-
-
- Face à la mondialisation libérale qui accélère la concentration
des richesses et qui génère des exclusions économiques, sociales, culturelles
et la destruction de l'environnement, un mouvement citoyen mondial émerge
avec force. Celui-ci s'exprime par des forums " société civile
" lors de conférences internationales, par des campagnes citoyennes
sur la dette des pays du Sud ou sur la réforme des Institutions Financières
Internationales (IFI), etc., ou par des manifestations sociales.
-
- Le Forum Social Mondial (FSM) de Porto Alegre est une des expressions
les plus importantes de ce mouvement. Les Forums sociaux mondiaux de
Porto Alegre de 2001 et 2002, organisés en parallèle du Forum économique
mondial de Davos, ont été des succès indéniables, tant par le nombre
de participants que par la qualité des débats qui y ont eu lieu. Ils
ont été des espaces ouverts de rencontres et d'échanges pour l'approfondissement
de la réflexion, la formulation de propositions concrètes, l'articulation
d'actions efficaces entre divers mouvements et entités de la société
civile qui s'opposent au néolibéralisme. Bien plus qu'un événement situé
dans le temps et dans l'espace, le Forum social mondial est devenu un
processus permanent de recherche et de construction d'alternatives.
-
- Les dérives autoritaires et les tentatives d'amalgame de ce mouvement
avec le terrorisme, suite aux attentats du 11 septembre 2001, n'ont
pas arrêté sa dynamique. Il se développe maintenant sur plusieurs continents
afin que de plus en plus de citoyennes et de citoyens s'engagent dans
ce processus.
-
- Le Forum Social Européen (FSE), qui se tiendra à Florence (Italie),
du 7 au 10 novembre 2002, s'inscrit dans cette dynamique. Il est aussi
le résultat des mobilisations sociales de ces dernières années. Il rassemblera
des mouvements sociaux : associations, ONG, syndicats, mouvements citoyens
d'Europe et d'autres continents, en particulier de la rive sud de la
Méditerranée. Il aborderades thèmes liés aux grands enjeux européens
: l'Europe dans la mondialisation et sa politique de solidarité internationale,
la paix dans la région et les questions d'armement, la démocratie et
la citoyenneté en Europe.
-
- En France, un collectif de préparation au Forum social européen
de Florence s'est constitué. Il regroupe les organisations signataires.
Celles-ci appellent tous les acteurs de la société civile française
à les rejoindre, à se mobiliser pour participer au Forum social européen
de Florence, et les invitent à créer localement des collectifs de préparation.
-
- Ensemble, mobilisons nous pour qu'une autre Europe et un autre
monde soient possibles !
-
- Collectif français de préparation
au FSE de Florence :AC ! (Agir ensemble contre le chômage !), AEC, Afrique
verte, Agir Ici, AITEC, Amis de la terre, Association Biens publics
à l'échelle mondiale (BPEM), Association Complex'cité, Association des
travailleurs maghrébins de France (ATMF), Association Droit à l'énergie
SOS Futur, Association régionale des citoyens du monde en Poitou-Charentes,
ATTAC, CADAC, CASI-Bretagne, CCSC (Comité chrétien de solidarité avec
les chômeurs et précaires), CEDAL, CEDETIM, Cedidelp, Centre d'information
inter-peuples de Grenoble, CGT, Chambre des beaux arts de Méditerranée,
Cimade, Citoyens et initiatives pour la vie locale, l'insertion sur
le territoire et l'économie solidaire (CIVILITES), Collectif associatif
Nouvelles richesses, Collectif de pratiques et de réflexions féministes
" Ruptures ", Collectif Jo'burg 2002, Collectif nationalpour
les droits des femmes, Collectif pour la citoyenneté et les droits fondamentaux,
Collectif Vamos !, Comité catholique contre la faim et pour le développement
(CCFD), Comité participatif et citoyen d'Alfortville-Vitry (94), Confédération
paysanne, Coordination anti-privatisations pour une alternative de progrès,
COSI, CRID, CRIDEV, Cultures & Citoyenneté, DAL, Danse à tous les
étages !, Démocratiser radicalement la démocratie, Droits devant !,
Ecologie sociale, Ecorev (revue critique d'écologie politique), Espaces
Marx/ Transform!, Etats généraux de l'écologie politique, Etats généraux
de la culture, Fédération Artisans du monde, Fédération des Associations
de solidarité avec les travailleurs immigrés (FASTI), Fédération des
Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR), Fédération nationale
des mines et de l'énergie CGT (FNME-CGT), Fédération syndicale unitaire
(FSU), Femmes et développement en Algérie (FEDA), FGTE CFDT, Fondation
Charles Léopold Mayer pour le progrès de l'homme (FPH), Fondation Copernic,
Fondation France Libertés, Fondation pour les femmes africaines, Fonds
mondial de solidarité contre la faim, Forum de Delphes, Forum de la
gauche citoyenne, Forum pour un autre monde, France Amérique latine,
Frères des hommes France, Gamins de l'Art Rue, Groupe d'information
et de soutien des immigrés (GISTI), GRDR, Greenpeace, Holos environnement
développement, Immigration Développement Démocratie (IDD), Les Amis
du Monde diplomatique, Les Pénélopes, L'Humanité, Ligne blanche, Ligue
de l'enseignement, Ligue des droits de l'homme, Marche mondiale des
femmes, Marches européennes, Max Havelaar France, Mouvement pour le
développement solidaire (MDS), Mouvement de la paix, Peuples solidaires,
Politique (revue européenne de débats), Pour une société solidaire (PUSS),
Réseau " Toute la gauche ", Réseau action climat France, Réseau
Fanfare, Réseaux services publics, Résistances, Résister !, Revue Mouvements,
Revue Multitudes, RITIMO, Rouge, SOLA-GRAL, SOLIDARITE, SURVIE, Terre
des hommes France, Trait d'Union, UNEF, Union syndicale G10 solidaires.
- Avec le soutien de :Alternative libertaire,
ANECR (Association des élus communistes et républicains), La Souris
verte, Les Alternatifs, Les Verts, Ligue communiste révolutionnaire
(LCR), Parti Communiste Français (PCF), La République Sociale, le club
de la Gauche Socialiste, Socialisme par en bas/1'étincelle
-
-
-
- Nos lecteurs le savent : à Nantes, la Gauche socialiste avait
voté des "thèses" unanimes, et une orientation visant à créer
un "grand courant de gauche à vocation majoritaire" susceptible
"d'ancrer à gauche tout le Parti socialiste". Lorsque l'accord
avait été conclu, en assemblée générale devant 850 militants, Jean-Luc
Mélenchon s'était levé, applaudissant l'intervention de Julien Dray,
s'écriant "Hourrah" et, avec tous les participants, "gauche
socialiste, gauche socialiste !". Nous avions alors une chance
de conserver une longue tradition de débat, d'action, des acquis théoriques,
politiques et pratiques et de les mettre tout entier au service de la
bataille décidée ce jour-là.
-
- La Gauche socialiste est une expérience unique, sans doute le courant
le plus riche et le plus fort, depuis Marceau Pivert, dans la social-démocratie
française et européenne. Ses origines remontaient, de par ses dirigeants,
aux grèves de mai 68, aux mouvements de la jeunesse et aux luttes syndicales
qui avaient suivi. Elle avait obtenu une place particulière dans le
Parti socialiste avec deux ministres, cinq députés, un député européen,
une présence au secrétariat national, au conseil national, des centaines
d'élus locaux, des groupes de base dans tous les départements, un collectif
d'animation national et une direction expérimentée, habituée aux débats
et à l'action commune, une influence dans la jeunesse et dans les syndicats
à un haut niveau, un réseau européen et même mondial, deux journaux,
des livres théoriques... Il restera à analyser et à écrire, comment,
alors qu'elle venait d'adopter un texte théorique et politique de haut
niveau, d'une solidité reflétant le travail de tous ses militants, synthétisant
ses documents de congrès, son action dans et hors du parti socialiste...
elle a pu ainsi éclater, alors qu'elle se croyait sauvée d'une difficile
crise post-21 avril. Bien sûr, actuellement, toute tentative de récit
"objectif déchaîne les passions et lesautres versions, mais nos
lecteurs sauront en juger sagement, avec recul. Il avait fallu beaucoup
de sang-froid pour réussir l'accord de Nantes, il aurait fallu beaucoup
de sang-froid et de volonté pour le mettre en oeuvre. Cela a manqué
ensuite. Il aurait fallu "avancer au consensus" : certains
crurent qu'il fallait "imposer la démocratie" et faire voter
à chaque pas...
-
- Les faits
-
- Les votes sont, bien sûr, plus démocratiques que tout autre formule...
sauf lorsque, dans une situation délicate, il vaut mieux prendre son
temps, consulter, ne pas imposer à l'autre telle ou telle majorité,
d'ailleurs provisoire sur tel ou tel détail tactique. Spécialement quand
on est habitués à décider au consensus, il faut du consensus... pour
procéder autrement. Sinon, le vote au forcing devient un instrument
contre la démocratie... Quand on sort d'une grande crise, il vaut mieux
prendre son temps, atténuer chaque difficulté, remettre le travail sur
le métier...
- Ce ne fut pas le cas. La première réunion après Nantes fut une direction
nationale, le 5 septembre, incomplète, car des parties étaient excusées
ce soir-là, un inhabituel jeudi soir. Il y eut trois votes : le premier,
à douze voix contre une, décida qu'il n'y aurait pas de rencontre entre
les deux directions des motions 2 et 3, et qu'un seul camarade serait
désigné comme "réfèrent" (sic) pour discuter en tête-à-tête
avec Henri Emmanuelli, et ce camarade serait Jean-Luc Mélenchon. Procédure
curieuse s'il en est. Celui qui fut minoritaire ce soir-là, avait quelque
crédit pour dire, à la direction : "-Ne faites pas cela, ce n'est
pas une mesure raisonnable, ni collec-tive, elle est inacceptable, et
même un peu rétrograde, pour les autres camarades, tous appelés à jouer
un rôle dans ce processus". Il ne fut pas entendu, et il y eut
deux autres votes ensuite, du même type, pour désigner une commission
de rédaction d'un texte en commun avec la motion 3, qui soit "inclusive"
(c'est-à-dire incluant toutes les sensibilités). Cela fut encore refusé
à 12 voix contre une, puis il y eut un troisième et dernier vote, pour
supprimer la réunion de direction suivante, ne permettant plus de se
remettre tous ensemble autour d'une table pour revoir ces décisions.
L'affaire était consommée avec brutalité ce soir-là. D'autant que la
veille, était imprimé un exemplaire de "A gauche" particulièrement
polémique qui réaffirmait, en dépit des votes unanimes, qu'il y avait
"deux lignes" à Nantes. Ce numéro de A Gauche n'avait pas
été porté à la connaissance des membres de la direction dont certains
le découvrirent dans leur boîte à lettres le lendemain. Quand, il y
a scission, tous les faits, les détails, sont ré-analysés, par les uns
et les autres à l'infini, mais la chronologie est toujours impitoyable
: qui a fait les premiers gestes, décidés et provocateurs de rupture
? Parfois il suffit de détails. Là, il a fallu un choix draconien, volontaire,
offensif, et l'enchaînement s'est mis en route : alors que le Conseil
national du 14 septembre était légitimement convoqué, et majoritaire,
la DN avait fait les choix malheureux qui firent que Julien Dray - à
tort - en convoqua un autre le 21 septembre. Il n'y avait pas de raison,
on pouvait et devait encore en discuter dans une même salle. Ce fut
impossible à obtenir même de la part de ceux qui déployèrent une intense
activité en ce sens.
