Edito : Feu sur le quartier généralde Raffarin
Raffarin essaie de faire du Thatcher
la force d' EDF le 3 octobre  
Les 35 heures ne sont pas mortes
Bush: bas les pattes devant l'Irak
Coup de frein à l'Europe bleue 
Lula présidente 
Forum social européen de Florence
"Séparation" à la Gauche socialiste
Interventions à'Argeles
L'appel d'Argeles 
L'appel du Puy
"Ce que nous voulons" : Marie-NoëlleLienemann
Dray-Peillon-Montebourg
Appel pour ancrer le PS à gauche
Courrier des lecteurs
Jean-Marc Sylvestre repenti            
 

 
Tous unis ! "Feu sur le quartier général" de Raffarin !
 
Le danger se fait oppressant. Les attaques du gouvernement Raffarin montent progressivement en puissance. Quoiqu'échelonnées et non encore entrées dans les faits, le panorama des mesures qui se dessinent tout azimut, est l'un des plus sombres de tous les gouvernements de droite que nous ayons eus :
1)  II organise la remontée du chômage de masse.  L'addition des mesures de suppression des emplois jeunes, de remise en cause des emplois aidés, de multiplication massive des heures supplémentaires, aboutit à réduire les embauches en une période de régression économique. Les "plans de sauvegarde de l'emploi" connaissent un nouveau "boom" (Snet, Géodis, Alsavet, Alcatel, GSK, Neyr, Sipal, Socoba, Steli, Sollac, Avenus, Daewoo, les volailles de Keranna, la Manufacture Vosgienne des Meubles, Emi, Vivendi..) : la liste interminable ne fait pas la "une" des journaux comme au printemps 2001 mais elle est plus ample... Toute la politique gouvernementale vise à faciliter ces licenciements.
2) II organise la baisse draconienne des salaires directs et indirects : compression des Smic et remise en cause de sa progression alignée sur le pouvoir d'achat, allégement des cotisations sociales jusqu'à 1,7 fois le Smic, baisse des majorations des heures supplémentaires.
3) II organise les déficits sociaux pour mieux remettre en cause notre protection sociale : augmentation des médecins à 20 , augmentation des médicaments non remboursés, limitation de certaines consultations, menaces annoncées et de plus en plus précises sur nos retraites,ayant aussi des conséquences négatives sur l'emploi.
4) II organise le démantèlement de ce qui nous reste de service public, en s'en prenant à EDF-GDF, à Air France, à France Telecom...
5) II organise la baisse du nombre des fonctionnaires, faisant reculer services et équipements, sécurité et assistance. Il ferme des classes et ouvre des prisons, il fait des cadeaux aux riches et augmente les tarifs pour les pauvres, il met en péril l'APA et la CMU mais construit un 2° porte-avion.
Ce n'est qu'un début : le Medef trouve que ce n'est pas assez violent, pas assez rapide. Les ultras-libéraux du patronat espèrent écraser toute résistance et infliger une défaite sociale aux éventuels grévistes pour pouvoir continuer à démolir plus radicalement "l'exception française".
L'heure est grave et elle est à l'union : la gauche doit se rassembler, serrer les rangs, se montrer déterminée à résister et mettre en avant les points essentiels, les plus urgents, les plus concrets :-  Pas d'ouverture du capital d'EDF-GDF, renationalisation de France Telecom, nationalisation de l'eau (ne pas laisser Vivendi vendre...)- Défense des services publics, des fonctionnaires, de l'école, de la santé, des équipements collectifs.
-  Hausse des minima sociaux et du Smic, défense des salaires indirects, des cotisations sociales, de la Sécu.
-  Défense et extension des 35 h pour tous, sans perte de salaire et avec embauches correspondantes.
- Protection contre les licenciements, interdiction des licenciements abusifs et boursiers.
- Défense de nos retraites à 60 ans à taux plein, avec retour immédiat aux 37,5 annuités de cotisations pour tous, public et privé.
Nous avons un seul véritable adversaire, il attaque et il est dangereux : tous ensemble pour faire feu sur le quartier général de MM. Chirac et Raffarin !
 
 
 
C'EST UN PREMIER MINISTRE DE "DÉMOCRATIE LIBÉRALE", SAUCE MADELIN,
PLUS ANGLO SAXON QUE POITEVIN...
 
Quand Raffarin essaie de faire du Thatcher masqué
 
Ne sous-estimons pas la politique conduite par JP Raffarin. Celui-ci était membre de "DL" (Démocratie libérale), le courant d'Alain Madelin, avant que celui-ci ne se voie récupéré par l'UMP d'Alain Juppé.
 
C'est la tendance ultra libérale de la majorité chiraquienne. Derrière ses airs patelins, Raffarin conduit une vraie politique de destruction des acquis sociaux : consciemment, il développe le chômage de masse, persuadé que c'est le meilleur moyen de pression contre les salaires, il rallonge les durées réelles du travail, il dégrade les conditions de travail -comme le démontre la question des "astreintes" (cf. ci-contre)
 
II existe une vraie et dangereuse stratégie du gouvernement
 
II suffit d'étudier comment JP Raffarin procède avec les retraites. Il annonce doucement peu à peu comme une évidence, ce qu'il va faire... Augmenter le nombre d'annuités de cotisations des fonctionnaires, diminuer le taux de remplacement des retraites versées "devient d'ans l'air". Un jour tel ministre puis un autre fait une déclaration, les médias répercutent. L'attaque se profile ainsi doucement, progressivement. Raffarin et Fillon essaient secteur par secteur de déminer les régimes spéciaux, à commencer par EDF-GDF, demain les cheminots, puis les fonctionnaires. Raffarin, Fillon, Mattéi, Mer baratinent subrepticement sur "le tournant démographique", sur "la vie qui s'allonge", sur "l'impossibilité de payer les retraites d'ici peu... Sociologue, et défenseurs de la "pensée unique" reprennent encore abondamment la thèse dans les médias. Les hommes du gouvernement prennent langue en aparté, avec les directions syndicales qu'ils estiment plus favorables à leurs thèses, cherchent la division, et proposent des négociations...à partir de janvier 2003. Raffarin a fixé la suite du calendrier : la question sera soumise au Parlement avant fin juin 2003. De son côté, le Medef qui avait fixé (le 11 février 2001) le 30 juin comme date butoir pour la fin de l'accord sur les retraites complémentaires, a accepté sou-dain de le reporter au...1er octobre 2003. Le plan est clair : six mois de négociations épuisantes, différentes, saucissonnées, par catégorie, prenant le temps de digérer et de "battre" la résistance sociale, éventuellement les grandes manifestations qui ne manqueront pas de surgir puis un vote parlementaire, enfin, l'application par décrets en plein été, et conclusion par le patronat qui signera le nouvel accord retraite complémentaire en octobre dans des conditions confortables pour lui.
À la différence de Juppé, qui était allé, sabre au clair, d'un seul coup, (avec le seul soutien de Mme Notât à l'époque) devant l'Assemblée nationale le 15 novembre 1995, Raffarin approche lentement, prend le temps de déminer le terrain, de conditionner l'opinion, de mieux diviser les syndicats, et les secteurs professionnels, un par un. Bien entendu, lepremier de ces axes de divisions sera d'opposer les fonctionnaires et les salariés du privé...
 
Attaques progressives tout azimut
 
Tout en préparant le terrain pour la grande bataille des retraites, le gouvernement Raffarin multiplie les attaques : celle sur l'allongement de la durée du travail est spectaculaire, elle ne touche pas "officiellement" aux 35 h, (ce serait trop risqué...) mais elle ouvre toutes les vannes au contournement de cette durée légale... Il s'agit de démanteler la durée légale, sans susciter de riposte d'ensemble. Celle sur les emplois jeunes est frontale : elle vise sur la fin desdits emplois, l'incapacité à se défendre, et sur les besoins en main d'oeuvre jeune sous-payée qui anime certaines catégories d'employeurs.
Le gouvernement laisse aussi faire quelques "audaces" : l'Udf de Bayrou faisant de la surenchère sur le non-paiement des astreintes, il laisse faire, de même qu'il se prépare à abroger l'essentiel de la loi de modernisation sociale... Il fait mine de hausser le S mie pour une minorité de Smicards, mais le fait stagner pour la majorité d'entre eux : il supprime même pendant trois ans (provisoirement ?) la possibilité de donner des coups de pouce au Smic en fonction de l'évolution du pouvoir d'achat... Il "allège" les cotisations sociales pour les employeurs entre 1 et 1, 7 fois le Smic sans aucune contrepartie : ce qui consiste à affaiblir la part versée par les employeurs à notre protection sociale et à la faire compenser (lorsque c'est le cas...) par l'état, c'est-à-dire par l'impôt, in fine par les salariés...
Sans anticiper sur d'autres reculs dans le droit du travail qui sont dans les tiroirs et qu'il va laisser sortir peu à peu.
 
Est-ce que cela va marcher ?
 
Mme Thatcher n'était pas Mme Thatchter tant qu'elle n'avait pas écrasé la grève des mineurs, et les syndicats. M. Reagan n'était pas M. Reagan tant qu'il n'avait pas écrasé le mouvement de grève des aiguilleurs du ciel (17 000 licenciements d'un coup). Raffarin n'a pas encore gagné l'épreuve de force contre le mouvement social français. Autour de lui, nombreux sont les va't en guerre qui le poussent à précipiter l'action : le Medef trouve qu'il ne va pas assez vite, ni assez fort. Tel libéral regrette que ça n'évolue pas assez et en rajoute au passage d'un amendement à l'Assemblée. Mais tous, dans l'entourage de Chirac, de Juppé, de Raffarin et Fillon, ont peurde novembre-décembre 1995, c'est pour eux le dernier souvenir d'une grande grève générale, (et ils ont encore en mémoire décembre 1986 avec les étudiants et les salariés qui s'y mettaient). Du coup, ils craignent que leurs précautions aussi finaudes qu'elles se veulent, retardent mais n'éludent pas l'afrontement. L'exemple de l'EDF est là : comment ouvrir le capital et ne pas toucher au statut des retraites ? Pour ouvrir le capital il faut provisonner les retraites à hauteur de 49,1 milliards d'euros pour les 300 000 gaziers et électriciens... Donc soit, il faut affronter les personnels sur les retraites, soit il faut renoncer à ouvrir le capital. Vu les réactions du gouvernement faisant mine de se féliciter de la grande manifestation du 3 octobre, ce devrait être l'impasse ou alors...
 
 

80.000 MANIFESTANTS, LE 3 OCTOBRE, POUR DÉFENDRE LE SERVICE PUBLIC, LES STATUTS, LES RETRAITES...

EDF n'est pas à vendre, non à l'ouverture du capital
 
80 000 manifestants de la première enteprise de France, presque 100 % des salariés, se sont retrouvés le 3 octobre, dans la rue, aux côtés de postiers, de cheminots, et de salariés d'Air France. Cette montée nationale fut d'un niveau sans précédent : plusieurs dizaines de TGV, 20 000 passagers par le couloir rhodanien, et à l'arrivée, un défilé de 11 h à 17 h : lorsque la banderolle de tête arrivait à Opéra, les derniers bataillons n'avaient pas quitté Nation.
 
