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Pendant la drôle de guerre menée par Georges W. Bush contre les terroristes fanatiques religieux, c'est le peuple afghan, qui, de toute évidence, paie le prix fort. Les dégâts collatéraux des bombardements ne s'arrêtent pas là : les médias, en faisant la "une" sur les épisodes quotidiens de la chasse à ben Laden, se détournent de la vie ordinaire des gens. Les licenciés de Moulinex, les "sans fenêtres" de Toulouse, les hospitaliers en manque d'effectifs, les 35 h dans le secteur public, passent difficilement la rampe des projecteurs.
- Bien sûr, la traque des assassins des Twin Towers est légitime, mais on sent bien que la façon dont la puissance impériale américaine s'y prend, va bien au-delà de cet objectif : il y a des odeurs de compromissions avec les dictatures pakistanaises, saoudiennes, émiratis, des odeurs de pétrole, de gaz et de nucléaire. C'est un désordre à long terme qui s'installe dans toute cette région du Moyen-orient et de l'Asie centrale. On ne sent pas avec autant de force la volonté américaine de changer son comportement, de combattre les paradis fiscaux, de contribuer à la naissance d'un état palestinien, de renforcer la démocratie et de cesser de manoeuvrer les fondamentalistes islamiques.
- Pendant ce temps-là, les militaristes en profitent : Jacques Chirac se dit prêt à dépenser des dizaines de milliards pour un autre porte-avion (des dizaines d'écoles, d'hôpitaux, de logements en moins). Et le Medef qui estime pourtant que l'état dépense trop, approuve : il en profite pour lancer dans une campagne politique centrale, menant sa propre guerre contre la gauche et les syndicats.
- Une guerre en abrite une autre : pendant les frappes aériennes, la guerre sociale continue. En huit chantiers, le Medef a essayé d'entraîner les différents syndicats dans une prétendue "refondation sociale", qui s'est avérée, dans tous les cas, une catastrophe. Après avoir imposé un "PARE" qui semble déjà en difficulté, une restriction de la médecine du travail contestée, un accord pour des retraites dégradées, une conception antidémocratique des rapports entre la loi et les négociations, quitté la gestion des Caisses de Sécurité sociale, il voulait une régression en matière de formation professionnelle : sur ce dernier point, au moins, il a clairement échoué.
- C'est le Medef, pour le compte Chirac, en se comportant comme un parti politique de la droite, qui ouvre une campagne électorale tous azimuts. Il tient des "états généraux" dans huit villes de France, de Clermont-Ferrand à Paris, en passant par Lille, Strasbourg, Nantes, Marseille, Marne la Vallée.
- Le Medef attaque frontalement la gauche : la gauche doit lui répondre de façon offensive. Ville après ville, et partout où cela est possible, la gauche doit organiser mobilisation, débats, et formuler des propositions alternatives sur chacun des "huit chantiers". Organiser des états généraux unitaires, c'est signifier que l'on connaît l'enjeu des élections à venir, qu'on ne se trompe pas d'adversaire.
- Pour nous, Lionel Jospin est le candidat le mieux placé pour battre Chirac. En organisant la mobilisation contre le Medef avec la gauche entière, nous préparons le premier et le second tour à la fois : car pour gagner il faut l'unité et pour l'unité, il faut une véritable orientation à gauche.
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- Nous l'avions déjà affiché dans le D&S n° 87-88, de sept-oct. 2001, "éradiquer le terrorisme fanatique religieux, oui, mais faire une croisade pour le pétrole, non". C'était plutôt bien vu, non ? Il a fallu attendre la "une" du Monde du 21 Octobre, pour y lire "Ben Laden, pétrole, drogue : la guerre et ses enjeux".
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- CERTAINS PRETAIENT bonne foi à George W. Bush, croyant qu'il allait s'en tenir à viser ben Laden, à épargner les populations afghanes, à instaurer la démocratie, et qu'il n'y avait pas d'enjeu géo-économique de type pétrolier, ga-zier, etc... C'était passer d'un extrême à l'autre et d'une hostilité légitime aux politiques des dirigeants de Washington à un aveuglement sur leur générosité et leur fameux sens de la justice.
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- "Bons" et "mauvais" talibans...
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Bush affirme qu'il attaque le "régime actuel" des talibans, celui du mollah Omar et de ben Laden mélangés, mais pas celui des talibans en général puisqu'il ne cesse d'en appeler à des "talibans modérés".
- D'abord parce que Bush a passé un accord explicite avec Pervez Moucharraf, le général dictateur du Pakistan : il ne donnera pas le pouvoir à "l'Alliance du Nord" dont la base est tadjik, il associera les pachtounes, quoi qu'il arrive. C'est une condition pour obtenir l'appui d'Islamabad, mais aussi de la majorité apparente du peuple afghan qui ne veut pas voir revenir les Tadjiks, les Ouzbeks, les Hazarats, et les Turkmènes qui ont régné au début des années 90 à Kaboul et qui ont conduit le pays au désastre... au point que les talibans ont pu paraître comme des sauveurs.
- L'Alliance du Nord du fameux commandant Ahmed Chah Massoud, loin d'être aussi progressiste qu'on le dit aujourd'hui, avait déjà enfermé les femmes dans les tchadri, et développé à fond la culture du pavot, tout en rançonnant les chefs de guerre qui ne faisaient pas acte d'allégeance... Donc, Bush a choisi une solution qui satisfasse son allié du Pakistan, et inclut obligatoirement les
pachtounes, dont les talibans constituent une aile radicalisée. La diplomatie américaine travaille donc inlassablement à détacher des "talibans modérés pachtounes" pour participer au futur gouvernement, et ses buts de guerre sont surdéterminés par cela. Cela signifie clairement qu'il n'y aura pas de démocratie, pas de changement fondamental pour les femmes par exemple, mais uniquement que le régime devra seulement ne plus être hostile aux USA. C'est une condition et une visée minima.
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- Les "bons" sont
pour le pipe-line Texan
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- II s'agit en gros, comme le précisait D&S n°87-88, d'en revenir quelques années en arrière quand l'installation des talibans était soutenue par la diplomatie américaine et qu'un accord avait été passé avec eux. C'était en janvier 1998 au nom du consortium Centgas (Central Asia gas) comprenant Unocal, compagnie texane, à 54 % et Delta, d'Arabie Saoudite à 15 % (plus des compagnies japonaise, coréenne, pakistanaise, et le gouvernement turkmène). Le but était d'installer et exploiter un gazoduc de I 400 km entre Daulatebad au
Turkménistan et Karachi, en mer d'Oman.
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Quelle est donc la différence entre les "bons" et les "mauvais" talibans d'hier et d'aujourd'hui ? Ceux qui signent avec Unocal et ne font pas de scandale antiaméricain sont les "bons". Les mouvements féministes américains avaient d'ailleurs manifesté, en vain, contre Unocal. Ce ne sont pas les mauvaises mœurs des talibans vis-à-vis des femmes mais les attentats du 7 août 1998 à Nairobi et Dar es-Salaam qui obligèrent le gouvernement américain et Unocal à rompre le 2l août de cette année-là. Le jour même, Bill Clinton faisait bombarder pour la première fois l'Afghanistan et Unocal se retirait finalement en décembre 1998 du consortium Centgas.
- Le Monde conclut : "Le gaz turkmène attendra la paix". Et comme "la paix" passe par les bombardements actuels...
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- Hydrocarbure, richesse potentielle pour les afghans...
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- Certains militants de gauche sincères, affirmaient carrément : "Les Américains, pour une fois, défendent la démocratie, on ne peut que les soutenir". "C'est nouveau", nous disait-on, "Bush, a compris que le monde ne supportait plus l'arrogance américaine" : alors il va dans une mosquée saluer l'islam, s'excuse d'avoir utilisé le mot "croisade", empêche Sharon de liquider Arafat, et fait larguer des sacs "humanitaires" (avec du beurre de cacahuète) pour les afghans.
- Mais comment peut-on être aussi naïfs face à la machine dç guerre de l'administration Bush ? Ses alliés principaux sont toujours les dictateurs pakistanais et les monarques du Golfe. A partir d'une cause juste, (imposer justice
contre les assassins des Twin Towers), elle va projeter sa puissance et imposer son ordre (désordre libéral) dans cette région du monde pour les décennies à venir.
- La construction des futurs pipe-lines donnera d'énormes royalties au régime de Kaboul : qui encaissera la manne n'est pas indifférent, c'est même un préalable à la construction des desdites installations (raffineries, stations relais, etc. Certes, aujourd'hui, "il n'y a rien" en Afghanistan, c'est un pays "à l'âge de pierre"...(la seule chose qui y soit moderne, ce sont les armes). Mais l'avenir est riche : l'Unocal veut arriver à ses fins. La région est appelée, au 21 ° siècle à se développer : stratégiquement située entre la Russie, la Chine et l'Inde, elle est un nouveau grand enjeu stratégique, économique, politique. Les sous-sols constituent après le Golfe, les plus grands réserves mondiales en hydrocarbures. Tout s'y emmêle, les peuples, les luttes nationales et religieuses, les trafics de drogue, les projets d'exploitation et de transfert du pétrole et du gaz (cf. D&S n° 87-88, et Le Monde diplomatique, novembre 2001).
- Ce n'est pas un hasard si depuis un siècle et demi, les Britanniques puis les Américains, ont tant bataillé pour disputer l'influence sur la zone aux Russes,
pour diviser afin de régner, pour s'assurer que les différents pouvoirs locaux leur sont bien subordonnés. Ils veulent tout simplement contrôler toutes ces terres intérieures comme ils ont contrôlé l'Arabie Saoudite, et le Golfe. Il faut ajouter qu'au moins six des grands pays directement concernés possèdent le savoir-faire et les moyens de la bombe atomique (Russie, Chine, Inde, Pakistan, Iran, Irak) et que, dans l'équilibre du monde, c'est un des secteurs les plus risqués pour un futur conflit nucléaire (lire la note de lecture sur "Affaires atomiques" de Dominique Lorentz, page...)
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- Quadrature du cercle
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- Bombarder est la première solution retenue par l'administration Bush faute de relais solides sur le terrain. Sans relais, pas de renseignements, pas d'opérations terrestres facilitées, pas de soutien politique dans la population, risque majeur pour les soldats, risque d'enlisement militaire, incertitude sur le succès des opérations. Donc les bombardements ont été répétés en vagues massives prolongées. Or bombarder c'est évidemment s'aliéner durablement les populations : Bush a beau répéter qu'il est "l'ami du peuple afghan", qui peut y
croire ? Les fameux et sinistres "dégâts collatéraux" suscitent des haines. Même si bombarder contribue à affaiblir les talibans et reste le seul moyen violent de donner confiance à leurs adversaires : aussi est-ce la première solution de facilité suivie par l'état-major de Bush. L'autre solution serait de donner des armes à l'Alliance du Nord et s'appuyer sur elle. Inévitablement, une tentative d'action terrestre passe par ce choix. Il faut des zones d'opération, de repli, des territoires, un aéroport et, il n'y a qu'au Nord est que cela est possible. Encore faut-il y parvenir : dans la région de Mazar e-Charif, les talibans ont résisté de façon inattendue.
- Comment faire sans perdre l'allié stratégique indispensable, le Pakistan, qui est violemment opposé à l'Alliance du Nord ? La dictature d'Islamabad déjà fragilisée, obligée de tirer presque chaque jour sur son peuple, ne veut surtout pas se mettre à dos les pachtounes qui constituent le groupe le plus nombreux en Afghanistan et qui sont numériquement et politiquement importants au Pakistan même.
- Il faut dire que les moudjahidines de l'Alliance du Nord sont déjà parvenus au pouvoir au début des années 90, et ce fut un désastre total : batailles claniques et règlements de comptes, firent des dizaines de milliers de morts à Kaboul au point de susciter un phénomène de rejet massif par la population... qui facilita l'arrivée des talibans, perçus comme pacificateurs ! L'Alliance du Nord minoritaire, reste composée de bric et de broc, avec différents chefs de guerre, dont des fondamentalistes guère plus "progressistes" (avec les femmes notamment) que les talibans, d'anciens "communistes" (si on peut les appeler ainsi, car s'ils soutenaient les régimes pro-Urss, ils se sont retournés contre elles) et des fabricants de drogue... Rien là de tellement plus fréquentable...
- L'Afghanistan était devenu, à partir de 1994, le premier producteur mondial de
pavot avec le record de 4 600 tonnes d'opium en 1999. Ce sont les talibans de Kaboul et de Kandahar qui ont interdit les champs de pavot en 2000 et fait reculer la production de 82172 hectares à... 7606 hectares. Et aujourd'hui c'est l'Alliance du Nord qui contrôle 6342 hectares soit 83 % de la production.
- Comme on le voit, il ne suffit pas d'en appeler au vieux roi Zaher Chah, âgé de 86 ans, ni de chercher à convoquer une assemblée de chefs de guerre pour finaliser une solution politique : il n'y a jamais eu de "démocratie" au sens où nous l'entendons, en Afghanistan, on n'y vote pas, il n'y a pas d'état, ni même de "sentiment national" unifiant, il y a une mosaïque de peuples, d'intérêts, de bandes armées, de traditions, de religions, de culture, qui cohabitent de façon conflictuelle sur un même territoire - délimité de façon arbitraire par les anciens colonisateurs britanniques.
- Trouver une "solution politique" dans ces conditions, c'est réaliser la quadrature du cercle.
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- La démocratie ne s'exporte pas avec des bombes...
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- Sans pouvoir disposer des éléments de connaissance détaillée sur le terrain, ni des contacts permettant de mesurer les chances concrètes d'une solution politique, il est quelques principes qui sont certains : le premier c'est que l'apprentissage de la démocratie ne peut pas résulter de la guerre, mais au contraire de l'exercice de la paix et de l'amélioration des conditions qui permettent de vivre. La démocratie, c'est la mobilisation du peuple, l'action collective constructive, elle exige d'avoir à manger à sa faim, d'être en bonne santé, de disposer d'un toit, d'un travail, d'une culture élémentaire. Elle ne saurait, par définition, être contrainte. Elle se construit par adhésion, par conviction, c'est un mouvement conscient. Elle demande dans des pays en voie de développement, un soin extrême, un volontarisme puissant, une opiniâtreté prolongée. Le développement est tout autant la condition de la
démocratie que la démocratie est la condition du développement. Cela demande une redistribution des richesses. On avait calculé, du temps de la guerre du Vietnam, que les Etats-unis en prétendant "défendre la démocratie" à Saigon, dépensaient 50 000 dollars par "vietcong" tué, alors que dans toute une vie de travail, un Vietnamien ne pouvait espérer gagner plus de 9 000 dollars. Combien coûtent les bombardements en Afghanistan ? On ose à peine le mesurer à travers quelques chiffres extraordinaires : l'armée US vient de passer commande pour 400 milliards de dollars de nouveaux bombardiers derniers cris, elle se trouve déjà à court de munitions et réclame aux grands fabricants de missiles d'en multiplier la fabrication... Un Tomahawk à un million de dollars tue combien d'Afghans ? Est-ce que cela hâte l'arrestation de ben Laden ? Comment l'isoler si ceux qui l'entourent ont le sentiment qu'ils méritent des bombes plutôt qu'une véritable aide humanitaire ? Comment prouver qui est vraiment l'ami du peuple afghan ? Comment prôner la démocratie du haut des avions furtifs ?