-
- La DN du 5 septembre fut la dernière : le CN du 14 septembre a décidé
délibérément de n'en plus convoquer. Le CN du 14 a même voté un "quitus",
vocable peu usuel dans le courant, envers l'action de la DN du 5 septembre,
histoire de bien confirmer ce qui avait été fait. Il a annoncé la dissolution
de la Gauche socialiste avant même qu'il n'y ait fusion avec la motion
3. Il a même annoncé la fin du club de la République sociale... et de
sa presse. La seule nuance fut que 5 camarades étaient désignés par
ce CN du 14 pour préparer Argeles, mais leurs noms n'étaient pas précisés,
et ils ne se réunirent jamais non plus. Il n'y eut donc aucune réunion
commune, en un mois entier, entre les membres de la motion 2 et de la
motion 3 avant Argeles. Jamais les membres des directions des deux courants,
ni même une délégation d'entre eux, ne se retrouvèrent autour d'une
même table, dans une même salle. Le "CN" du 21 septembre réunit
à son tour "un autre morceau" de la Gauche socialiste, autour
de Julien Dray : il décida de désigner une délégation pour Argeles se
réclamant des "thèses" de Nantes, demandant une "réunion
ouverte" ultérieure à tous ceux qui voulaient construire un large
pôle de gauche et proposant de "travailler par tous les moyens
avec la motion 3 en ce sens". Ceux qui "faisaient la navette"
d'une réunion à l'autre, pour conseiller de continuer à travailler ensemble,
n'avaient plus de chances d'être entendu, malgré leur bonne volonté.
Ils s'y acharnèrent pourtant, ayant l'intuition d'avoir raison contre
ce mécanisme infernal. Commesouvent dans ces cas-là, ce sont eux qui
prirent les pires flèches.
-
- Le pire fut que la "commission" désignée par les deux
parties pour écrire un texte commun motion 2 - motion 3 pour Argeles,
ne réussit pas davantage, une certaine mauvaise volonté régnant entre
membres de la Gauche socialiste, à se réunir. Il y eut donc deux projets
de textes à Argeles, mais rien ne fut fait là-bas non plus pour qu'il
y ait une commission et un accord, les deux textes furent distribués,
mais seul un texte-appel, fut retenu comme tel au "rapport de force",
ou plutôt "à l'état de fait" - sans être amendé, ni discuté,
ni voté. Nous y avons laissé, au passage, bien des éléments de programme
qui étaient dans les thèses de Nantes, et ce, alors qu'une discussion
régulière aurait pu probablement faire naître un accord.
-
- Le fond politique
-
- On a pu même remarquer que dans la préparation d'Argeles, ce n'était
pas les camarades proches d'Henri Emmanuelli, ni ceux que l'on appelait
"poperenistes" qui étaient les plus hostiles à un compromis
ou un rapprochement, pour que toute la Gauche socialiste se retrouve
: les traces de la rupture, tout au long du mois, séparaient davantage
les groupes militants de la GS, que le fond politique. Beaucoup ont
souffert : parce qu'ils croyaient que la politique l'emporterait sur
cette logique de séparation, parce que tous veulent un "rassemblement
de gauche", parce que tous défendaient les mêmes idées sur l'essentiel,
parce que tous veulent influencer le parti, gagner sa majorité, ancrer
le parti à gauche, battre les "blai-ristes"... et que tous
ne se retrouvent pas dans le résultat provisoire (?) issu de ce mois
de septembre.
- Heureusement, le congrès est encore loin : les motions ne devront
être déposées qu'en mars, les votes ont lieu dans six mois, la politique
peut et doit reprendre le dessus. Les questions de personne ne peuvent
longtemps l'emporter sur les questions de politique. Or dans les semaines
et mois qui viennent, les événements sociaux, mondiaux, les nécessités
du combat contre la droite, tout milite pour que le fond des thèses
politiques rapproche les différentes parties en présence. Le test de
vérité sera là.
- Si ce n'est pas le cas, on découvrira qu'il y avait des raisons
politiques réelles, cachées ou évolutives. Si c'est le cas, et que tous
réagissent en commun aux différents événements, il se révélera que cette
"scission" n'était qu'une séparation...
-
- D&S, appuyé sur les "thèses de Nantes", qui a milité
contre cette "séparation" et pour la naissance d'un rassemblement,
de type "nouveau monde" sur la base d'un bon "texte-appel",
dirigé par un collectif démocratique, et ouvert sans exclusive ni préalable
au reste du parti, continuera de militer dans ce cadre...
- GÉRARD FILOCHE
-
-
-
- "Ce que nous voulons ?Relever le défi du 21avril !"
- François Delapierre
- "Avant d'en venir au contenu du texte, je voudrais d'abord
vous dire que son élaboration a été, finalement, une chose assez facile.
- Dans le mois de septembre, plusieurs camarades désignés par leurs
courants respectifs se sont rencontrés pour travailler ensemble.
- Ce n'est jamais simple d'écrire un texte à plusieurs. Il faut
confronter des idées, mais aussi des styles, des manières d'aborder
les problèmes. Certes, nous nous connaissions déjà. Ce n'est pas le
premier texte que nous élaborons ensemble. Mais c'est le premier de
cette importance. Eh bien là, la discussion a été longue : nous nous
sommes vus trois fois, le texte a connu de nombreuses navettes... mais
elle n'a jamais été difficile. Tant mieux, car il y aura d'autres
textes !(...)Pour la motion, nous aurons plus de temps. C'est une bonne
chose. Car cela nous permettra de procéder d'une autre manière : en
faisant appel aux ressources ici rassemblées, à vous tous. Mais aussi
en associant à notre travail certains de ceux qui, membres ou non du
PS, regardent avec sympathie ce que nous sommes en train défaire. Christian
Bataille reviendra sur ce point dans son rapport.
- Ce temps nous permettre aussi, parfois, de nous convaincre entre
nous. Car si nous ne sommes pas capables de nous convaincre d'abord
entre nous, comment pourrons-nous convaincre une majorité du parti socialiste
et de la gauche ? C'est en tout cas la démarche que nous avons retenue
dès l'origine dans l'écriture de ce texte.(...) Que voulons-nous ?Nous
voulons d'abord relever le défi du 21 avril. (...)Nous voulons donc
clarifier l'orientation du parti socialiste. Ce doit être l'enjeu du
prochain Congrès. Il faut sortir du mi-chèvre, mi-chou dans lequel l'orientation
de notre parti se complaît. Il faut donc que chacun dise ce qu'il pense.
- Aujourd'hui, nous pensons, nous savons qu'une majorité de militants
est fondamentalement hostile aux idées sociales-libérales. C'est pourquoi
ceux qui les défendent, souvent en notre nom, se gardent bien de les
soumettre au vote. Mais la clarification a d'autres adversaires. Ce
sont les champions du " ni-ni ". " Ni blairisme, ni mollétisme
", nous disent-ils (les mollétistes, c'est nous). Ce sont les professionnels
du " et-et ". Et Davos, et Porto Alegre. Ils prétendent incarner
le "juste milieu " de toutes choses. Ils ne sont que le centre
mou d'un parti sans colonne vertébrale. Ils appellent aujourd'hui à
dissoudre les courants (c'est encore nous). Mais pour ce qui est du
leur, il s'agirait plutôt de le reconduire. Ils proposent en définitive
de continuer comme avant. Ils sont le principal obstacle à la clarification
que nous appelons de nos vœux.
- Le texte aborde plusieurs questions sur lesquelles la clarification
nous paraît essentielle. (...)Enfin, nous voulons que le parti socialiste
assume sa responsabilité de parti principal de la gauche. (...). Car
notre ambition en fondant ce rassemblement est de proposer aux militants
autre chose que le choix entre Laurent Fabius et Jean-Marc Ayrault,
entre Dominique Strauss-Kahn et François Hollande. Il faut donc que
notre courant fasse dans le même mouvement deux choses : obliger à la
clarification et se préparer à être une alternative.
- C'est pourquoi notre texte interpelle les militants. Car c'est
avec eux que nous construirons une majorité nouvelle, et non par des
combinaisons nouées rue de Solferino. (...) Notre nouveau rassemblement
compte plusieurs fédérations, plusieurs parlementaires, qui commencent
à faire nombre, des centaines de responsables syndicaux, des centaines
de militants engagés dans le mouvement social. Ce sont des forces considérables.
Elles en entraîneront d'autres. C'est le sens de la démarche de clarté
et de rassemblement que nous proposons.
-
- "Un bon texte, démocratie et ouverture"
- Gérard Filoche
-
- Dans les deux jours de débat, Gérard Filoche a pu disposer de
huit minutes pour s'exprimer le vendredi soir : Bonsoir, chers camarades,
content d'être parmi vous ce soir... Raffarin a disposé hier soir de
120 minutes de télévision pour, sous un air patelin, défendre un programme
thatchérien très dangereux pour les salariés, pour les droits sociaux,
pour le peuple de France. Nous avons là un ultra-libéral qui s'attaque
aux salaires, aux 35 h, auxretraites, aux droits des salariés, aux emplois
jeunes, à la protection sociale, qui ristourne des impôts aux riches,
qui veut défaire cette "exception française" que tant de luttes
- et deux grèves générales en trente ans, de mai 68 à Nov-Déc 95 - ont
réussi à bâtir. C'est pourquoi il est urgent d'agir pour rassembler
la gauche, pour reconstruire un front uni, pour ancrer le parti socialiste
à gauche. Cela se fait autour d'un idéal socialiste mais pas seulement,
les salariés, le salariat, 88 % de la population active, notre base
sociale naturelle, veut aussi des réponses précises, des mots d'ordre
immédiats qui vont prendre tout leur sens dans les semaines et mois
qui viennent, au cours des luttes qui se produiront pendant notre débat
de congrès. Et sur ces réponses immédiates, on ne peut pas faire l'impasse
: il faut donc être précis sur la hausse des salaires directs et indirects,
sur la hausse du Smic, son rôle et son niveau. Il faut donc être précis
sur la défense des 35 h, conquête historique, et sur leur mise en oeuvre
étendue, systématique, sans flexibilité, avec embauches pour contrepartie
et avec maintien des salaires. Il faut donc être précis sur la façon
de faire face aux nombreux licenciements qui viennent, et défendre non
seulement la loi de modernisation sociale mais un nouveau contrôle administratif
capable d'empêcher les licenciements boursiers abusifs. Il faut donc
être précis sur la défense des retraites et pour empêcher le recul que
Raffarin et Fillon veulent imposer aux fonctionnaires, il faut prôner
le retour à 37,5 annuités de cotisations, pour tous, privé et public,
et le maintien, ainsi de la retraite par répartition à 60 ans, à taux
plein. Il faut aussi être précis sur la façon de faire face frontalement
aux attaques de Raffarin, qui sous couvert de décentralisation, veut
démanteler l'état républicain, et face aux changements constitutionnels
qu'il avance, il faut défendre le retour à un système parlementaire
démocratique, pas présidentialiste, vers une sixième République. Cela
fait pas mal de choses importantes qui font partie du débat politique
et que nous devons clarifier entre nous avant d'aller demander clarification
aux autres, avant de convaincre les autres, car c'est là l'essentiel,
nous voulons convaincre sur des questions concrètes... N'est-ce pas
?Or tous ces éléments précis que nous allons devoir défendre au jour
le jour, dans la période immédiate, ils ne sont pas dans le texte qui
nous a été présenté à l'instant, par François Delapierre... Et faut-il
le dire, rien ne s'est pas passé "facilement" comme celui-ci
nous l'a dit, dans la commission d'écriture. Je dirai même au contraire,
ça s'est mal passé, nous n'avons jamais pu nous voir tous ensemble,
la commission a mal travaillé, et des amendements, réflexions n'ont
pas été intégrées, il y a d'ailleurs, à l'heure actuelle, deux projets
de textes sur la table, et il faut, pour le moins que la commission
se réunisse encore, ici, et travaille collectivement, si nous voulons
arriver à un bon texte... A propos de collectif, c'est le deuxième point
que je voulais traiter, comment dire, un courant de gauche ne peut être
dirigé... par un binôme, vous me comprenez, ni d'ailleurs par un trio,
un quatuor, ou autre, il faut pour refléter les aspirations des militants
qu'un courant de gauche donne l'exemple, d'une équipe collective et
de la démocratie pour que les idées que vous avez, vous tous, nous tous,
se reflètent et soient défendues, nous n'en sommes malheureusement pas
là...
