- Candidatures uniques, plate-forme commune,
gauche unie...
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- II allait de soi, dès le 22 avril, qu'un des enjeux nouveaux pour la gauche, devait être de revoir les modalités de son unité. Rappelons à tous, que c'était déjà une des batailles menées par la Gauche socialiste plus d'un an avant la présidentielle. Comprenant que la gauche plurielle manquait de dynamique interne et se distendait, la Gauche socialiste avait activement milité pour que se réunissent des états généraux de toute la gauche.
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- Faute d'obtenir un écho suffisant, nous avions contribué, au moins, à ce qu'il y ait des "états généraux contre le Medef le 18 janvier 2002. Nous avions réussi à faire signer des représentants de toutes les composantes concernées : Verts, PCF, MdC, PS, et tous les syndicats et associations de chômeurs en cette circonstance. Mais reconnaissons-le : cet effort n'avait pas atteint l'objectif souhaité, il n'y a eu que 400 personnes là où il en aurait fallu des milliers. Pourtant, avec le recul, on se dit : quel dommage, quel dommage de n'avoir pas mieux préparé l'élection, les débats, conservé les liens, anticipé sur le nécessaire désistement...
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- Savoir dans quel camp on est
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- On rencontre de nombreux jeunes pour lesquels les notions de gauche et de droite ont perdu tout sens. On a entendu pendant toute la campagne présidentielle, 15 candidats sur 16 expliquer à longueur d'antenne que Chirac et Jospin, c'était blanc bonnet et bonnet blanc. Le Pen, Megret, Madelin, Bayrou, Boutin, Lepage, Besancenot, Laguillier, Gluckstein expliquaient cela à qui mieux mieux avec force blagues : Chispin égale Josrac! Un tel matraquage contribue à déboussoler ! uand l'extrême gauche dit la même chose que l'extrême droite, quand ceux du "centre" comme Bayrou l'explique aussi, ça finit par peser - même si c'est une dramatique erreur !
- Il faut rappeler que tout parti politique a un caractère de classe : il est le produit d'une histoire, d'une base sociale, d'une dynamique, il a un rôle, une fonction qui le rattache de plus ou moins prés à l'une des deux classes sociales fonda-
mentales existantes dans la société. On n'échappe pas à une telle caractérisation : toute formation a une origine qui moule le comportement de ses dirigeants, une réfèrent programmatique, même lointain, des liens - ou non - avec des syndicats, avec les mouvements sociaux.
- Regardez l'échec prévisible, inévitable du bluff imbécile de Chevènement avec son "pôle républicain" prétendument au-dessus des classes !
- Chirac, la droite de Giscard à Bayrou, est clairement liée au grand patronat : ce sont des hommes et des partis qui sont subordonnés aux intérêts du grand capital, sans lui ils n'auraient pas d'existence, pas de chance de gouverner. Les gauches, de Mitterrand à Jospin, de Hue à Manière, sont dépendantes de l'écho qu'elles obtiennent dans la classe populaire, s'il est insuffisant, elles n'ont aucune chance de gouverner, il leur faut donner des satisfactions, même à mi-nima, à ces électeurs. Certes, une fois élus, les dirigeants des gauches ont trop souvent subi et accepté les pressions de la classe dominante, de l'appareil d'état, du capital et, finalement, n'ont pas contenté leur véritable base sociale.
- Mais si ce sont deux camps distincts et opposés, ce n'est pas le seul fait des hommes qui les dirigent, mais à cause de ce qu'ils représentent malgré eux. Ce n'est pas indifférent pour les salariés, pour les chômeurs, que ce soient ceux de "leur camp", même s'ils sont droitiers, qui gagnent : car de meilleures conditions sont créées pour la transformation sociale. À l'inverse, si c'est la droite, la lutte est plus dure, a reculons, des acquis sont perdus. Même en Grande-Bretagne, nous préférons Tony Blair à Margaret Thatcher, c'est dire ! Et a l'intérieur du camp de la gauche, tous ceux qui veulent un vrai changement luttent pour qu'il ne dépende plus de Tony Blair !
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Voter pour son camp
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- Restaurer, ce sentiment d'appartenance à un même camp, à une gauche, même aux larges contours, est fondamental pour gagner le 16 juin prochain. Malgré les divergences, la recherche de candidatures communes, afin d'éviter une division fatale, des "triangulaires" perdues d'avance, est vitale. Que les Verts et le PCF fassent effort avec le PS pour négocier dans des centaines de circonscriptions, partout où cela est nécessaire, et possible, le retrait réciproque de leurs
candidats est devenu nécessaire. Cela semble même se faire, non sans heurts d'intérêts pratiques, matériels : c'est une question de survie., d'un même camp. La Gauche socialiste avait proposé dans sa conférence de presse du mardi 23 avril, que cette démarche englobe "toute la gauche" : oui, TOUTE la gauche. Nous incluions évidemment la LCR et Lutte Ouvrière. Pas d'exclusive ! Effort commun contre l'adversaire de droite représentant la classe dominante. Cela ne signifiait pas l'abrogation de nos divergences, cela supposait une action commune, un objectif unique : battre la droite ! Les directions de la LCR et de LO ont refusé et n'ont même pas été capables de s'entendre ensemble ensuite pour se partager les circonscriptions entre elles. Par exemple, à Nantes, nous avons obtenu que le Parti socialiste organise le 30 avril, non un meeting "PS" mais un meeting "gauche unie" ouvert à l'extrême gauche : là encore LCR et LO ont refusé de prendre la parole qui leur était offerte...
- Au Puy, ou à Reims, par contre l'extrême gauche est venue, et elle s'est incluse dans une démarche unitaire... Oui ou non, le 16 juin est-ce indifférent
de voter Chirac-Raffarin ou gauche unie
?
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- Aller plus loin : plate-forme commune et états généraux
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- Pour que des candidatures uniques aient un vrai sens, il faut qu'elles aient un contenu politique. L'occasion est là pour mettre en commun quelques grands axes de gouvernement : le PCF qui réclamait cela depuis des années et tout au long de la campagne, le refuserait-il aujourd'hui ? Les Verts, qui, par la bouche de Noël Mamère ont fait une campagne assez fortement à gauche ( il défendait, lui, le retour aux 37,5 annuités) ne pourraient-ils aussi mettre en avant cinq à six questions majeures pour gouverner en commun. Évidemment le but serait de retenir ce qui réunit, ce qui fait sens, pas ce qui divise.
L'effort pour rédiger une plate-forme politique de qualité créerait une dynamique nouvelle, à coup sur.
- Il faudrait aussi impliquer, associer, unir les militants à tous les niveaux : il faut que les différentes composantes de la gauche, après s'être retrouvées dans les cortèges du 1er mai, se rencontrent dans de mêmes salles, apprennent à débattre, à se respecter, à s'épauler pour mieux convaincre leurs concitoyens.
- On n'augmente pas les chances de victoire sans une telle dynamique : parce que le scepticisme s'est manifesté le 21 avril, parce que le doute existe toujours sur la volonté des dirigeants de gauche de "faire mieux", il faut entretenir l'élan civique du 1er mai, il faut nourrir l'espoir en bas, être à l'écoute, faire remonter les exigences d'un peuple qui, depuis longtemps, vote avec obstination, chaque fois, pour la rupture avec le libéralisme économique !