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Y a t il façon de faire autrement ?
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- Nous ne saurions donner des conseils pour mieux faire la guerre.
- Oui, il faut éradiquer ce méprisable curé saoudien, mandarom dangereux, caché dans sa grotte, fou de dieu, avide de guerre de religion, qui veut tuer les mé-
créants du monde entier à coup d'avions remplis d'humains et transformés en bombe à kérosène ou à coup de bacille de charbon. Mais si cela doit, comme le dit Bush, "prendre un an ou deux ans", cela ne signifie pas, on l'espère, bombarder pendant deux ans. Donc d'autres moyens devront être mis en oeuvre avec le temps, commandos, actions secrètes multiples, puis guerre terrestre, coups de main, avancées et reculs. Il faudra donc arriver à affaiblir, diviser l'adversaire, obtenir l'appui de forces significatives du peuple afghan pour isoler ben Laden et ses sbires. Ce sera plus dur pendant le ramadan et plus dur pendant l'hiver.
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Comment mieux y parvenir sinon avec une politique économique engagée, avec des investissements susceptibles d'améliorer substantiellement le sort de ce peuple ? L'argent des longs et terrifiants bombardements, utilisé autrement, permettrait probablement d'aller plus vite au but. Pendant ce temps-là, il n'a été pris que des demi-mesures pour s'emparer de l'argent des terroristes : rien de sérieux contre les paradis fiscaux, rien de sérieux contre les Etats qui ont facilité le blanchiment des fonds (Grande-Bretagne, Luxembourg,
Liechtenstein..).
- Faire autrement, ce serait imposer la levée du secret bancaire, empêcher les détournements des pétrodollars, initier une politique d'ensemble différente dans toute la région : elle devrait reconnaître que ces peuples ont été spoliés durant des décennies de la richesse immense de leur sous-sol, seules les monarchies corrompues en ont profité avec l'aide principale de la Grande-Bretagne puis des Etats-unis. Et chaque fois que des partis, des syndicats, des démocrates, des nationalistes arabes ont critiqué, combattu, ces monarchies, ils ont trouvé les USA en face d'eux. Les émirats arabes unis, à commencer par le Koweït, sont des pays de dictature, d'apartheid et d'esclavage. La tyrannie de Riyad n'a rien à envier aux talibans, ni pour les femmes, ni pour les tortures, ni pour les mutilations, ni pour l'obscurantisme. Jusque-là, ce sont les services américains qui ont encouragé le fanatisme religieux en guise de diversion aux revendications populaires légitimes. Pervez Moucharraf, le nouvel allié privilégié des Etats-unis est tout de même au pouvoir à l'issue d'un coup d'état contre un président élu... il était sanctionné pour avoir développé la bombe atomique pakistanaise, avoir encouragé le terrorisme au Cachemire, et sa dictature le classait au ban des nations... C'est ce terreau qui a permis aux différents réseaux ben Laden de proliférer. Il faut rompre avec cela si l'on veut arrêter les dégâts, et c'est vrai cela prendra du temps. Du temps pour rapprocher l'Inde et le Pakistan et trouver un compromis au Cachemire et au Sri Lanka. Du temps pour pacifier l'Asie centrale et la sortir des guerres rétrogrades de toutes sortes Aider à mettre sur pied une mondialisation différente dans le respect des droits des paysans et des travailleurs qui produisent les richesses de ces pays.
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- Les impasses de la politique de Bush
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- Et puis, il y a actes urgents : imposer le respect des droits du peuple palestinien à un état et à vivre décemment sur ses terres, forcer la main à Israël pour que les accords internationaux soient respectés, là comme ailleurs. C'est cette politique d'ensemble qui aidera le peuple afghan (et les autres autour), à distinguer ses amis de ses ennemis, qui isolera complètement le terrorisme et ses sinistres corbeaux religieux de malheur.
Mais sont-ce là les buts de guerre de Georges W. Bush ? On peut répondre : non. Finalement, derrière la traque légitime de ben Laden, c'est la vieille politique impérialiste qui se profile et les USA vont refaire en Asie centrale ce qu'ils ont fait dans le Golfe : leurs alliés, à Riyad, Islamabad, amis encore si récents des talibans, peuvent dormir tranquilles mais le monde n'en a pas fini ni avec les terroristes ni avec les effets néfastes de cette mondialisation-là.
- GÉRARD FILOCHE
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- L'AMBASSADEUR AMERICAIN
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- Le premier ministre britannique Tony Blair est un homme aux amitiés politiques très éclectiques : fervent «clintonien» sous les présidences Clinton, son entourage souligne aujourd'hui les "liens personnels étroits" qui l'unissent à George W. Bush.
- Au sein de l'Union européenne, le «modernisateur» auto-déclaré de la social-démocratie, affiche volontiers ses affinités avec MM. Aznar et Berlusconi, les premiers ministres espagnol et italien, deux fervents avocats d'une Europe ultralibérale. Peu de temps après le 11 septembre, M. Blair s'est rendu à New York et Washington. Rencontrant le président Bush, il a immédiatement annoncé que la Grande-Bretagne apporterait un soutien «inconditionnel» et «total»aux Etats-Unis dans sa lutte contre le terrorisme. Pourtant peu habitué à se référer à l'Histoire, M. Blair a crû pertinent de déclarer que, reconnaissante du soutien décisif apporté par les Américains lors du Blitz, la Grande-Bretagne allait se battre aux côtés du peuple américain. Les conseillers des deux camps se sont regardés un peu gênés : les Etats-Unis ne pouvaient être présents aux côtés des Britanniques pendant le Blitz de 1940, car ils ne prirent part au conflit mondial qu'à la suite des bombardements de Pearl Harbour en 1941. Mais le temps était alors à l'union sacrée américano-britannique et personne n'osa ternir une aussi touchante manifestation de solidarité. Aucun quotidien britannique ne prit la peine de rectifier l'erreur du premier ministre. M fallut que deux semaines s'écoulent pour qu'un hebdomadaire fasse état des connaissances historiques approximatives de M. Blair (I).
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LA LUTTE ENTRE «LE BIEN ET LE MAL»
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- Les premières réactions du président Bush ont semblé placer la lutte anti-terroriste sur le terrain marécageux de la morale religieuse. Dans les heures suivant l'attaque contre le World Trade Center, George W. Bush déclara que ce combat mettait en scène le «Bien contre le Mal». Il menaça également des représailles les plus sévères, tout Etat qui abriterait des terroristes, allant même jusqu'à exiger le soutien de toutes les nations dans la lutte contre AI-Qaida («Ceux qui ne sont pas pour nous, sont contre nous»). Cette première réaction inquiéta beaucoup les alliés des Etats-Unis, craignant que Bush ne fonce tête baissée dans le piège que lui avait dressé Ben Laden, celui d'un «choc des civilisations», provoquant un conflit sur le mode Croisade contre Jihad. Le président américain se reprit cependant et évita ensuite de positionner le combat anti-terroriste sur le terrain de la morale. Ce que les médias manquèrent largement de signaler, c'est que le «moderne» M. Blair avait utilisé le même registre ethnico-religieux, parlant lui aussi de lutte entre le «Bien et le Mal».
- Le 2 octobre, dans une intervention au congrès du parti travailliste à Brighton, Tony Blair afficha avec vigueur son ambition : «remettre en ordre le monde», des «bidonvilles de Gaza, jusqu'aux montagnes de l'Afghanistan» ! Dans un style oratoire souvent qualifié par les médias britanniques d'«évangéliste» (2), il demeura cependant très vague quant aux moyens à mettre en oeuvre pour atteindre ce grandiose objectif. Le premier ministre insista sur la nécessité de travailler à l'instauration d'un «nouvel ordre moral mondial», se rapprochant presque mot pour mot des propos tenus par George Bush Sr, à l'issue de la Guerre du Golfe, en 1991.
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Un journaliste influent du quotidien The Guardian (centre-gauche, proche du gouvernement) nota que le régime des talibans constituait un «adversaire idéal pour Tony Blair, le premier ministre dont le sens moral est le plus simpliste» de l'histoire britannique (3). Plus critique encore, l'hebdomadaire néolibéral The Economist, d'ordinaire mieux disposé à son égard, estima que «la péroraison de Brighton» de M. Blair montrait que "la lutte contre le terrorisme était montée à la tête du pauvre homme» (4).
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- Dans l'euphorie quasi-générale de ce «discours-sermon», quelques voix isolées s'alarmèrent du fait que M. Blair n'avait assigné aucun rôle aux Nations Unies (5). La lutte anti-terroriste serait donc une affaire américano-britannique, à laquelle M. Blair prendrait une part active auprès de son ami George W. Bush. Ce dernier apprécia ces efforts à leur juste valeur. Il qualifia la Grande-Bretagne «d'alliée la plus proche des Etats-Unis», quelques jours à peine après avoir tenu des propos identiques à l'adresse du chancelier allemand Gerhard Schrôder, venu le rencontrer à Washington...
- PHILIPPE MARLIÈRE
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- Le livre du journaliste messin Denis Robert et de l'ancien banquier luxembourgeois Ernest Backes n'a pas eu toute la publicité en rapport avec les faits qu'il révèle.
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- IL CONTIENT pourtant des révélations explosives sur le fonctionnement du capitalisme transnational et plusieurs affaires qui en leur temps ont fait la une de l'actualité (affaires des otages américains en Iran, loge P2, Crédit Lyonnais, scandale de la BCCI...). Nous y apprenons le rôle des discrètes sociétés internationales de clearing (chambres de compensation internationales), outils techniques des banques chargés de faciliter et d'accélérer les échanges de titres entre établissements financiers. Ces organismes comptent comme clients des banques et des sociétés commerciales ou industrielles qui lui confient le soin d'équilibrer le solde des opérations de transfert.
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- Des comptes secrets
- Nous découvrons plus particulièrement le fonctionnement de la société Clearstream (ex-Cedel) au Luxembourg, dont Ernest Backes fut un des fondateurs. Clearstream brasse chaque année 250 fois le budget de la France, et entrepose en ses coffres 47 fois ce même budget, soit 9 trillions d'euros (I trillion = 1000 milliards). Après son étrange licenciement, Backes a patiemment collationné des renseignements et preuves sur les manœuvres de son ancien employeur, notamment des listings d'opérations. A côté des comptes légaux accordés aux banques et sociétés, Backes prouve que Clearstream a créé pour ses clients, en proportion croissante, des comptes non publiés renvoyant généralement sur des paradis fiscaux, indécelables et incontrôlables par une quelconque autorité de surveillance. C'est la grande révélation du livre que de montrer que l'opacité
des plus grands établissements financiers (pour la France, la société Paribas est plus particulièrement montrée du doigt) est bien plus grande qu'on ne le pensait. Que penser aussi du fait que le Trésor Public français ou des entreprises comme Air liquide détiennent de tels comptes ? Depuis 1992, environ 15% des sommes traitées par Clearstream auraient transité par ce système occulte, en proportion croissante, soit des milliards et des milliards.
- Le livre apporte aussi la preuve d'opérations frauduleuses couvertes par Clearstream, notamment les opérations réalisées par la BCCI alors sous séquestre, mais jette aussi un peu de lumière sur les étranges proximités d'opérations douteuses et les flux financiers du Vatican. Les annexes du livre récapitulent les étranges pratiques de milliardaires aux pratiques douteuses (que l'on retrouve au détour d'affaires, comme Elf), d'hommes politiques tels Berlusconi...
- LE CLEARING : UN LIEU DE
PERCEPTION POUR LA TAXE TOBIN ?
- Au détour des problèmes posés par Robert et Backes, ils établissent que les flux financiers internationaux sont centralisés par trois sociétés de clearing: Clearstream (Luxembourg), Euroclear - voire Swift - (belges toutes deux). La traçabilité des flux apparaît comme parfaite. De l'aveu même du manager de Clearstream "Oui, on peut dire que nous sommes les notaires du monde." (p.244)., mais son homologue belge d'ajouter que "taxer les produits financiers serait profondément injuste". Nous avons la confirmation que la mise en œuvre de la taxe Tobin est non seulement possible, mais techniquement bien plus facile qu'admis jusqu'ici. La "finance" et le monde politique libéral (la droite, plus une partie de la gauche) s'y opposent bien sûr avec la dernière énergie, mais les injustices et les contradictions du capitalisme rendent à la fois plus urgente et nécessaire que jamais cette mesure.
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Indifférence des décideurs. Harlem Désir à Strasbourg et le duo Peillon -Montebourg (Mission du Parlement Français contre le blanchiment) ont rapidement auditionné les auteurs et leur ont offert une à la fois une tribune et leur caution. Il faut aussi mentionner la solidarité des juges signataires de l'Appel de Genève qui ont signé une tribune ar-gumentée en faveur de Révélation$ dans le Monde du 10 mai. En revanche, ce fut le silence total dans tous les gouvernements et la régulation du clearing n'a été abordée dans aucune instance et notamment pas le G8 de Gênes.
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Le scandale continue
- Le directeur de Clearstream, André Luss a été démissionné;. Mais les opérations de Clearstream continuent. Après avoir ouvert une enquête, la justice luxembourgeoise ne s'est pas montré très curieuse et conclut à l'absence de blanchiment organisé. Clearstream n'est en effet qu'un maillon de la chaîne, mais les forces pour la sauvegarder sont puissantes. La Justice mais surtout les avocats des grandes établissements financiers travaillent à plein et faute d'enquête tenace sur Clearstream, la justice grand-ducale a perquisitionné en septembre chez... Backes !
- Non moins rapides ont été les réactions de Clearstream et des responsables politiques luxembourgeois, des banques mises en cause. Plusieurs plaintes furent déposées, souvent pour des motifs futiles.
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- Denis Robert explique : "Nous sommes victimes d'une véritable intimidation financière qui se caractérise par la multiplication de procès. La banque russe Menatep a porté 12 plaintes à notre encontre; elle conteste être une banque mafieuse, malgré les enquêtes du FMI, de la CIA, du FBI et la faillite de la banque. Pourtant, nous sommes certains du bien fondé de nos révélations: ces procédures visent à nous empêcher de travailler sur notre prochain livre à paraître en janvier qui apportera de nouvelles informations
encore plus explosives !" La Mission Peillon - Montebourg vient elle d'entendre des témoins - clé.