- Enfin puisque l'on me demande de conclure, je veux dire aussi
un troisième point qui me préoccupe pour que nous puissions construire
un grand courant de gauche qui ait vocation majoritaire...
- Il faut qu'il soit "ouvert", ouvert cela veut dire
qu'il faut regarder la configuration de notre parti, tous les chats
ne sont pas gris, et François Hollande ce n'est pas Laurent Fabius ni
DSK. Et si, dans ce congrès ou plus tard, ce devait être les "blairistes"
qui prennent le parti, qui le contrôlent, nous regretterions tous, beaucoup
de liberté, de débat, de ton, et aussi de références de fond qui existent
à l'heure actuelle dans nos rangs, mais qui disparaîtraient. Regardez
ce qui arrivé en Grande-Bretagne quand Tony Blair a pris le pouvoir
dans le parti, regardez les obstructions démocratiques, regardez la
mise au ban de la gauche, regardez l'orientation archi droitière qui
est mise en oeuvre au détriment du vieux labour, des liens avec les
syndicats. Gardons-nous de cela. Nous, il faut renouer nos liens avec
les syndicats, le mouvement social, le salariat. Pas de coupure comme
en Italie ou en Espagne entre secteur "modéré" et "radical",
un même front. Faisons le nécessaire pour convaincre plutôt que de dénoncer,
créons un pôle de gauche, un rapport de force, certes nécessaire, mais
tendons la main, car pour ancrer vraiment notre parti à gauche, il est
préférable de se garder de "frapper le quartier général" de
dénoncer "les lâches et les faux-culs", (1) ce n'est pas comme
cela qu'on peut faire un grand courant ouvert à vocation majoritaire,
ni être bien entendu par les militants... Or ce que nous sommes nombreux
à vouloir, c'est trois choses, un bon texte, une direction collective,
et une véritable ouverture vers d'autres qui bougent, vers d'autres
réunions ouvertes, qui élargissent les rangs et dessinent une vraie
majorité de gauche au congrès... (1) référence au gros titre de "A
Gauche" du 27 septembre.
-
- "Ni-ni, naf-naf, Nouf-nouf, ni molettisme,ni blairisme"
- Jean-Luc Mélenchon
-
- La clarification doit avoir lieu bien sûr, avec les camarades
Laurent, Dominique, qui ont l'honnêteté de proposer une autre ligne
politique,même si vous noterez qu'ils se gardent de la soumettre au
vote des militants. Mais il y a aussi leurs supplétifs, leurs groupes
annexes, les champions du ni-ni, ni molettisme, ni blairisme, ni archaïsme,
ni modernisme, du naf-naf, du nouf-nouf, comme les trois petits cochons
qui vont d'une cabane à l'autre. Un ventre mou qui en toutes circonstances
fait prévaloir le juste milieu. La droite peut se passer de programme
car elle incarne la reproduction de l'ordre des choses tel qu'il est.
Mais la gauche, elle, ne peut vivre sans programme, ni sans la culture
de référence qui va avec... (...) Notre programme doit réaliser la synthèse
qu'avait opéré le parti d'Epinay, quand la gauche s'est attachée à répondre
au grand mouvement né en mai 68 (...) Nous devons aujourd'hui tout faire
pour empêcher une coupure entre deux gauches, une gauche de la gestion
et une gauche de la contestation (...) Le club du Nouveau Monde est
donc une initiative fédératrice, ouverte à toute la gauche. Il n'y a
pas d'autre voie : front unique, programme commun.
-
- "La politique est de retour, clarifions lesdébats !"
- conclusion d' Henri Emmanuelli
-
- Le temps de la politique est revenu. Car c'est bien pour faire
de la politique que nous sommes ici rassemblés.
-
- DISCOURS DE CLOTURE D' HENRI EMMANUELLI
- Le début d'un nouveau rassemblement
-
- Nous ne sommes pas là, comme je l'ai entendu avec une insistance
malsaine, pour sceller une alliance entre deux anciens courants du P.S
qui auraient décidé de conclure un Pacs clubiste. Ni pour créer un pôle
de gauche à vocation minoritaire, une sorte de casemate de la nostalgie,
comme l'affirment tout haut ceux qui à défaut de vouloir ou de savoir
choisir cherchent à se rassurer. Nous ne sommes pas d'avantage là pour
lustrer les plumes d'une future aile gauche pour ce curieux oiseau que
serait le Solférinodactyle, seul de son espèce à pouvoir défier les
lois les plus élémentaires de l'aérodynamique et de la pesanteur, en
n'ayant d'aile que sur sa gauche, un centre lourd, hétéroclite, vorace,
et pas d'aile sur sa droite : un véritable cercueil volant, en somme
! Non : nous sommes là pour créer les conditions d'un véritable débat,
n'en déplaise à celles et ceux qui mettent en avant, depuis trop longtemps,
le risque des querelles de personnes pour rester confortablement installés
dans l'ambiguïté des motions de synthèse. Nous sommes là pour lancer
la dynamique d'un nouveau rassemblement à vocation majoritaire qui se
fasse sur des bases politiques claires et non sur des arrangements de
chaises au sommet, pour que la politique reprenne ses droits et les
militantes et les militants les leurs. Nous sommes rassemblés pour expliquer
cette démarche et dire avec force qu'elle est ouverte à toutes celles
et ceux, dans le parti, comme hors du parti, qui en comprennent et en
éprouvent la nécessité.
-
- Nous sommes là pour en fixer les contours et créer les conditions
de sa réussite. La réunion d'Argelès-sur-Mer n'est pas l'aboutissement
d'un processus, d'un simple regroupement, mais au contraire le début
d'un nouveau rassemblement, ouvert je le répète, à toutes celles et
ceux qui partageront notre objectif global et viendront l'enrichir de
leur expérience, de leur culture, de leur dynamisme, de leur espérance.
Quel est cet objectif ? A la différence de beaucoup d'autres, notre
objectif ce n'est pas nous dans cinq ans: c'est le socialisme. (...)
Non, ce social-libéralisme, puisqu'il faut bien l'appeler par son nom,
nous n'en voulons pas. (...)Ainsi, par exemple, le choix de la baisse
de l'impôt n'est pas neutre dans le débat fondamental entre action publique
et action privée, entre intérêt individuel et in-térêt collectif, entre
service public et service privé. Et à l'intérieur même de cette orientation
contestable, qui soit dit en passant devait nous préserver de la défaite
- le choix de la baisse de l'impôt sur le revenu, y compris de sa tranche
supérieure, plutôt que celui de la T.V.A, l'était encore moins. Choisir
la baisse de l'impôt sur le revenu, le seul qui soit progressif et donc
redistributif, c'est non seulement encourager la tendance à la rupture
de solidarité entre riches et pauvres qu'impliqué cette fameuse re-distribution
sans laquelle la recherche d'une meilleure justice sociale serait un
vœu pieux, mais c'est aussi préparer les conditions de son impossibilité.
(...) De même, pour m'en tenir à deux exemples, mais nous aurons l'occasion
d' y revenir dans les prochaines semaines, je rappellerai la conversion
de notre parti à la prime à l'emploi et le débat qui s'en est suivi
sur son appartenance à l'arsenal anglo-saxon des discriminations positives.
(...)Non, mes camarades, au moment des choix ultimes, quand l'ambiguïté
n'est plus possible, le social-libéralisme ne se trompe pas : sous prétexte
d'adaptation et de modernité, il sacrifie le social au libéralisme,
la justice à l'efficacité économique, le salarié au capital. (...) Au
congrès de Grenoble, c'est bien sur le double refus de tenir une conférenceen
faveur des bas salaires et de choisir le parti des syndicats majoritaires
contre la prétendue refondation sociale du Medef que nous avons rompu
avec la majorité : ce n'étaient tout de même pas des détails ! Nous
n'avons pas davantage inventé le triste débat sur la baisse de la fiscalité
sur les stock-options qui, avec moins de deux années de recul, est proprement
consternant. Ni celui qui a suivi sur la baisse des impôts, dont j'ai
déjà parlé. Nous n'avons pas d'avantage inventé le débat qui a eu lieu
sur l'actionnariat salarial - qui connaît aujourd'hui les succès que
l'on sait- ou celui sur les fonds de pension à la française ! Ni la
brutale conversion au système de la discrimination positive à travers
la prime à l'emploi. Ni le rapport Charzat, que la droite nous jette
tous les jours à la figure en séance publique. Nous n'avons pas imaginé
l'abracadabrante proposition de taxe sur les armes censée se substituer
à la taxe Tobin pour financer le développement, comme si l'aide au développement
pouvait dépendre du niveau des conflits ! Et ce n'est pas nous qui avons
ouvert, en pleine campagne électorale, le débat sur l'ouverture du capital
d'E.D.F, ou proclamé que la redistribution était derrière nous. Le fait
que nous ayons d'avantage privatisé que le gouvernement précédent n'est
lui aussi qu'une péripétie imaginaire. De même que la réduction de l'aide
au développement par ailleurs proclamée comme une impérieuse nécessité.
Et j'en passe(...) Vous découvrirez aussi, revendiqués à demi mots les
choix qui nous contrarient : l'ouverture du capital des entreprises
publiques au nom des projets industriels, dont France Télécoms est une
brillante démonstration. Vous apprendrez que la réforme des retraites
doit être fondée sur la répartition " et plus de liberté "
: c'est le plus qui pose problème. Mais aussi que " si une réglementation
conduit à détruire des emplois, il faut s'interroger sur elle ".
