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- SALAIRES, RETRAITE, PRÉCARITÉ, DE VRAIES 35 H :
- IL FALLAIT,
IL FAUT DES MESURES PHARES POUR 21 MILLIONS DE SALARIÉS
- L'avertissement populaire
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- On n'avait peut-être déjà pas assez écouté les municipales. Le fond de la leçon du 21 avril n'a pas été bien compris non plus, encore, au Parti socialiste.
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- Sauf par exemple, lorsque Michel Vauzelle fait devant le CN du parti, le mardi 7 mai, un tableau noir de la situation en Province Alpes Côte d'Azur (PACA) et lorsqu'il décrit ce qui va se passer dans les années à venir si la situation sociale n'est pas redressée : il annonce une forte montée du FN bien au-delà des 30 % qu'il a atteint dans certaines villes du sud-est. Dès lors qu'il y aura autant de discrimination sociale, d'inégalités, de misère, il en sera ainsi.
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- Les plus démunis
se sont détournés de la gauche
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La leçon du 21 avril, l'affaiblissement de la gauche, provient de ce que, sa base sala-
riée naturelle la lâche, où se distancie. Les "obscurs, les petits, les sans-grades", les oubliés de la croissance, se lassent. Deux millions de chômeurs n'ont toujours pas d'avenir. Six millions de personnes vivent d'assistance ou gagnent moins que le Smic où sont des "travailleurs pauvres". Un salarié sur deux gagne moins de 8 600 F par mois.
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- Cette situation engendre des frustrations, des besoins légitimes : il est impossible d'ouvrir un poste de télévision et de ne pas exploser, de ne pas souffrir en voyant s'étaler les fruits de la croissance qui sont définitivement refusés à ces millions de "petites gens". Il y a - répétons-le, inlassablement, jusqu'à ce que la gauche s'en imprègne - 8 millions de salariés surexploités qui souffrent dans des entreprises de moins de 50 salariés et qui n'ont jamais rien vu venir de la gauche - ni d'aucun autre gouvernementbien sûr. Sans avenir, sans ressources suffisantes, toutes les in-
sécurités leur sont dures : échec scolaire, logement insalubre, santé précaire, travail jetable, accidents, misère, vieillesse. 5 % de la population possède 50 % du patrimoine, 10 % possède moins de 1 % dudit patrimoine. Et 88 % de la population active qui produit par son travail l'essentiel des richesses, ne touche pas les fruits qu'elle est en droit d'attendre.
- Pour "casser les ghettos", il ne faut pas seulement faire de la rénovation immobilière, scolaire, de la prévention, de l'insertion, de l'ordre, il faut que les gens aient de l'argent pour vivre décemment. Il n'existe aucune insertion, aucune prévention supérieure à un bon salaire et un emploi stable. L'ordre social dépend du plein emploi, la sécurité est d'abord sociale : c'est lorsque qu'un minimum existentiel sera assuré pour le plus grand nombre qu'une politique particulière de répression prendra tout son sens pour corriger, rattraper, réprimer les malheurs issus de la crise. Sinon, ce n'est que de l'agitation
façon Sarkozy, Perben, de la répression façon américaine.
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- Le libéralisme nourrit une crise... à l'issue incertaine
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L'avertissement populaire qui surgit de toutes parts, des milieux exclus, défavorisés, tout comme des salariés soumis au stress, aux maladies professionnelles, à la surexploitation, et aussi, massivement, des cadres déjà plus heureux mais qui n'acceptent pas de vivre au milieu d'un monde pourri d'inégalités, est le même : ce libéralisme, cette loi de la jungle, cette déréglementation qui régnent, corrompent les sociétés les plus riches, et il est déjà en passe de devenir insupportable chez nous. Il nourrit crise sur crise, dégrade ou révolte les consciences, soulève les corpora-tismes, les xénophobies, les racismes, les fascismes... ou les aspirations à la révolution sociale.
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- Malgré sa richesse, à cause de sa richesse, la France, quatrième puissance indus-
trielle du monde, n'est pas stable, elle est minée par l'accroissement d'inégalités qu'elle n'accepte pas. Depuis vingt ans, les choses sont claires : toutes les élections condamnent chacun des gouvernements sortants qui n'a pas agi suffisamment contre ces effets du libéralisme. Et si la gauche ne fait pas son travail, c'est l'extrême droite qui grossit. Déjà lors des municipales en mars 2001, nous l'avions dit...
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- Un autre programme, un programme socialiste
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- Après ce spectaculaire et surprenant résultat du 21 avril, il n'y a pas d'issue autre que d'entreprendre un autre programme : en imposant de façon volontariste une nouvelle et profonde répartition des richesses, un respect des droits du travail, une taxation des profits faramineux du capital, une réduction massive des inégalités. Voilà ce que le Parti socialiste n'a pas encore compris, puisque dans la discussion de son programme, du 30 avril au 7 mai, il
n'a pas introduit les éléments décisifs en ce sens. Il a seulement fait quels fragiles pas en avant dans cette voie. Pire, certains en son sein, (Laurent Fabius, DSK...) croient qu'il faut au contraire, arrêter de faire des promesses "irréalistes" d'augmentation du Smic, des minima sociaux, ou des retraites, ils croient encore qu'il faut baisser les impôts des "classes moyennes", et développer l'épargne salariale !
- Le débat de fond au sein de la gauche et du Parti socialiste n'est donc pas tranché. Il ne peut l'être avant les législatives de juin. Si celles-ci sont perdues, ce sont les droitiers qui gèleront cette discussion, ignoreront l'avertissement populaire et tenteront de faire main basse sur le parti à son prochain congrès pour verrouiller ce choix. Si elles sont gagnées, ce sera dans l'urgence que se posera ce choix : ou répondre aux pressions sociales, ou continuer i comme avant et se préparer à de nouveaux déboires... dans deux, trois ou cinq ans.