Quelle était la dominante de cette démonstration de force ? L'exigence de la "non ouverture au capital" ! Les cortèges CFDT, CFTC, FO, CGC, CGT étaient tous porteurs d'une majorité de banderolles sur ce thème. "Non à la privatisation", "privatiser c'est con... Fusionner c'est bon..." "défense du service public". Rarement, un tel consensus aussi politique l'a emporté dans des cortèges intersyndicaux unis, prenant même le pas sur la défense des statuts, des retraites, des emplois, de la sécurité, des salaires. Les arguments étaient tous remarquables, en défense du caractère universel du service public, avec sa continuité, sa neutralité, son accès égalitaire pour tous les citoyens. Refus qu'EDF ne devienne comme France Telecom, autre magnifique entreprise soumise aux coups de boutoir des spéculateurs en Bourse. Pour que l'électricité, le prix d'EDF étant le plus bas au monde, ne devienne pas, comme l'eau, un produit cher dont le mètre cube est négocié de ville en ville par Vivendi. Pour que les investissements financés par l'usager depuis des décennies, aujourd'hui amortis, ne tombent pas, gratuits, dans la poche d'actionnaires privés. Pour que le nucléaire ne soit pas non plus à la merci de mains privées. Pour que cette grande réussite industrielle ne soit pas bradée comme le fut, en Grande-Bretagne, British railways privatisé, aujourd'hui chemins de fer... moins rapides qu'au 19° siècle, avec des incidents et accidents innombrables. Pour qu'EDF ne soit pas remplacée par de multiples entreprises produisant panne sur panne comme c'est le cas dans l'eldorado du libéralisme en Californie.
Tout le monde sait que le dogmatisme libéral aboutit en sacrifiant le public qui "marche" à des échecs privés qui ne "marchent pas". L'énergie, les ressources fondamentales, les grands équipements, les transports, la santé, l'éducation, la protection sociale sont du domaine public. En France cela marche mieux encore qu'ailleurs : pourquoi y toucher ?Tels étaient les slogans, tracts, discussions, qui mobilisaient dans ce cortège remarquable.
 
Le deal "ouverture du capital" contre"maintien des statuts" est un leurre
 
Les normes comptables des marchés internationaux sont telles que, dans l'état actuel des choses, EDF ne vaut rien : eneffet, comme EDF et GDF assurent le paiement des retraites de leurs agents, ces sommes devraient être "provison-nées" à hauteur de 49,6 milliards d'euros, soit l'équivalent d'un chiffre daffaire annuel. Ce qui est un handicap sérieux pour la mise en vente : il faudrait donc forcément, pour ouvrir le capital, toucher au statut et aux retraites. Les 300 000 actifs et retraités qui bénéficient d'un taux de remplacement égal à 75 % du salaire après 37,5 annuités de cotisations verront forcément leur droit remis en cause lors des lois, prévues au printemps 2003, sur les retraites, les statuts et... l'ouverture du capital. S'il veut privatiser le gouvernement qui fait mine de ne rien voir, devra affronter les salariés.
D'ailleurs les personnels en ont pris conscience et les hésitations qui ont pu exister, même à la CGT, semblent bien écartées : la commission executive a été houleuse et le secrétaire Denis Cohen pourrait passer la main. La force et l'union réalisée le 3 octobre devient déterminante pour la suite des événements. Quand on se sent fort, les idées s'eclaircissent.
 
Reçu "cinq sur cinq"
 
Alors que, dans la manifestation, slogans et banderolles signifiaient clairement "Raffarin, t'es foutu, EDF est dans la rue.." "Raffarin touche à rien, EDF appartient aux citoyens"... le gouvernement fait signe que cela ne le concerne pas. Nicole Fontaine se féléicite même de la manifestation dont elle prétend qu'elle va "l'aider dans ses négociations à Bruxelles". (Notons au passage que "Bruxelles" entend donc davantage les manifestations que ladite ministre). Jean-François Coppée, lui, affirme que le message est reçu "cinq sur cinq" et que le gouvernement est en phase avec les manifestants. Il suggère même que la manifestation, initiée dés mars dernier, était destinée à l'ancien gouvernement dont certains ministres avaient souhaité l'ouverture du capital. Tout cela sent l'autisme : car les 300 000 salariés et retraités d'EDF-GDF sont lucides, on ne les traitera pas par dessus la jambe, les flattant ici, leur enlevant leurs retraites et leur statut là, puis finalement en ouvant quand même le capital, puisque tel est le projet ouvertement affiché.
On a le début d'une résistance exceptionnelle des salariés des services publics : ce ne sont pas les cheminots qui sont à l'avant-garde cette fois, mais ils sont juste derrière, et ceux d'Air France et ceux de France Telecom ne sont pas loin. Il y a là un choix de société, une question centrale, pas seulement en france mais en Europe : est-ce que l'énergie, les grands équipements, les transports, les grands moyens de communication, comme l'école et la santé, doivent être "sortis" du marché ? La réponse est oui, et elle est fondamentale pour des socialistes.
 
Le 17 octobre, les enseignants,le 21 octobre, les intermittents bientôt la fonction publique, la résistance s'organise
 
La Suisse refuse la libéralisation de son secteur électrique
 
Le combat contre l'ouverture à la concurrence des services publics est un combat mené par la gauche du parti socialiste suisse et particulièrement par ses sections romandes (francophones) depuis 1996. La base politique de ce combat se limitait à la fin des années 90 à une grosse minorité du PSS qui pèse à peu près 25 % des voix dans le pays. Les syndicats des branches concernées marchaient avec le gouvernement dans ces "modernisations".
Six ans plus tard, c'est un PSS majoritairement acquis à cette cause qui l'emporte par 52,6 % des voix avec des forces syndicales unies, contre tous les partis de droite, la droite du PSS, le gouvernement, dont le ministre socialiste du secteur des infrastructures et tout le patronat. Jamais les moyens n'auront été aussi disproportionnés. Plus de dix millions de francs suisses au service de la propagande pour la libéralisation et à peu près toute la presse. 700 000 francs de l'autre côté, et énormément de travail de terrain.
Ce vote devait abattre d'un coup de massue les velléités de résistance à l'ordre libéral. C'est exactement l'inverse qui se produit. La droite suisse est stupéfaite, quand à la droite du PSS, elle rase les murs. A l'occasion de ce vote, le centre de gravité de la politique suisse sur les questions économiques fondamentales a fait un mouvement vers la gauche unique dans l'histoire récente du pays. Le service public, les assurances sociales, le contrôle démocratique des grandes infrastructures, bref l'économie sociale, ces valeurs classiques du socialisme démocratique sont aujourd'hui des valeurs gagnantes si on prend la peine de les défendre. Même en Suisse.
 
 

 
LES 35 HEURES NE SONT MORTES,
ELLES FIGURENT ENCORE SUR LE BULLETIN DE PAIE DE 21 MILLIONS DE SALARIES
 
Pétain lui-même n'avait pas annuler les 40 h, alors Fillon...
 
" Le ministre du Travail présente ces jours-ci à l'Assemblée, son projet sur les 35 heures, le SMIC et l'emploi. Coauteur, avec Gérard Filoche, de "Bien négocier les 35 h" (Ed La Découverte), Sylvian Chicote estimait dans L'Humanité du 18 septembre que la remise en cause détournée des 35 h n'était pas inéluctable.
 
Question : Concernant la RTT, le projet Fitton prévoit de relever par décret de 130 à 180 h le contingent annuel d'heures supplémentaires dans les entreprises, tout en donnant 18 mois aux branches professionnelles pour renégocier des accords. Est-ce la mort des 35 h?
Sylvian Chicote. - Pour bien comprendre, il faut revenir sur la définition de la durée légale du temps de travail et des heuressupplémentaires. Dire qu'en augmentant le contingent d'heures supplémentaires on met fin aux 35 h, c'est considérer que les heures supplémentaires peuvent être effectuées en permanence, intégrées à l'horaire de travail, bref, qu'elles sont structurelles et non " supplémentaires ". Dans cette conception, la durée légale du temps de travail n'est que le point de départ de la comptabilisation d'heures supplémentaires que l'employeur peut utiliser librement. Or, de multiples sources juridiques montrent que cette conception n'est pas conforme au droit. L'ordonnance de 1982 qui a instauré le contingent d'heures supplémentaires, l'accord national interprofessionnel de 1995 (2), et toutes les décisions des tribunaux confirment que les heures supplémentaires ne peuvent être utilisées qu'en cas de surcroît d'activité. C'est donc par un usage abusif des heures supplémentaires que 7 millions de salariés de petites entreprises travaillent encore 39 h par semaine. La durée légale est bien la durée obligatoire qui s'impose aux employeurs (3). Quand le gouvernement dit aux petites entreprises qu'elles vont pouvoir rester à 39 h à moindre coût, il s'appuie lui aussi sur une définition permissive, non conformes au droits des heures supplémentaires.
Notez bien : le 9 novembre 2002 à l'appel de la commission entreprise du parti socialiste, à Paris de 9 h à 17 h, grande reunion des salariés privés et publics qui sont aux 35 h : leur bilan. leurs critiques, leurs propositions face à la nouvelle loi Fillon. Inscrivez-vous, soyez présents.
 
Quelle est la stratégie du gouvernement ?
Sylvian Chicote. - Pour supprimer les 35 h, la vraie solution était l'abrogation pure et simple de cette durée légale du temps de travail. Mais politiquement, c'était impossible pour le gouvernement. Dans sa campagne, Chirac avait bien dit qu'il n'en était pas question. Malgré toutes les insuffisances et les mécontentements, les 8 millions de salariés passés aux 35 h n'auraient pas accepté un retour en arrière. Le gouvernement a donc choisi un moyen détourné, mais qui est fragile juridiquement. L'augmentation du contingent ne permet toujours pas à un employeur de programmer un horaire de 39 h hebdomadaire, pas plus que le contingent de 130 heures ne lui permettait jusqu'à présent d'afficher un horaire constant de 38 h par semaine. Je parle du droit, mais la bataille est aussi idéologique. En diffusant le message que les entreprises vont pouvoir rester ou revenir à 39 h, le gouvernement peut créer une situation de fait, en dépit du droit. En somme, la tentative du gouvernement est juridiquement fragile mais socialement praticable si les salariés ne réagissent pas.
 
Avec quelles perspectives peut-on mobiliser les salariés ?
Sylvian Chicote. - II faut s'opposer à l'augmentation du contingent qui est unetrès mauvaise chose, puisqu'il vaut mieux embaucher des chômeurs qu'avoir recours aux heures supplémentaires, même dans les cas de réels pics d'activité. Mais répandre l'idée que les 35 h seraient supprimées grâce à l'augmentation du contingent constituerait une grave erreur.
Aujourd'hui, il ne faut pas baisser les bras, il faut faire comprendre aux salariés qu'ils peuvent imposer une vraie réduction du temps de travail, qu'ils disposent de points d'appui et qu'il leur faudra être vigilants pour empêcher que des dirigeants syndicaux complaisants ne signent des accords aggravant la situation actuelle. Si les gens sont convaincus que les 35 h vont mourir avec le projet Fillon, elles mourront. Il risque de se passer ce qu'on a connu avec les accords Aubry où, à force de discours 100 % négatifs sur la loi, les salariés croyaient que les clauses patronales étaient légales. C'est d'ailleurs l'occasion de remettre sur le tapis la possibilité pour les syndicats de renégocier les accords illégaux ou défavorables, ou de les dénoncer, pour faire appliquer la loi dans son entier. Il y a déjà eu des décisions importantes de tribunaux : ils ont notamment confirmé que l'annualisation du temps de travail n'est pas légale sans calendrier prévisionnel de modulation, et que le forfait jour ne peut s'appliquer aux cadres par simple décision de l'employeur, mais seulement si toutes les conditions exigées par la loi sont remplies.
(ENTRETIEN RÉALISÉ PAR FANNY DOUMAYROU (PARU DANS L'HUMANITÉ DU 18/9)
 
(1)  Bien négocier les 35 heures, Guide pratique (et critique) à l'usage exclusif des salaries, La Découverte, 2001.
(2) Signé par le MEDEF et toutes les confédérations sauf la CGT.
(3)  La Cour de cassation a statué, par un arrêt du 4 juin 2002, que dans une entreprise passée à 35 heures les salariés qui continuent de travailler 39 heures par semaine ont droit à l'indemnité de RTT pour maintenir le salaire à son niveau antérieur. ET aussi au paiement des heures accomplies au-delà de 35 heures, majorées de la bonification applicable.
 
Cadres : le forfait-jours pour tous
 
Le projet Fillon élargit bien au-delà des cadres l'application du forfait-jours, qui évite d'avoir à payer les heures supplémentaires.
 