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- Le pacte républicain rompu
- Comme l'écrit fort bien Jean De Maillard, le terme blanchiment est devenu flou, car il n'y a plus un monde vertueux et une arrière - cour marginale de l'argent sale. La plupart des opérateurs utilisent des techniques, des chemins détournés qui rendent le frontière de plus en plus floue. La marine marchande offre en exemple saillant, puisque plus de 60% de la flotte mondiale navigue sous pavillon de complaisance, une couverture fictive de propriétaires bien réels, mais insaisissables. Un après on naufrage, on ne toujours pas à qui appartenait exactement le navire affrété (indirectement) par Total, l'Erika.
- Le "recyclage" de l'argent des divers trafics est essentiel; "gagner" de l'argent sans pouvoir en jouir est aussi utile qu'une boîte de conserve sans ouvre -boîte pour un affamé. Selon l'avocat américain Jack Blum "au moins 70 milliards de dollars d'impôts par an s'enfuient vers des comptes offshore. C'est juste un peu plus que les 65 milliards de dollars du budget fédéral alloué à l'éducation, la formation, l'emploi et les services sociaux.".
Les paradis fiscaux sont bien l'enfer citoyen. Ils sont un cancer pour tout régime républicain. Brisant l'égalité devant la loi, ils seront la crépuscule de la Justice si l'on permet leur pérennisation.
- CHRISTOPHE PIERCY
- À LIRE
- REVELATIONS Denis Robert et
Ernest Backes,
éditions les Arènes, 138 F.
- Pourquoi l'Erika a coulé, François Lille.
Esprit Frappeur. 10 F.
- Le marché fait sa loi, Jean De Maillard.
1001 nuits. 55F.
- La Justice ou le Chaos, Denis Robert. Le
livre de poche. 35 F.
- Les paradis fiscaux /ATTAÇ. 1001 nuits.
10 F.
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- UNE LUTTE EN TROMPE L'ŒIL
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- A la faveur de la chasse à Ben Laden et sa fortune, la lutte contre les paradis fiscaux a été fort médiatisée, mais les grandes puissances de ce monde et notamment les USA ne songent aucunement à les éradiquer. On peut se remémorer que le sénateur américain Cari Levin accusait dans un rapport fin 99 les banques privées américaines de tirer profit de la corruption à l'étranger. Les États-Unis doivent faire un choix" a déclaré Levin. "Nous ne pouvons pas d'un côté, condamner la corruption à l'étranger et dans un même temps, tolérer que les banques américaines tirent des fortunes de cette corruption".
- Le GAFI, groupe spécialisé contre la blanchiment de l'OCDE se contente depuis 1998 de mesures très formelles pour lutter contre les "territoires non coopératifs". Depuis sa création en 1989; les paradis fiscaux ne se sont jamais si bien portés. Le GAFI n'est pas sans effet, mais il essaie plus d'organiser le finance offshore que de l'éradiquer; c'est pour cela qu'il vient d'être chargé de lutter contre l'argent du terrorisme. Mais au-delà des territoires, derrière les sociétés écrans, ce sont des établissements bien de chez nous qui font circuler l'argent sale; "la Société Générale dans son rapport annuel se vante de développer leur réseau offshore et d'en faire un axe de développement prioritaire" ! Les paradis fiscaux sont d'ailleurs aux lisières des grands centres financiers (les Caraïbes non loin de Wall Street; Man, Jersey près de la City, Liechtenstein près de Francfort et de Zurich, etc...)
- Les lois contre le blanchiment ne mentionnent même pas les centres de clearing; aucune autorité publique ou organisation internationale n'est chargée du contrôle de ces sociétés. La définition des faits réprimés est souvent très restrictive; au Luxembourg ainsi, jusqu'à août 1998, seul le blanchiment provenant d'un trafic de stupéfiants était punissable; en Suisse, la Justice transmet des dossiers à la Justice pour des faits criminels, mais pas pour délits fiscaux. Aux législatives 1997, le PS proposait déjà dans son projet un parquet européen... La mise en place d'un espace juridique transnational qui ne soit pas plus entravé par les frontières que ne l'est la circulation de l'argent est en panne et la coopération entre justices nationales, quoiqu'on progrès, reste limitée par de nombreuses entraves, récemment renforcées en Italie.
- Le procureur de Genève Bertossa souligne "qu'en France, vous pouvez ouvrir un compte sous un nom fictif sans avoir à dire qui se cache derrière ce nom, alors qu'en Suisse, on est obligé de le dire. L'opacité est favorisée par les sociétés qui servent de paravent aux véritables opérateurs. Or ces sociétés écrans sont tolérées dans le monde entier".
- Le secrétaire américain au Trésor Paul O'Neill, s'opposait au printemps à " tout effort visant à dicter à un pays l'organisation de son système fiscal " au nom de la protection de la souveraineté nationale. Celle de Nauru ou des îles Vierges semble être devenue plus respectable que celle de l'Afghanistan; et la lutte contre" l'argent des terroristes" est un label commode à moindre frais pour acquérir un peu de respectabilité; les Bermudes et le Liechtenstein sont en cours de ratification de la toute récente convention internationale contre le terrorisme, qui ne menacera pas leurs affaires.
- Pire ! L'Italie vient d'approuver une réforme du droit des sociétés incluant la dépénalisation de la falsification de bilan (qui devient une contravention) avec un délai de prescription ramené de 15 à 7 ans (entre autres). Aubaine pour Berlusconi, en procès pour 3 affaires de faux bilan antérieures à 1993. Pour le dossier All Iberian, par exemple, qui concerne des holdings de la Fininvest situés dans des paradis fiscaux, la prescription initialement fixée à 2009 devrait donc tomber, après adoption définitive du texte, à juillet 2001 ! Le tout sans aucune réaction des 14 autres pays de l'Union.
- L'Union Européenne avait obtenu par un jugement préliminaire de l'OMC que soit déclaré illégal, le système des Foreign Sales Companies: des filiales domiciliées dans des paradis fiscaux par les multinationales américaines pour exporter à moindre coût leurs produits, en s'affranchissant des taxes et d'impôt sur les bénéfices. Le préjudice avait été chiffré à 4 milliards de dollars pour l'UE. Son commissaire Pascal Lamy n'a pas porté formellement plainte contre les FSC, pour ne pas ouvrir de conflit transatlantique pour favoriser les changes de lancer un nouveau round de libéralisation à Doha, confortant ainsi les paradis fiscaux et l'usage qui en est fait.
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- A l'heure des menaces de guerre biologique, chimique, bactériologique, le plus grand des risques demeure toujours celui de la guerre nucléaire.
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- À LA QUESTION : " Combien de pays détiennent-ils aujourd'hui la bombe atomique ? " les citoyens du monde croient pouvoir obtenir une réponse précise. Ils se trompent. Cinq pays appartiennent au club des puissances nucléaires reconnues. Il s'agit des Etats-unis, de la Russie, de la Chine, de la Grande Bretagne et de la France, par ailleurs seuls membres permanents du Conseil de sécurité de /'ONU. Deux outres Etats, l'Inde et le Pakistan ont démontré qu'ils détenaient le savoir-faire de l'arme atomique. L'Inde a pratiqué un essai nucléaire en 1974, puis une véritable campagne de tests en 1998.Le Pakistan lui a emboîté le pas cette année-là en effectuant lui-même une série de tirs. Pour autant, New Delhi et Islamabad n'appartiennent pas au club des puissances nucléaires.
- Les cinq grands ont en effet décrété que "malgré leurs essais nucléaires, l'Inde et le Pakistan n'avaient pas le statut d'Etats dotés d'armes nucléaires..." Ces deux pays sont affublés de l'identité hybride "d'Etats qui possèdent la bombe atomique mais ne sont pas des puissances nucléaires". Israël est dans une position comparable. Bien qu'il n'ait jamais effectué d'essais sur son propre sol, l'existence de son potentiel atomique est un fait admis. Néanmoins, il n'appartient pas au club des puissances nucléaires. À ces cinq puissances nucléaires officielles et trois puissances atomiques officieuses viennent s'ajouter les pays dits "du seuil". Cette appellation désigne "les pays soupçonnés de pouvoir déployer des armes nucléaires opérationnelles... sans avoir pratiqué d'essais au vu et au su du monde entier". Parmi ceux-ci or) trouve, par exemple, l'Algérie, la Syrie, la Libye, l'Iran, le Brésil, ou l'Argentine. La zone grise de la dénucléarisation de la planète se trouve là. Plusieurs dizaines d'états disposent de la capacité technique de développer un armement atomique". Mais ces pays ayant eu la discrétion de ne pas pratiquer de tests nucléaires sur leur
propre territoire, ils ne sont pas officiellement détenteurs de la bombe."
- (Dominique Lorentz, introduction de son livre," Affaires atomiques", paru en février 2001)
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- Ainsi commence cet excellent ouvrage : par un avertissement qui fait froid dans le dos. Et qui se prolonge tout au long de la démonstration méthodique sur la prolifération du nucléaire depuis cinquante ans. Et dans un document diffusé sur ARTE le 14 novembre 2001.
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- Pas de barrière entre nucléaire civil et militaire
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En fait la prolifération a été organisée, démontre-t-elle, de façon délibérée, par les super-grands. Comprenant, à l'occasion de la guerre de Corée, qu'à chaque affrontement entre leurs alliés respectifs, le chantage à la guerre atomique les opposerait, Etats-unis et URSS en arrivèrent à la conclusion qu'il valait mieux armer des puissances régionales "intermédiaires" plutôt que d'être obligés de se menacer elles-mêmes en permanence de destruction totale.
- Mais comme la doctrine officielle, à cause de l'horrible souvenir d'Hiroshima, était de concéder aux opinions publiques, qu'il ne saurait y avoir de prolifération, c'est de façon clandestine et tortueuse que fut distillé l'atome.
Ainsi les "grands" préservaient leur statut de super puissance, à l'ONU, et dans leurs zones d'influence, et, en même temps se déchargeaient des risques d'explosion sur des territoires et des populations qui n'étaient pas les leurs. Il fallait donc mentir pour que cet équilibre se mette en place : mentir sur la distribution progressive de l'arme nucléaire, mettre en place des cheminements dissimulés pour celle-ci, et courir ensuite, évidemment, des risques de dissémination incontrôlée au gré des rapports de force.
- Le meilleur argument pour initier tout cela, officiellement, fut de prétendre qu'on ne pouvait refuser du "nucléaire civil" aux pays qui en faisaient la demande. D'autant que c'était un des marchés les plus juteux au monde, et que Général Electric et Westinghouse n'auraient pas accepté d'être privé de tels débouchés.
- Dans "Economie de l'Apocalypse", Jacques Attali raconte qu'étant sollicité d'établir un rapport en 1995 sur la prolifération nucléaire, il ne s'attendait "pas à tirer des conclusions aussi terrifiantes". "Tous les pays considérés dans les années 60 comme des candidats potentiels à la bombe atomique disposent effectivement de la capacité de se doter de celles-ci" et il écrit sans détour qu'if n'y a pas de distinction valable possible entre les matières nucléaires militaires et civiles" et que "le caractère dual de presque toutes ces technologies permet de vendre des savoir-faire en feignant de croire aux intentions pacifiques du client".
- "L'exploitation militaire de F énergie atomique repose, en grande partie, sur les mêmes méthodes et procédés de transformation qu'exigent les applications industrielles". Rien n'interdisait les Etats concernés de parcourir tranquillement le chemin qui menait du nucléaire civil au nucléaire militaire et cela "jusqu'aux cinq dernières minutes". L'AIEA (agence internationale de l'énergie atomique) "ne sert à rien" dit aussi Jacques Attali, son action "est dérisoire, inexistante," voire e//e fonctionne à rebours comme un centre d'apprentissage de la prolifération".
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- La chaîne de diffusion nucléaire
- Dominique Lorentz, raconte, documents officiels méticuleusement cités à l'appui, comment la chaîne de dissémination s'est effectuée. Les Etats-unis l'ont donné directement à la Grande-Bretagne, puis ont facilité par le biais des chercheurs juifs qui avaient "inventé" la bombe, la transmission à Israël qui s'est chargé de la transmettre à la France. Les Israéliens connaissaient le secret de l'atome avant même la création de leur état, et l'indépendance de la France dans la découverte de la bombe est un mythe : c'est en jointure avec Israël et en utilisant d'abord le terrain d'expérimentation de l'Algérie, puis celui, de l'Afrique du sud raciste, que le secret fut transmis. De Gaulle "habilla" un projet qui le précédait, et fit mine, lié comme il l'était, de "sortir" de l'Otan, tout en restant dépendant (Framatome, St Gobain) des marchés et commandes des Etats-unis. Lui qui ne voulait pas que l'Allemagne détienne la bombe nucléaire fut ainsi obligé d'associer la RFA (Siemens) dans le projet sud-africain avant que la France ne devienne elle-même vendeuse des licences américaines de centrale nucléaire.
- C'est là que les projets de revente s'étendent : vers l'Egypte en "équilibre" avec Israël et en échange... de la signature de l'accord de "paix" Sadate-Beghin. Vers l'Iran devenu sous le chah un enjeu stratégique considérable, du moins tant qu'il n'augmentait pas trop le prix du baril de pétrole. Vers l'Irak alors que ce pays servaient les intérêts occidentaux en menant une guerre de huit ans (1980-1988) contre l'Iran tombé entre temps entre les mains des ayatollahs. La France installe une centrale en Irak, Tamouz, où vont se former les techniciens égyptiens, et qu'Israël détruira puis les Français la reconstruiront.
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- On compte les bombes comme des moutons...
- D'un autre côté les ventes, sous l'égide de l'Allemagne, se font vers l'Argentine
et le Brésil. Le Canada se fait l'intermédiaire des Etats-unis pour aider l'Inde avant qu'Eurodif en 1982 et la France ne prennent le relais. L'URSS aide la Corée, la Chine avant 1960, puis Cuba, avant la crise des fusées de 1962, puis le Vietnam indépendant. Les Etats-unis aident la Turquie puis s'en retirent. C'est la Chine qui aide le Pakistan... et le Brésil qui exporte vers... la Libye. Les parcours sont sinueux, mais on compte bientôt les bombes confme on compte les moutons... La "concurrence" a bon dos : lorsque les Etats-unis feront mine de reprocher à la Belgique (liée à la France) de vouloir compléter les connaissances atomiques brésiliennes transmises à la Libye, Bruxelles répond : "Si nous nous dérobons d'autres signeront le contrat"... La Maison-Blanche, finalement, préféra que ce soient les Belges qui soient maîtres d'œuvre du programme libyen plutôt... que Moscou.