(...)
- Non, mes amis, mes camarades. Nous ne voulons ni de l'opportunisme
ges-tionnariste, ni du social- libéralisme de Il manque une partie
du texte...
-
- Un court instant de dialogue imaginaire...
-
- Dans sa réponse en nocturne le vendredi 27,
Henri Emmanuelli a avancé un véritable argument
a Gérard Filoche qui voulait améliorer le texte
distribué aux militants (notamment sur les salaires,
les licenciements boursiers, les 37,5 annuités et
demie, les services publics...). Il a dit "
- Pourquoi critiquer ce texte en disant qu'il n'y
en a pas assez, si c'est pour ensuite demander l'ouverture
à des gens qui trouveront qu il y en a trop ?"
La réponse vaut le coup d'être faite : " -
Justement ! Parce que nous sommes la gauche, autant
être clairs entre nous, et partir vraiment de ce
qu'on veut défendre, ne pas mettre de l'eau dans
notre vin, car c'est sûr, si nous voulons nous ouvrir,
"les autres nous demanderont des concessions.
Tout syndicaliste sait qu'on ne commence pas par
en faire soi même avant qu'on nous les demande...
Et puis parfois "les autres" acceptent
des revendications sur lesquelles on s'était bêtement
auto-censure... " Hélas, à Argeles, il n y
eut, faute de débat, jamais l'occasion de faire
cette réponse. GF
|
-
-
-
- " Le 21 avril dernier, les socialistes, et avec eux l'ensemble
de la gauche, subissaient une défaite cruelle. L'absence du candidat
PS et la présence de l'extrême droite au second tour de l'élection majeure
de la Ve République ont profondément choqué les consciences de gauche.
L'onde de choc a balayé les fondements incertains sur lesquels s'est
construite ces dernières années la stratégie des socialistes. Le parti
socialiste doit se relever. Il reste la force principale de la gauche.
Mais son identité, son projet, sa stratégie de rassemblement sont à
reconstruire.
- Nous en avons les moyens. Car un mouvement profond peut nous porter
pour peu que nous sachions l'entendre. Partout l'ordre injuste du monde
se heurte à une contestation croissante. En France, l'alternative à
gauche peut s'appuyer sur une base solide : un salariat ultra-majoritaire,
un pays qui a mieux résisté que ses voisins à la vague libérale des
années 80, un peuple épris d'exigence républicaine.
- Mais il faut d'abord tirer les leçons du 21 avril. Ce jour là,
un pari a échoué. Celui d'être à la fois à Davos et à Porto Alegre.
Celui de penser que l'on peut dans le même temps défendre le service
public et l'ouverture du capital des entreprises qui en assument la
mission. Celui de croire qu'il est possible de faire progresser l'Europe
démocratique et sociale sans remettre en cause sa construction libérale.
- Le temps des synthèses improbables est donc révolu. Il est temps
de sortir du compromis bancal entre ceux qui veulent accompagner la
mondialisation libérale et ceux qui en contestent la logique et les
effets. Nous proposons une nouvelle orientation pour le parti socialiste
et pour la gauche. Nous savons que d'autres options existent dans les
rangs du PS. Qu'elles s'expriment clairement ! Dans la sérénité et le
respect mutuel, mais sans fards ni faux-semblants. Ce sera aux militants
de débattre puis de trancher, pour une discussion véritable et un Congrès
utile. Nous pensons que nos idées sont partagées par la majorité des
socialistes. Pour qu'ils puissent le dire, pour que leur parti soit
dirigé en accord avec leurs convictions, nous avons fondé un nouveau
courant, " Nouveau Monde ", à l'occasion d'un rassemblement
qui s'est tenu le 27 septembre dernier à Argeles. Qui se reconnaît dans
l'état d'esprit que décrivent ces premières pages y a toute sa place.
Ensemble, nous écrirons la motion d'orientation soumise à tous. Ensemble,
si la majorité des militants le souhaitent, nous conduirons l'avenir
de notre parti.
-
- Une clarification urgente et nécessaire
-
- L'offensive libérale dans le monde ne s'est pas interrompue un seul
instant. Elle peut compter aujourd'hui sur le zèle actif du gouvernement
de droite.
- Nouvel internationalisme, opposition résolue à la droite, renouveau
du socialisme : il n'y aura de gauche crédible qu'au prix de cette ambition
globale. Ne croyons pas qu'il suffise d'attendre le retour automatique
d'un miraculeux balancier électoral qui nous ramènerait aux responsabilités
aussi promptement qu'il nous en a chassé. Il n'y aura pas de reconquête
sans combat. Pour le peuple de gauche, l'alternance à la droite n'a
de sens que pour faire vivre une alternative au libéralisme. (...)
- Quelques questions que nous devons trancher Nous souhaitons que
notre prochain congrès soit celui de la clarification. Il est donc temps
que les militants se prononcent sur quelques points essentiels.
- (...) Clarifier sur la mondialisation :
- (...) Clarifier sur l'Europe :
- (...) Clarifier la question de notre base sociale :
- (...) Clarifier notre vision de la redistribution :
- (...) Clarifier notre position sur les services publics :
- (...) Clarifier sur les 35 heures pour tous :
- (...) Clarifier notre position sur les retraites :
-
- Clarifier notre position sur les retraites
-
- Les fonds de pension avaient la cote quand le CAC 40 culminait à
7000 points. Aujourd'hui, la Bourse n'en finit pas de s'enfoncer dans
les bas-fonds, mais les défenseurs de la capitalisation n'en ont pas
pour autant perdu leurs certitudes. Soucieux de ne pas se faire prendre,
ils avancent masqués en demandant simplement la création d'un "troisième
étage" pour les retraites. Mais qui peut ignorer que ce "troisième
étage", en germe dans l'épargne salariale, ne manquera pas de détourner
les ressources de la retraite par répartition ? Livrer notre système
de retraite aux fonds de capitalisation, c'est s'exposer à la ruine
des petits épargnants qui a déjà frappé les salariés anglais et américains.
Là encore, il faudra dire si le Parti socialiste est favorable au financement
partiel des retraites par des fonds d'épargne salariale comme certains
de ses dirigeants le défendent. Pour notre part, nous ne pensons pas
que les acquis de la retraite par répartition, construits dans l'après-guerre
et élargis par la retraite à 60 ans, soient devenus aujourd'hui des
luxes infmançables. La clarification sur ces points est une condition
de notre présence efficace aux côtés des salariés, dès l'année qui vient,
dans la bataille pour défendre les retraites.
-
- Clarifier sur la République
-
- La République a bonne presse chez les socialistes. Mais dès qu'il
s'agit d'entrer dans la pratique, c'est la confusion qui règne. Il est
en effet difficile d'accorder l'exigence républicaine d'égalité devant
la loi et la tentation particula-riste. De même, on ne peut à la fois
affirmer son attachement à la laïcité et encourager certaines dérives
communautaristes. Enfin, il ne peut y avoir de progrès véritable de
notre démocratie sans remise en cause de sa dérive oligarchique.
- C'est pourquoi nous pensons que le Parti socialiste doit remettre
en cause les institutions obsolètes de la Cinquième République. Leur
logique présidentialiste nous a en effet conduit à bien des déconvenues.
En a encore témoigné l'inversion du calendrier électoral. Il faut redonner
une place centrale au Parlement, permettre l'expression de tous les
courants de pensée pour lutter contre l'abstention, assurer une participation
effective des citoyens à la vie publique. Nous sommes donc partisans
de l'instauration d'une Sixième République.
- (...) Clarifier sur l'écologie :
-
- La responsabilité des socialistes
-
- Le PS reste le parti pivot de la gauche française. Il peut être
l'artisan de son rassemblement. Car plus que jamais, l'unité de la gauche
reste un impératif stratégique. (...) Qui peut croire en effet que nos
partenaires, leurs électeurs, et au-delà tous ceux qui participent au
mouvement social, se résigneront à accompagner un projet socialiste
multipliant les concessions au libéralisme ?
- En déplaçant le centre de gravité du PS vers la gauche, nous
éviterons que s'installe une fracture insurmontable entre une gauche
confinée dans la gestion et une autre vouée à la contestation. (...)
- Nous voulons également que notre parti assume sa responsabilité
d'opposant à la droite. Celle-ci doit être ferme et résolue. Les acquis
sociaux aujourd'hui mis en cause méritent d'être défendus bec et ongles.
Nous ne craignons pas, comme certains de nos camarades socialistes,
l'accusation d'opposition systématique. Le soupçon d'accointance serait
bien plus disqualifiant !
- Notre combat contre la droite sera d'autant plus efficace qu'il
s'appuiera sur le mouvement social. Aurions-nous battu la droite en
1997 sans le formidable mouvement de défense du service public et des
retraites de novembre-décembre 1995?
- Tout ceci est possible, si nous reconstruisons un parti militant,
vivant, en phase avec les luttes sociales, à la pointe des combats démocratiques.
- (...)Avec toutes celles et ceux qui partagent notre démarche, sans
aucune exclusive, nous voulons relever ce défi.
-
-
- Nous, militants du PS, des MJS qui avons voté
pour la motion GS ou la motion H. Emmanuetti au
dernier congrès, et nouveaux adhérents, voulons
un grand courant de gauche à vocation majoritaire
pour le parti Socialiste et pour la Gauche. Nous
nous réjouissons du processus de regroupement entamé
à Argelès.
- Nous voulons que tous les militants de la gauche
anti-libérale du PS se retrouvent ensemble dans
un même courant et sur une même motion : un courant
unitaire, démocratique sur une base politique commune.
- Nous voulons que la gauche tout entière et dans
l'unité fasse feu sur la droite, qui est en train
d'augmenter les inégalités sociales et de démanteler
les acquis sociaux conquis de luttes successives.
- Nous voulons un grand courant de Gauche unitaire
et majoritaire pour "Changer la Vie" et
construire l'Avenir.
-
- Les participants à la réunion au Puy-en-Velay
le 1er Octobre 2002 signataires, adressent ce texte
à :Henri Emmanuelli, Jean-Luc. Melenchon, Gérard
Filoche, Julien Dray, A. Désir, Marie-Noëlle Lienemann...
à faire circuler.
- ARNAUD-LANDAU
Ariette, Maire du Puy-en-Velay (CF.) ARTAUD Nicole
Syndicaliste, BOUCHET Pierre, Elu Municipal, BOYER
Monique, CARPEN-TIER Jean- Pierre, Syndicaliste,
CHAPUIS Jo, Syndicaliste, CLAUZON Elisabeth, Syndicaliste-M.F.P.F.,
DERIGON Jean-Yves, Syndicaliste, DUFEU-TRELLE Irène,
(C.F.), FOURNERIE Christophe, FRAQUIER Gérard, (C.F.)