Une innovation s'est glissée discrètement dans le projet de loi Fillon sur " l'assouplissement " des 35 h : l'incitation à la généralisation des forfaits en jours sans limite horaire pour les cadres. Ce système était prévu, et relativement bien encadré, par la loi Aubry : un accord pouvait prévoir, pour certains cadres, un " forfait " de 217 jours de travail, sans référence horaire autre que les limites légales. En théorie, et souvent en pratique, le salarié concerné pouvait donc travailler jusqu'à 13 h par jour. En échange, il gagnait des jours de congé. Le recours à ce forfait devait être justifié par trois critères : le niveau de responsabilité exercée, la nature des fonctions tenues, et le degré d'autonomie dans l'organisation du travail. De nombreux accords ont oublié les deux premiers critères qui tendaient à réserver ce type de forfait aux cadres dirigeants. Il faut dire que le forfait jours a un avantage certain : il évite d'avoir à payer des heures supplémentaires. C'est ce que les organisations syndicales ont appelé " casser le thermomètre " du temps de travail des cadres : plus de référence horaire, donc plus de mesure du temps de travail. Et plus de contrôle par l'inspection du travail et de sanction du dépassement de la durée du travail, comme ce fut le cas en 1996 chez Thomson. En pratique, on a vu se multiplier les " cadres autonomes " sous le régime du forfait sans référence horaire, qu'ils soient dirigeants, simples cadres, et parfois même techniciens. Aujourd'hui, cela concerne près d'un tiers des cadres. Une utilisation abusive, qui a conduit ce type d'accords à se faire régulièrement recaler devant les tribunaux.
 
C'est dans le but de " légaliser " ces accords que le gouvernement souhaite étendre le régime du forfait sans référence horaire. Au ministère des Affaires Sociales, on précise qu'il s'agit de rendre le cadre " un peu plus souple "... Pour l'UGICT-CGT, avec le recours exclusif au critère de l'autonomie, " tous les cadres peuvent relever du forfait jours sans limite horaire car ils sont tous potentiellement concernés par cette seule définition. Ce projet de loi est un encouragement pour les directions d'entreprises à revenir sur tous les accords existants ", ajoute le syndicat, qui a lancé une pétition nationale. Le président de la CGC, Jean-Luc Gazettes, note qu'il n'y a "aucune limite en matières de salaires, ce qui va permettre aux entreprises de continuer à passer en forfait jours des gérants salariés qui gagnent 9 000 francs par mois ".
Le gouvernement prend tout de même un gros risque. Fin 2001, le Comité européen des droits sociaux, saisi par la CGC, avait estimé le forfait-jours contraire aux traités. Le Conseil de l'Europe avait, lui, validé in extremis le dispositif, soucieux d'éviter à la France une condamnation gênante. Il s'est appuyé pour cela sur les garanties prévues par la loi - l'autonomie - et sur le fait que les cadres ne représentaient qu'une " minorité " des salariés. Une position juridique fragile et des arguments qui risquent de ne plus tenir face aux modifications souhaitées par le gouvernement.
M. Fillon ne veut plus que les astreintes soient payées...
 
 
Jusqu'à présent les astreintes au travail étaient réglées essentiellement par deux articles du Code du travail (cf. ci-dessous).
Il s'agit d'une question importante qui peut concerner, par extension, des millions de travailleurs. Notamment en vrac, les commerciaux, les agents d'entretien, les transporteurs, les informaticiens, les gardiens, les soins aux personnes, les réparateurs de chez Darty, les itinérants, le bâtiment, évidemment presque toute l'industrie, la liste est longue.
C'est un système redoutable où, même quand le salarié ne travaille pas, il peut être « sifflé » par son patron quand celui-ci le juge utile. Pour raisons de services, il peut être « rappelé » à tout moment, la nuit, le jour... Depuis qu'il a un portable sur lui, il est donc « à la merci » de son employeur : pas question de s'éloigner de l'entreprise, ni de se croire tout à fait libre de « vaquer àa ses occupations personnelles », vous devez être disponible, joignable, et prêts a vous rendre dans les meilleurs délais sur le poste de travail. C'est « un fil à la patte ». Pas de tranquillité, pas de sécurité en famille, en loisir, en repos, pas de vraie vie privée...
Cela a aussi des conséquences sur les durées maxima du travail, sur les temps de repos quotidiens et hebdomadaires...
Jusque-là, les salariés qui étaient d'astreinte, « un fil à la patte », bénéficiaient d'une contrepartie (l'équivalent d'un quart d'heure ou d'une demie-heure de salaire par heure d'astreinte par exemple...). Ils n'étaient payés à temps plein que s'ils devaient intervenir effectivement.
Mais l'UDF aiguillonne, à l'assemblée, l'UMP, pour que dans la loi Fillon, les astreintes n'aient plus de contrepartie. « Fil à la patte, oui, mais pas un centime de dédommagement » : donc le salarié devra rester sous tutelle de son employeur sans contrepartie, ce qui, évidemment donnera tous les abus possibles, plus de comptabilisation, plus de contrôle. Déjà D&S, la Gauche socialiste, depuis décembre 1999, avaient demandé, lors de la deuxième loi Aubry (janvier 2000) que la question des astreintes ne soit pas soumise à négociation au bon vouloir de l'employeur mais qu'il y ait des décrets pour fixer les contreparties et défendre ainsi les travailleurs qui n'ont pas toujours le rapport de force pour faire respecter leurs droits...
Hélas, Fillon casse le principe déjà fragile de l'astreinte, alors qu'il devrait être renforcé.
Tous les salariés, tous les syndicats, toute la gauche devraient s'opposer à cette importante régression sociale.
Pour info :
L'article L 212-2 du Code du travail prévoit que des décrets en conseil des ministres, déterminent « les conditions de recours aux astreintes, les dérogations permanentes ou temporaires applicables dans certains cas et pour certains emplois, les modalités de récupération des heures de travail perdues, et les mesures de contrôle de ces diverses dispositions ».
L 212-4 bis
Une période d'astreinte s'entend comme une période pendant laquelle le salarié sans être à la disposition permanente et immédiate de l'employeur, a l'obligation de demeurer a son domicile ou a proximité afin d'être en mesure d'intervenir pour effectuer un travail au service de l'entreprise, la durée de cette intervention étant considérée comme un temps de travail effectif. Ces astreintes sont mises en place par des conventions ou accords collectifs... qui en fixent le mode d'organisation ainsi que la compensation financière ou sous forme de repos auxquelles elles donnent lieu. A défaut, les astreintes sont organisées et compensées par l'employeur... La programmation individuelle des périodes d'astreinte doit être portée à la connaissance de chaque salarié concerné quinze jours à l'avance, sauf circonstances exceptionnelles et sous réserves que le salarié en soit averti au moins un jour franc à l'avance.
 
 

 

BUSH ET SON EXTREME DROITE AMERICAINE EN GUERRE CONTRE L'AVIS DU MONDE ENTIER

" Bas les pattes devant l'Irak" déclare gérald Schröder

Saddam Hussein a accepté les " inspections " des installations militaires et industrielles irakiennes. Mais rien n'y fait : Bush lance des ultimatum, combine la pression et contourne l'Onu, s'apprête à agir unilatéralement. L'équipe d'extrême droite au pouvoir à Washington développe le concept cynique de guerre "préventive " et affiche la prétention de renverser le régime irakien seulement parce qu'il qui lui déplaît.
 
Les concessions irakiennes et les recommandations de dirigeants de nombreux pays n'ébranlent apparemment pas la détermination affichée par les Bush, pétroliers et anti-irakiens de père en fils, par une voie ou une autre, seuls, ou en coalition, à déclencher la guerre.
 
Que va faire l'Onu ?
 
Les résolutions de l'ONU ne se présentent pas souvent comme un rempart pour la paix. Cet organisme a parfois résisté aux pressions US, mais il a souvent cédé. Par exemple, depuis la création de l'ONU, il existe une résolution demandant que les réfugiés palestiniens puissent rentrer chez eux. Tout le monde sait que cela n'a pas été respecté et personne n'a exigé des bombardements massifs ou un changement de régime en Israël pour mettre cette résolution en application - pas même depuis que Sharon est au pouvoir. Ce type de résolution est resté lettre morte. La structure du Conseil de sécurité ainsi que les rapports de force économiques au niveau mondial font que l'Onu, loin d'être une instance neutre, est souvent une arme entre les mains des grandes puissances même si l'Onu a été créé pour éviter à l'humanité le "fléau de la guerre". Si les Etats-Unis parviennent, au moyen de pressions politiques et économiques à convaincre ledit Conseil de sécurité d'appuyer leur offensive (comme ils l'ont fait en 1991), il ne faudra pas en conclure pour autant que la guerre est légitime, mais plutôt que l'Onu a renoncé à sa mission.
Les militaires US possèdent une puissance de destruction, conventionnelle etnon conventionnelle, unique dans l'histoire. Ils peuvent donc se passer de l'ONU et même de leur allié servile, la Grande-Bretagne de Tony Blair. Leur allié israélien est de loin l'état le plus puissant du Moyen Orient. La supériorité économique des Etats-Unis sur l'Irak est écrasante. A qui rime l'idée d'une " guerre préventive " ? Il est absurde de présenter l'Irak comme une menace pour la paix. Aucun des pays voisins de l'Irak ne la considère comme telle. Lors de la guerre Iran-Irak, qui a fait un million de morts, l'Occident a soutenu l'Irak, y compris en fournissant des armes chimiques. Saddam Hussein a reçu le nucléaire par le canal de la France, il a reçu des armes sophistiquées par les USA, tant qu'il acceptait d'être leur exécutant local. L'Irak n'a aucun moyen d'envoyer des missiles sur les Etats-Unis ou l'Europe et, surtout, il n'y a aucune raison de croire que ses dirigeants soient prêts au suicide national qu'une telle attaque impliquerait. Lors de la guerre de 1991, ils ont laissé leur pays être détruit par des armes conventionnelles plutôt que d'utiliser les armes non conventionnelles qu'ils possédaient. La plupart des moyens d'information au niveau mondial défendent l'idée saugrenue que ce sont les USA qui sont menacés, et non l'Irak, malgré le rapport de force existant. Depuis la destruction du World trade center, l'administration républicaine aux Usa se croit tout permis. Certes, c'était un crime odieux. Pourtant ni les vietnamiens ni les millions d'autres victimes de la politique américaine depuis un demi-siècle n'ont attiré une attention des médias comparable à celle consacrée aux victimes du 11 septembre.
A quoi peut bien correspondre " la logique des sanctions " qui seraient un moyen approprié pour obtenir le désarmement unilatéral de l'Irak ? Si les sanctions étaient levées, rien n'empêcherait l'Irak de se réarmer. En attendant, l'exigence de désarmement mène à la perpétuation de sanctions qui, comme en ont témoigné des responsables du programme " pétrole pour nourriture " est une catastrophe uniquement pour la population. Exiger le désarmement unilatéral d'un seul pays dans une région où il y a des conflits et des tensions multiples n'est pas non plus raisonnable. La seule solution éventuelle passe par un désarmement global dans la région.
Mais il faudrait négocier le droit des palestiniens à disposer d'un état, et désavouer Sharon.
 
Défendre la démocratie ?
 