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In fine, en fin des années 70, trois pays couvrent officiellement 85 % du marché de l'industrie nucléaire, les Etats-unis (40 %) et l'Allemagne et la France (45 %) mais ces deux derniers sont des "revendeurs" des produits made in Etats-unis. Gérald Ford, en juillet 1976, reconnaissait que "quarante pays construisaient 275 centrales nucléaires" et auraient la bombe... en 1985 mais se défendait du fait que les Etats-unis en soient responsables, alors qu'ils avaient tout autorisé et tout fait pour qu'il en soit ainsi. Les Etats-unis avaient livré, en plus des sous traitances, plus de la moitié de leurs centrales d'exportation à des pays qui n'avaient même pas adhéré au traité de non-prolifération (TNP). À Taiwan, sur des projets français, c'était les Canadiens qui oeuvraient, tandis que Kissinger passait accord avec Zhou Enlaï pour que les Français aident également la Chine en lui expliquant, ironiquement : "Comme souvent nous passerons par les français. Nous émettrons des protestations, mais n'en tenez, bien entendu aucun compte".
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De cet "équilibre" économico-politique sortent les guerres
- Cette économie de l'Apocalypse développée pendant cinquante ans, au gré des alliances et de leurs renversements, a pris un tour totalement nouveau après l'effondrement de l'ordre mondial bipolaire installé depuis Yalta.
- Lorsque l'URSS s'effondre, ce n'est pas un véritable ennemi des USA, c'est un des deux piliers fondamentaux de l'ordre du monde qui s'effondre. Les dirigeants staliniens, depuis les années trente ne fonctionnaient que par relations négociées dans le dos des peuples, des mouvements sociaux, et contribuaient, en pratique, mieux que tous les autres à maintenir le statu quo mondial en relation avec les autres puissances. Car le pouvoir "soviétique" contribuait mieux que quiconque à maintenir un ordre partagé avec les Etats-unis : il influençait et captait toutes les oppositions anti-américaines, il cadrait et étouffait les velléités d'indépendance, de "troisième voie", il imposait "le grand jeu", un choix rigoureux : être dans un des deux camps ou ne pas être. Parfois les Etats-unis succédaient à l'URSS dans le développement et le contrôle des capacités nucléaires de tel ou tel état : la Chine ou l'Egypte, l'Iran ou l'Inde. En se faisant une "concurrence" de "terreur" bien comprise, les deux grands de l'atome avaient réussi à dominer la planète.
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À compter de 1989-1991, après la chute du Mur de Berlin, et l'effondrement de l'URSS, ce n'est pas un "nouvel ordre" qui s'installe, mais les prémices d'un nouveau "désordre mondial". D'ailleurs, les Américains seront obligés à compter de cette date, de monter directement sur tous les fronts : Guerre du Golfe, Kosovo, Afghanistan... Ils devront s'impliquer dans les séismes régionaux qui surviennent et démultiplier leurs interventions pour contrôler les équilibres économiques mondiaux (pétrole, gaz, nucléaire).
- Tout ce qui était figé dans ce cadre dual s'est désagrégé dès lors que, à eux seuls, les Etats-unis ne pouvaient maintenir cet ordre : ils ont certes continué, un temps, à faire jouer leurs "pions" régionaux, les uns contre les autres. Mais face à un seul maître, ceux-ci se sont émancipés, obligeant ce dernier à intervenir, révélant ses faiblesses, à découvert directement.
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- Au centre du monde, pétrole, gaz et nucléaire
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En Iran, qui était au départ totalement contrôlé par les Etats-unis, ceux-ci avaient renversé Mossadegh en 1953 pour soutenir le chah, et lorsque ce dernier leur a désobéi, ils l'ont renversé en 1979 pour introniser Khomeyni, qu'ils croyaient "tenir" : mais avec ses mollahs, cette dernière créature, leur a échappé, première d'une longue série, bousculant l'ordre dans le Golfe et en Asie centrale.
- Tandis que l'URSS, en 1979, envahissait l'Afghanistan pour contenir à son niveau, le fondamentalisme islamique, les Etats-unis poussaient, eux, Saddam Hussein à faire la guerre à l'Iran tout en encourageant tous les religieux extrémistes à résister à l'URSS. Au terme de ces deux guerres parallèles qui durèrent huit ans et firent plus de 3 millions de morts, Saddam Hussein demanda sa récompense et envahit le Koweït, les Etats-unis se retournèrent alors contre lui sans parvenir à l'abattre. Par un enchaînement prévisible, les effets de la guerre radicalisèrent de nouveaux ennemis au sein des pays du Golfe. Vainqueur en Afghanistan, avec d'autres opposants saoudiens, ben Laden demanda après 1991 l'évacuation des troupes US d'Arabie Saoudite, le Pakistan s'indigna des sanctions prises contre lui pour un armement nucléaire qu'on lui avait pourtant donné, les talibans, prirent le pouvoir en Afghanistan, encouragés avant d'être vilipendés, et ils accueillirent les réseaux arabes initialement formés par la CIA qui firent exploser des bombes à Nairobi, à Dar es-Salaam, au Yémen, puis à New York même.
- Les Etats-unis qui avaient maintenu la dynastie saoudienne, et lui avait confié la mission de développer l'islam dans tous les pays arabes afin de contrecarrer la gauche, les syndicats, les laïcs démocrates, découvrirent sans rien pouvoir y faire, que le régime de Riyads'était fissuré et avait enfanté des opposants à l'Amérique. Ce sont des saoudiens qui ont fait les attentats du I I septembre aux World Trade Center.
- Malgré leur entregent, les dirigeants américains successifs ne sont pas parvenus davantage à stabiliser le Proche-orient, ni à assurer l'environnement de leur meilleur allié qui est Israël. Cette impuissance maintenait allumée la mèche qui risquait à tout moment d'embraser toute cette partie du monde.
- De l'autre côté du Golfe, les Etats-unis avaient tour à tour conforté le nucléaire de l'Inde et du Pakistan, mais ne parvenaient plus à empêcher leur confrontation pour le Cachemire ce qui amenait les deux pays au bord du gouffre à fanatiser leurs religieux, et leurs extrêmes droites nationalistes. Quand aux régions du sud de l'ex-URSS, elles sont elles-aussi menacées d'être entraînées dans la tourmente religieuse.
- Tout cela constitue un déséquilibre fondamental dans une région entre la Russie, la Chine et l'Inde, alors qu'elle est devenue centrale dans les cinquante ans à venir pour son pétrole, son gaz... et sa prolifération nucléaire.
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- La mondialisation américaine porte la guerre en son sein comme la nuée porte l'orage
- Le livre de Dominique Lorentz, fait de multiples révélations "anecdotiques" supplémentaires sur la façon dont la France, en 1985, fut impliquée par des attentats iraniens, le chantage à la récupération du milliard donné à Eurodif par le chah, les compromis effectués par Chirac sur les otages, Abdallah, et Wahid Gordji, les raisons et les auteurs de l'assassinat de Georges Besse et de René Audran, etc....
- Le livre, préfacé par Alexandre Adler, contient des sources extrêmement fiables (toutes des déclarations officielles, généralement ignorées mais qui rappelées avec un éclairage d'ensemble, sont convaincantes).
- Ce livre a surtout le mérite de faire découvrir par une lecture systématique du "monde nucléaire", l'aube réelle^,des risques du XXIe° siècle.
- Les germes semés pour les guerres du siècle à venir sont toutes là, expliquées dans leurs origine. Les Etats-unis, pour leurs intérêts à courte vue, se sont ingéniés à couvrir le monde de... bombes à retardement. Ils courent maintenant après les conséquences... dans les montagnes peu hospitalières d'Afghanistan.
- Tout dépend d'un sursaut des peuples pour le désarmement nucléaire généralisé.
- Gérard Filoche
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En "une" du Monde, (4/10/01), la philosophe Monique Canto-Sperber
dénonce "l'injustifiable terreur" de... Léon Trotski. Partout des lois d'exception sont prises à la va-vite pour "lutter contre le terrorisme". Et, en même temps, partout, la notion de "terrorisme" devient extensive. Ces deux phénomènes concomitants sont dangereux.
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- LE "TERRORISME" n'est pas défini. Bush dénonce "tous les terrorismes qui visent des innocents", il a raison... mais cela signifie-t-il qu'il peut y avoir des terrorismes qui ne tuent pas des innocents ? Le mot terrorisme est devenu un passe-partout, et tout le monde feint de l'assimiler au seul ben Laden, sans besoin d'autre précision puisque l'ennemi est bien désigné et qu'il est particulièrement haïssable. Pourtant le terrorisme de ben Laden n'est pas la seule violence qui ait été appelée"terrorisme" au monde et dans l'histoire.
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- L'ONU ne peut pas définir le terrorisme
- Depuis le 11 septembre, le Conseil de sécurité de l'ONU, a donné les pleins pouvoirs aux Etats-unis, en "légitime défense", pour faire justice contre les assassins des Twin Towers. Mais il n'a pu se mettre d'accord, au-delà de la désignation des réseaux intégristes de ben Laden, et de ceux qui le soutiennent, sur la définition du mot "terrorisme". Évidemment, car le mot terrorisme a été utilisé à de multiples fins, très différentes dans l'histoire comme dans le monde d'aujourd'hui. Certains font même profession d'entretenir la confusion dans leur intérêt bien compris : c'est le cas lorsque Ariel Sharon dénonce agressivement Yasser Arafat comme étant "son ben Laden" ou lorsque Jean-Pierre Chevènement tombe dans le même genre de facilité lorsqu'il dénonce Jean-Guy Talamoni un "ben Laden corse, même si ce n'est pas à la même échelle". Ces genres d'amalgames, abondamment pratiqués depuis
le I I septembre, sont des réductions de la pensée et servent toujours des causes troubles.
- Le Monde diplomatique (nov. 2001 ) fait justement remarquer que de nombreux anciens terroristes sont devenus des hommes d'état respectés : "...pour ne pas parler de la Résistance française, Menahem Begin, ancien chef de flrgoun, devenu Premier ministre d'Israël, Abdelaziz Bouteflika, ancien du FLN, devenu président d'Algérie, ou Nelson Mandela, ancien chef de l'ANC, devenu président de l'Afrique du sud et Prix Nobel de la paix".
- En fait, le "terrorisme" existe sur tous les continents et ne peut pas être assimilé de façon réductrice à celui de ben Laden. On peut, on doit caractériser Al Qaeda comme un "terrorisme" bien spécifique, absolu en ce qu'il vise le monde entier des "infidèles", en dehors des classes sociales, des nationalités : la destruction des Twin Towers, de ce point de vue, est un crime contre toute l'Humanité. Il s'agit d'infliger aux non-croyants la leçon qu'ils méritent par tous moyens, et c'est la mort mondialisée sans quartier. C'est la terreur, au sens strict, contre la totalité des peuples mécréants. Le but officiel n'est pas de conquérir un territoire ou un bien, de libérer une nation, mais de frapper les "âmes", en général, par la force. "Ce terrorisme''
est d'une caractéristique exceptionnelle parmi tous les terrorismes : proche des pratiques de l'Inquisition catholique, des Croisades fanatiques menées par l'Occident contre les musulmans, il repose sur une généralité théologique, une abstraction intégriste totalitaire qui menace des milliards d'humains indistinctement. En même temps, il est le produit d'une caste bourgeoise réactionnaire arabe, nourrie d'obscurantisme et de pétrodollars, son terreau a été développé comme un sous produit du désordre capitaliste libéral, et c'est ce qui fait qu'il est sorti de sa région, du nationalisme, de la religion, qu'il s'est mondialisé.
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La chasse contre ben Laden n'est pas un mandat contre tous les terrorismes
Les Etats-unis ont un mandat pour faire justice contre les meurtriers du 11septembre 2001 mais pas pour éradiquer "tous les terrorismes".
- Car si tel était le cas, la planète serait à feu et à sang. Les USA pourraient intervenir par exemple, aux Philippines, au Sri lanka, en pays basque, en Colombie, en Algérie, en Palestine, en Israël, en Syrie, en Iran, en Irak, au Kurdistan, en Libye, au Yémen, au Soudan, en Indonésie, en Russie, en Chine, en Inde... et au Pakistan. Nul, raisonnablement, ne donnerait à Bush, une quelconque légitimité, au nom de son dieu, de son argent et de son nationalisme, pour réduire tous les terrorismes. Déjà, les Etats-unis se sont arrogé le droit d'intervenir un peu partout dans le monde depuis des décennies, et chacun le sait, ils ont eux-mêmes été aux côtés de certains terroristes, quand ils n'organisaient pas directement leur propre terreur étatique.
- Ne doit-on pas rappeler qu'après s'être opposé au "terrorisme iranien", Donald Reagan et sa garde rapprochée, avaient monté une opération illégale, de toutes pièces, pour contourner les lois de son pays et aider, grâce à des armes iraniennes, le terrorisme des "contras" contre les sandinistes au pouvoir à Managua. Qu'étaient donc les "contras" sinon un terrorisme armé de l'extérieur,mercenaire, s'attaquant sans scrupule avec un budget et des moyens immenses, à un pouvoir démocratique ?
- Henri Kissinger, l'homme clef, derrière Augusto Pinochet, pour l'assassinat de Salvador Allende, et le coup d'état du 11 septembre 1973, à Santiago du Chili, n'est-il pas un terroriste redoutable, lui qui a conseillé, armé, encadré l'armée chilienne pour renverser le régime, liquider des dizaines de milliers de syndicalistes, de militants de gauche, de démocrates ? Il n'a jamais été inquiété, et les Etats-unis ne reconnaissent pas au tribunal pénal international, comme il se devrait, le droit de le juger.
- Ceux qui ont envahi St Domingue, poussé au coup d'état sanguinaire de Sukarno dans l'Indonésie de 1965, bombardé Hanoi et le Vietnam d'explosifs terrifiants, de napalm, de produit défoliant, de mines antipersonnelles, soutenu la dictature argentine de Videla, poussé l'Irak dans une guerre de huit ans contre l'Iran, encouragé les moudjahidine puis les talibans contre les russes, entre autres "grands jeux" planétaire pour assurer leur domination ne sont pas qualifiés pour prétendre lutter contre le terrorisme en général.
- Les grandes puissances qui ont tous les moyens sophistiqués des armes atomiques, chimiques, bactériologiques, n'ont elles pas, depuis Hiroshima, fait régner un équilibre de la terreur ? ( Voire "Affaires atomiques" p. 10 et II). Les Etats unis n'ont-ils pas refusé de signer la convention contre les mines anti-personnelles, eux qui en ont répondu partout dans le monde, du Vietnam... en Afghanistan ? N'ont-ils pas freiné et limité le contenu et l'adoption des conventions internationales contre l'usage des armes bactériologiques et chimiques ?
