- Dix raisons qui font que la gauche peut
- gagner la majorité au Parlement le 16 juin
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- La première raison, c'est le contre-coup du "choc" du 21 avril :
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"Tout séisme connaît des répliques", affirme Laurent Fabius. Ce qui est vrai des tremblements de terre, ne l'est pas forcément des élections. Les électeurs ne réagissent pas selon l'échelle de Richter, s'il survient un danger d'un premier vote, ils s'efforcent d'avoir un sursaut qui corrige le séisme, non pas de le reproduire. Ces "sursauts" à gauche, nous les avons connu souvent et pouvons l'espérer aux législatives de juin. Le PS n'a jamais reçu autant d'adhésions que depuis le 21 avril !
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- La deuxième raison, c'est que la gauche est majoritaire en voix :
- Oui, car même le 21 avril, le total des voix de toute la gauche était supérieur à celui des vok de droite. Sans compter le fait qu'il y ait des dispersions, des abstentions, des votes blancs et nuls exprimant une attente, un mécontentement. Tenir un discours combatif, après le "choc" peut faire revenir le réflexe de "camp" si nécessaire à la gauche.
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- La troisième raison, c'est la jeunesse mobilisée
- Quand les jeunes criaient : "on vote escroc contre facho", ils disaient tout, ils exprimaient une lame de fond dans les forces vives de ce pays. Le futur c'est "eux". Eux, ils ont appris quelque chose d'exceptionnel: retour du civisme, importance du vote, conséquence de la menace d'extrême droite, complicité de la droite... Chirac, Juppé leur disaient de ne pas manifester, ils l'ont fait et ils ont le sentiment d'avoir gagné... cela peut les amener à voter et à voter utile en juin.
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- La quatrième raison, c'est deux millions de manifestants le 1er mai
- Oui, deux millions, car il y avait aussi 500 manifestants à Vitry-le-François, et 700 à Conflans-Ste-Honorine... Les chiffres officiels dans 70 grandes villes ne doivent pas masquer les défilés dans toutes les autres villes, y compris les plus petites. Jamais il n'y avait eu une telle mobilisation un 1er mai. Pas seulement les jeunes, les syndicalistes, le salariat, c'est de bon augure...
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- La cinquième raison, c'est que la droite a perdu quatre millions de voix...
- Droite et extrême droite ont reculé en voix, en chiffres absolu le 21 avril. Chirac n'a atteint que 19 %. C'est une victoire bancale à la Pyrrhus. Malgré l'intox chiraquienne, jamais un président n'a été si mal élu. Chirac est illégitime, produit d'un vote de rejet pas d'adhésion. Cela laisse un goût d'in-
justice, une soif de revanche. La gauche est la principale actrice de la défaite écrasante de Le Pen.
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La sixième raison, c'est le gouvernement Chirac-Raffarin
- À force, au pas de charge, quasi militarisé, d'annoncer la baisse des impôts pour les riches, et l'assouplissement des 35 h, les 40 ans pour les fonctionnaires, tout en donnant le contrôle de l'économie nationale au Medef, Francis Mer... Ce gouvernement fait douche froide à tous ceux qui n'ont pas vécu depuis cinq ans ce qu'est un gouvernement de droite bovine, ultra-libérale, dangereuse pour les acquis sociaux du pays.
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- La septième raison, c'est les candidatures uniques de la gauche
- C'est nouveau : PCF, verts, PRG ont travaillé à réduire les pertes, les ratés, les risques de triangulaires perdantes. La recherche de candidatures uniques et d'une plate-forme commune, implique une avancée par rapport aux discordances finales de la gauche plurielle. Une nouvelle forme d'unité de la gauche se dessine. Cela encouragera les électeurs.
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- La huitième raison, ce sont les avancées du Parti socialiste
- Ce nouveau programme adopté par le Parti socialiste n'est sans doute pas assez à gauche encore,
mais il peut être fortement valorisé sur le terrain : il indique une direction, un nouveau sens, rien n'est plus comme avant. Le peuple de gauche a vu ses dirigeants manifester le 1er mai, il compte à nouveau sur eux, et cette fois, il sait que chaque vok compte.
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- La neuvième raison, c'est qu'une cohabitation n'aurait plus le même sens
- La cohabitation est certes un mauvais système, confus. Mais là, si la gauche gagne c'en est fini de la prédominance du président de la République. Deux fois vaincu, Chirac devra laisser se mettre en place un vrai régime parlementaire. La situation qui en résultera donnera des responsabilités supérieures à la gauche, elle sera obligée d'aller plus loin dans la satisfaction des besoins populaires.
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- La dixième raison, c'est qu'il y a 577 candidats
- Il ne s'agit plus d'une présidentielle concentrée sur les propos d'un seul homme, n y a 577 campagnes où les députés peuvent s'exprimer les militants vont avoir leur mot à dire. Les sondages donnaient 30 sièges de retard à la gauche le 6 mai. Or, à un mois du scrutin en 1997, les mêmes donneurs lui donnaient 100 sièges de retard : la configuration électorale est pourtant la même, des triangulaires vont avoir lieu et elles peuvent encore servir la gauche... or la gauche annonce qu'elle veut s'en servir.