Bush prétend vouloir renverser la dictature de Saddam Hussein. Qui accepterait que l'Inde, qui est une démocratie, envahisse la Syrie, qui est une dictature, pour y opérer un "changement de régime" ? Les renversements, par les USA, d'Arbenz au Guatemala, de Mossadegh en Iran, de Goulart au Brésil, d'Allende au Chili, de Soekarno en Indonésie, de Lumumba au Congo, les invasions ou tentatives d'invasion du Vietnam, de Cuba, de Saint-Domingue, de Grenade, de Panama, n'avaient rien à voir avec la défense de la démocratie. Pour les Etats-Unis, il y a des bonnes dictatures et des mauvaises, comme il y a de bonnes et de mauvaises démocraties : l'Argentine est une bonne démocratie parce que la population y est atomisée et démoralisée et que les ressources nationales peuvent être bradées ; le Venezuela de Chavez est une mauvaise démocratie, pour les raisons inverses. Il est à noter que dans leur empressement à "défendre la démocratie", les Etats-Unis et l'Union Européenne ont soutenu en avril 2002 au Venezuela un des coups d'état les plus éphémères de l'histoire - pourtant fomenté par une minorité patronale, reine du pétrole, contre une majorité populaire démocratiquement élue. Le but des Etats-Unis à travers l'Irak est de mater tout pays récalcitrant à leur domination économique. Il s'agit de s'assurer du contrôle des flux pétroliers pour les décennies à venir : c'était le même objectif fondamental en Afghanistan où les USA ont fini par faire nommer un " chef d'état ", Hamid Karzai, qui était un salarié de l'Unocal, le consortium pétrolier qui projetait de construire le pipe-line susceptible de faire passer le pétrole d'Asie centrale par ce pays.
Quand au désir proclamé d'apporter la démocratie dans le monde arabe, rien ne permet d'y croire : un pays arabe qui serait véritablement démocratique tenterait de contrôler ses ressources pétrolières et serait bien plus pro-palestinien que les dictatures actuelles, parce qu'une telle attitude refléterait les aspirations de sa population. On peut douter que c'est cela que Bush souhaite. C'est pourquoi les Usa soutiennent tellement l'Arabie Saoudite, une des pires dictatures du monde s'il en est. Jusqu'au point même de fermer les yeux sur le fait que les attentats du 11 septembre 2001 aient été commis en majorité par des saoudiens, sur le fait que le chef des services secrets de cet état, le Prince Turki ait démissionné juste avant cet attentat, sur les liens maintenus de Ben Laden avec sa famille, l'une des plus importantes de ce pays.
 
Résolument contre toute guerre
 
Les arguments conte l'invasion de l'Irak ne se basent pas sur le coût de la guerre, pour nous-mêmes pour les Irakiens, sur les risques d'attentats, ou de déstabilisation de la région, ou sur les difficultés de la victoire, etc. De tels arguments ont été avancés lors de la guerre du Kosovo ou de l'Afghanistan et, lorsque les échecs prédits ne se sont pas réalisés, cela a affaibli le mouvement antiguerre. Convenons qu'il est très possible que les Etats-Unis arrivent à leurs fins par un coup d'Etat, une insurrection ou une guerre-éclair. Ils envisagent même le crime pur et simple, l'assassinat individuel de Saddam Hussein. Ils ont procédé de la sorte très souvent dans le passé.
Notre opposition à la guerre n'est pas " technique " ni circonstanciée, elle est de principe, elle part d'une vision globale : aucune puissance n'a d'autorité pour faire régner " son " ordre, ses " intérêts" unilatéralement, par-dessus les peuples du monde et leurs représentants. Le mouvement "altermondialiste" est naturellement porteur de cette opposition de principe, dans le contexte actuel, à toute guerre des Usa contre l'Irak. Nous nous souvenons qu'après les attentats du 11 septembre 2001, il y a eu des médias pour tenter l'amalgame entre les terroristes et les altermondialistes, ils prétendaient que nos idées sur l'annulation de la dette ou de la remise en place de services publics forts, en faveur dune taxation des mouvements de capitaux, nourrissaient le terrorisme. Derrière le crime d'une guerre qui frappera en premier le peuple irakien plus que son dictateur, il y aura aussi le coup de force contre toute l'opposition anti-impérialiste qui milite dans le monde. Dans l'atmosphère guerrière, nous serons traités comme l'Irak ou la Serbie. Il y aura, comme lors de la première guerre du Golfe, comme au moment du Kosovo, comme lors des attaques de Kaboul, des campagnes haineuses, aveuglantes, et déformantes. Le " kaki " fleurira sur les écrans. Ce n'est pas étonnant : une guerre préventive contre l'Irak est undes moyens de " mondialiser par la force ", de faire avec des bombardiers tout ce que les technocrates de l'OMC ne peuvent pas faire avec leurs attachés-case.
 
Altermondialisation et anti-impérialisme:
 
Les dirigeants des Etats-Unis sont, certes, forts militairement, pourtant leur forcing conte l'Irak, trop visiblement de mauvaise foi, peut leur faire perdre la bataille des idées. Nous devons au moins faire tout ce que nous pouvons pour les affaiblir sur ce plan-là. De plus, Bush s'est placé face à un dilemne: s'il n'attaque pas, ils perd son pouvoir d'intimidation. S'il attaque, il décuple la haine dont il est déjà l'objet. L'engrenage est terrible. Même en Europe, l'arrogance US suscite une forte opposition. Mais, dans les pays dominés concernés, c'est pire : cela pousse des millions de gens à admirer Bin Laden et aussi à admirer Saddam Hussein. Pourquoi? Parce qu'ils apparaissent - à tort - comme les symboles de la résistance à la domination impérialiste.
Nous ne partageons une seule seconde ce point de vue : nous savons trop que le milliardaire Ben Laden est une créature de la CIA, un fanatique réactionnaire, fou de dieu, méprisant lui-aussi les peuples. Nous connaissons les méfaits du tyran Saddam Hussein, tous comme ceux des ayatollah, ou de la famille régnante en Arabie Saoudite. Il n'y a pas de lien, sinon dénaturé et perverti, entre la lutte de ces fanatiques et la lutte des peuples pour leur émancipation. Mais nous savons aussi que chaque attaque américaine, chaque bombe, creuse un fossé entre ces peuples - car ce sont eux qui subissent - et le reste du monde lorsqu'il semble complice. Faisons savoir que nous ne sommes pas complices, construisons, en France, en Europe, partout, un front de mobilisation contre la guerre impérialiste, contre la guerre du pétrole voulue unilatéralement par Bush. Préparons l'opinion a désavouer massivement la guerre qui vient. Déjà, il y a eu, dimanche 29 septembre, 200 000 manifestants à Londres contre la guerre Bush-Blair. En Europe, il peut y avoir une véritable résistance isolant Bush et Blair : comme Gérald Schrôder lors de sa campagne électorale qui s'était écrié : " Bas les pattes devant l'Irak ".
 

 

VICTOIRE DE LA GAUCHE EN ALLEMAGNE: COUP DE FREIN A L'EUROPE BLEU

Schröder gagne grâce à la paix et aux syndicats

Les électeurs allemands ont donné un coup d'arrêt, de justesse, à la vague bleue qui déferlait sur l'Europe ces deux dernières années. En Suède, la gauche a défendu sa majorité face à une droite qui visait la remise en cause de la protection sociale ; en Allemagne, elle s'est imposé grâce à une campagne recentrée sur la solidarité, la justice sociale et surtout sur la défense de la paix.
 
Ne fantasmons-pas: en Allemagne, le résultat de la gauche est moins bon que lors du dernier scrutin en 1998 parce que la politique du gouvernement a été beaucoup trop marquée par des compromis avec l'idéologie libérale. Mais, mieux qu'en France, un certain instinct de survie a conduit les sociaux-démocrates et les Verts à mener une campagne plus offensive, ces dernières semaines, de telle sorte qu'ils se sont mis à re-défendre des valeurs de gauche. Gérald Schroder avait affirmé en 1998 : " S'il y a plus de quatre millions de chômeurs en 2002, je ne mériterai pas d'être réélu". Il y avait plus de quatre millions de chômeurs en 2002 mais il a quand même été candidat et réélu. Paradoxe : Lionel Jospin avait fait reculer le chômage de masse et il a été battu. On voit donc, qu'il n'y a pas que "le bilan", il y aussi, la campagne électorale. En se radicalisant au cours de la campagne, et en restant relativement unis, Verts et SPD ont fait la différence. En face, la droite attaquait le gouvernement sur la lutte contre le chômage, mais elle remettait en cause la protection sociale : ce genre de remède aux difficultés économiques, ayant reçu une vive contre-attaque de la gauche, puis le débat sur la guerre Bush-Irak, ayant fait nettement la différence, de justesse, la coalition rosé et verte a redressé la situation.
Lorsque Schroder, en effet, s'est écrié : "Bas les pattes devant l'Irak" tout était dit. Les électeurs allemands, comme la majorité des peuples du monde sont opposés aux manœuvres agressives et guerrières de Bush : tout le monde connaît l'hypocrisie des raisons avancées par Bush, et comprend qu'en fait, il s'agit du contrôle du pétrole. La "bas-Pourne pas avoir su, ou voulu, s'opposer à la politique de la BCE, dirigée par Wim Duisenberg (notre photo), les socialistes européens, un moment majoritaires, ont été massivement désavoués par les électeurs.
cule" s'est faite là-dessus dans la dernière ligne droite de l'élection, en dépit des limites évidentes du bilan de Schrôder...
Mais, c'est ainsi, cette victoire fait bouger à nouveau les lignés en Europe : au lieu d'un raz-de-marée libéral, il y a, non pas un retournement, mais un coup de frein. Les syndicalistes allemands ne s'y sont pas trompés, pour eux, c'est un immense soulagement : Schroder leur doit une partie de sa victoire et devra leur en rendre compte. D'un certain point de vue, le marque est large : car le SPD obtient à lui seul, 38,5 % des voix... de quoi faire rêver tous les socialistes européens. En même temps, il est serré, car il n'y a que 3 sièges de majorité, mais les exigences sont d'autant plus grandes, Schroder devra faire la différence. Bien sûr, la direction du SPD ne va pas se convertir à un socialisme radical pour autant, la bataille va se jouer sur le terrain social... et dans le parti.
 
La gauche du SPD en mouvement
 
Le Forum Demokratische Linke 21, membres de la République sociale européenne, se propose de peser de tout son poids sur les orientations du futur gouvernement pour obtenir une véritable rupture avec la politique de compromisavec l'idéologie libérale. Certains des futurs ministres allemands ne manqueront pas de défendre cette ligne dans leurs secteurs, mais nous savons très bien que cela ne suffira pas. La mise en place d'une autre cohérence demeure nécessaire. Celle-ci passe par un projet politique global que la gauche du SPD a esquissé dans leur déclaration suite aux élections. Nous en reproduisons ici des extraits pour l'édification de nos lecteurs qui vont y retrouver des thèmes qui sont chers à D&S depuis dix ans.
 
Déclaration du Forum Demokratische linke 21
 
"... La politique social-démocrate ne doit pas s'adapter au capitalisme débridé, mais elle doit diriger le développement économique politiquement en fonction de l'intérêt de toute la société. Cette politique doit être traduite dans les objectifs des négociations au sein de l'OMC, à travers la réalisation des orientations de l'organisation internationale du travail (OIT), des critères d'un développement durable (par exemple le protocole de Kyoto), l'accès aux marchés mondiaux pour les pays en voie de développement, l'arrêt des négociations sur la privatisation des services publics (GATS). La politique social-démocrate doit viser l'annulation de la dette des pays pauvres, la fin de la politique néo-libérale d'ajustement structurel du FMI, la limitation des marchés financiers à l'aide de l'introduction d'une taxe sur les transactions transfrontalières (taxe Tobin), d'abord en Europe, puis dans le monde entier, l'établissement de taux d'imposition minimum pour les entreprises transnationales, la lutte contre la fuite de capitaux et la levée du secret bancaire.
" Dans le processus d'approfondissement et d'élargissement de l'Union européenne, le SPD devra être la force motrice pour la défense du modèle so-cial européen. Il faut fixer des minima européens sur le plan social, écologique et culturel. Il faut arrêter enfin le dumping social et fixer des minima en termes de droit du travail et de salaire minimum à l'échelle de l'Europe. Les sociaux démocrates, les socialistes européens et le SPD doivent développer et réaliser un nouveau modèle européen de régulation pour pouvoir créer des emplois et garantir la justice sociale. À l'avenir, la création d'emplois à travers des investissements publics doit être privilégiée par rapport à l'équilibre budgétaire. Pour ce faire, il faut changer les critères de Maastricht. L'Europe doit se donner les marges de manœuvre politiques pour lutter contre des ralentissements conjoncturels. L'équilibrage des finances publiques ne peut se faire qu'en période de croissance.Faire des économies en période de ralentissement ne fait que renforcer ce ralentissement, augmenter le chômage et mène au bout du compte à l'échec de la politique d'équilibre budgétaire. L'ignorance de ce principe a failli faire perdre la majorité parlementaire à la gauche et a expliqué l'affaiblissement du SPD. " Au sein de la convention sur la constitution européenne il faut chercher à construire avec l'ensemble des partis sociaux démocrates et socialistes européens une Union plus politique, plus démocratique, plus transparente, plus efficace et plus proche des citoyens. Il s'agit de :
• Promouvoir le modèle de société européen dans le cadre du développement durable, du plein emploi, de l'innovation et de la cohésion sociale ;
• Créer un espace de liberté, de sécurité et de droit
• Faire entendre la voix de l'Europe dans le monde
• Faire vivre une Europe sociale et démocratique où les hommes vivent en toute liberté, en paix, en sécurité et richesse, et où ils profitent du progrès social ;
• Faire une Europe qui assume sa responsabilité internationale, qui contribue à garantir la paix, le développement et la protection  des droits de l'homme
• Créer une Europe qui protège notre avenir à travers une politique de développement durable, de défense et d'amélioration des acquis sociaux, des ressources naturelles et de l'environnement.
" Le SPD doit rester le parti de la justice sociale...
" La campagne électorale a montré que le SPD doit défendre ses valeurs et montrer ses différences avec le camp bourgeois. Le SPD doit être identifié en tant que force de gauche qui connaît les conflits d'intérêts au capitalisme et qui se bat pour la justice sociale au sein d'une génération et entre les différentes générations.
 