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- La vieille histoire du terrorisme
- La question du terrorisme n'est pas la même face à des régimes autoritaires et face à des démocraties. La violence aveugle, individuelle n'est pas la même non plus que la violence de masse appuyée par une majorité d'un peuple. La violence contre les civils n'est pas la même que contre les militaires. La violence étatique (Rainbow warrior) n'est pas la même que la violence d'une guérilla, la lutte armée de libération nationale ou sociale n'est pas forcément du terrorisme même si elle peut en prendre certaines formes.
- Il est donc nécessaire de replacer la violence dans l'histoire, lorsqu'il s'agit de l'invasion des émigrés ou de la Terreur jacobine, de la violence fasciste nazie ou de celle de la Résistance, lorsqu'il s'agit de la violence de la Commune de Paris ou de celle des Versaillais, lorsqu'il s'agit de la violence des colonisés ou celle des colonisateurs.
- En "une" du Monde, une philosophe du CNRS, Monique Canto-Spencer, s'en prend d'emblée, dés sa première phrase, au terrorisme de Léon Trotski et de tous les siens qui, selon elle, "subordonnent tous les moyens à la fin". Peu lui importe que Trotski ait écrit exactement le contraire, son article "philosophique", sans référence historique, sans contexte concret, sans même une citation de Léon Trotski, est un brûlot contre toutes les révoltes, toutes les insurrections, toutes les résistances armées, toutes les révolutions.
- Bien sûr, le lynchage, l'assassinat aveugle, la prise d'otages de civils, d'enfants, d'humains non concernés par les raisons du conflit ou de la guerre, sont des crimes injustifiables. Des bombes dans le métro, dans un grand magasin, dans les Twin Towers, sont des actes
qu'aucune cause ne justifie. Aucune, dons aucun cas. Des disséminations de bactéries ou la pulvérisation de virus mortels à l'aveuglette dans des endroits publics, des bombes antipersonnelles laissées au hasard des passages des populations, sont des moyens qui vont à l'encontre de toute fin, aussi grandiose se prétend-elle. Mais Léon Trotski a spécialement écrit : "Leur morale et la nôtre" en réponse à un autre philosophe américain, John Dewey, pour expliquer justement que les moyens doivent être proportionnés et subordonnés à la fin visée. Et ce n'était pas nouveau pour les bolcheviques, ni pour les socialistes en général, puisque depuis le début du siècle, ils s'étaient démarqués théoriquement et pratiquement du "terrorisme".
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- Le combat du peuple et non le combat d'exaltés
- Monique Canto-Sperber a raison de dénoncer "les idéaux d'une prétendue libération quand ceux-ci ne sont que des mythes qui entretiennent, déplacent et réitèrent sans cesse la violence", et de refuser "de diluer dans le malheur social et politique, puis d'excuser pour cette raison, des actes de terreur sans discrimination ni but".
On ne doit pas renoncer à qualifier les actes des opprimés pour ce qu'ils sont : par exemple, l'exécution des "otages" de la Commune de Paris ne se justifiait en rien et ne lui a rien apporté de bon, ni , crédit, ni défense, alors que les crimes de M. Thiers et des Versaillais sont pourtant sans commune mesure en ampleur, en férocité, en assassinats indifférenciés avec cette exécution.
- Mais ceci dit, la terreur de masse la plus lourde de conséquences historiques contre les ouvriers a bien été exercée contre la Commune et non pas par elle. La fin du XIXe siècle a, sans doute, à cause de cela, été marquée par des représailles terroristes et des attentats suicidaires, déjà, contre les personnalités représentatives des pouvoirs honnis. Là, il ne s'agissait pas d'attentats aveugle mais cibles, contre les représentants de la "tyrannie". Ravachol en France, Netchaïev et tant d'autres dans l'empire tsariste.
- Les sociaux-démocrates, dans toutes leurs composantes, y compris bolcheviques, s'y sont opposés. En affirmant que le choix historique se situerait entre socialisme et barbarie, Rosa Luxembourg voulait que le combat socialiste soit véritablement celui du peuple et non pas celui d'exaltés s'auto octroyant un mandat pour lutter à sa place, avec les méthodes substitutistes du terrorisme ou du putchisme minoritaire.
- Le souvenir du frère aîné de Lénine, qui avait été exécuté par le tsar après un attentat manqué, avait conduit Trotski à réaffirmer l'opposition au terrorisme et aux actions minoritaires "exemplaires" : « Ce qui, au début, avait été un acte à demi instinctif de vengeance pour des compagnons de lutte lourdement frappés se transforma, par la force des choses, en un système de lutte politique se suffisant à lui-même. Ainsi, coupée du peuple et, en même temps, poussée par le cours des événements à l'avant-poste de l'histoire, l'intelligentsia s'efforçait de donner à sa faiblesse sociale l'adjuvant de la force explosive de la dynamite. », (p. 44). Trotski, au contraire de ce que lui prête Monique Cantor-Sperber, dénonçait le caractère substitutiste du recours à la violence minoritaire : « La pensée critique était allée se loger dans un engin explosif qui avait pour rôle de mettre à la disposition d'une poignée de socialistes les destinées du pays », (p. 45). «L'héroïsme, indubitablement, suscitait des imitateurs. Il ne manquait pas, certes, de jeunes hommes, de jeunes filles prêts à sauter avec leur bombe. Mais il ne se trouvait déjà plus personne pour les rassembler et les guider. Le parti s'effondrait. Par sa nature même, le terrorisme dépensait infiniment plus vite les forces toutes prêtes, qui lui était venues de la période du propagandisme qu'il ne parvenait à en former de nouvelles. », (p. 46).
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- Bourreaux et victimes, révolution et contre révolution
- Par contre, lorsque le peuple s'engage majoritairement dans la voie de la révolution, le terrorisme est alors utilisé contre lui par l'état policier ou ses bandes parallèles. Alors que la révolution grondait dans l'Allemagne des années 20, ce ne sont pas les socialistes ni les communistes qui ont utilisé le terrorisme, mais les corps francs, les "noirs". La barbarie fasciste en Allemagne s'est distinguée par sa capacité à dépasser ce stade et à renverser la situation entraînant à son tour un mouvement de masse pour faire régner sa terreur. Cette barbarie-là est le plein développement du terrorisme, le fascisme, alors que le socialisme est le plein développement de la démocratie : entre les deux, il faut choisir.
- Trotski, chef de l'Armée rouge s'est refusé à chasser Staline par un coup d'État militaire parce que : « le fait de renoncer à la lutte de masses réduisait les fins socialistes à une illusion subjective », (La jeunesse de Lénine Paris, éd. PUF, 1970, écrit en 1935, p. 45). De la même façon, les "Leçons d'octobre" devaient montrer aux amis des bolcheviques en Europe, qu'ils devaient s'appuyer sur une volonté populaire majoritaire. Ce n'était pas seulement 'Tort de l'insurrection" qui permettait de l'emporter ("Histoire de la révolution russe" L.T.) : encore fallait-il disposer de l'équivalent d'une majorité dans les "soviets" ou "conseils", d'une majorité dans les syndicats, dans la gauche, pour pouvoir à la fois résister aux corps francs, aux "blancs", aux fascistes, à la répression policière et, à la fois, conquérir le pouvoir et le garder.
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Et les bolcheviques gagnèrent d'abord les élections en août septembre 1917 avant de prendre le pouvoir. La révolution d'Octobre ne fut pas un putsch mais un soulèvement majoritaire, et elle fut relativement pacifique : ce qui ne le fut pas, ce fut la contre-révolution, avec six corps d'armée étrangères (américains déjà, français, anglais, japonais, allemands, tchèques...) soutenant les "Blancs" qui initièrent une terreur digne des Versaillais. Koltchak et Dénikine figurent parmi les pires terroristes de l'époque. Les bolcheviques étaient sur la défensive et faillirent périr tout comme les communards parisiens, il s'en fallu de très peu que les Versaillais ne l'emportent là aussi. Trotski n'a jamais présenté comme des actes exemplaires, ce qu'ils ont été amenés à faire, alors qu'ils défendaient le nouveau et fragile pouvoir soviétique de cette barbarie déferlante en provenance du monde entier.
- Monique Canto-Sperber ne dit pas quelle dictature l'aurait emporté si les Kornilov ou Koltchak étaient parvenu à renverser la révolution d'octobre avec les moyens qu'ils avaient mis en oeuvre pour parvenir à leurs fins.
- Mais dans cette affreuse guerre civile, aucune des méthodes de combat utilisées n'était justifiée, même si "tuer un ennemi à la guerre, riposter à des tirs de mortier sur des civils ou exercer des représailles en légitime défense, ce n'est pas la même chose que tuer des familles en vacances ou des hommes et des femmes qui sont à leur travail".(Le Monde, M. C-S, p 19)
- La situation de l'URSS des années 1918-21 à laquelle fait référence Léon Trotski n'a absolument rien à voir avec ben Laden, lequel rien à voir avec, par exemple, le terrorisme basque ou irlandais, ou corse. L'amalgame utilisé par Monique Canto-Sperber est un signe manifeste de malhonnêtetée dans sa "recherche philosophique.
- Matti Altonen
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- Nous avons publié, dans D&S n° 87-88 I
Nous avons publié, dans D&S n° 87-88 (sept, oct.) le rapport "Ouverture et démocratie dans l'OMC" dans lequel Harlem Désir proposait au parlement européen de modifier le fonctionnement de l'OMC. Ce rapport a été adopté à une large majorité (434 pour, 10 contre, 2 abstentions), certes amendé, mais il continue à remettre en cause radicalement le fonctionnement et les missions actuelles de l'OMC telle qu'elle a travaillé à Doha, Qatar. Il appelle à une réforme profonde d'une organisation dont le fonctionnement opaque ne permet pas aux pauvres de se défendre. Il défend également une nouvelle hiérarchie des normes internationales en faveur du droit social (OIT) et de la sauvegarde des équilibres écologiques (Traité de Kyoto, confirmé au Maroc)... On comprend donc l'importance de ce vote au moment où l'OMC lance une nouvelle offensive de dérégulation en s'attaquant aux secteurs de l'éducation, de la santé ou des droits de propriété intellectuelle. Vous pouvez vous procurer "Les cahiers pour une autre Europe et une autre mondialisation" n° I, Nov. 2001, Harlem Désir, C/0 10 bis rue maximilien Robespierre, BP 85, 93622 Aulanay sous Bois, cedex tel 0158030100 email: harlem.desir@free.fr
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- CONTRE L'OMC,
NOUS NE SOMMES PAS SEULS
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- Allemagne. 28 villes se mobilisaient, marchaient dans les rues. Entre autres : Aachen - Berlin - Bielefeld - Bremen - Cottbus - Dortmund - Frankfurt/Main - FrankfunVOder -Friedberg - Hamburg - Hannover - Kassel - Kbln - Leipzig - Marburg - Mùnchen (Munich) - Munster - Nûrnberg - Oldenburg - Rostock - Regensburg - Schwerin -Wiesbaden
- Australie - Une cinquantaine d'organisations, de syndicats et d' association organisaient un forum, un concert et une manifestation à Sidney.
- Autriche : Un événement organisé entre autres par ATTAC Autriche dura toute la journée.
Bangladesh.
- Bangladesh Mukto Sramik Fédération est à l'origine de l'organisation de trois manifestations à Chittagong, Khulna et Sylhet
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Canada. Des actions ont été entreprises à Halifax, Québec, Ottawa,Toronto, Sudbury, Vancouver, Edmonton, Regina entre autres. Carnavals, manifestations, séminaires, forums organisés par des dizaines d'organisations et syndicats.
- Corée. Débats, conférences et actions symboliques ont été organisés à Séoul.
- Danemark. A Aalborg et à Copenhague des actions ont été entreprises par ATTAC Damnemark.
- Espagne. Des actions ont été organisées dans plusieurs provinces, entre autres la Galice, la Catalogne, le Pays basque.
- Etats Unis. Des rassemblements organisés par les syndicats AFL CIO, CWA et l'organisation Jobs with Justice se dérouleront à Washington. Une manifestation était prévue le lendemain. Des actions ont été aussi organisées avec la participation de plusieurs dizaines d'autres organisations à Boston, Chicago, Harrisburg, Madison, New York, Philadelphie et San Francisco.
- Finlande. Helsinki Des manifestations faisaient suites à des rencontres débats, forums et autres événements.
- Hollande. Conférences et débats organisés par différents groupes et organisations.
- Hong Kong. La coalition contre la mondialisation de la pauvreté organise des (raclages, des actions dans les entreprises et une manifestation.
- Inde. Manifestations à New Delhi organisées par "La campagne des peuples indiens contre l'OMC". Dans d'autres états en particulier Mandleshwar, Madhya Pradesh des actions étaient aussi entreprises.
- Italie. Rome manifestation monstre: 30 000 personnes. La manifestation aboutit sur la place de la Bouche de la vérité. Concert, conférence. D'autres actions étaient prévues dans d'autres villes, en particulier Naples et Bologne, Milan.
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Japon. Des actions seront entreprises dans les rue de Tokyo.
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Liban. A Beyrouth un contre-sommet international a réuni plusieurs centaines de délégués du Moyen orient et du reste du monde.
- Malaisie. Des actions de sensibilisation seront organisées dans plusieurs centaines de lieux de travail à l'initiative du Congrès syndical malais.
- Maurice (Ile). Une marche a eu lieu à Port Louis.
- Nigeria. Des rassemblements sont organisés dans tout le pays à l'initiative du Nigérian Labour Congress.
- Nouvelle Zélande. « No to thé WTO - Oppose Corporate Globalization ». Des manifestations étaient organisées à Auckland, Christchurch et Wellington.
- Norvège. Des manifestations sont organisées à Oslo et dans d'autres villes du pays.
- Les Philippines. Une caravane a parcouru le pays. Des rassemblements sont prévus.
- Portugal. Des actions, rassemblements et manifestations sont prévus dans le pays.
- Quatar. Conférences de presse. Le Rainbow Warrior de Greenpeace est aussi à Doha. Une émission quotidienne était émise sur Internet (en anglais) ainsi que José Bové
- Royaume Uni. Un défilé carnavalesque s'est déroulé le 3 novembre à Londres.
- Russie. La conférence sur la mondialisation et la campagne contre la mondialisation libérale organisaient des actions dans plusieurs villes.
- Suède. Gotheborg, Uppsala, Malmo et Umea se mobilisent.
- Suisse. Manifestation nationale à Genève à l'appel de plusieurs dizaines d'organisations, de syndicats et d'associations.
- Thaïlande. Une manifestations s'est déroulée à Bangkok toute la journée.
- Turquie. Une caravane est partie d'Istanbul le 4 novembre qui a voyage dans tout le pays. Une marche convergeait de plusieurs villes vers Ankara pour unemanifestation.
