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Courrier des lecteurs

Monsieur,

Merci pour votre mensuel qui donne à penser à gauche (et particulièrement le "spécial été 36 pages").Vos articles sont un antidote aux journalistes français qui jouent les esclaves économiques de Raffarin. Les médias restent responsables de la catastrophique élection présidentielle. Vos encarts recto verso (intolérables inégalités et les bons chiffres, Marianne et les votes au scrutin présidentiel) précis, très clairs, permettent d'être classés et utilisés. Oui "je n'ose imaginer la vie sans D&S" Aussi chèque joint avec mes meilleurs sentiments. J.A. (31)


Bonjour,

J'ai bien conscience de vos difficultés à propos de l'avenir de D&S. Comme de nombreux militants, nous avons été écœurés du récent naufrage de la gauche en général et du PS en particulier. Depuis des années, nous avons essayé de faire avancer les idées de la Gauche socialiste en matière de salaires, de lutte contre la précarité, la flexibilité, les futurs fonds de pension, etc. Notamment avec le Sycopa sur Paris, en unité syndicale toujours. Comment se fait-il que la Gauche socialiste au sein de l'exécutif du PS n'ait pas eu plus de poids pour faire taire les sirènes libérales (Fabius, Strauss-Kahn, et bien d'autres) qui semblent maintenant à nouveau battre le pavé et flirter avec la droite raffarinée ? Je n'avais pas envie de me réabonner cependant je ne veux pas vous abandonner mais de grâce, prenez le taureau par les cornes et faites quelque chose de visible et d'enthousiasmant dans les semaines et les mois à venir. Malheureusement les échos de l'université d'été du PS ne vont guère dans ce sens ? Amitiés et bon courage à toute l'équipe. J.P. (91)


Chers camarades

Ci-joint mon réabonnement. Plus que jamais mobilisé pour résister au libéralisme rampant et aux pressions de la pensée unique, c'est avec plaisir et conviction que je soutiens vos efforts d'information et de combat pour la justice sociale et plus généralement réhabiliter l'humain dans un contexte économico-social épuré en la matière. Merci pour vos éclairages pertinents et le dynamisme que vous pouvez inspirer à la "gauche" en recalant ses positions à l'endroit où nos concitoyens l'invitent fortement à revenir (Cf. le premier tour des présidentielles) c'est-à-dire à gauche ! L.S. (67)


Refaire un Parti socialiste ?

D'un bilan de gouvernement fortement positif, nous n'avons su tirer aucune reconnaissance populaire. (...) Plus qu'insuffisant, notre parti a souvent été inexistant. Puisqu'il n'y a pas de démocratie sans le relais nécessaire d'un parti entre le peuple et ses responsables politiques, on ne peut que constater l'évanescence d'un relais dont le rôle autre qu'électoral n'est jamais clairement défini. S'il est évident que le nôtre n'ait guère servi à populariser notre conception de la vie en république, il faut se demander comment nous poumons maintenant le faire. (...) C'est ici que vont se faire les clivages méritant considération : d'un côté les rebelles, de l'autre les orthodoxes. Les rebelles se prévaudront de l'essence même de la gauche qui restera le refus de l'ordre établi tant qu'il ne sera pas celui de la trilogie républicaine, la lutte pour la liberté et l'égalité des hommes n'ayant d'autre objectif final que les conditions de leur fraternité. (...) Rebelles, nous nous interrogerons d'abord sur notre propre fonctionnement, celui de la section : est-elle un lieu de discussion et d'élaboration d'idées à approfondir et diffuser ? Est-elle un simple comité électoral du petit chef local ? Quelle est son articulation avec la fédération ? (...) Chacun de nous est responsable de ces réponses. Orthodoxes, nous ne refuserions pas de l'être sur des idéaux clairement définis, des méthodes d'action intelligemment construites. L'existence de leaders nationaux est incontournable : il ne nous appartient pas de les suivre mais de les choisir et de les soutenir de nos propositions et critiques. Nous pourrons alors cesser d'être des affidés passifs et devenir les militants politiques capables sur le terrain et dans la rue d'offrir une autre vision que celle d'un monde possédé par le fric, la télé et la conne-rie qu'elle magnifie sans relâche. La gauche c'est le travail de l'intelligence pour que ne crèvent pas les hommes et la planète qui les porte. Au boulot, camarades ! S.F. (30)