines clefs pour redresser la situation. La France est de gauche, et cela s'est vu dans l'extraordinaire sursaut civique et social qui a suivi. Il est donc possible de remobiliser et de rassembler à nouveau la gauche pourvu qu'on s'entende clairement sur un programme de transformation sociale. Notre pays peut et doit retrouver son vrai visage, celui des grandes grèves de mai 68, de décembre 1986, de novembre-décembre 1995, celui du refus du libéralisme, celui de la meilleure protection sociale au monde, celui des grandes envolées dynamiques de la gauche.
Bien sûr, l'heure n'est pas au bilan. Justement parce que les 9 et 16 juin, il faut faire bloc pour les législatives afin de corriger ce qui s'est passé en avril. Nous ne voulons pas diviser, pas polémiquer, seulement y voir clair. Nous ne voulons pas "cliver" ni dénoncer nommément les fautes des uns, les erreurs des autres, cela n'est pas décisif. Ce qu'il faut c'est y voir assez clair pour rétablir une orientation que nous n'aurions jamais dû quitter, celle qui a permis la victoire en juin 1997 : celle qui proposait "les 35 h sans perte de salaire" pour tous, le "contrôle administratif sur les licenciements", l'abrogation des lois Pasqua, un programme social (celui du PS adopté dans nos trois conventions de 1996...) capable de "faire la différence", de mobiliser.
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Il n'est pas l'heure de "tout déballer", il faut juste ce qui est nécessaire comme bilan, pas plus, juste ce qu'il faut de correction, d'inflexion pour retrouver le ton victorieux. Il y a moins d'un mois pour y parvenir. Tous ensemble, tous ensemble, en ayant pris conscience du sens du message populaire qui nous a été transmis de façon aussi brutale.
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- Non au présidentialisme !
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Le système présidentiel de la V° République n'est décidément pas démocratique. Rien ne vaut des élections législatives, une assemblée nationale permettant de respecter (à la proportionnelle) les vraies opinions politiques en présence dans le pays. Personnaliser la politique c'est dépolitiser les personnes.
- Ainsi on a un "président" élu avec 19 % des voix au 1er tour, et davantage de voix de ses adversaires que de ses partisans au 2° tour. Beau résultat pour une élection censée ordonner, polariser la vie politique en deux camps derrière un homme. Elle n'est plus qu'une proportionnelle absolue, hasardeuse, et il n'y a même pas de triangulaire possible au deuxième tour comme dans les législatives afin de rattraper un "ratage".
- Désacralisée, l'élection présidentielle ? Moins de votants ? Enjeux déformés ? On ne va s'en plaindre, c'est l'élection la plus archaïque qui existe. On est les seuls en Europe à avoir ce système républicano-monarchiste, où l'on se réunit à 40 000 000 d'électeurs pour choisir un homme, sur ses apparences, ses cravates, son look et un résumé succinct, édulcoré de ses idées. C'est comme un rite zoulou, une messe médiatisée, c'est un système incapable de la moindre vérité, il est dépolitisant, il est affaiblissant au maximum pour les débats, il empêche les citoyens de manifester leurs opinions, il déforme toutes les nuances, il nourrit surtout des apprentis chefs d'écuries présidentielles, et enfin, il vient d'aboutir au contraire de ce pourquoi il était prévu : au lieu de polariser entre les forces principales de la droite et de la gauche, il a porté à 0,5 % des voix prés le débat, le choix sur une fausse et dangereuse voie.
- Ainsi le plus mauvais des présidents, à cause de ce système innommable, a été réélu triomphalement alors qu'il aurait du aller rendre des comptes à ses juges...
Mais pourquoi donc Lionel Jospin a-t-il "inversé" le calendrier ? Pourquoi n'avoir pas rajusté démocratiquement les circonscriptions après le recensement de 1999 ? Pourquoi n'avoir pas introduit la proportionnelle, ne serait-ce qu'en partie ?
- Maintenant, les Français estiment, à 70 % des voix que l'élection principale est l'élection au Parlement. Ils ont raison après cinq ans d'expérience où le Premier ministre de gauche ne manquait jamais une occasion de s'expliquer devant les députés... Tirons-en donc les conclusions : c'est le régime parlementaire qui est démocratique. Renforçons-le. Tranchons dans le vif pour une Vie république parlementaire. Ne craignons pas que Chirac essaie encore de jeter le trouble après le 16 juin : un Premier ministre de gauche pourra agir sans risque que M. 19 %, échappé de ses juges, puisse l'empêcher de répondre aux vœux des Français.
- Non au présidentialisme, oui au parlementarisme !
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