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RENCONTRES D'ETE DE LA GAUCHE SOCIALISTE - 30-31 AOUT 2002 -
L'AMENDEMENT AUX THESES
Unanimité sur la tactique au sein du Parti Socialiste

De l'utilité des thèses...

Tout en politique n'est pas sur le même plan. La théorie, la stratégie n'a pas la même importance, comme on dit, que la "cuisine". Le champ des idées est prioritaire. La tactique y est subordonnée. A Nantes l'important, c'était les thèses : si la Gauche socialiste n'avait pas pu se mettre d'accord sur une analyse du 21 avril, et sur les tâches qui en découlaient, à quoi bon prétendre que nous allions construire un "courant de gauche", nouveau ou pas?

A quoi a t'on vu, de façon incontestable, qu'il n'y avait pas "deux lignes" à Nantes ? Au fait qu'il n'y ait eu qu'un seul rapport, un seul projet de thèses... et un seul vote. On ne construit pas un courant de gauche pour faire de l'affichage, ce n'est pas une question de symbole ni d'image. Le "fond" doit l'emporter sur la tactique.

Justement ceux qui veulent construire une vraie gauche se distinguent en ce qu'ils croient en l'idéal socialiste, et qu'ils veulent en donner une traduction concrète, programmatique. Ce sont les opportunistes qui se moquent des textes ou s'en détachent aussitôt qu'ils les ont voté. Pour une vraie gauche, il faut une vraie théorie, une vraie référence, une analyse politique solide qui serve de ciment à la transformation sociale pour laquelle nous combattons.

C'est en ce sens qu'il faut apprécier nos thèses, votées à Nantes. Sans elles, rien n'aurait été possible : certains seraient inconditionnellement allés "faire un nouveau courant", d'autres l'auraient refusé, et d'autres auraient "continué" la Gauche socialiste. Parce que nous nous sommes mis d'accord sur ces thèses, il y a eu unité, il y a eu une seule "ligne", une seule orientation. Après cela, aucun problème de tactique n'est insurmontable. Là où il y a une volonté, il y a un chemin. En dehors de ce socle, il y a encore des détails d'interprétation, de calendrier ou de savoir-faire différents, mais quand tout le monde s'est levé à Nantes en criant "hourrah", et qu'ensuite le vote a eut lieu a l'unanimité, il y a eu un "acte," un "fait", théorique, stratégique, plus fort que tous les autres.

Pour autant, aussi essentielles qu'elles soient, nous ne faisons pas de nos thèses un préalable vis à vis de nos futurs partenaires. Notre méthode n'a jamais été celle de l'ultimatum, nous voulons travailler ensemble à faire un nouveau texte commun : nous apporterons bien sûr nos thèses, notre "ligne", avec la plus grande des convictions, mais sans sommation. Il faudrait qu'il y ait des refus graves, des impossibilités encore inconnues pour nous empêcher de conclure un accord - dont nous espérons évidemment qu'il soit le proche possible de notre orientation. Cela n'implique ni "pinaillage", ni surtout une quelconque volonté de freiner une dynamique unitaire. Mais nous refuserons l'unité "sans fond politique" car elle ne peut permettre à la gauche de se faire reconnaître et de s'élargir. Cette méthode n'est pas toujours bien comprise par ceux qui sont de culture orale, ou ceux qui n'ont pas le souci du collectif, ou par ceux qui croient que la tactique est plus importante que le fond politique. Mais c'est la seule méthode fondatrice sérieuse entre partenaires qui se respectent. C'est aussi comme cela que nous pourrons nous ouvrir ensuite. 

Ci-dessous, nous reproduisons intégralement l'amendement à la 4ème partie des thèses d'orientation présentées par Gérard Filoche. Il a été adopté à l'unanimité ainsi que l'ensemble des thèses (sur la construction d'un nouveau courant de gauche à vocation majoritaire) L'accord sur cette partie a scellé l'accord complet sur l'ensemble des thèses qui sont à votre disposition sur le site de la Gauche socialiste/ou qui peuvent vous être envoyées sur demande express Ces thèses ont paru imprimées et distribuées à Nantes aux 900 participants! Elles reprennent les n° de bilan de D&S (mai 02 n°95 et spécial été n°96 qui sont eux aussi à votre disposition).