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- 10 000 Manifestants le 10 novembre 2001 à Paris
- LE MONDE N'EST PAS UNE MARCHANDISE !
- Face aux prétentions de l'Organisation mondiale du commerce
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- Le 10 novembre a été une journée de mobilisation dans toute la France et en Europe. En France, plus de 60 mobilisations ont eu lieu, en Europe près de 120.
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- Le rendez-vous à Paris était à!4h à la Bourse, pour se diriger vers Bastille. Une banderole unitaire ouvrait la marche : "Le monde n'est pas une marchandise". Dans le carré de tête, les re-présentant-e-s des associations, syndicats et partis politique. On y a vu notamment Bernard Cassen et de nombreux dirigeants d'ATTAC, Noël Mamére, Robert Hue, Pierre Khalfa, Christophe Aguitton, Yacer Fichtali, Gérard Aschieri, Bernard Langlois, Harlem Désir, Gérard Filoche. Les associations précédaient les syndicats puis les partis politiques, il y avait environ 8 000 personnes, et le cortège était dynamique.
- En France, des manifestations se sont déroulées à Reims, Manosque, Gap, Valence, Carcas-sonne , Montpellier , Marseille , Lannion , Bordeaux , Rennes, Grenoble, Cahors, Locarn, Lille, Bayonne, Pau, Colmar, Lyon, Chalon-sur-Saône , Chambéry, Rouen , Albi, Poitiers, Nantes, Toulouse, La Rochelle, Saintes, Royan, Rochefort. Rassemblements à Montluçon , Nice, Foix, Angoulême, Périgueux, Bergerac, Nyons, Brest, Nimes, Laval, Nancy , Metz, Dunkerque , Strasbourg , Annecy , Limoges, Guadeloupe, Villeneuve -sur-Lot, Brest, Epinal.
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- Le texte de l'appel unitaire
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- Depuis sa création par nos gouvernements en 1995, l'Organisation mondiale du commerce (OMC) impose un processus de libéralisation généralisée, qui concerne non seulement le commerce international, mais aussi tous les secteurs de la vie économique et sociale : environnement, santé, services publics, alimentation, propriété du vivant. Elle continue en outre à opérer de façon opaque, à la fois vis-à-vis des citoyens et des pays du Sud. Son bras judiciaire, l'Organe de règlement des différends (ORD), légifère dans de nombreux domaines non-commerciaux, en se donnant ses propres règles hors de tout contrôle démocratique. Elle a toujours refusé de prendre en considération la dimension sociale des échanges, qu'il s'agisse de l'emploi et des droits sociaux fondamentaux. Elle ne se soucie pas davantage de la protection de l'environnement et des milieux naturels ni des normes de santé publique.
- La Conférence ministérielle de l'OMC, au Qatar du 9 au 13 novembre constituait donc un enjeu majeur pour les peuples, les citoyen(e)s, les salarié(e)s, pour l'avenir même de notre planète. Lors de la précédente réunion de l'OMC à Seattle en novembre 1999, les divergences entre les Etats membres, couplées aux mobilisations citoyennes, avaient empêché l'ouverture d'un nouveau cycle de libéralisation du commerce mondial.
- Malgré cet échec, l'OMC persiste et signe. L'Accord général sur le commerce des services (AGCS) menace l'existence même des services publics, en particulier l'éducation et la santé. L'Accord sur l'agriculture promeut un modèle d'agriculture productiviste et industriel qui a pour conséquence la standardisation de l'alimentation, l'insécurité, la non souveraineté alimentaire et la disparition des petites et moyennes
exploitations au Nord comme au Sud L'Accord sur les droits de propriété in tellectuelle liés au commerce (ADPIC) transforme les processus biologiques naturels en marchandises en permettan leur accaparement par les multinationales. Le sommet du Qatar vise à accélérer ces processus et à les rendre irré versibles.(...)
- À cette logique, nous opposons une autre conception des échanges internationaux, basée sur la solidarité, la coopération, un commerce équitable.
- - le refus aujourd'hui d'un nouveau cyck de libéralisation et de toute extensior des pouvoirs et domaines de compé tence de l'OMC,
- - une évaluation, avec la pleine partici pation des associations citoyennes, di bilan de l'OMC.
- - sa subordination aux chartes internationales comme la Déclaration univer selle des droits de l'homme, et aux conventions internationales relative: aux droits économiques, sociaux et culturels et aux normes sanitaires et environnementales,
- - le maintien et le développement de: services publics dans les secteurs essen tiels que sont l'eau, la santé, l'éducation la culture, l'environnement, l'audiovisuel, les services de communication, le; transports, le logement, l'énergie...
- - le respect du principe de précautior en matière d'écologie, de santé publique et d'alimentation, notamment en matière de production et distribution de: OGM,
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- l'interdiction des brevets sur le vivant plantes, animaux, micro-organismes et gènes,
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- la proclamation comme bien commur de l'humanité de l'eau, de l'air et du patrimoine génétique.
- L'Appel était soutenu par :
- Les Alternatifs, Alternative libertaire Gauche Socialiste, LCR, MDC, Mouvement des jeunes Socialistes des Hauts-de-Seine Mouvement des jeunes communistes français, PCF, Les Verts...
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- Le Parti Libéral Constitutionaliste (PLC) et son candidat Enrique Bolanos ont remporté les élections législatives et présidentielles nicaraguayennes. Selon des résultats encore partiels, Bolanos obtiendrait près de 55% des voix, contre 44% pour Daniel Ortega, candidat du Front Sandiniste de Libération National (FSLN). C'est donc le troisième échec électoral de Daniel Ortega, après 1990 et 1996.
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MALGRÉ DIFFÉRENTES mesures d'allégement de la dette extérieur, le Nicaragua est un des pays les plus endettés du monde par tête d'habitant (1.400 USD/hab., soit près de trois fois le PIB/hab.), et présente un déficit structurel de sa balance commerciale d'un milliard deux cent millions de dollars (1,8 milliards d'importations pour 0,6 milliards d'exportations), seulement couvert par moitié par les envois de fonds des émigrés résidant pour la plupart aux Etats-Unis, mais également au Costa Rica. C'est dire comme le pays est dépendant de l'aide internationale et des politiques dictées par la Banque mondiale et le FMI. Dans ce contexte, les budgets sociaux (éducation, santé) ont été laminés depuis la fin de la période sandiniste (années 80), compromettant le développement futur du pays.
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Au cours des dernières années, la population n'a connu aucune amélioration sensible de ses conditions de vie et 72% de là population vit au dessous du niveau de pauvreté. La majorité des paysans n'a pas accès au crédit agricole et une bonne partie des anciens bénéficiaires de la réforme agraire vendent leurs terres aux anciens et nouveaux producteurs latifundistes, faute d'avoir pu consolider leur situation économique (la contre-réforme agraire a déjà touché plus de la moitié des terres réformées). Les facteurs conjoncturels comme l'ouragan Mitch, la sécheresse ou l'effondrement des prix mondiaux du principal café, principal produit d'exportation, ont bien entendu aggravé la situation très vulnérable de la population rurale. En ville, la faiblesse du maillage industriel, encore accrue avec la libéralisation de l'économie et l'importation de nombreux biens de consommation étrangers, contribue au sous-emploi de la population. Les efforts de nombreuses ONG présentes dans le pays ne peuvent substituer l'absence d'un Etat efficace doté d'une réelle stratégie de développement économique, de moyens financiers et d'un minimum de transparence dans son fonctionnement.
- La politique économique a favorisé la création de conditions favorables aux investissements étrangers dans des zones franches qui emploient des milliers de personnes, le Nicaragua recevant ainsi les "bénéfices" de son principal "avantage comparatif, celui de disposer d'une main d'oeuvre bon marché. Bien entendu, l'effet d'entraînement sur le reste de l'économie de ce genre d'investissement est pratiquement nul. Les quelques marges de manoeuvre qu'aurait pu mettre à profit le pays -en particulier grâce à l'aide internationale- n'ont pas été mises à profit, alors que la corruption et l'enrichissement personnel et de l'entourage du Président Arnoldo Alemân deviennent de chaque jour plus voyants.
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- Comment expliquer le nouvel échec du FSLN ?
- Les résultats du 4 juin reflètent en partie l'existence d'un "vote de la peur". Celui-ci a été favorisé par la violence du discours de la droite, surtout après le 11 septembre ("Daniel Ortega, l'ami des terroristes") et l'ingérence des Etats-Unis dans la campagne électorale, avec comme message implicite destiné à la population "les sandinistes sont nos ennemis, et vous savez ce que c'est que de nous avoir pour ennemis..." Dans un pays qui a été traumatisé et ruiné par huit ans de guerre financée par ces mêmes Etats-Unis, ce genre d'ingérence ne peut que peser dans la balance électorale. Il aurait été heureux d'entendre la délégation d'observateurs de l'Union Européenne présente au Nicaragua se prononcer sur l'attitude américaine...
- Cependant, l'échec du FSLN résulte également de son incapacité à se démocratiser, à permettre et encourager le débat interne et à remplir un véritable rôle de parti d'opposition hors période électorale. Le parti est contrôlé par des secteurs issus de l'ancienne direction des années 80, convertis en nouvelle oligarchie économique grâce à la répartition en catimini de biens de l'Etat au lendemain de la défaite électorale de 1990 (la "pinata") et à la politique de privatisations du début de la décennie passée.
- Par le biais du fameux "pacte" PLC-FSLN, ces secteurs ont négocié avec le président Alemân un certain nombre d'avantages économiques, une répartition du pouvoir politique et judiciaire à de multiples niveaux, ainsi qu'une nouvelle loi électorale interdisant pratiquement la participation de toute nouvelle force politique, en échange d'une relative paix sociale. Bien entendu, la viabilité de ce pacte impliquait la marginalisation de toute opposition interne au Front sandiniste.
- Le FSLN comptait sur le phénomène de rejet envers le Président Alemân et sur une éventuelle division de la droite pour l'emporter, puisqu'il suffit d'une majorité simple pour être élu à la présidence de la République. Le FSLN pensait donc faire l'économie d'un travail de longue haleine d'opposition et d'élaboration d'une alternative, basé sur de nouvelles pratiques politiques et sur une union avec d'autres forces qui aille au-delà de la campagne électorale.
- Cependant, le candidat Bolanos a habilement su se démarquer du président sortant, alors qu'il était lui-même son vice-prédident, et la division de la droite n'a pas eu lieu. En effet, les tentatives de créer une "troisième voie" autour du parti conservateur ont échoué, à la suite en particulier des pressions de l'Ambassade américaine. La création tardive, autour du Front Sandiniste, de "La convergencia", alliance pré-électorale relativement large (avec y compris des personnalités et secteurs de l'opposition antisandiniste des années 80) n'a pas non plus permis de modifier l'équilibre politique existant depuis près de douze ans entre antisandinistes (55/60% des voix) et sandinistes (40/45%).
- Malgré tout, le Front sandiniste reste le grand parti de la gauche nicaraguayenne dans lequel se sont encore une fois reconnus plusieurs centaines de milliers d'électeurs. C'est à eux qu'incombera de tirer les leçons de ce nouvel échec électoral, de lutter pour la mutation de leur parti et, avec d'autres forces issues ou non du sandinisme, de construire des alternatives pour le pays.
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LAURENT LEVARD
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- CONTRE LA MARCHANDISATION DE L'ÉDUCATION
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- Jean-Luc Melenchon s'est rendu, au nom du gouvernement français à Porto Alegre, au forum mondial de l'éducation. Le 24 octobre 2001 à 20, 15 000 personnes se retrouvaient au stade couvert, le Gignatinho. Pendant trois jours, l'essentiel de cette foule vient des quartiers populaires de Porto Alegre et des environs et elle s'est passionnée, trois jours durant, à des dizaines de débats rythmant le Forum. Les organisateurs du Forum ont demandé à Jean-Luc Melenchon de conclure les quatre jours de travaux avec Tarso Genro, le maire de Porto Alegre.
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- La République sociale, club de la Gauche socialiste, a tenu un stand et diffusé des documents élaborés spécialement pour ces débats. Il s'agissait de lutter contre la marchandisation de l'éducation qui se met en place à travers diverses mesures concrètes dont les plus poussées ont lieu au Royaume-uni, en Australie, et aux Etats-unis.
- Aux USA, l'état de Floride donne des Bourses aux élèves quittant de "mauvaises écoles publiques" pour le privé. Au Maryland, des écoles publiques ont été vendues à la "Edison Scholl incorporated", qui en possède déjà 79 dans 16 états avec 38 000 élèves... Le Ministre de l'éducation veut vendre les collèges en état d'échec des centres villes. En Californie, le district scolaire a passé un contrat de monopole avec Pepsi-Cola.
- En Australie, la vente des écoles est devenu la première ressource des rentrées de l'état qui a passé son budget des universités de 90 à 60 %.
- En France même, le service public est invité à intégrer la logique marchande : les établissements seraient poussés à adopter le fonctionnement d'une entreprise, placés en situation de concurrence, et contraints à chercher toujours plus de ressources propres auprès d'opérateurs privés.
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Les droits d'inscription sont en hausse.dans chaque pays, les organisations patronales réclament la possibilité de fabriquer leurs propres certificats de compétence au même titre que les diplômes nationaux... C'est la porte ouverte à la marchandisation des certifications professionnelles...
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L'OCDE (Adult learning and Technology in OECD couintry, 1996) explique déjà que "l'école doit se contenter d'assurer l'accès à l'apprentissage de ceux qui ne constitueront jamais un marché rentable et dont l'exclusion s'accentuera à mesure que d'autres vont continuer de progresser".
- L'école privée de qualité aux riches, l'école publique restante aux pauvres...
- Sur le site de la Gauche socialiste vous trouverez le récit détaillé des quatre journées du Forum, la contribution de la République sociale, et le texte du discours de Jean-Luc Melenchon.
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Lors du CN des 17 novembre, le Parti socialiste fera des choix presque décisifs pour son programme lors des élections présidentielle et législative du printemps 2002. Il traitera des projets sociaux : durée du travail, salaire, retraites, droits syndicaux, politique familiale, logement, sécurité, et aussi des services publics, de la réforme de l'état, du développement durable. (Lire l'Hebdo des socialistes n°206, du 27 octobre, ou le texte est intégralement publié). Croissance et réforme fiscale seront discutées en janvier. Tout se conclura par une grande convention nationale fin janvier 2001.
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La Gauche socialiste a déjà déposé des propositions sur ces différentes questions lors des Conseils nationaux de juin et d'octobre 2001. Elle a déposé une contribution (publiée sous une forme réduite dans L'Hebdo des socialistes n 208, du 10 novembre 2001 pour le Conseil du 17 novembre).