-Ancien 1er Fédéral, GOIMARD Alain, Syndicaliste,
GUERIN Julien, M.J.S., LAIGLE Claude, LARGERON François,
(C.F.) MICHEL Thibault, M.J.S., N'DOUR Jules, PICHOT
Bernadette, PIERRON Martine, (C.F.), RATAIL Dominique,
RIOUFRAIT Jean-Pierre, RODIER Monique, Elue Municipale
(C.F.), ROULLEAU Gérard, Syndicaliste (C.F.), ROUVIERE
Jacques, (C.F.) Syndicaliste, SEGALA Guy, Syndicaliste,
TEYSSONNEYRE, Catherine, VALENTIN Louis, Elu Municipal
(C.F.) Ancien 1er Fédéral, VALETTE Paul, Syndicaliste,
VACHERON Raymond, Elu (C.F.) - Syndicaliste - Secrétaire
de la Section du Puy-en-Velay*(C.F.) : Conseiller
Fédéral
|
-
-
-
- Nous voulons une rénovation profonde du Parti Socialiste, c'est-à-dire
tout à la fois une transformation de ses pratiques, de son fonctionnement
et une réorientation stratégique à gauche. Il s'agit de renouer nos
liens avec le monde du travail, les couches populaires, les forces de
contestation sociale et la jeunesse.
-
- Cette rénovation est vitale pour toute la Gauche et pour ceux que
nous devons représenter et défendre. Elle est urgente pour faire reculer
le Front national et pour donner la voix et la force à l'opposition
qui s'impose face aux décisions du gouvernement Raffarin. Elle est impérative
pour préparer une reconquête du pouvoir, une politique de transformation
sociale et de renouveau démocratique dont notre pays a besoin.
- (...) Aussi, notre choix doit être résolument la constitution d'un
nouvel axe majoritaire à gauche et rénovateur. Les trois termes ont
leur importance :
- - A Gauche, c'est-à-dire par une réorientation idéologique,
en rupture avec le social-libéralisme.
- - Rénovateur, car ce qui est en cause n'est pas seulement
la ligne politique, mais les pratiques, le fonctionnement et le recrutement
du parti, le choix de ces cadres... De ce point de vue, la rupture avec
les pratiques institutionnelles de la Sème République est extrêmement
importante.
- - Majoritaire, car la posture du témoignage pour utile, et
parfois même pour indispensable, qu'elle soit, en certaines circonstances,
ne suffit pas. Car, sans une clarification politique rapide, sans des
signes concrets de changement au Parti socialiste, les risques énoncés
plus haut deviendront manifestes.
- En clair, si l'aile la plus sociale-libérale n'est pas, au sein
du PS, battue politiquement, si elle garde la même légitimité qu'auparavant
en détenant des postes décisifs dans la direction, la crédibilité d'une
véritable rénovation sera illusoire. Il revient d'abord à François Hollande
de prendre la mesure de l'urgence absolue non seulement de réorienter
la ligne politique mais aussi de marginaliser les tenants de cette dérivedroitière.
Car à coup sûr si ceux qui prônent la ligne du moins d'impôts, de l'ouverture
du capital des entreprises publiques, des fonds de pension à la française,
soumettaient leurs choix et leur orientation aux militants, le principe
de réalité s'imposerait clairement : leur ligne est minoritaire au PS
et plus encore dans toute la gauche. Elle l'est plus encore aujourd'hui,
qu'elle ne l'était hier.
- Mais, il revient aussi aux courants de gauche du PS et à toutes
celles et tous ceux qui, tirant sérieusement les leçons de ce cycle
de défaites - municipales, présidentielles, législatives - savent qu'un
nouveau cap à gauche s'impose, d'avoir le courage de dépasser leurs
querelles passées ou récentes, de respecter le rythme, l'identité de
chacun, de privilégier le fond, le mouvement, le rassemblement et d'aller
à l'essentiel. (...) Nous pourrions peut-être avoir la sagesse et l'intelligence
de ne pas reproduire les schémas maintes fois répétés et le scénario
des deux gauches, chacune convaincue d'incarner la vraie voie à défaut
de défendre la vraie croix. (...) Ici, dans un premier temps, c'est
une mutation et sans doute un dépassement de notre parti qui doit s'engager.
En tout cas, au bout du compte, la division des gauches du PS les affaiblit
toujours et permet au bloc majoritaire de choisir selon les circonstances,
la Gauche qu'il privilégie, avec laquelle il s'allie, comme caution
facile se dispensant au passage des indispensables clarifications. Une
telle division anéantirait nos espoirs d'inverser la donne et de réaliser
ce nouvel axe majoritaire, rénovateur, à gauche.
-
- Tout ce qui précipite des formes d'organisation trop figées, plutôt
que d'avancer sur le fond en vue d'établir une motion réellement à la
hauteur des enjeux et élargissant le front de la rénovation à gauche,
réduit nos chances de réussite. Il ne s'agit pas de plaider en faveur
d'une confusion, du flou artistique, d'un regroupement fourré-tout.
Il faut proposer une colonne vertébrale, ossature d'un PS profondément
différent, plus large, plus ouvert, plus populaire, plus en phase avec
ce peuple de gauche qui ne supporte plus l'eau tiède, ces discours lisses,
l'absence de choix justifiant, ici ou là, bien des renoncements. Chacun
à bien sûr ses idées sur les points d'appui, les leviers permettant
la rénovation. (...) Pour ma part, je vois plusieurs exigences : L'unité
de la gauche, toujours. Elle doit prendre une forme nouvelle. L'expérience
de la gauche plurielle doit être analysée. D'abord, n'oublions pas qu'elle
a permis la victoire en 1997. Ensuite, l'absence d'un accord programmatique
scellé entre tous les partenaires a contribué à des difficultés dans
l'action gouvernementale et entretenu des déceptions et des divisions.
Enfin, elle n'engageait pas réellement les partis, et fut incapable
au cours de ces cinq années de trouver ce nouveau souffle qui aurait
été pourtant indispensable au milieu de la législature. L'émiettement
des forces pesa lourdement sur le résultat de la présidentielle. Mais
notons aussi que l'absence d'accord global entre tous a réduit l'influence
de ceux qui affirmaient une volonté de redistribution, de refus de la
logique libérale. Sur les 35 h, sur la fiscalité, sur la limitation
des licenciements, sur le SMIC, unis, nous aurions pu imposer d'autres
choix plus favorables aux salariés. Nous devons être les acteurs inlassables
de l'unité de toutes les forces de gauche autour d'objectifs de transformation
sociale. Il y a urgence à mettre en œuvre une fédération de tous les
partis et forces de Gauche travaillant à un manifeste de refondation.
Il convient d'associer à cette réflexion les mouvements et associations
prêts à s'engager pour le succès de cette démarche. Reste que le PS
lui-même doit cesser de sous-traiter le social aux communistes et l'écologie
aux verts. Reste aussi que cette unité ne se retrouvera que si le PS
lui-même change.
- Une rupture avec des dérives néo-libérales ne doit pas être une
incantation. Elle doit se décliner dans des politiques favorables aux
salariés et inversant la donne qui prévaut entre le capital et le travail,
dans une logique de redistribution des richesses, du savoir et du pouvoir.
(... suivent ici longuement les éléments de programme qu'on retrouve
dans tous les textes de la Gauche socialiste, dans les thèses de Nantes...)
-
- Enfin la rénovation du PS devra aller de pair avec une rénovation
des pratiques politiques, une revitalisation de notre démocratie et
de l'implication citoyenne. Notre parti doit lui-même être innovateur
et exemplaire, en diversifiantson recrutement, en changeant les modes
de sélection de ses cadres et de ses candidats, en renouant avec le
militantisme, en tenant compte des formes contemporaines de l'action,
en resserrant ses liens avec les milieux populaires. Mais les pesanteurs
de la Sème République matricent les partis et contribuent très largement
au décalage croissant entre l'action publique et les citoyens, à l'influence
croissante de la technocratie, au recul des visions collectives, et
à une certaine illégitimité de l'intérêt général. Nous devrons défendre
une transformation majeure de nos institutions et le passage à une 6ème
République plus parlementaire et sociale.
-
- Ainsi, le champ est large. Le temps est à la construction d'un espace
politique nouveau qui doit pouvoir présenter une motion fédératrice,
claire et ambitieuse. Là est l'urgence. Si le départ semble mal engagé,
car il est rare qu'on rassemble efficacement en commençant par diviser
et exclure sauf à présupposer que les compagnons d'hier seraient illégitimes
à participer au mouvement de rénovation à gauche, sauf à préjuger des
choix des uns ou des autres sans qu'ils les aient exprimés. Je reste
convaincue que l'initiative de Jean-Luc, signant seul et sans en discuter
avec Julien et d'autres, quelques jours avant nos journées d'été et
annonçant la fin de la GS et la constitution d'une fusion avec Démocratie
et Egalité était prématurée et n'engageait pas la meilleure méthode
susceptible de faire émerger ce nouveau pôle majoritaire de gauche.
Mais, rien n'est irréversible, et nous devons nous attacher désormais
à rendre à nouveau possible, ce qui paraît aujourd'hui compromis.
-
- A Argeles, évitons une formalisation organisationnelle excessive
et attachonsnous à définir clairement où nous voulons aller et quelle
est notre stratégie de rénovation à gauche. Que chacun s'attache à le
faire avec une exigence absolue de conviction et d'ouverture. Organisons
une conférence nationale ouverte avec d'autres. Veillons à ce qu'elle
fasse réellement bouger les lignes au sein du PS. Faisons le avec H.
Emmanuelli, Démocratie et Egalité. Mais aussi avec d'autres. Prévoyons
dés à présent des étapes, des rencontres permettant d'élargir, de co-organiser
avec d'autres des débats des confrontations permettant de dégager les
bases solides pour le congrès et au-delà. L'échéance décisive est le
dépôt des motions.
- En tout cas, mettons fin aux anathèmes, tentons de renouer les fils
rompus, dans le mouvement, et en gardant en tête l'essentiel : redonner
toutes ses chances à la gauche, réduire le EN, et changer l'axe majoritaire
du PS pour le rénover et refonder la Gauche. Dans cette formidable aventure,
chacun doit trouver sa place, sans avoir à se mouler dans un cadre imposé
à l'avance et doit au contraire se sentir pleinement acteur et associé
à ce que sera ce nouvel espace politique.
-
- Je crois inutile et réducteur de faire prématurément disparaître
la Gauche socialiste et de formaliser une fusion pour faire naître une
structure qui devra, quelques semaines plus tard, déjà disparaître pour
consacrer une donne plus large. En tout cas, soyons bien décidés à tout
faire pour nous élargir. Ouvrons des portes, plutôt que d'en fermer
! Consacrons nous de toutes nos forces à cette recomposition politique
que nous appelons tous de nos vœux et dont nous devons être les artisans
déterminés.
- Le 27/9/02, Marie-Noëlle Lienemann
-
-
-
- Ce texte paru dans Libé du 9 octobre, fut une surprise et un coup
de tonnerre à la fois. Les 850 participants de la Gauche socialiste
à l'université de Nantes, les 29-30 août ne peuvent que s'en réjouir,
tant cet événement va au-devant de ce qu'ils ont voté tous ensemble.
