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La principale source d'insécurité dans le monde :
« Deux millions de morts du travail par an...»

Le Congrès mondial sur la sécurité et la santé au travail » qui s'est achevé à Vienne le 31 mai, a réuni représentants du gouvernement, patrons et syndicats de 170 pays. Il y a été révélé que deux millions de travailleurs meurent chaque année d'accidents du travail et de maladies professionnelles, dont 15 % dans les pays industrialisés. Il y en avait 1,2 million en 1992. Une progression dramatique depuis dix ans. Cela fait plus de morts que toutes les guerres du globe. Et plus de morts que tous les accidents de la route du monde. Pour chaque accident mortel, on décompte 2000 blessures pouvant entraîner un arrêt, une hospitalisation voire une invalidité à vie.

Cet accroissement est dû aux cancers (56 %) et maladies respiratoires (28 %), qui font 80 % des décès. Et l'amiante qui fait 100 000 morts par an à elle seule. « Sur un chantier thaïlandais ou coréen, on a ainsi dix fois plus de risques de mourir que sur un chantier allemand » dit Jukka Takala du Bureau international du travail (Libé du vendredi 31 mai, p. 27). Il y a aussi une hausse des maladies neuropsychiatriques et cardiaques, à cause du stress provoqué par l'extension sans limites des temps de travail, de nouveaux pans de l'économie se mettant à fonctionner 24 h sur 24. Le travail de nuit multiplie par deux les risques de crise cardiaque.

On nous parle d'insécurité à n'importe quelle occasion mais sans jamais évoquer celle-là. Ces messieurs du Medef, Seillière et Kessler font l'apologie d'une société du risque, et prônent des « valeurs risquophiles » contre les « risquophobes » ! Eux-mêmes, qui, déjà n'aiment pas l'insécurité dans les placements financiers, ni les déséquilibres inflationnistes, qui sont les rois de l'assurance, comment peuvent-ils se dire "risquophiles" et mépriser "ceux d'en bas" qui réclament de la "sécurité sociale" et une meilleure indemnisation de leurs accidents du travail ?

 


 Humeur
Si la gauche était encore au pouvoir...

Des fourgons de la «Brinks» attaqués au lance-roquette. Des évasions de prison multiples, parfois après de véritables opérations commandos. Un détenu basque remplacé par son frère, à la Santé... supercherie découverte huit jours après seulement. Les bijouteries dévalisées au moins une fois par semaine dans les beaux quartiers. De pauvres bougres tués dans la rue pour souvent des raisons futile s. L'horreur de jeunes filles assassinées. Des policiers tombant dans de véritables traquenards... Ces anecdotes, et bien d'autres, qui continuent de se dérouler dans notre pays depuis le mois de mai, auraient, du temps où Daniel Vaillant était ministre de l'Intérieur, suscité des prises de paroles graves de Chirac, des ouvertures d'un quart d'heure de journaux télévisés, des couvertures de magazines sur le thème : « La France a peur, que fait le gouvernement ? ». Et là, plus rien ! Aux abonnés absents, TF1 et autres manipulateurs de l'opinion !

Même les nationalistes corses ont repris leurs bonnes vieilles habitudes. Une conférence de presse, comme au bon vieux temps de Debré, dans le maquis, en armes, cagoules, juste après la venue de Sarkozy ! On imagine ce qui se dirait si cela se passait en banlieue ! Mais là, silence radio, pas une protestation, pas de coups de menton autoritaires, pas de grands discours sur les valeurs républicaines, pas de stigmatisation du laxisme du pouvoir. Il est vrai que ce n'est plus Daniel Vaillant qui est place Beauveau, mais le petit Nicolas. Et qu il sait faire les moulinets de bras pour donner le change et amuser la galerie. Et apparemment, cette galerie là, cela lui suffit !

Cicero Picas