- Elle critique implicitement les propositions sociales trop modérées et les ambiguïtés du texte sur les retraites, l'absence de réforme fiscale, et propose en positif un programme pour gagner. D&S a déjà publié le calendrier des débats dans le n° 85 de mai 2001, D&S n° 87-88 (sept, octobre) a publié des extraits de nos
thèses adoptées à l'université de Nantes (et elles contiennent les éléments de nos propositions). Enfin, A gauche a suivi les dossiers "Mondialisation" (texte présenté par Harlem Désir, en accord avec la motion 3, A Gauche n°835 du 10 octobre) "Education" (A Gauche n° 837 et 838) et "Sécurité" (A Gauche n° 839).
- Vous pouvez donc suivre, soit dans le mensuel, soit dans l'hebdo de la Gauche socialiste, ses propositions (par ailleurs, elles sont sur notre site Internet) et nous les résumerons dans un document d'ensemble pour le débat récapitulatif de fin janvier. Voici, ci-après, une analyse du passage "retraites" du projet 2002 présenté par la commission "projet" du Parti socialiste et quelques éléments d'alternative. Et voici aussi un premier compte-rendu des propositions de Julien Dray sur la sécurité adoptées par le Parti socialiste (colloque d'Evry du 27 octobre) par ailleurs vous trouverez dans ce livre, les arguments actualisés contre la campagne du Medef. En intervenant politiquement dans l'avant-campagne électorale, le Medef nous montre ce à quoi il faudra répondre, ce qu'il faudra combattre pour gagner en 2002 : le projet socialiste ne peut éviter d'en tenir compte.
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- Coup d'envoi de l'action unitaire par les tous les syndicats à Clermont-Ferrand
- CGT - CFDT - FO - UNSA - FSU
-GIO-UNEF
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appellent à manifester contre MM.
Seilliére et Kessler
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- Le Medef n'a sans doute pas choisi la bonne ville, ni la bonne région pour commencer sa tournée en france : à Clermont-Ferrand, l'unité syndicale contre les provocations patronales est une bonne habitude. Sept syndicats ont donc lancé dés le 8 novembre, un appel dont voici le texte :
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A l'occasion des futures élections politiques, le Medef se veut porteur d'un projet de société ultra-libéral et se déclare le parti de l'entreprise. Dans ce cadre, il organise 8 forums dans toute la France sur le thème « en avant l'entreprise, en avant la France ».
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Clermont-Ferrand est l'une des premières étapes, Denis Kessler y sera présent le 13 novembre.
- Le Medef veut-il devenir un parti politique ?
- Pour nous, organisations syndicales, l'intérêt des actionnaires n'est pas l'intérêt de la population.
- L'intérêt des citoyens en France, c'est le plein emploi, c'est un pouvoir d'achat en progression pour les salariés, les retraités et les exclus. L'intérêt des citoyens, ce n'est pas la déréglementation ni la précarité. L'intérêt des citoyens, c'est la défense du service public.
- Les organisations syndicales : CGT, CFDT, FO, UNSA, FSU, Union Solidaires G10, UNEF appellent l'ensemble des salariés et citoyens à manifester leur opposition à ces projets néfastes en participant à un rassemblement de protestation le :
- Mardi 13 Novembre
à partir de 17 H devant l'IFMA ( la grosse boule de verre )
Campus des Cézeaux à Aubière.
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Par ailleurs, les signataires de ce communiqué invitent à la conférence de presse qu'ils organisent, le vendredi 9 novembre à 14 Heures, à la Maison du Peuple, place de la Liberté Clermont-Ferrand, (rez de chaussée) Voilà une démarche et un "appel" qui devrait être repris partout pour faire des contre états généraux, des contre manifestations face à la tournée du meetings du Medef où MM. Seilliére et Kessler prennent la parole.
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Ils sont 56 grands patrons de l'AFEP (association française des entreprises privées) à avoir publié dans "Les Echos" du 24 octobre, un "appel" pour faire pression sur le gouvernement et les députés afin qu'ils "renoncent à durcir le droit du licenciement". Il s'agit d'empêcher la fameuse et tardive "loi de modernisation sociale" d'être prochainement adoptée en troisième lecture au Parlement.
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- C'EST UN CHANTAGE pur et simple : "Les nouvelles dispositions freineraient l'adaptation des entreprises pour rester compétitives, le piège se refermeraient sur les salariés" affirment ces patrons qui emploient 1,5 million de salariés. Ils se plaignent que la loi va doubler les délais de licenciements. La procédure passerait de "cent à deux cent jours". "La rupture des contrats de travail ne serait effective qu'au bout d'environ cinq cent jours", cela "risquerait d'accentuer les déséquilibres géographiques de 'l'emploï' ajoutent-ils, menaçant implicitement de délocalisation.
- Ils prennent les salariés et le gouvernement pour des petits gamins peu responsables : en effet, feignant d'oublier la légitime émotion suscitée par les dizaines de plans sociaux lourds, mis en avant depuis le printemps 2001, (Marsk & Spencer, Danone, Dim, Philips, Moulinex...) ils concluent que "l'émotion est mauvaise conseillère". Comme si le débat qui avait secoué la France, ses syndicats, ses salariés, son Parlement, son gouvernement, était irréfléchi.
- Ils reprochent au gouvernement d'avoir donné une définition restrictive du licenciement économique et dénoncent le fait que l'annonce des "plans sociaux" soit réservée aux représentants des salariés en priorité, comme une mesure en totale contradiction avec les régies
du droit boursier sanctionnant le délit d'initié. En clair, il veulent défendre les licenciements boursiers, au seul motif de la hausse du profit des actionnaires et ils veulent que les entreprises puissent apprendre à leurs salariés par communiqué public qu'ils sont licenciés (comme l'avait fait Marks & Spencer).
- La droite au Sénat a déjà (cf. article ci contre) bloqué, retardé de neuf mois, puis démantelé la "loi de modernisation sociale", anticipant sur "l'appel" de ces grands patrons. Elle a même aggravé la situation des salariés par ses amendements (un conseil pour ceux qui renvoient la gauche et la droite dos à dos : lisez ce que produit le Sénat).
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- La loi de modernisation sociale ne va pourtant pas loin...
- Pourtant la loi n'introduit pas, hélas, le nouveau contrôle administratif sur les licenciements, qui serait nécessaire pour faire face aux licenciements politiques et boursiers qui ont actuellement cours dans tout le pays. Car qui fera croire que la vague de "plans sociaux" dans des secteurs économiquement très différents, est justifiée par des motifs "économiques". Il s'agit bien sur, de licenciements d'opportunité, pour augmenter les marges des actionnaires.
- Les 56 patrons prennent l'exemple de la téléphonie mobile qui se serait effondrée en quelques semaines... Or, c'est justement le contre exemple : pendant plus de six ans, cette branche a fait des bénéfices gigantesques, les actionnaires se sont constitués une "cagnotte privée" incalculable tellement elle est immense. Au premier signe de fléchissement, ils freinent, sans précaution, sans scrupule, et., licencient, trop facile ! Quand ça marche, ils empochent, de façon imprévoyante, à court terme, à plein rednement, et à la première difficulté, ce sont les salariés qui ont produit cette richesse, qui paient les pots cassés... Pire : les actionnaires avaient prévu (eux qui ont la science infuse qui guide la main invisible mais toute" puissante du marché) de nouveaux développements spectaculaires avec les licences UTMS du téléphone avec image et messagerie internet incorporée, ils avaient même payé très cher sur ce futur marché, mais ils se sont apreçus que les profits étaient plus éloignés que prévus, et plus difficiles techniquement à atteindre. Ils ont donc demandé à revenir sur leur dette, leur engagement, et... c'est l'état qui a du leur faire un cadeau immense en la diminuant de 33 à 4 milliards de francs, ces actionnaires ne sont pas "risquophiles", comme le prétendent les idéologues du medef, ou plutôt, s'ils prennent des risques, ils aiment bien que l'état leur rembourse. Et ils aiment surtout que l'état ne les empêche pas de licencier aisément leurs "travailleurs jetables" dans ces cas-là.
- Elisabeth Guigou n'avait pourtant annoncé que trois très modestes mesures complémentaires à ce qui était déjà insuffisamment contenu dans la loi de modernisation sociale (Le Monde, 10 octobre).
- La première était d'appliquer le PARE (Plan d'aide au retour à l'emploi) aux salariés victimes d'un licenciement économique avant même qu'ils ne soient inscrits à l'ANPE pour les entreprises de moins de 1000 salariés en redressement ou en liquidation judiciaire. Le dispositif prendrait effet pendant la période entre un et trois mois lorsque le salarié est encore rémunéré par son entreprise, et remplacerait ainsi les conventions de conversion supprimées par le PARE depuis le lier juillet 2001. On ne voit pas bien le résultat encore : empêcher leur entrée dans les statistiques trop tôt ?
- La seconde viserait à taxer les entreprises de plus de 1000 salariés (entre I à 4 fois le Smic par emploi supprimé) afin qu'elles participent à al réindustrialisation des sites qu'elles ferment. Le préfet obligerait l'entreprise à signer une convention associant les organisations consulaires, les organisations professionnelles, les élus locaux, et, si elle ne le fait pas, fixerait la taxe.
- La troisième est rassurante pour les entreprises : elle prévoit que la loi, une fois votée ne s'appliquera pas aux entreprises qui auront initié des plans sociaux avant son adoption. La loi ne risque d'être adoptée qu'en décembre et publiée au Journal officiel qu'en janvier. D'ici là tous les patrons et actionnaires qui initient un plan social seront épargnés : gageons qu'il va y avoir une "ruée" de plans sociaux avant décembre. On en connait déjà qui envisageaient de licencier début 2001, ils ont avancé leur procédure plus vite pour profiter de ce "cadeau". Ce n'est pas la meilleure idée qu'ait eu Elisabeth Guigou de faire préciser cela.
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- AH, QUE LA DROITE N'EST PAS JOLIE
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Dans certains milieux, pourtant militants et de gauche, il traîne l'idée tout à fait fausse que "sous la droite, c'est plus facile de se battre". Sous entendu : "Sous la gauche, on n'a pas ce qu'on veut et l'on est anesthésiés, comme, c'est un peu notre camp, soit on n'ose pas, soit on ne peut pas agir, les gens sont plus suivistes voire résignés, tandis que sous la droite, ils se battent...". Hé, bien c'est tout à fait faux : sous la droite, en fait on perd des acquis, on régresse, et si on se bat, c'est en bas de l'escalier à reculons, pas en haut. Mieux vaut, en position de force, lutter pour interpeller et pousser un gouvernement de gauche qui n'en fait pas assez pour le progrès, que se défendre, en position de faiblesse, face à une droite qui vous attaque pour faire régresser sérieusement vos acquis. Ce n'est d'ailleurs pas, autre idée reçue fausse, quand les salariés sont plongés dans la crise et le chômage qu'ils se battent mieux mais au contraire quand le rapport de force offre des perspectives...
- Par exemple à propos des 35 h sans perte de salaire, certes, on peut se plaindre que la gauche n'ait pas fait la meilleure loi possible, mais avec la droite, on aurait les 45 h sans gain de salaire et l'on serait obligés de manifester sur la défensive pour en revenir aux 35 h légales...
- À ceux qui n'y croiraient pas, il suffit d'étudier comment la droite, au Sénat, a voulu modifier la "loi de modernisation sociale" ces derniers jours : elle a supprimé de nombreuses dispositions, comme celle obligeant les entreprises qui licencient à négocier d'abord les 35 h, elle a supprimé la saisine d'un médiateur, et le "droit d'opposition" accordé aux comités d'entreprise face aux projets de restructuration, elle a réintroduit la notion de "plan social" que la gauche avait remplacé par "plan de sauvegarde de l'emploi". Elle a refusé la notion de "carence irrégulière en matière de représentation du personnel (CE, DP)". Elle a supprimé les conditions imposées aux licencieurs pour réactiver des bassins d'emploi affectés par une restructuration importante (entreprises ayant 50 et 1000 salariés ou ayant un effectif supérieur). Elle a profondément remis en cause la nouvelle définition du licenciement économique : ainsi elle a formulé trois conditions pour justifier d'un licenciement économique, soit des difficultés économiques sérieuses, soit des mutations technologiques ayant des conséquences importantes sur l'organisation du travail, soit des réorganisations destinées à sauvegarder la compétitivité de l'entreprise. Et elle a réintroduit, à côté de ces trois conditions, l'adverbe "notamment" que les députés avaient supprimé.
- Ainsi on peut se désoler que la gauche n'ait pas pris les mesures qu'elle avait annoncé pour réintroduire un nouveau contrôle administratif sur les licenciements abusifs, ou boursiers. Mais pour autant, on ne peut ignorer que les députés de gauche avaient amélioré le contrôle des licenciements économiques, en les définissant strictement comme devant être causé par des "difficultés économiques sérieuses n'ayant pu être surmontées par tout autre moyen", ou a des "mutations technologiques mettant en cause la pérennité de l'entreprise..."indispensables à la sauvegarde de l'activité", tout autre licenciement devait, pour les députés, être dépourvu de cause réelle et sérieuse (l'adverbe "notamment" étant supprimé). Quand on sait dans quelles conditions difficiles se battent tous les salariés aujourd'hui victimes de licenciements boursiers abusifs, on se rend compte clairement que gauche et droite ce n'est pas "blanc bonnet et bonnet blanc".
- D'autant que le Sénat recule en même temps l'adoption de la loi par toutes sortes de procédures, et que celle-ci ne sera, à cause de cela, pas publiée au Journal officiel avant janvier 2002. Tous les "plans sociaux" initiés avant cette date relevant du régime légal actuel, parions même que les patrons vont s'ingénier à les multiplier rapidement.
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- Déjà la SNCF britannique en ruine, gaspillée par le privé au point que les trains roulent moins vite au XX/e° siècle qu'au X/Xe° siècle, cela aurait dû alerter les libéraux : les services publics marchent mieux pour les transports que les services privés. En douce, le gouvernement Blair, contre toutes ses théories politiques, est obligé de renationaliser le chemin de fer pour mettre un terme à la gabegie des financiers privés. Demain, il faudra bien qu'il redeveloppe le métro de Londres au lieu de le ruiner dans le but de le privatiser... Et puis le baron Ernest-Antoine Seilliére "coule" AOM-AL, lui qui était pour la déréglementation aérienne, et contre le monopole d'Air France, pas assez rentable...
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- DÉJÀ NOUS SAVIONS que dans le pays le plus riche du monde, la Californie, l'électricité privée ça ne marche pas : la Silicon Valley se trouve livrée à des coupures d'électricité, de même niveau qu'un pays du tiers-monde, qui font désordre dans les entreprises aux ordinateurs les plus performants. Décidément l'énergie électrique, ça marche quand elle est conçue comme un service public, la concurrence, ça la détruit.