De même les 600 membres du Nouveau Monde, réunis à Argeles, qui veulent
un élargissement sans préalable ni exclusive à tous les membres du Parti
socialiste peuvent voir là un mouvement pour un parti véritablement
ancré à gauche.
-
- On ne sait, à l'heure où nous bouclons, comment va se structurer
le nouveau regroupement, quelle ampleur il va prendre, ni sur quels
textes et quelles alliances, il va s'appuyer. Une motion en mars ? Tout
n'est pas dit du premier coup : mais à la différence de Nantes et d'Argeles,
où il n'y avait que des gens motivés par une pratique commune, déjà
décidés et qui n'auraient pas dû avoir de mal à se mettre d'accord sur
des positions radicales et sociales, sur un fonctionnement démocratique,
là, ce n'est pas le cas. Il y a un frottement, une étincelle, consécutive
au 21 avril et qui démontre que rien n'est joué dans le congrès du Parti
socialiste de mai 2003. L'ouverture se fait. Mais nous sommes en terrain
inconnu : l'enjeu en est d'autant plus grand. En lisant le premier article
de Julien Dray, Arnaud Montebourg, et Vincent Peillon, on entend qu'il
faut "revaloriser le travail", "combattre la mondialisation
libérale", "changer de république", "changer le
parti socialiste", et d'un seul coup, ça surprend et ça fait beaucoup.
Peut-être qu'à la différence de "l'appel d'Argeles", par ailleurs
non définitif, on sent là qu'il y a là un chantier ouvert. Certes, on
part de plus loin, il est possible que l'arrivée ne soit pas triomphale
: mais il y a une cassure, un clivage, qui ne peut laisser la direction
du parti socialiste intacte. François Hollande était-il prêt à prendre
le mors aux dents, à suivre la voie de Lionel Jospin en 1996, qui avait
rénové le programme du parti en trois conventions nationales ? Il semblait
hésiter. S'il ne choisit pas clairement, le changement de direction
sera inévitable... S'il le fait, il lui faudra trancher en matière de
positionnement : répondre aux aspirations du salariat ou ne rien toucher
aux fameux "équilibres" qui sont censés conquérir les couches
moyennes ?
- Extrait des thèses pour une "conférence
ouverte à Paris" votées à l'unanimité à Nantes
-
- "La Gauche
Socialiste propose de prendre toutes les mesures
d'organisation dès la fin de cette université d'été
pour travailler avec les camarades de la motion
3 : échange de nos documents de référence, mise
en place d'une commission de travail pour rédiger
un document commun et co-organisation de rencontres
à Argeles les 27, et 28 septembre prochains. Il
s'agit de poser à cette date, si l'accord politique
se vérifie, les premiers actes de fondation d'un
grand courant de gauche du Parti Socialiste.
- Evidemment, nos
thèses seront versées au débat dans le but de réaliser
cet objectif, sans en faire un préalable.
- Un comité de «
liaison » ou « d'organisation » commun à nos deux
courants préparera ces rencontres, en élaborant
un texte-appel pour fonder un nouveau courant largement
ouvert à tous ceux qui voudront participer à cette
démarche. Argeles peut être le point de départ d'une
dynamique de rassemblement à vocation majoritaire.
Les militants socialistes percevront que la gauche
du parti s'unit. C'est un signal de ralliement autant
pour l'intérieur que pour l'extérieur du PS. Nous
appelons tous ceux qui souhaitent participer au
renouveau du socialisme, partisans d'un réformisme
radical, adversaires de la mondialisation libérale,
à y participer.
- Une autre réunion
nationale à Paris, quelques semaines plus tard,
pourra permettre l'engagement public de milliers
de militants, démocratiquement, dans ce processus.
- Nous chercherons
évidemment à y associer d'autres forces, puisqu'il
s'agit d'une démarche d'ensemble à vocation majoritaire.
Dans cette optique, nous proposerons au nouveau
courant de réunir rapidement une Conférence nationale,
ouverte à toutes celles et tous ceux qui veulent
ancrer le Parti socialiste à gauche et éviter toute
dérive libérale. Pour cela, nous multiplierons les
démarches, et notamment nous prendrons également
langue avec Arnaud Montebourg et avec ceux qui le
soutiennent et dont nous nous félicitons qu'ils
défendent une VI ° République.
- Nous proposerons
d'échanger entre nos réunions, débats, contributions,
de façon à faire avancer sur ces thèmes, le plus
possible nos idées communes. De façon générale,
nous voulons progresser des « majorités d'idées
» - cf. ci-dessus - dans la gauche du Parti socialiste,
comme dans la gauche toute entière. Nous savons
que les rapports de force existent et que si, sur
certaines questions clefs (contre le présidentialisme,
pour les 37, 5 annuités de retraites, pour les salaires,
etc.) il apparaît des majorités nettes, les militants
se sentiront enhardis à voter, exprimeront cette
majorité, penseront que leur parti (et toute la
gauche) se renforcera en les adoptant."
|
-
- Se démarquer du "blairisme" ou au contraire s'appuyer
sur lui pour tenter d'opposer un bloc frileux à la fois conservateur
et droitier ? Ce ne sera pas une question d'image mais de fond : les
symboles médiatiques y feront moins que le choix de défendre nos retraites
-37,5 annuités - ou non.
- L'appel de Julien Dray, Arnaud Montebourg, et Vincent Peillon (et
d'autres) n'enclenche qu'un début de processus : il ne peut pas être
"fermé", pas plus qu'Argeles ne peut l'être durablement. La
réunion nationale qui est convoquée le 26 octobre, est ouverte très
largement, il dépend des militants qui y viendront de lui donner un
contenu dynamique, conquérant. C'est pourquoi tant de militants du Nouveau
Monde sont attirés, non pas pour "quitter" ou affaiblir"
le "pôle de gauche", ce serait stupide de penser qu'une initiative
s'oppose à l'autre, elles sont complémentaires pourvu qu'intelligemment
tous les acteurs concernés le comprennent pardessus les intérêts ou
querelles de clans. Il y a probablement une occasion unique de saisir
l'opportunité de faire les alliances nécessaires pour vraiment changer
la majorité du parti. Pourquoi y aurait-il deux gauches avec des plates-formes
voisines ? Vont-elles jouer à qui est "la plus à gauche" ?
L'une va t elle croire que la seconde est une machination contre la
première ? Au lieu d'une possible convergence, la polémique remportera-t-elle
? Ce serait absurde. Va t-on coaliser nos forces... et ne pas recommencer
ce que certains appellent "l'erreur de Grenoble" ? ( l'erreur
de Grenoble ce serait d'avoir laissé "deux gauches", la motion
2 et 3, cohabiter,sans s'allier, toutes deux faisant 13,5 % des voix,
au lieu... de 27 % minimum). Comment trancher ? Deux règles : la première,
rechercher l'unité. La seconde rechercher la clarté sur le texte de
référence. Là encore, il y faut du temps et du travail : du temps parce
que le dépôt des motions n'est qu'en mars 2003, du travail, car il faut
écrire collectivement, associer les militants, brasser les énergies
militantes. Pas de cercle fermé. Pas d'autoritarisme, ni de sectarisme.
Construire, rassembler, faire participer les militants,réaliser une
mobilisation vivante, pas seulement de sommet, mais qui soit capable
de traverser, de transformer tout le parti socialiste...
- Tous à Paris le 26 octobre ! Informez-vous, venez, mobilisez-vous,
unissez-vous, pas de rancœurs, pas de vaine compétition, mettez vos
idées en avant, défendez le programme qui permet de rassembler le salariat,
d'unifier toute la gauche, et de placer le Parti socialiste au cœur
de la reconquête...
- Gérard Filoche
- Extraits : "Un nouveau parti socialiste""
-
- Après le séisme
du 21 avril, le défi lancé à la gauche toute entière
et au Parti socialiste en particulier est de faire
lever un nouvel espoir. Ce n'est pas qu'une ambition,
c'est une obligation. (...) Parce que les actes
tardent, le découragement s'installe progressivement.
Ce n'est encore que l'ombre d'un certain désenchantement,
mais c'est presque déjà un malaise. Une crise de
confiance. Une apathie."(...) Traiter "les
problèmes que nous avons dissimulés et que le peuple
des citoyens n'a pas oubliées". "D'abord
celle de la démocratie politique, constes-tée, et
de la démocratie sociale asphyxiée. Nous avons besoin
de refonder le contrat démocratique entre tous les
français, et rien ne pourra le refaire, aucun ravaudage,
si ce n'est une nouvelle constitution donc une nouvelle
République. La démocratie sociale a aussi besoin
d'actes fondateurs.
- (...) Ensuite
l'Europe. Elle "apparaît comme le cheval de
Troie d'une dérégulation dont les ravages sont ressentis
cruellement par nos peuples non pas de manière abstraite
mais dans leur vie quotidienne. Avant tout élargissement
exigeons des garanties préalables sur son contenu
social, sur sa réalité démocratique, sur les moyens
de sa puissance politique." Surtout sur la
place, le rôle et la valeur du travail qui doivent
être réaffirmés. La montée de la précarité, les
tensions nouvelles et brutales entre ceux qui sont
dans l'assistance et ceux qui sont dans le travail
difficile et mal rémunéré, l'absence d'ordre public
social fort et respecté, les disparités considérables
entre les petites entreprises et les grandes imposent
un nouveau pacte social." Cela exige de clarifier
les finalités de notre système de prélèvements fiscaux
et sociaux, les modalités du partage des richesses
produites entre les salariés et les actionnaires,
le travail et le capital. Chacun sait que la fiscalité
française a trahi sa mission redistributrice. La
révoution fiscale est désormais à l'ordre du jour;
elle seule redonnera au principe de progressivité
toute sa vigueur. Lorsque la gauche manque d'audace
et de générosité, elle se manque à elle-même. Ecoutons
moins les menaces des nantis et des arrogants :
entendons mieux la détresse des humbles." (...)
"Enfin nous devons imprimer la marque du civisme
et de l'autorité républicaine, que nous avons trop
négligée alors qu'elle est au cœur de notre tradition.
Cette ambition ne pourra se borner à manier le bâton
et à stigmatiser les populations déjà les plus fragiles.
Ce sont toutes les politiques publiques, politiques
de la sécurité et de la justice, bien sûr, mais
aussi politiques sociales, éducatives, culturelles,
sportives, qui doivent être mobilisées pour définir
une action globale qui permette à chacun, sans distinction
de couleur, de naissance, de fortune, de confession,
de retrouver un équilibre républicain et laïque
des droits et des devoirs qui soit juste. (...)
Le parti socialiste doit se mettre lui-aussi à la
question. Il doit faire la démonstration rigoureuse
qu'il n'est pas autiste. C'est pourquoi nous demandons
que le congrès de Dijon soit un congrès constituant.