Chapitre 4- C 1)

C'est pourquoi la Gauche Socialiste lance un appel à tous les militants et responsables socialistes, à toutes les composantes du parti et de la gauche pour recomposer sans préalable ni exclusive un grand Parti Socialiste en prise avec les aspirations et les besoins sociaux, porteur d'un projet de rupture avec l'ordre libéral. Cela vise en premier lieu, les camarades de la motion 3 d'Henri Emmanuelli, Alain Vidalies, Christian Bataille, Annick Aguirre, Isabelle Martin, Jean Malot, Emmanuel Maurel, et des militants qui ont pris au dernier congrès et depuis des positions différentes mais assez voisines des nôtres. Les événements du 21 avril nous imposent de tout faire pour travailler ensemble à l'émergence d'un nouveau courant, portant un projet de ruptureavec la mondialisation libérale, unitaire, ouvert au sein du parti comme sur la société.

Nos deux courants représentaient plus de 27 % du Parti socialiste au congrès de Grenoble. Réunis, ils peuvent former le socle d'un grand courant de toute la gauche du parti, à vocation majoritaire dès le prochain congrès, capable de rassembler les militants et courants soucieux de former une grand force de rupture avec l'ordre libéral.

Ce n'est pas du jour au lendemain qu'on règle les traditions de débat différentes et qu'on parvient à des approches communes sur tout. Des divergences subsistent sans doute, qu'il faudra surmonter par le débat et l'action commune. Mais nous partageons un large champ d'accord qu'il faut savoir approfondir. La Gauche Socialiste propose de prendre toutes les mesures d'organisation dès la fin de cette université d'été pour travailler avec les camarades de la motion 3 : échange de nos documents de référence, mise en place d'une commission de travail pour rédiger un document commun et coorganisation de rencontres à Argelès les 27-29 septembre prochains. Il s'agit de poser à cette date, si l'accord politique se vérifie, les premiers actes de fondation d'un grand courant de gauche du Parti Socialiste. Evidemment, nos thèses seront versées au débat dans le but de réaliser cet objectif, sans en faire un préalable. Un comité de « liaison » ou « d'organisation » commun à nos deux courants préparera ces rencontres, en élaborant un texte-appel pour fonder un nouveau courant largement ouvert à tous ceux qui voudront participer à cette démarche.

Argelès peut être le point de départ d'une dynamique de rassemblement à vocation majoritaire. Les militants socialistes percevront que la gauche du parti s'unit. C'est un signal de ralliement autant pour l'intérieur que pour l'extérieur du PS. Nous appelons tous ceux qui souhaitent participer au renouveau du socialisme, partisans d'un réformisme radical, adversaires de la mondialisation libérale, à y participer. Une autre réunion nationale à Paris, quelques semaines plus tard, pourrait permettre l'engagement public de milliers de militants, démocratiquement, dans ce processus.

Nous chercherons évidemment à y associer d'autres forces, puisqu'il s'agit d'une démarche d'ensemble à vocation majoritaire. Dans cette optique, nous proposerons au nouveau courant de réunir rapidement une Conférence nationale, ouverte à toutes celles et tous ceux qui veulent ancrer le Parti socialiste à gauche et éviter toute dérive libérale. Pour cela, nous multiplierons les démarches, et notamment nous prendrons également langue avec Arnaud Montebourg et avec ceux qui le soutiennent et dont nous nous félicitons qu'ils défendent une VI ° République. Nous proposerons d'échanger entre nos réunions, débats, contributions, de façon à faire avancer sur ces thèmes, le plus possible nos idées communes.

Consulter les thèses adoptées à Nantes sur le site de la Gauche socialiste (www.gauche-socialiste.com) ou bien les commander à D&S.