 
"Brasil urgente, Lula présidente !
 
Dimanche 6 octobre s'est déroulé le premier tour des élections générales au Brésil. Le Candidat du Parti des Travailleurs Luiz Inacio " Lula " da Silva est passé très près de la victoire aux présidentielles dès le premier tour avec 46,87 % des voix.
 
Tout le monde espérait pourtant une victoire dès le premier tour, mais il faudra attendre le 27 octobre pour la confirmer...Car Lula a déjà atteint trois fois plus de 30 % des voix, et a été victime, chaque fois, de l'unification des droites et des médias contre lui. Mais il y a de bonnes raisons de croire en un immense événement : la victoire de Lula peut changer non seulement la face du Brésil, celle de l'Amérique latine, mais celle du monde.
 
Ce sera le résultat d'une très longue bataille : dans une Amérique latine en pleine crise, avec une Argentine capitaliste en faillite totale où les masses sont dans la rue, et où, un peu plus au Nord, au Vénézuélien, les médias et le patronat pro-Bush essaient de chasser le pouvoir de gauche légitimement et incontestablement élu par le peuple. Luis Inacio Lula Da Silva, (comme l'écrit Bob Sine, dans Charlie hebdo), "entré à l'école à 10 ans, sorti quatre ans plus tard pour apprendre le métier de tourneur, devenu président du syndicat des métallos, faisant de la taule sous la dictature militaire, fondateur du Parti des travailleurs, son niveau d'éducation et ses origines lui valent de tenaces préjugés du monde politique traditionnel", avec un tel curriculum vitae, il ne peut pas être tout à fait mauvais...
 
En finir avec le néo-libéralisme
 
C'est le salariat brésilien tout entier qui est derrière son candidat, battu, hélas, trois fois, alors qu'il incarne la seule solution progressiste possible, aujourd'hui pour le Brésil.
Le président sortant, Fernando Henrique Cardoso a appliqué la recette néo-libérale, envers et contre toutes les protestations, démantelant le secteur public, faisant exploser la dette, pour satisfaire aux exigences du Fonds monétaire International. Il a vendu l'ensemble du patrimoine public à des prix ridicules, Cardoso a rendu le brésil dépendant de capitaux spéculatifs qui cherchaient leurs profits en dollars. Mais le successeur candidat désigné de Cardoso, n'a fait que des voix.
Le parti des travailleurs a fait de cette élection le scrutin ultime, "la totale", l'événement décisif, prenant toutes les précautions nécessaires pour ne pas s'isoler face à l'opinion : Lula a signé un"pacte de transition" avec Cardoso et a signé avec le FMI des garanties qu'il jugeait inacceptables hier. Il a conclu des alliances avec les deux principaux partis communistes... mais aussi avec le parti libéral de centre droit qui a imposé le futur vice-président. Lula a promis à Washington le respect du cadre fixé par le FMI abandonnant le moratoire sur la dette (pourtant approuvé par 6 millions de brésiliens au cours d'une consultation nationale en l'an 2000). Ces concessions sont peut-être "gagnantes", mais risquent de peser lourd, ensuite, sur la gestion des affaires.
Du coup, certains expliquent l'irrésistible progression de Luiz Inacio " Lula " da Silva par sa nouvelle coupe de cheveux, ses costumes et ses cravates, son alliance au centre, comme si un engagement syndical et politique de plus d'un quart de siècle et le fait d'avoir fondé un parti de 800 000 militants n'étaient qu'un détail accessoire. Mais il n'en reste pas moins que le " recentrage politique de Lula "est une réalité qu'il faut prendre en compte a la fois pour mesurer ses chances de succès, et pour comprendre les contradictions qui l'attendent s'il gagne.
La dynamique électorale de Lula n'est pas comme les médias le prétendent, le fruit d'un affadissement de ses positions, mais en réalité d'un élargissement de la base sociale acquise à la contestation du système. Malgré tous les reproches qui lui sont faits, le candidat du PT centre sa campagne sur la critique de l'impassesociale et économique que représente le système libéral. Et même s'il rassemble un arc de forces allant des classes défavorisées à certains secteurs du patronat brésilien, le "front de classe", derrière Lula, est profondément populaire et, par sa force, sa dynamique, peut mettre en échec les mauvais plans du FMI, de Washington, de Cardoso, du patronat brésilien.
Le Mouvement des paysans sans terre, le Mouvement des sans-toits, et les mouvements autochtones d'Amazonie, ainsi que les syndicats, la Centrale unique des travailleurs, comptent parmi les mouvements de niasse les plus importants au monde.
Lula est massivement approuvé lorsqu'il explique que le développement du pays ne peut passer par la seule exportation de matières premières vendues aux pays développés à vil prix et toujours à la merci des fluctuations des marchés. La repolitisation du salariat à travers les réalisations concrètes du PT dans plusieurs Etats du Brésil et sa participation active aux politiques publiques grâce notamment aux actions de démocratie participative ont réussi à faire renaître un espoir au sein des couches les plus démunies de la société. Ces secteurs divers qui se sont retrouvés dans un projet de changement global, ont rendu concret et crédible le slogan de Porto Alegre : " Um outro mundo e possivél ". L'élection brésilienne est stratégique pour tout le continent, mais pas seulement : une victoire du plus grand parti de gauche au monde, le plus récent et le plus dynamique, entraîneraient des reclassements, des mouvements, des luttes qui ne seront pas seulement brésiliennes.
 

 
APPEL POUR UN FORUM SOCIAL A FLORENCE DU 6 AU 10-11
Une autre Europe pour un autre monde
 
Face à la mondialisation libérale qui accélère la concentration des richesses et qui génère des exclusions économiques, sociales, culturelles et la destruction de l'environnement, un mouvement citoyen mondial émerge avec force. Celui-ci s'exprime par des forums " société civile " lors de conférences internationales, par des campagnes citoyennes sur la dette des pays du Sud ou sur la réforme des Institutions Financières Internationales (IFI), etc., ou par des manifestations sociales.
 
Le Forum Social Mondial (FSM) de Porto Alegre est une des expressions les plus importantes de ce mouvement. Les Forums sociaux mondiaux de Porto Alegre de 2001 et 2002, organisés en parallèle du Forum économique mondial de Davos, ont été des succès indéniables, tant par le nombre de participants que par la qualité des débats qui y ont eu lieu. Ils ont été des espaces ouverts de rencontres et d'échanges pour l'approfondissement de la réflexion, la formulation de propositions concrètes, l'articulation d'actions efficaces entre divers mouvements et entités de la société civile qui s'opposent au néolibéralisme. Bien plus qu'un événement situé dans le temps et dans l'espace, le Forum social mondial est devenu un processus permanent de recherche et de construction d'alternatives.
 
Les dérives autoritaires et les tentatives d'amalgame de ce mouvement avec le terrorisme, suite aux attentats du 11 septembre 2001, n'ont pas arrêté sa dynamique. Il se développe maintenant sur plusieurs continents afin que de plus en plus de citoyennes et de citoyens s'engagent dans ce processus.
 
Le Forum Social Européen (FSE), qui se tiendra à Florence (Italie), du 7 au 10 novembre 2002, s'inscrit dans cette dynamique. Il est aussi le résultat des mobilisations sociales de ces dernières années. Il rassemblera des mouvements sociaux : associations, ONG, syndicats, mouvements citoyens d'Europe et d'autres continents, en particulier de la rive sud de la Méditerranée. Il aborderades thèmes liés aux grands enjeux européens : l'Europe dans la mondialisation et sa politique de solidarité internationale, la paix dans la région et les questions d'armement, la démocratie et la citoyenneté en Europe.
 
En France, un collectif de préparation au Forum social européen de Florence s'est constitué. Il regroupe les organisations signataires. Celles-ci appellent tous les acteurs de la société civile française à les rejoindre, à se mobiliser pour participer au Forum social européen de Florence, et les invitent à créer localement des collectifs de préparation.
 
Ensemble, mobilisons nous pour qu'une autre Europe et un autre monde soient possibles !
 
Collectif français de préparation au FSE de Florence :AC ! (Agir ensemble contre le chômage !), AEC, Afrique verte, Agir Ici, AITEC, Amis de la terre, Association Biens publics à l'échelle mondiale (BPEM), Association Complex'cité, Association des travailleurs maghrébins de France (ATMF), Association Droit à l'énergie SOS Futur, Association régionale des citoyens du monde en Poitou-Charentes, ATTAC, CADAC, CASI-Bretagne, CCSC (Comité chrétien de solidarité avec les chômeurs et précaires), CEDAL, CEDETIM, Cedidelp, Centre d'information inter-peuples de Grenoble, CGT, Chambre des beaux arts de Méditerranée, Cimade, Citoyens et initiatives pour la vie locale, l'insertion sur le territoire et l'économie solidaire (CIVILITES), Collectif associatif Nouvelles richesses, Collectif de pratiques et de réflexions féministes " Ruptures ", Collectif Jo'burg 2002, Collectif nationalpour les droits des femmes, Collectif pour la citoyenneté et les droits fondamentaux, Collectif Vamos !, Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD), Comité participatif et citoyen d'Alfortville-Vitry (94), Confédération paysanne, Coordination anti-privatisations pour une alternative de progrès, COSI, CRID, CRIDEV, Cultures & Citoyenneté, DAL, Danse à tous les étages !, Démocratiser radicalement la démocratie, Droits devant !, Ecologie sociale, Ecorev (revue critique d'écologie politique), Espaces Marx/ Transform!, Etats généraux de l'écologie politique, Etats généraux de la culture, Fédération Artisans du monde, Fédération des Associations de solidarité avec les travailleurs immigrés (FASTI), Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR), Fédération nationale des mines et de l'énergie CGT (FNME-CGT), Fédération syndicale unitaire (FSU), Femmes et développement en Algérie (FEDA), FGTE CFDT, Fondation Charles Léopold Mayer pour le progrès de l'homme (FPH), Fondation Copernic, Fondation France Libertés, Fondation pour les femmes africaines, Fonds mondial de solidarité contre la faim, Forum de Delphes, Forum de la gauche citoyenne, Forum pour un autre monde, France Amérique latine, Frères des hommes France, Gamins de l'Art Rue, Groupe d'information et de soutien des immigrés (GISTI), GRDR, Greenpeace, Holos environnement développement, Immigration Développement Démocratie (IDD), Les Amis du Monde diplomatique, Les Pénélopes, L'Humanité, Ligne blanche, Ligue de l'enseignement, Ligue des droits de l'homme, Marche mondiale des femmes, Marches européennes, Max Havelaar France, Mouvement pour le développement solidaire (MDS), Mouvement de la paix, Peuples solidaires, Politique (revue européenne de débats), Pour une société solidaire (PUSS), Réseau " Toute la gauche ", Réseau action climat France, Réseau Fanfare, Réseaux services publics, Résistances, Résister !, Revue Mouvements, Revue Multitudes, RITIMO, Rouge, SOLA-GRAL, SOLIDARITE, SURVIE, Terre des hommes France, Trait d'Union, UNEF, Union syndicale G10 solidaires.
Avec le soutien de :Alternative libertaire, ANECR (Association des élus communistes et républicains), La Souris verte, Les Alternatifs, Les Verts, Ligue communiste révolutionnaire (LCR), Parti Communiste Français (PCF), La République Sociale, le club de la Gauche Socialiste, Socialisme par en bas/1'étincelle
 

 
Nous avions des thèses unanimes pourquoi voter des motions séparées ?
 