(...) Si le Parti socialiste veut faire du neuf,
ce qui ne serait peut-être pas tout à fait inutile
face à la détresse des temps, il doit devenir un
nouveau Parti socialiste." Par Julien Dray,
Arnaud Montbourg, Vincent Peillon. (Libération,
9 octobre 02)
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-
-
-
- Le débat en vue du congrès s'est ouvert dans le Parti socialiste
sur le bilan de la défaite du 21 avril et sur la rénovation qui doit
impérativement en résulter si nous voulons renouer avec notre base populaire,
avec le salariat et mettre en échec les entreprises de démolition sociale
du gouvernement Raffarin. À Nantes, du 27 au 30 août, la Gauche socialiste,
dans cette perspective, s'est doté de « thèses », proposant une analyse
cohérente et combinant des éléments théoriques et politiques issus d'une
longue bataille collective autour de propositions élaborées en temps
utile pour faire réussir le gouvernement de la gauche plurielle et appuyées
sur les développements concrets des luttes sociales.
- À Argelès, les 27-29 septembre, des militants des motions 2 et 3
se sont réunis dans un même cadre, pour, selon les termes de l'appel
d'Henri Emmanuelli « lancer la dynamique d'un nouveau rassemblement
à vocation majoritaire », « une démarche ouverte à toutes celles et
ceux, dans le parti et hors du parti, qui en comprennent et en éprouvent
la nécessité ». Ce n'était « pas l'aboutissement d'un processus, d'un
simple regroupement mais au contraire le début d'un nouveau rassemblement
ouvert... sans exclusive et sans autre préalable que celui des convictions
par-Dans le même sens, pour un « avenir socialiste », pour un congrès
constituant d'un nouveau parti socialiste, un nouvel appel à une réunion
nationale le 26 octobre, venant entre autres de Julien Dray, d'Arnaud
Montebourg et de Vincent Peillon, propose une nouvelle République, contre
la mondialisation libérale, pour revaloriser le travail, rétablir un
nouvel ordre public social et redistribuer les richesses. Ça bouge et
tant mieux. Un vrai congrès en mai 2003 exige un vrai débat dès maintenant,
avec tous les militants.
- Nous étions et sommes partisans d'une démarche ouverte de rassemblement
gauche socialiste, démocratie-égalité et « nouveau monde » pour créer
une dynamique qui dépasse une simple alliance entre deux anciens courants
du Parti socialiste et permette de convaincre une majorité de socialistes.
Nous saluons la nouvelle occasion créée, pour qu'elle soit ouverte et
fondée sur des mesures sociales et institutionnelles concrètes et sur
un fonctionnement collectif et démocratique. Nous proposons que « nouveau
monde » et « avenir socialiste » convergent pour travailler ensemble
à mobiliser les socialistes. Nous pensons qu'il est possible de rassembler
des majorités d'idées :- Pour la mondialisation des droits opposée
à la globalisation libérale, inégalitaire, opposée à la fmanciarisation
et à la marchandisation de l'ensemble des biens et activités humaines.
Pour « un autre monde » respectueux de l'égalité entre les peuples et
les humains, de la démocratie, de la paix, des droits des travailleurs.
Pour la protection de l'écosystème planétaire, pour un développement
durable.
- - Pour mobiliser contre les guerres « préventives » du gouvernement
nord-américain, et la guerre pétrolière voulue par Bush contre l'Irak
quels que soient les prétextes inventés, les ultimatums, envoyés par
la superpuissance U.S. à l'ONU.
- - Pour une Europe sociale et fédérale, dont l'élargissement soit
conditionné au respect des droits sociaux et démocratiques (salaire
minimum européen, droit du travail aligné par le haut,...), par opposition
à un vaste marché déréglementé, libéral, commercial et bancaire.
- - Pour la défense et l'extension de l'ensemble de nos services
publics, santé gratuite pour tous, école publique et laïque, équipements
collectifs, transports, communications. Pour le refus de l'ouverture
d'EDF au capital privé, le retour de France Telecom dans le domaine
public, la nationalisation de l'eau.
- - Pour la défense et l'extension de nos acquis sociaux par une politique
de redistribution des richesses et de combat contre les inégalités.
Pour une réforme de la fiscalité républicaine directe et progressive,
contre les taxes indirectes et injustes socialement.
- - Pour la priorité au recul du chômage de masse, pour que
la réduction de la durée du travail à 35 h hebdomadaires sans perte
de salaire soit étendue à tous les salariés du public et du privé, avec
embauches correspondantes, et avec amélioration et respect des lois
du travail face au marché.
- - Pour une hausse des salaires directs et indirects, à commencer
par le Smic, qui doit être réaligné au plus haut de ses taux horaires,
et permettre des progressions du pouvoir d'achat.
- - Pour que la volonté politique l'emporte sur l'économie et
l'être humain sur l'argent, pour que la puissance publique se dote des
moyens de dire « stop » aux licenciements abusifs et boursiers, un grand
service public de formation professionnelle continue. Revaloriser le
salariat par rapport au capital.
- - Pour que nos retraites par répartition à 60 ans, à taux
plein, soient protégées et renforcées, pour le retour aux 37,5 annuités
pour tous afin que l'égalité public-privé soit restaurée et que le montant
des pensions par répartition soit maintenu pour ne pas laisser de place
aux fonds de pension par capitalisation.
- - Pour la démocratie sociale le contrôle des syndicats sur
la gestion des cotisations sociales, le retour à de véritables élections
démocratiques aux Caisses de protection sociale. Pour une règle majoritaire
dans la signature d'accords de branche ou d'entreprise, pour une redéfinition
démocratique des critères de représentativité, de financement des syndicats,
des droits nouveaux (droit de veto) pour les institutions représentatives
du personnel.
- - Pour une lutte contre les ghettos, la misère sociale, l'insécurité
libérale, qui sert à désocialiser les pauvres en les faisant vivre dans
la peur des violences de toutes sortes, pour le démantèlement des zones
de non-droit, pour la lutte contre les accidents du travail et de la
route, la destruction du tissu social, associatif, et pour une politique
de « sécurité sociale globale » « d'ordre public social », incluant
tous les éléments d'éducation, de prévention, et de fermeté nécessaires.
- - Pour une remise en cause des institutions antidémocratiques
de la V° République, un régime authentiquement parlementaire, une VI
°« république sociale », la réhabilitation de la politique et de la
citoyenneté, contre la concentration des médias et des biens culturels,
pour un système électoral plus juste avec proportionnelle, la limitation
des mandats en nombre et en durée, la parité femmes-hommes réelle. Contre
une décentralisation qui sert au démantèlement de la république en réduisant
le domaine de la loi républicaine par la contractualisation des rapports
entre les collectivités territoriales et avec l'Etat.
- Voilà selon nous, les éléments clefs du programme de reconquête
à défendre. Une majorité d'idées existe sur ces questions dans toute
la gauche, il serait trop dommage de la disperser, de ne pas travailler
à construire l'unité profonde de toutes ses composantes en ce sens.
- Depuis Nantes, depuis Argelès, depuis l'appel pour un «nouveau parti
socialiste », tout devrait converger dans un processus de rassemblement
avec tous ceux qui veulent redonner au PS son programme et sa base populaire
:- un rassemblement autour d'un programme concret capable d'unifier
la gauche, s'appuyant sur les mobilisations sociales et sur les thèmes
essentiels rappelés ci dessus.
- - un rassemblement démocratique dont la direction, par sa composition
et son fonctionnement collectif, reflète l'opinion des militants et
représente réellement les aspirations des mouvements sociaux, du mouvement
syndical et de la jeunesse.
- - un rassemblement qui vise à unifier une nouvelle majorité duPS
pour l'ancrer à gauche et non pas à diviser notre parti, qui refuse
de s'enfermer dans une posture minoritaire, qui offre un cadre ouvert
à d'autres initiatives, sans préalable ni exclusive, en direction des
très nombreux militants qui s'interrogent dans le même sens.
-
- Premiers signataires :
- Laurent BROCHETON (02) Paolo DE SOUZA
(02) Claude RAMIN (05) Francine VIGNEUL (05) Pierre LEDEMÉ (08) Alain
LOURDEL (12) Jean-Pierre CARLON (13) Patrick LACOSTE (13) Thierry SCHOLLER
(13) Jean-Pierre CARLON (13) Jacques KALBACH (17) Cécile LA-BARTHE (24)
Alain GENOT (25) Michel DESCORMES (26) Annick 1IMMERMANS (26) Christian
BELINGUIER (31) Pierre TIMSIT (31) Claude TOUCHEFEU (31) Jean-Pierre
NEU-MAN (31 ) David CARLIER (31) Nicolas TISSOT (31) Gérard ALLARD (35)
Jean-Yves DERI-GNON (43) Jo CHAPUIS (43) Pierre BOUCHET(43) Denis
BARTHELEMY (43) Christian GRANGER (43)
Martine PIÉRRON (43) Raymond
VACHERON (43) Paul VALETTE (43) Guy SEGALA (43) Gérard ROULLEAU (43)
Gérard ALLARD (44) Gilles BOURDU (44) délia MARCHESI
(44) Anne VINCENT (44) Bernard VINCENT (44) Anne LEFÈVRE (44) Philippe
RENAUDINEAU (44) René SEILLER(44) René SEILLER (44) Joëlle TARTROU
(44) Michel TARTROU (44) Eric THOUZEAU (44) Catherine TOUCHEFEU (44)
Farid BENSÉDIK (51) Gérard BERTHIOT (51) Albane BOUDJADI (51) Philippe
BOUDJADI (51) Jean DUPONT (51) Ronan FLEURY (51) Dominique FOURES-TIER
(51) Michel GALAND (51) Jean-Paul HUBERT (51) Martine KRZYWDA (51) Elisabeth
LEMAÇON (51) René LEMAÇON (51) Homad MESSAOUDI (51) Isabelle
MICHEL (51) Chantai MILLET (51) Michel PAILLOT (51) J-Claude
ROUFFIGNAC (51) Gérard SIGAL (51) Jean-Michel SOL (51) Catherine THIBOUT
(51) Jean-Louis THIBOUT (51) Marc THOMAS (51) Francine VERTZ (51)
Jean-Philippe THANRY(54) Patricia BACI-CHIQUART (54) Stéphane NICOT
(54) Barras BOSCHIERO (55) Roger CARRÉ (55) Pierre
DESCHARMES (55) Frédéric FAVIER (55) Jean-Bernard HAROS
(55) André HENQUINET (55) Roland JEHANNIN(55) Jean-Pierre RENAUDIN
(55) Serge SIL-VESTI (55) Jean-François THOMAS (55) Hervé LE FIBLEC
(60) René De Froment (63) Anne BERNARD (64) Gérard BOUDET (64) Joël
BRÈQUE (64) Jean-Michel CAZALET (64) Pierre
CHÉRET (64) Marie-Christine DALOT (64) Sandrine DARRIGRAND (64) Elisabeth
DUBOIS (64) Jean-Claude HOBBÉ (64) Jacqueline LABAT (64) Jean-Louis
LABATUT (64) Jean-Yves LALANNE (64) Jean-Philippe NASSIEU (64) Benoît
PROTO (64) Carlos RAMALHO (64) Félicien RIGAUD (64) Pierre RUSCASSIE
(64) Christophe SCHUPP (64) Pascal TORCHALA (64) Evelyne
DUFFAUD (65) Vincent RI-CARRÈRE (65) Guy
BEAUNÉ (72) Elisabeth NOËL (74) Laurent
NOËL (74) Nicolas SCHLEY (74) Jean-Claude
BRANCHEREAU (75) David DORNBUSCH (75) Sybille FASSO (75) Françoise
RAMBAUD (75) Dominique TRI-CAUD (75) Faycal METHENNI (75) Benjamine
WEILL (75) Jacqueline AMIOT (77) Jean AMIOT (77) Marc AMIOT (77) Abdel
BENTAYEB (77) Michel DUPUY (77) Gérard FILOCHE (77)
Manuel GOUTHIÈRE (77) Corinne JULLIARD (77) Pascal LE POULAIN
(77) Jean-Claude MARCHÈSE (77) Benoît MARTIN (77) Maurice
MILLET (77) Franck PAYONNE (77) Patrick PRIGENT (77) Richard
TAILLEFER (77) Alain WALLON (77) Françoise WORTHAM (77)
Geneviève WORTHAM (77) Christine ANTOINE(79) Michel
LEAUMENT (79) Jean-Louis BÉHAGUE (80) Xavier BONNAY (80)
Gilles CARON (80) Jean-Jacques CHAVIGNÉ (80) Eric MEHIMMETEDSI (80)
Magali MONTICELLI(80) René PRÉVÉRAL (80) Sandrine SALARD (80)
Philippe VERDIER (80) Claudia FAUCON (80) Franck BAROT (80) Anne-Marie
LIKIER-NIK (81) Philippe BATOUX (84) Alain FORTUIT (83) Bruno MARRANZANA
(83) Stéphane VIRY (88) Richard CLUA (92) David DIERICKX (92) René PALMIERI
(92) Jean-Michel TARRIN (92) Christophe PIERCY (93) Vincent CHARLOT
(94) Frédéric MIQUEL (94) Robert SCHLEY (94) Daniele SCHLEY (94)Signez,
faites signer, diffusez, renvoyez par mail à pierre.ruscassie@wanadoo.fr
ou tel: 0680082468
-
-
-
- Je renouvelle mon abonnement à D&S pour, bien sûr, avoir
ces informations pertinentes, d'actualité et bien ancrées à gauche.
- Mais aussi pour soutenir cette mouvance nécessaire à gauche -
pour tendre ce filin qui peut retenir le PS d'arriver au social-libéralisme.
Que ce combat n'oublie jamais que la gauche sera crédible dans la façon
d'unir toute la gauche. On aura besoin de toutes les composantes de
la gauche. Ce qui n'empêche pas de garder nos convictions de classe.
Bon courage...
- L. (91)
- Chers amis, pas vous !
- Je ne suis pas membre de votre courant. Disons que j'en suis
un fort sympathisant. Travaillant le soir et la nuit, je n'ai jamais
jugé utile d'adhérer au PS, ne pouvant, par mes horaires, y mener les
combats nécessaires efficacement. Je me contente donc d'animer une association,
dans les Yvelines, Forum pour la Démocratie. Comme j'en suis le président,
et que j'ai un peu d'influence, le moins qu'on puisse dire est votre
courant est largement sur-représenté dans les invitations à intervenir.
Nous avons eu le plaisir d'inviter Gérard, Jean-Luc, Harlem, Marie-Noëlle
(que nous réinviterons le 15 octobre), Malek, et seules les circonstances
nous ont empêchées d'inviter encore Julien. Vous avez, permettez l'expression,
une dream team. Chaque fois, vos intervenants sont plébiscités par notre
public (souvent plus de cent personnes). Gérard et le social, cela fait
un tabac. Quand on oppose Jean-Luc à Lipietz, en 1997, il n'y a pas
photo, dans la salle. Quand Marie-Noëlle vient à Confions parler de
l'Europe, elle ramasse la mise sans problème. Quand Harlem vient à Andresy
défendre les services publics européens, vous marquez des points. Quand
Malek vient à Maurecourt parler de la laïcité, face à un franc maçon,
il est remarquable, et très apprécié. Si Julien vient un jour, nul doute
qu'il ne rencontre un succès d'estime pour la qualité et le courage
de son discours.
- Je vais personnaliser cette lettre. Je ne comprends pas trop
bien les motifs et l'histoire qui amènent votre courant à cette situation
dramatique. Je vous suis depuis dix ans, et j'avoue que vous m'avez
donné envie de refaire de la politique. La relecture de Démocratie et
Révolution (à l'époque), les Uvres de Julien Dray, la compréhension
de ce que vous faisiez dans le PS, le courage politique de Julien, Jean-Luc
et Marie-Noëlle lors de la guerre du Golfe, quand il fallait défendre
les 35 heures face aux droitiers, quand vous ne pesiez rien dans le
PS, et bien d'autres choses ont souvent forcé mon respect, voire mon
admiration.
- J'ai la chance de monter une fois par mois, au moyen de mon métier
(je suis photocompositeur, ancien typo, monteur écran) le mensuel D&S
après mon travail, le dimanche, dans la nuit du dimanche au lundi. Cela
ne fait pas de moi un inféodé à Gérard Filoche. Bien qu'admirant sa
force de travail et de conviction, et approuvant ses analyses contres
les patrons, j'avoue par ailleurs qu'il m'agace parfois quand on aborde
des sujets comme la sécurité (où j'approuve Julien) ou la Corse et le
régionalisme (où je me retrouve dans Jean-Luc et Marie-Noëlle).
- J'ai la faiblesse de me définir comme un militant de masse. Cela
me permet de vous dire que beaucoup vous regardent, et attendent énormément
de vous. Surtout aujourd'hui, après le 21 avril. Je n'ai jamais caché
publiquement ma sympathie pour votre courant, tout en affirmant mon
indépendance par rapport à vous. Sans doute pas très bien, puisque le
jour où Jean-Luc a été nommé ministre, sur mon lieu de travail, tout
le monde est venu me féliciter. Je dois mal cacher mon indépendance.
- Je n'ai pas envie de me faire chambrer, comme cet été où vos
leaders s'allumaient publiquement, par tous les droitiers que je persécute
au quotidien, dans des discussions politiques. Vous n'avez pas le droit
de passer à côté de ce qu'exigé la situation. Vous êtes très observé
par tous ceux qui ne s'engagent pas officiellement, mais qui attendent
avec beaucoup d'espoir d'abord l'affirmation d'un grand pôle de gauche
dans le PS, mais surtout la perspective d'un grand parti de toute la
gauche qui marginalise les blairistes, et ne veulent pas voir Fabius
parler en notre nom. Je ne vais pas faire dans le pathétique, mais ne
faites pas les cons, ne donnez pas des billes aux Fabius-Strauss-Kahn,
ne découragez pas ceux qui espèrent beaucoup de vous.
- Cela gâcherait tellement ce que vous avez mis des années à construire,
et ce que, modestement, même hors du PS, beaucoup d'autres ont accompagné,
aidé, encouragé, chacun à sa façon ...
- Voilà, je rentre chez moi, je me disais dans mon RER qu'il fallait
que vous écrive quelque chose. Je n'ai trouvé que cela à vous dire,
pour ne pas faire trop long (je crois savoir que vous avez de quoi lire,
en ce moment). On a vraiment besoin que vous soyez bons.
P.
C. (78)
-
-
-
- D&S s'offre un nouvel éditorialiste. Celui que d'habitude
nous brocardions en raison de son ultra-libéralisme échevelé. Le chroniqueur
de radio et de télévision qui chaque jour nous mettait en rogne par
ses tranquilles et cyniques attaques contre les salariés, sa révulsion
pour le droit du travail, son mépris pour les salaires indirects (qu'il
appelle indûment "charges sociales"), Jean-Marc Sylvestre,
le parangon de la "pensée unique", l'apologiste du libre marché,
le héraut des profits, l'ami des actionnaires.... a failli "passer
l'arme à gauche". Victime cet été d'une septicémie une de ces maladies
nosocomiales qui font mourir dix mille personnes par an, entrées à l'hôpital
pour une autre cause et qui y contractent un sale germe mortel, Jean-Marc
Sylvestre raconte ses trois mois aux frontières de la mort dans Les
Echos du 25 septembre... en faisant, ô surprise, l'apologie de la Sécurité
sociale !Ça vaut la peine d'être lu et relu. L'hommage du vice à la
vertu, la reddition du libéral devant le social, le salut du survivant
au système honni qui l'a sauvé ! Régalez-vous, ci-dessous c'est Jean-Marc
Sylvestre comme vous ne l'avez jamais lu ni entendu :
-
- "J'ai failli mourir. .. Quand ça vous arrive à vous, on regarde
la planète d'une façon différente.... Ça commence par une banale douleur
à l'épaule, ça dégénère assez rapidement en attaque sceptice-mique et
ça se termine par la découverte d'une poubelle explosive à l'entrée
de l'aorte... Tout ce qui vous a passionné des années devient totalement
dérisoire : la télé de Chirac, les querelles budgétaires, les crises
de nerf de Bercy, la chute de la Bourse...
- Jusqu'à cet été, je ne connaissais du système de santé français
que l'ampleur du déficit de l'assurance maladie. Depuis je sais que
ce déficit que j'ai tellement critiqué, m'a sans doute sauvé la vie...
En deux mois, j'ai dû subir tous les examens possibles. Il n'y a pas
un millimètre de mon corps qui n'ait été radiographié...
-
- En toute logique je n'aurais pas dû survivre. La chance, oui, cette
bonne étoile qui veille sur chacun de nous, sans doute... Ma chance
la vraie, c'est d'avoir été traité, par une poignée de médecins extraordinaires
de compétence... Dans un système, qui, pour être critiqué, n'en demeure
pas moins des plus performants... Je sais aujourd'hui que, sans ce système
de santé français et la capa-cité d'investigation qu'il donne aux médecins,
j'étais mort.
- Dans une logique purement financière, aucun contrôleur de gestion
n'aurait pu accepter de telles dépenses. Le "return" était
trop improbable.
-
- Cette médecine haut de gamme est évidemment très chère. Deux mois
d'hospitalisation dans trois hôpitaux différents, des traitements antibiotiques
très lourds, les radios, les scanners, les IRM, il existe des formes
de vacances plus économiques. Sans la Sécurité sociale, couplée à des
systèmes complémentaires d'assurance financés en partie par l'employeur,
je n'aurais jamais eu les moyens de payer cette chance de survie. La
querelle du déficit est sans doute importante, mais elle est dérisoire
par rapport à l'enjeu. Quand on sait la valeur détruite chez Vivendi
sous le règne de Jean-Marie Messier, ou celle qui s'est évaporée à France
Telecom. Quand on sait les salaires que demandent les stars du football,
on se dit que les hôpitaux pourraient dépenser un peu plus d'argent
sans qu'on les traite d'inciviques... Le système de santé français est
formidable : il faudrait être sûr que tout le monde puisse en bénéficier..."
-
- Comme quoi, c'est l'existence qui détermine la conscience...
L'expérience est la chose au monde qui se partage le moins... Bravo,
pour une fois, M Sylvestre : n'oubliez pas ce que vous ayez appris là
pour reprendre vos anciennes chroniques. N'attendez non plus pas d'être
à la retraite pour découvrir les mérites du système par répartition