La séparation de la Gauche socialiste
 
Nos lecteurs le savent : à Nantes, la Gauche socialiste avait voté des "thèses" unanimes, et une orientation visant à créer un "grand courant de gauche à vocation majoritaire" susceptible "d'ancrer à gauche tout le Parti socialiste". Lorsque l'accord avait été conclu, en assemblée générale devant 850 militants, Jean-Luc Mélenchon s'était levé, applaudissant l'intervention de Julien Dray, s'écriant "Hourrah" et, avec tous les participants, "gauche socialiste, gauche socialiste !". Nous avions alors une chance de conserver une longue tradition de débat, d'action, des acquis théoriques, politiques et pratiques et de les mettre tout entier au service de la bataille décidée ce jour-là.
 
La Gauche socialiste est une expérience unique, sans doute le courant le plus riche et le plus fort, depuis Marceau Pivert, dans la social-démocratie française et européenne. Ses origines remontaient, de par ses dirigeants, aux grèves de mai 68, aux mouvements de la jeunesse et aux luttes syndicales qui avaient suivi. Elle avait obtenu une place particulière dans le Parti socialiste avec deux ministres, cinq députés, un député européen, une présence au secrétariat national, au conseil national, des centaines d'élus locaux, des groupes de base dans tous les départements, un collectif d'animation national et une direction expérimentée, habituée aux débats et à l'action commune, une influence dans la jeunesse et dans les syndicats à un haut niveau, un réseau européen et même mondial, deux journaux, des livres théoriques... Il restera à analyser et à écrire, comment, alors qu'elle venait d'adopter un texte théorique et politique de haut niveau, d'une solidité reflétant le travail de tous ses militants, synthétisant ses documents de congrès, son action dans et hors du parti socialiste... elle a pu ainsi éclater, alors qu'elle se croyait sauvée d'une difficile crise post-21 avril. Bien sûr, actuellement, toute tentative de récit "objectif déchaîne les passions et lesautres versions, mais nos lecteurs sauront en juger sagement, avec recul. Il avait fallu beaucoup de sang-froid pour réussir l'accord de Nantes, il aurait fallu beaucoup de sang-froid et de volonté pour le mettre en oeuvre. Cela a manqué ensuite. Il aurait fallu "avancer au consensus" : certains crurent qu'il fallait "imposer la démocratie" et faire voter à chaque pas...
 
Les faits
 
Les votes sont, bien sûr, plus démocratiques que tout autre formule... sauf lorsque, dans une situation délicate, il vaut mieux prendre son temps, consulter, ne pas imposer à l'autre telle ou telle majorité, d'ailleurs provisoire sur tel ou tel détail tactique. Spécialement quand on est habitués à décider au consensus, il faut du consensus... pour procéder autrement. Sinon, le vote au forcing devient un instrument contre la démocratie... Quand on sort d'une grande crise, il vaut mieux prendre son temps, atténuer chaque difficulté, remettre le travail sur le métier...
Ce ne fut pas le cas. La première réunion après Nantes fut une direction nationale, le 5 septembre, incomplète, car des parties étaient excusées ce soir-là, un inhabituel jeudi soir. Il y eut trois votes : le premier, à douze voix contre une, décida qu'il n'y aurait pas de rencontre entre les deux directions des motions 2 et 3, et qu'un seul camarade serait désigné comme "réfèrent" (sic) pour discuter en tête-à-tête avec Henri Emmanuelli, et ce camarade serait Jean-Luc Mélenchon. Procédure curieuse s'il en est. Celui qui fut minoritaire ce soir-là, avait quelque crédit pour dire, à la direction : "-Ne faites pas cela, ce n'est pas une mesure raisonnable, ni collec-tive, elle est inacceptable, et même un peu rétrograde, pour les autres camarades, tous appelés à jouer un rôle dans ce processus". Il ne fut pas entendu, et il y eut deux autres votes ensuite, du même type, pour désigner une commission de rédaction d'un texte en commun avec la motion 3, qui soit "inclusive" (c'est-à-dire incluant toutes les sensibilités). Cela fut encore refusé à 12 voix contre une, puis il y eut un troisième et dernier vote, pour supprimer la réunion de direction suivante, ne permettant plus de se remettre tous ensemble autour d'une table pour revoir ces décisions. L'affaire était consommée avec brutalité ce soir-là. D'autant que la veille, était imprimé un exemplaire de "A gauche" particulièrement polémique qui réaffirmait, en dépit des votes unanimes, qu'il y avait "deux lignes" à Nantes. Ce numéro de A Gauche n'avait pas été porté à la connaissance des membres de la direction dont certains le découvrirent dans leur boîte à lettres le lendemain. Quand, il y a scission, tous les faits, les détails, sont ré-analysés, par les uns et les autres à l'infini, mais la chronologie est toujours impitoyable : qui a fait les premiers gestes, décidés et provocateurs de rupture ? Parfois il suffit de détails. Là, il a fallu un choix draconien, volontaire, offensif, et l'enchaînement s'est mis en route : alors que le Conseil national du 14 septembre était légitimement convoqué, et majoritaire, la DN avait fait les choix malheureux qui firent que Julien Dray - à tort - en convoqua un autre le 21 septembre. Il n'y avait pas de raison, on pouvait et devait encore en discuter dans une même salle. Ce fut impossible à obtenir même de la part de ceux qui déployèrent une intense activité en ce sens.
 
La DN du 5 septembre fut la dernière : le CN du 14 septembre a décidé délibérément de n'en plus convoquer. Le CN du 14 a même voté un "quitus", vocable peu usuel dans le courant, envers l'action de la DN du 5 septembre, histoire de bien confirmer ce qui avait été fait. Il a annoncé la dissolution de la Gauche socialiste avant même qu'il n'y ait fusion avec la motion 3. Il a même annoncé la fin du club de la République sociale... et de sa presse. La seule nuance fut que 5 camarades étaient désignés par ce CN du 14 pour préparer Argeles, mais leurs noms n'étaient pas précisés, et ils ne se réunirent jamais non plus. Il n'y eut donc aucune réunion commune, en un mois entier, entre les membres de la motion 2 et de la motion 3 avant Argeles. Jamais les membres des directions des deux courants, ni même une délégation d'entre eux, ne se retrouvèrent autour d'une même table, dans une même salle. Le "CN" du 21 septembre réunit à son tour "un autre morceau" de la Gauche socialiste, autour de Julien Dray : il décida de désigner une délégation pour Argeles se réclamant des "thèses" de Nantes, demandant une "réunion ouverte" ultérieure à tous ceux qui voulaient construire un large pôle de gauche et proposant de "travailler par tous les moyens avec la motion 3 en ce sens". Ceux qui "faisaient la navette" d'une réunion à l'autre, pour conseiller de continuer à travailler ensemble, n'avaient plus de chances d'être entendu, malgré leur bonne volonté. Ils s'y acharnèrent pourtant, ayant l'intuition d'avoir raison contre ce mécanisme infernal. Commesouvent dans ces cas-là, ce sont eux qui prirent les pires flèches.
 
Le pire fut que la "commission" désignée par les deux parties pour écrire un texte commun motion 2 - motion 3 pour Argeles, ne réussit pas davantage, une certaine mauvaise volonté régnant entre membres de la Gauche socialiste, à se réunir. Il y eut donc deux projets de textes à Argeles, mais rien ne fut fait là-bas non plus pour qu'il y ait une commission et un accord, les deux textes furent distribués, mais seul un texte-appel, fut retenu comme tel au "rapport de force", ou plutôt "à l'état de fait" - sans être amendé, ni discuté, ni voté. Nous y avons laissé, au passage, bien des éléments de programme qui étaient dans les thèses de Nantes, et ce, alors qu'une discussion régulière aurait pu probablement faire naître un accord.
 
Le fond politique
 
On a pu même remarquer que dans la préparation d'Argeles, ce n'était pas les camarades proches d'Henri Emmanuelli, ni ceux que l'on appelait "poperenistes" qui étaient les plus hostiles à un compromis ou un rapprochement, pour que toute la Gauche socialiste se retrouve : les traces de la rupture, tout au long du mois, séparaient davantage les groupes militants de la GS, que le fond politique. Beaucoup ont souffert : parce qu'ils croyaient que la politique l'emporterait sur cette logique de séparation, parce que tous veulent un "rassemblement de gauche", parce que tous défendaient les mêmes idées sur l'essentiel, parce que tous veulent influencer le parti, gagner sa majorité, ancrer le parti à gauche, battre les "blai-ristes"... et que tous ne se retrouvent pas dans le résultat provisoire (?) issu de ce mois de septembre.
Heureusement, le congrès est encore loin : les motions ne devront être déposées qu'en mars, les votes ont lieu dans six mois, la politique peut et doit reprendre le dessus. Les questions de personne ne peuvent longtemps l'emporter sur les questions de politique. Or dans les semaines et mois qui viennent, les événements sociaux, mondiaux, les nécessités du combat contre la droite, tout milite pour que le fond des thèses politiques rapproche les différentes parties en présence. Le test de vérité sera là.
Si ce n'est pas le cas, on découvrira qu'il y avait des raisons politiques réelles, cachées ou évolutives. Si c'est le cas, et que tous réagissent en commun aux différents événements, il se révélera que cette "scission" n'était qu'une séparation...
 
D&S, appuyé sur les "thèses de Nantes", qui a milité contre cette "séparation" et pour la naissance d'un rassemblement, de type "nouveau monde" sur la base d'un bon "texte-appel", dirigé par un collectif démocratique, et ouvert sans exclusive ni préalable au reste du parti, continuera de militer dans ce cadre...
GÉRARD FILOCHE
 

 
600 A ARGELES : POUR UN NOUVEAU MONDE, AUTOUR D'HENRI EMMANUELLI ET JEAN-LUC MELENCHON
Nouveau Monde, un début et surtout pas une fin !
 
"Ce que nous voulons ?Relever le défi du 21avril !"
François Delapierre
"Avant d'en venir au contenu du texte, je voudrais d'abord vous dire que son élaboration a été, finalement, une chose assez facile.
Dans le mois de septembre, plusieurs camarades désignés par leurs courants respectifs se sont rencontrés pour travailler ensemble.
Ce n'est jamais simple d'écrire un texte à plusieurs. Il faut confronter des idées, mais aussi des styles, des manières d'aborder les problèmes. Certes, nous nous connaissions déjà. Ce n'est pas le premier texte que nous élaborons ensemble. Mais c'est le premier de cette importance. Eh bien là, la discussion a été longue : nous nous sommes vus trois fois, le texte a connu de nombreuses navettes... mais elle n'a jamais été difficile. Tant mieux,  car il y aura d'autres textes !(...)Pour la motion, nous aurons plus de temps. C'est une bonne chose. Car cela nous permettra de procéder d'une autre manière : en faisant appel aux ressources ici rassemblées, à vous tous. Mais aussi en associant à notre travail certains de ceux qui, membres ou non du PS, regardent avec sympathie ce que nous sommes en train défaire. Christian Bataille reviendra sur ce point dans son rapport.
Ce temps nous permettre aussi, parfois, de nous convaincre entre nous. Car si nous ne sommes pas capables de nous convaincre d'abord entre nous, comment pourrons-nous convaincre une majorité du parti socialiste et de la gauche ? C'est en tout cas la démarche que nous avons retenue dès l'origine dans l'écriture de ce texte.(...) Que voulons-nous ?Nous voulons d'abord relever le défi du 21 avril. (...)Nous voulons donc clarifier l'orientation du parti socialiste. Ce doit être l'enjeu du prochain Congrès. Il faut sortir du mi-chèvre, mi-chou dans lequel l'orientation de notre parti se complaît. Il faut donc que chacun dise ce qu'il pense.
Aujourd'hui, nous pensons, nous savons qu'une majorité de militants est fondamentalement hostile aux idées sociales-libérales. C'est pourquoi ceux qui les défendent, souvent en notre nom, se gardent bien de les soumettre au vote. Mais la clarification a d'autres adversaires. Ce sont les champions du " ni-ni ". " Ni blairisme, ni mollétisme ", nous disent-ils (les mollétistes, c'est nous). Ce sont les professionnels du " et-et ". Et Davos, et Porto Alegre. Ils prétendent incarner le "juste milieu " de toutes choses. Ils ne sont que le centre mou d'un parti sans colonne vertébrale. Ils appellent aujourd'hui à dissoudre les courants (c'est encore nous). Mais pour ce qui est du leur, il s'agirait plutôt de le reconduire. Ils proposent en définitive de continuer comme avant. Ils sont le principal obstacle à la clarification que nous appelons de nos vœux.
Le texte aborde plusieurs questions sur lesquelles la clarification nous paraît essentielle. (...)Enfin, nous voulons que le parti socialiste assume sa responsabilité de parti principal de la gauche. (...). Car notre ambition en fondant ce rassemblement est de proposer aux militants autre chose que le choix entre Laurent Fabius et Jean-Marc Ayrault, entre Dominique Strauss-Kahn et François Hollande. Il faut donc que notre courant fasse dans le même mouvement deux choses : obliger à la clarification et se préparer à être une alternative.
C'est pourquoi notre texte interpelle les militants. Car c'est avec eux que nous construirons une majorité nouvelle, et non par des combinaisons nouées rue de Solferino. (...) Notre nouveau rassemblement compte plusieurs fédérations, plusieurs parlementaires, qui commencent à faire nombre, des centaines de responsables syndicaux, des centaines de militants engagés dans le mouvement social. Ce sont des forces considérables. Elles en entraîneront d'autres. C'est le sens de la démarche de clarté et de rassemblement que nous proposons.
 
"Un bon texte, démocratie et ouverture"
Gérard Filoche
 
Dans les deux jours de débat, Gérard Filoche a pu disposer de huit minutes pour s'exprimer le vendredi soir : Bonsoir, chers camarades, content d'être parmi vous ce soir... Raffarin a disposé hier soir de 120 minutes de télévision pour, sous un air patelin, défendre un programme thatchérien très dangereux pour les salariés, pour les droits sociaux, pour le peuple de France. Nous avons là un ultra-libéral qui s'attaque aux salaires, aux 35 h, auxretraites, aux droits des salariés, aux emplois jeunes, à la protection sociale, qui ristourne des impôts aux riches, qui veut défaire cette "exception française" que tant de luttes - et deux grèves générales en trente ans, de mai 68 à Nov-Déc 95 - ont réussi à bâtir. C'est pourquoi il est urgent d'agir pour rassembler la gauche, pour reconstruire un front uni, pour ancrer le parti socialiste à gauche. Cela se fait autour d'un idéal socialiste mais pas seulement, les salariés, le salariat, 88 % de la population active, notre base sociale naturelle, veut aussi des réponses précises, des mots d'ordre immédiats qui vont prendre tout leur sens dans les semaines et mois qui viennent, au cours des luttes qui se produiront pendant notre débat de congrès. Et sur ces réponses immédiates, on ne peut pas faire l'impasse : il faut donc être précis sur la hausse des salaires directs et indirects, sur la hausse du Smic, son rôle et son niveau. Il faut donc être précis sur la défense des 35 h, conquête historique, et sur leur mise en oeuvre étendue, systématique, sans flexibilité, avec embauches pour contrepartie et avec maintien des salaires. Il faut donc être précis sur la façon de faire face aux nombreux licenciements qui viennent, et défendre non seulement la loi de modernisation sociale mais un nouveau contrôle administratif capable d'empêcher les licenciements boursiers abusifs. Il faut donc être précis sur la défense des retraites et pour empêcher le recul que Raffarin et Fillon veulent imposer aux fonctionnaires, il faut prôner le retour à 37,5 annuités de cotisations, pour tous, privé et public, et le maintien, ainsi de la retraite par répartition à 60 ans, à taux plein. Il faut aussi être précis sur la façon de faire face frontalement aux attaques de Raffarin, qui sous couvert de décentralisation, veut démanteler l'état républicain, et face aux changements constitutionnels qu'il avance, il faut défendre le retour à un système parlementaire démocratique, pas présidentialiste, vers une sixième République. Cela fait pas mal de choses importantes qui font partie du débat politique et que nous devons clarifier entre nous avant d'aller demander clarification aux autres, avant de convaincre les autres, car c'est là l'essentiel, nous voulons convaincre sur des questions concrètes... N'est-ce pas ?Or tous ces éléments précis que nous allons devoir défendre au jour le jour, dans la période immédiate, ils ne sont pas dans le texte qui nous a été présenté à l'instant, par François Delapierre... Et faut-il le dire, rien ne s'est pas passé "facilement" comme celui-ci nous l'a dit, dans la commission d'écriture. Je dirai même au contraire, ça s'est mal passé, nous n'avons jamais pu nous voir tous ensemble, la commission a mal travaillé, et des amendements, réflexions n'ont pas été intégrées, il y a d'ailleurs, à l'heure actuelle, deux projets de textes sur la table, et il faut, pour le moins que la commission se réunisse encore, ici, et travaille collectivement, si nous voulons arriver à un bon texte... A propos de collectif, c'est le deuxième point que je voulais traiter, comment dire, un courant de gauche ne peut être dirigé... par un binôme, vous me comprenez, ni d'ailleurs par un trio, un quatuor, ou autre, il faut pour refléter les aspirations des militants qu'un courant de gauche donne l'exemple, d'une équipe collective et de la démocratie pour que les idées que vous avez, vous tous, nous tous, se reflètent et soient défendues, nous n'en sommes malheureusement pas là...
Enfin puisque l'on me demande de conclure, je veux dire aussi un troisième point qui me préoccupe pour que nous puissions construire un grand courant de gauche qui ait vocation majoritaire...
Il faut qu'il soit "ouvert", ouvert cela veut dire qu'il faut regarder la configuration de notre parti, tous les chats ne sont pas gris, et François Hollande ce n'est pas Laurent Fabius ni DSK. Et si, dans ce congrès ou plus tard, ce devait être les "blairistes" qui prennent le parti, qui le contrôlent, nous regretterions tous, beaucoup de liberté, de débat, de ton, et aussi de références de fond qui existent à l'heure actuelle dans nos rangs, mais qui disparaîtraient. Regardez ce qui arrivé en Grande-Bretagne quand Tony Blair a pris le pouvoir dans le parti, regardez les obstructions démocratiques, regardez la mise au ban de la gauche, regardez l'orientation archi droitière qui est mise en oeuvre au détriment du vieux labour, des liens avec les syndicats. Gardons-nous de cela. Nous, il faut renouer nos liens avec les syndicats, le mouvement social, le salariat. Pas de coupure comme en Italie ou en Espagne entre secteur "modéré" et "radical", un même front. Faisons le nécessaire pour convaincre plutôt que de dénoncer, créons un pôle de gauche, un rapport de force, certes nécessaire, mais tendons la main, car pour ancrer vraiment notre parti à gauche, il est préférable de se garder de "frapper le quartier général" de dénoncer "les lâches et les faux-culs", (1) ce n'est pas comme cela qu'on peut faire un grand courant ouvert à vocation majoritaire, ni être bien entendu par les militants... Or ce que nous sommes nombreux à vouloir, c'est trois choses, un bon texte, une direction collective, et une véritable ouverture vers d'autres qui bougent, vers d'autres réunions ouvertes, qui élargissent les rangs et dessinent une vraie majorité de gauche au congrès... (1) référence au gros titre de "A Gauche" du 27 septembre.
 
"Ni-ni, naf-naf, Nouf-nouf, ni molettisme,ni blairisme"
Jean-Luc Mélenchon
 
La clarification doit avoir lieu bien sûr, avec les camarades Laurent, Dominique, qui ont l'honnêteté de proposer une autre ligne politique,même si vous noterez qu'ils se gardent de la soumettre au vote des militants. Mais il y a aussi leurs supplétifs, leurs groupes annexes, les champions du ni-ni, ni molettisme, ni blairisme, ni archaïsme, ni modernisme, du naf-naf, du nouf-nouf, comme les trois petits cochons qui vont d'une cabane à l'autre. Un ventre mou qui en toutes circonstances fait prévaloir le juste milieu. La droite peut se passer de programme car elle incarne la reproduction de l'ordre des choses tel qu'il est. Mais la gauche, elle, ne peut vivre sans programme, ni sans la culture de référence qui va avec... (...) Notre programme doit réaliser la synthèse qu'avait opéré le parti d'Epinay, quand la gauche s'est attachée à répondre au grand mouvement né en mai 68 (...) Nous devons aujourd'hui tout faire pour empêcher une coupure entre deux gauches, une gauche de la gestion et une gauche de la contestation (...) Le club du Nouveau Monde est donc une initiative fédératrice, ouverte à toute la gauche. Il n'y a pas d'autre voie : front unique, programme commun.
 
"La politique est de retour, clarifions lesdébats !"
conclusion d' Henri Emmanuelli
 
Le temps de la politique est revenu. Car c'est bien pour faire de la politique que nous sommes ici rassemblés.
 

DISCOURS DE CLOTURE D' HENRI EMMANUELLI
Le début d'un nouveau rassemblement
 
Nous ne sommes pas là, comme je l'ai entendu avec une insistance malsaine, pour sceller une alliance entre deux anciens courants du P.S qui auraient décidé de conclure un Pacs clubiste. Ni pour créer un pôle de gauche à vocation minoritaire, une sorte de casemate de la nostalgie, comme l'affirment tout haut ceux qui à défaut de vouloir ou de savoir choisir cherchent à se rassurer. Nous ne sommes pas d'avantage là pour lustrer les plumes d'une future aile gauche pour ce curieux oiseau que serait le Solférinodactyle, seul de son espèce à pouvoir défier les lois les plus élémentaires de l'aérodynamique et de la pesanteur, en n'ayant d'aile que sur sa gauche, un centre lourd, hétéroclite, vorace, et pas d'aile sur sa droite : un véritable cercueil volant, en somme ! Non : nous sommes là pour créer les conditions d'un véritable débat, n'en déplaise à celles et ceux qui mettent en avant, depuis trop longtemps, le risque des querelles de personnes pour rester confortablement installés dans l'ambiguïté des motions de synthèse. Nous sommes là pour lancer la dynamique d'un nouveau rassemblement à vocation majoritaire qui se fasse sur des bases politiques claires et non sur des arrangements de chaises au sommet, pour que la politique reprenne ses droits et les militantes et les militants les leurs. Nous sommes rassemblés pour expliquer cette démarche et dire avec force qu'elle est ouverte à toutes celles et ceux, dans le parti, comme hors du parti, qui en comprennent et en éprouvent la nécessité.
 
Nous sommes là pour en fixer les contours et créer les conditions de sa réussite. La réunion d'Argelès-sur-Mer n'est pas l'aboutissement d'un processus, d'un simple regroupement, mais au contraire le début d'un nouveau rassemblement, ouvert je le répète, à toutes celles et ceux qui partageront notre objectif global et viendront l'enrichir de leur expérience, de leur culture, de leur dynamisme, de leur espérance. Quel est cet objectif ? A la différence de beaucoup d'autres, notre objectif ce n'est pas nous dans cinq ans: c'est le socialisme. (...) Non, ce social-libéralisme, puisqu'il faut bien l'appeler par son nom, nous n'en voulons pas. (...)Ainsi, par exemple, le choix de la baisse de l'impôt n'est pas neutre dans le débat fondamental entre action publique et action privée, entre intérêt individuel et in-térêt collectif, entre service public et service privé. Et à l'intérieur même de cette orientation contestable, qui soit dit en passant devait nous préserver de la défaite - le choix de la baisse de l'impôt sur le revenu, y compris de sa tranche supérieure, plutôt que celui de la T.V.A, l'était encore moins. Choisir la baisse de l'impôt sur le revenu, le seul qui soit progressif et donc redistributif, c'est non seulement encourager la tendance à la rupture de solidarité entre riches et pauvres qu'impliqué cette fameuse re-distribution sans laquelle la recherche d'une meilleure justice sociale serait un vœu pieux, mais c'est aussi préparer les conditions de son impossibilité. (...) De même, pour m'en tenir à deux exemples, mais nous aurons l'occasion d' y revenir dans les prochaines semaines, je rappellerai la conversion de notre parti à la prime à l'emploi et le débat qui s'en est suivi sur son appartenance à l'arsenal anglo-saxon des discriminations positives. (...)Non, mes camarades, au moment des choix ultimes, quand l'ambiguïté n'est plus possible, le social-libéralisme ne se trompe pas : sous prétexte d'adaptation et de modernité, il sacrifie le social au libéralisme, la justice à l'efficacité économique, le salarié au capital. (...) Au congrès de Grenoble, c'est bien sur le double refus de tenir une conférenceen faveur des bas salaires et de choisir le parti des syndicats majoritaires contre la prétendue refondation sociale du Medef que nous avons rompu avec la majorité : ce n'étaient tout de même pas des détails ! Nous n'avons pas davantage inventé le triste débat sur la baisse de la fiscalité sur les stock-options qui, avec moins de deux années de recul, est proprement consternant. Ni celui qui a suivi sur la baisse des impôts, dont j'ai déjà parlé. Nous n'avons pas d'avantage inventé le débat qui a eu lieu sur l'actionnariat salarial - qui connaît aujourd'hui les succès que l'on sait- ou celui sur les fonds de pension à la française ! Ni la brutale conversion au système de la discrimination positive à travers la prime à l'emploi. Ni le rapport Charzat, que la droite nous jette tous les jours à la figure en séance publique. Nous n'avons pas imaginé l'abracadabrante proposition de taxe sur les armes censée se substituer à la taxe Tobin pour financer le développement, comme si l'aide au développement pouvait dépendre du niveau des conflits ! Et ce n'est pas nous qui avons ouvert, en pleine campagne électorale, le débat sur l'ouverture du capital d'E.D.F, ou proclamé que la redistribution était derrière nous. Le fait que nous ayons d'avantage privatisé que le gouvernement précédent n'est lui aussi qu'une péripétie imaginaire. De même que la réduction de l'aide au développement par ailleurs proclamée comme une impérieuse nécessité. Et j'en passe(...) Vous découvrirez aussi, revendiqués à demi mots les choix qui nous contrarient : l'ouverture du capital des entreprises publiques au nom des projets industriels, dont France Télécoms est une brillante démonstration. Vous apprendrez que la réforme des retraites doit être fondée sur la répartition " et plus de liberté " : c'est le plus qui pose problème. Mais aussi que " si une réglementation conduit à détruire des emplois, il faut s'interroger sur elle ". (...)
Non, mes amis, mes camarades. Nous ne voulons ni de l'opportunisme ges-tionnariste, ni du social- libéralisme de Il manque une partie du texte...
 
Un court instant de dialogue imaginaire...
 
Dans sa réponse en nocturne le vendredi 27, Henri Emmanuelli a avancé un véritable argument a Gérard Filoche qui voulait améliorer le texte distribué aux militants (notamment sur les salaires, les licenciements boursiers, les 37,5 annuités et demie, les services publics...). Il a dit " - Pourquoi critiquer ce texte en disant qu'il n'y en a pas assez, si c'est pour ensuite demander l'ouverture à des gens qui trouveront qu il y en a trop ?" La réponse vaut le coup d'être faite : " - Justement ! Parce que nous sommes la gauche, autant être clairs entre nous, et partir vraiment de ce qu'on veut défendre, ne pas mettre de l'eau dans notre vin, car c'est sûr, si nous voulons nous ouvrir, "les autres nous demanderont des concessions. Tout syndicaliste sait qu'on ne commence pas par en faire soi même avant qu'on nous les demande... Et puis parfois "les autres" acceptent des revendications sur lesquelles on s'était bêtement auto-censure... " Hélas, à Argeles, il n y eut, faute de débat, jamais l'occasion de faire cette réponse. GF
 

 
Un texte-appel à Argeles
 
" Le 21 avril dernier, les socialistes, et avec eux l'ensemble de la gauche, subissaient une défaite cruelle. L'absence du candidat PS et la présence de l'extrême droite au second tour de l'élection majeure de la Ve République ont profondément choqué les consciences de gauche. L'onde de choc a balayé les fondements incertains sur lesquels s'est construite ces dernières années la stratégie des socialistes. Le parti socialiste doit se relever. Il reste la force principale de la gauche. Mais son identité, son projet, sa stratégie de rassemblement sont à reconstruire.
Nous en avons les moyens. Car un mouvement profond peut nous porter pour peu que nous sachions l'entendre. Partout l'ordre injuste du monde se heurte à une contestation croissante. En France, l'alternative à gauche peut s'appuyer sur une base solide : un salariat ultra-majoritaire, un pays qui a mieux résisté que ses voisins à la vague libérale des années 80, un peuple épris d'exigence républicaine.
Mais il faut d'abord tirer les leçons du 21 avril. Ce jour là, un pari a échoué. Celui d'être à la fois à Davos et à Porto Alegre. Celui de penser que l'on peut dans le même temps défendre le service public et l'ouverture du capital des entreprises qui en assument la mission. Celui de croire qu'il est possible de faire progresser l'Europe démocratique et sociale sans remettre en cause sa construction libérale.
Le temps des synthèses improbables est donc révolu. Il est temps de sortir du compromis bancal entre ceux qui veulent accompagner la mondialisation libérale et ceux qui en contestent la logique et les effets. Nous proposons une nouvelle orientation pour le parti socialiste et pour la gauche. Nous savons que d'autres options existent dans les rangs du PS. Qu'elles s'expriment clairement ! Dans la sérénité et le respect mutuel, mais sans fards ni faux-semblants. Ce sera aux militants de débattre puis de trancher, pour une discussion véritable et un Congrès utile. Nous pensons que nos idées sont partagées par la majorité des socialistes. Pour qu'ils puissent le dire, pour que leur parti soit dirigé en accord avec leurs convictions, nous avons fondé un nouveau courant, " Nouveau Monde ", à l'occasion d'un rassemblement qui s'est tenu le 27 septembre dernier à Argeles. Qui se reconnaît dans l'état d'esprit que décrivent ces premières pages y a toute sa place. Ensemble, nous écrirons la motion d'orientation soumise à tous. Ensemble, si la majorité des militants le souhaitent, nous conduirons l'avenir de notre parti.
 
Une clarification urgente et nécessaire
 
L'offensive libérale dans le monde ne s'est pas interrompue un seul instant. Elle peut compter aujourd'hui sur le zèle actif du gouvernement de droite.
Nouvel internationalisme, opposition résolue à la droite, renouveau du socialisme : il n'y aura de gauche crédible qu'au prix de cette ambition globale. Ne croyons pas qu'il suffise d'attendre le retour automatique d'un miraculeux balancier électoral qui nous ramènerait aux responsabilités aussi promptement qu'il nous en a chassé. Il n'y aura pas de reconquête sans combat. Pour le peuple de gauche, l'alternance à la droite n'a de sens que pour faire vivre une alternative au libéralisme. (...)
Quelques questions que nous devons trancher Nous souhaitons que notre prochain congrès soit celui de la clarification. Il est donc temps que les militants se prononcent sur quelques points essentiels.
(...) Clarifier sur la mondialisation :
(...) Clarifier sur l'Europe :
(...) Clarifier la question de notre base sociale :
(...) Clarifier notre vision de la redistribution :
(...) Clarifier notre position sur les services publics :
(...) Clarifier sur les 35 heures pour tous :
(...) Clarifier notre position sur les retraites :
 
Clarifier notre position sur les retraites
 
Les fonds de pension avaient la cote quand le CAC 40 culminait à 7000 points. Aujourd'hui, la Bourse n'en finit pas de s'enfoncer dans les bas-fonds, mais les défenseurs de la capitalisation n'en ont pas pour autant perdu leurs certitudes. Soucieux de ne pas se faire prendre, ils avancent masqués en demandant simplement la création d'un "troisième étage" pour les retraites. Mais qui peut ignorer que ce "troisième étage", en germe dans l'épargne salariale, ne manquera pas de détourner les ressources de la retraite par répartition ? Livrer notre système de retraite aux fonds de capitalisation, c'est s'exposer à la ruine des petits épargnants qui a déjà frappé les salariés anglais et américains. Là encore, il faudra dire si le Parti socialiste est favorable au financement partiel des retraites par des fonds d'épargne salariale comme certains de ses dirigeants le défendent. Pour notre part, nous ne pensons pas que les acquis de la retraite par répartition, construits dans l'après-guerre et élargis par la retraite à 60 ans, soient devenus aujourd'hui des luxes infmançables. La clarification sur ces points est une condition de notre présence efficace aux côtés des salariés, dès l'année qui vient, dans la bataille pour défendre les retraites.
 
Clarifier sur la République
 
La République a bonne presse chez les socialistes. Mais dès qu'il s'agit d'entrer dans la pratique, c'est la confusion qui règne. Il est en effet difficile d'accorder l'exigence républicaine d'égalité devant la loi et la tentation particula-riste. De même, on ne peut à la fois affirmer son attachement à la laïcité et encourager certaines dérives communautaristes. Enfin, il ne peut y avoir de progrès véritable de notre démocratie sans remise en cause de sa dérive oligarchique.
C'est pourquoi nous pensons que le Parti socialiste doit remettre en cause les institutions obsolètes de la Cinquième République. Leur logique présidentialiste nous a en effet conduit à bien des déconvenues. En a encore témoigné l'inversion du calendrier électoral. Il faut redonner une place centrale au Parlement, permettre l'expression de tous les courants de pensée pour lutter contre l'abstention, assurer une participation effective des citoyens à la vie publique. Nous sommes donc partisans de l'instauration d'une Sixième République.
(...) Clarifier sur l'écologie :
 
La responsabilité des socialistes
 
Le PS reste le parti pivot de la gauche française. Il peut être l'artisan de son rassemblement. Car plus que jamais, l'unité de la gauche reste un impératif stratégique. (...) Qui peut croire en effet que nos partenaires, leurs électeurs, et au-delà tous ceux qui participent au mouvement social, se résigneront à accompagner un projet socialiste multipliant les concessions au libéralisme ?
En déplaçant le centre de gravité du PS vers la gauche, nous éviterons que s'installe une fracture insurmontable entre une gauche confinée dans la gestion et une autre vouée à la contestation. (...)
Nous voulons également que notre parti assume sa responsabilité d'opposant à la droite. Celle-ci doit être ferme et résolue. Les acquis sociaux aujourd'hui mis en cause méritent d'être défendus bec et ongles. Nous ne craignons pas, comme certains de nos camarades socialistes, l'accusation d'opposition systématique. Le soupçon d'accointance serait bien plus disqualifiant !
Notre combat contre la droite sera d'autant plus efficace qu'il s'appuiera sur le mouvement social. Aurions-nous battu la droite en 1997 sans le formidable mouvement de défense du service public et des retraites de novembre-décembre 1995?
Tout ceci est possible, si nous reconstruisons un parti militant, vivant, en phase avec les luttes sociales, à la pointe des combats démocratiques.
(...)Avec toutes celles et ceux qui partagent notre démarche, sans aucune exclusive, nous voulons relever ce défi.