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Déjà, nous savions que les assurances ne valaient pas tripette : les assureurs savent s'en mettre plein les poches mais quand il s'agit de faire face à de réelles difficultés, ils haussent leurs primes et vont se plaindre à l'Etat-providence, demandent des subsides, et renâclent à honorer leurs contrats. Ainsi les voilà, ces chevaliers intrépides du risque et de la martingale boursière, qui refusent d'assurer le "mondial 2002" de football, et les établissements soumis aux risques du terrorisme... Et, à Toulouse, après
l'explosion de l'AZT, les assureurs ne se révèlent guère performants pour régler les sinistrés : leur paperasse est bien lourde que celle que les employeurs croient bon de reprocher à l'état.
- Déjà nous savons que lorsque les régies d'un marché ne leur plaisent pas, les plus grands dirigeants capitalistes, comme Jean-Marie Messier, Vivendi, changent les régies en cours de route, et font diminuer pour les licences UMTS, par huit, le prix qu'ils avaient officiellement promis de payer à l'état...
- Déjà nous savions que les prix des services privés avaient augmenté davantage dans les vingt dernières années que les prix des services publics : + 14 %. Ils ne savent pas gérer, ils ne peuvent s'empêcher d'augmenter leurs marges au détriment des consommateurs, la concurrence, ça coûte cher... Quand les actionnaires tiennent absolument à s'attribuer des marges de 15 %...
- Nous avons constaté que lorsque les menaces de récession se font jour, le pays le plus défenseur du libéralisme, les Etats-unis, se révèle partisan d'un interventionnisme forcené, et dans ce cas-là, l'état-providence tellement décrié devient le recours décisif, le champion de la relance, le stimulant moteur n° I de l'économie...
- Nous savons qu'en France, le système de formation professionnelle continue pour adulte, privé, dépense chaque année 148 milliards de francs... qui échouent à atteindre leur objectif, 80 % -j
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de cette somme étant gaspillée, décidément l'école publique est plus efficace que l'école privée et on doit prendre garde au gâchis des fonds privés dans la marchandisation de l'enseignement...
- Nous savons aussi qu'en France, heureusement qu'il y a une "cagnotte publique" et ainsi, des fonds pour aider à la création d'emplois, aux services publics, car visiblement ceux qui détiennent la "cagnotte privée " mille fois supérieure sont des cigales, qui n'investissent pas à temps, qui ne prévoient pas à temps et qui multiplient les "plans sociaux" dés qu'il y a une difficulté de conjoncture...
- Mais voilà, sans doute qui devrait convaincre les libéraux de renoncer une bonne fois pour toutes à leurs théories archaïques sur le "moins d'état" : les cliniques privées françaises se mettent, à l'instigation de leurs patrons, en grève parce que les salaires des infirmières et personnels soignants sont trop bas par rapport aux hôpitaux public, et celles-ci fuient les cliniques privées pour aller travailler dans le public !... Voilà les médecins libéraux, qui désespérés, demandent à l'état de ... payer leurs salariés ! Ça, c'est un comble : qu'ils changent de gestion, qu'ils passent donc au public qui fait donc, là, ses preuves éclatantes ! Même avec les aides de l'état, même avec un conventionnement tout à fait favorable, ils n'y arrivent pas ! Remarquons au passage, leur gabegie, c'est que les salaires des médecins dans le privé, par contre, sont beaucoup plus élevés, mais pas ceux des infirmières, et les patrons libéraux en question demandent d'aligner les salaires de leurs personnels sur le public... mais pas leurs salaires à eux...On en tirera la conclusion, s'il vous plait, que ce n'est pas seulement en 2001 qu'il faut donner un prix Nobel de l'économie à des chercheurs qui expliquent que "le marché ce n'est pas efficace", c'est toute la réflexion économique qu'il faut changer, et il faut ringardiser les économistes du Medef, les bourreurs de crâne charlatans, les Jean-Marc Sylvestre qui nous font tous les jours dans les médias, l'apologie du privé et de la main invisible du marché...
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- Le Medef échoue sur la formation professionnelle
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- Un des "huit chantiers" de la "refondation sociale" voulue par le Medef visait la formation professionnelle et il essayait d'y entraîner les syndicats, tout en menant une course de vitesse avec le gouvernement sur ce terrain.
- Depuis le 26 janvier 2001, le Medef poussait les organisations syndicales représentatives dans un nouveau débat sur " Les enjeux d'une refonte de la formation professionnelle, bilan pour un futur".
- Il entendait le confronter avec celui des confédérations lors d'une réunion, le 6 juin 2001. Cela a échoué. Une fois encore le 18 juillet et encore une fois le 25 septembre. Puis le 23 octobre.
- La "form' pro" négociée par Medef, ça n'avançait pas décidément pas plus vite que la loi de modernisation sociale ! Ni que le reste de la prétendue "refondation sociale".
Ça faisait plus d'un an que ce "chantier" était en panne.
- La rencontre fixée au 23 octobre a échoué totalement : le texte présenté aux syndicats en vue de cette échéance était une véritable provocation !
- On peut cependant penser que le Medef, tête pensant de la droite, espère qu'en 2002, il pourra faire passer par la loi, ce qu'il a échoué à négocier avec les syndicats.
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Son document proposait l'augmentation de la contribution minimale des entreprises de moins de dix salariés au titre du plan de formation, elle passerait de 0,15 % de la masse salariale actuellement à 0,30 % à compter du Ier janvier 2002 et à 0,45 % le 1er janvier 2003.
- Mais le gros débat portait sur le principe même du financement de la formation professionnelle continue par les salariés eux-mêmes !
- Chaque salarié devait se voir attribuer un "compte épargne formation" (CEF) pour lui permettre d'accumuler du temps rémunéré pour suivre, après dix ans d'activité professionnelle, dont un an dans la dernière entreprise, et après une "évaluation de ses compétences" :
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- Soit un Projet professionnel individuel (PPI) à l'initiative du salarié financé à 25 % par l'employeur, à 75 % par le salarié
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- Soit un Plan de développement concerté (PDC) à l'initiative conjointe du salarié et de l'employeur, financé à 50 % par le salarié, à 50 % par l'employeur.
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La part financière des salariés devait être financée par :
- -Le report des congés payés annuels dans la limite de 10 jours par an
- -Les heures supplémentaires effectuées au-delà de la durée légale hebdomadaire
- -Les primes conventionnelles
- -La prime de précarité (IPE) versée aux CDD
- Seuls les coûts pédagogiques et frais divers de formation seraient pris en charge par les organismes mutualisateurs (OPCA) dans la limite des sommes collectées.
- Les cinq directions confédérales en étaient, le 23 octobre, à la 150°,réunion avec le Medef depuis deux ans, pour, chaque fois, discuter ce genre de propositions rétrogrades. Elles ont, pour la première fois, toutes, dit : "non". Bravo ! Mais ne feraient-elles pas mieux de s'accorder pour arrêter de perdre du temps avec le Medef, et ses projets politiques, et se consacrer à leur unité et à des actions communes ?
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- Le projet du Parti Socialiste se propose de garantir la pérennité des retraites et réaffirme clairement " en dehors de toute équivoque, le choix irrévocable en faveur du système par répartition... "Ce choix est fondamental.
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MAIS IL NE SUFFIT PAS d'affirmer ce choix, encore faut-il se donner les moyens concrets d'y parvenir et de pouvoir, ainsi, répondre aux questions tout aussi concrètes qui ne manqueront pas d'être posées lors des prochaines échéances électorales.
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- Une fausse idée fixe du Medef
- Le projet socialiste affirme que la Droite et le Medef ont deux idées fixes : " l'allongement de la durée de cotisation comme seule solution et ... l'abandon du système de répartition au profit des fonds de pension"
- Si le projet socialiste veut être crédible, sans doute faudrait-il commencer par ne pas attribuer à la Droite et au Medef des objectifs qu'ils n'ont pas. Jamais, en effet, la Droite et le Medef n'ont voulu " l'abandon du système de répartition au profit des fonds de pension ". Une telle solution signifierait, en effet, l'accumulation préalable d'au moins 3 années de PIB (27 000 à 30 000 milliards de francs) sur ces fonds de pension pour pouvoir financer les retraites des Français ! Ce qui est, bien sûr, parfaitement inenvisageable, même par un gouvernement de droite.
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Les" objectifs de la Droite et du Medef sont plus modestes : ils veulent figer la part actuelle du PIB (12 %) destinée à financer les retraites par répartition. Ils n'en restent pas moins dangereux. En effet, si la part du PIB consacrée au financement des retraites n'augmente pas alors que le nombre de retraités augmente (il doublera d'ici 2040), le montant de chaque retraite individuelle ne pourra que diminuer. Une place se
dégagera alors pour les fonds de pension, qu'il s'agisse de fonds de pension individuels ou de fonds de pension collectifs (fonds d'entreprise, fonds salariaux). Or, dalles deux cas, il s'agirait bien de jouer une partie de nos retraites en bourse.
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- Une vraie idée fixe du Medef
- Le projet socialiste a tout à fait raison, en revanche, d'insister sur la volonté de la Droite et du Medef d'allonger la durée de cotisation pour bénéficier
d'une retraite à taux plein du régime général.
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Ce que veulent, en effet, la Droite et le Medef c'est en finir non seulement avec la retraite à 60 ans mais encore avec l'âge butoir de la retraite à taux plein à 65 ans.
- Une telle solution reviendrait, pendant tout le temps où perdurera le chômage de masse, à diminuer considérablement le montant de chaque retraite.
- Aujourd'hui, en effet, les 2/3 des salariés qui atteignent l'âge de la retraite ne sont pas au travail : ils sont soit en invalidité, soit au chômage, soit en préretraite. lls arrivent donc à la retraite avec des
droits réduits. S'il devenait nécessaire comme le propose le Medef d'avoir cotisé durant 45 années pour pouvoir bénéficier d'une retraite à taux plein, ce serait alors les 3/4 des salariés qui arriveraient à la retraite sans être au travail et qui, de surcroît, ne disposeraient que de droits encore plus réduits.
- Lorsque le Medef affirme vouloir maintenir le niveau des retraites en allongeant la durée de cotisation, il joue sur les mots. Il oublie tout simplement de préciser que ce niveau serait maintenu uniquement pour les salariés qui bénéficieraient de 45 annuités de cotisation. Il oublie également de préciser qu'avec une entrée de plus en plus tardive dans la vie active et des périodes de chômage de plus en plus fréquentes la majorité des salariés devrait dans 20 ans travailler jusqu'à 70 ans pour bénéficier d'une retraite à taux plein.
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- La vieillesse ne doit plus jamais être synonyme de pauvreté
- À plusieurs reprises, le projet se félicite à juste titre que, grâce à notre système de retraite par répartition, la retraite ne soit plus, comme il y a 30 ans, synonyme de pauvreté.
- Mais, pourquoi ne pas préciser également que si nous laissons la réforme de 1987 (indexation des retraites sur les prix et non plus sur les salaires), la réforme de 1993 du régime général (40 années de cotisations, calcul des retraites sur les 25 meilleures années), les réformes des régimes complémentaires de 1994 et 1996 continuer à produire leurs effets, la retraite deviendra de nouveau (dans 30 ou 40 ans) synonyme de pauvreté.
- Les Services du Premier Ministre prennent pourtant l'exemple d'un salaire de 11 600 F pour mettre en évidence la perte de pouvoir d'achat qu'auront à subir les retraités du fait de la baisse de leur première pension entre 2000 et 2020.
- En 2000, une retraite à taux plein représente 80 % du salaire, soit 9 300 F.
- En 2020, du fait de l'application des réformes de 1993, 1994 et 1996 cette première retraite ne représentera plus que 68 % du salaire, soit 7 900 F (en francs constants), soit une perte de I 400 F (en francs constants toujours) : 450F pour le régime général et 950 F pour le régime complémentaire.
- Mais, il ne s'agit là que de la baisse subie par la première pension versée en 2000 et la première pension versée en 2020. Pour mesurer exactement la perte subie par les retraités, il faut encore prendre en compte les effets produits par l'indexation des retraites sur les prix.
- En prenant l'hypothèse d'une hausse des salaires de 2 % par an et des retraites de 1 %, entre 2020 et 2040 (hypothèse très optimiste pour les retraites), c'est un retard de 27 % que prendraient les retraites sur les prix en 20 ans.
- Au total, en 2040, le montant d'une retraite à taux plein ne serait plus que l'équivalent de 56 % du salaire contre 80 % aujourd'hui.
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La retraite d'un salarié payé au SMIC ne correspondrait plus qu'à 56 % du SMIC en 2040 soit 3 200 F aujourd'hui !
- Il ne s'agit pas là d'hypothèses mais bien des effets programmés que produiront mathématiquement dans 30 ou 40 ans des réformes déjà mises en œuvre mais qui n'ont pas, aujourd'hui, encore donné tous leurs effets.
- Il est positif que le projet socialiste affirme ne pas vouloir le retour de la pauvreté chez les personnes âges. Même s'il faut bien reconnaître qu'affirmer le contraire serait quelque peu suicidaire... Encore est-il nécessaire, cependant, se donner les moyens de réaliser cet objectif et donc proposer aux Français d'abroger toutes les réformes qui feront que dans 30 ou 40 ans, retraite et pauvreté redeviendront synonymes.
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- Garantir aux retraités le niveau de leur pension
- II est positif que le projet socialiste réaffirme cet objectif.
- Mais quel est, tout d'abord, le contenu de cet objectif ?
- Quel sera le taux de remplacement du salaire par la retraite ? La question sera forcément posée lors des prochaines échéances électorales. Il ne sera pas possible de se contenter d'affirmer comme le fait le projet que " le niveau de ce taux de remplacement doit être fixé par la négociation, entre les partenaires sociaux et l'Etat ". Il est nécessaire de préciser, en dessous de quel taux il ne serait plus possible de parler de pérennité des retraites par répartition : 75 % du salaire des 10 dernières années.
- Comment ce taux de remplacement sera-t-il maintenu ? Comment ne pas réaffirmer l'engagement que nous avions déjà pris en 1997 (Nos engagements pour la France : page 8) : " Nous alignerons l'évolution des pensions sur celles des salaires nets ".
- Comment, ensuite, atteindre cet objectif?
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En échangeant, pour les années à venir, le départ à la retraite avant 60 ans pour " les centaines milliers d'hommes et de femmes exerçant depuis l'âge de 15 ou 16 ans " contre le départ plus tardif de millions d'hommes et de femmes " qui ont commencé à travailler plus tard " comme le propose le projet ? Bien sûr, il serait normal que tous ceux qui ont cotisé le nombre de trimestres suffisants pour disposer d'une retraite à taux plein ou qui ont exercé des métiers pénibles puissent partir avant 60 ans. Mais cela ne doit pas faire l'objet d'un échange préjudiciable à tous les autres salariés (c'est-à-dire à des millions au cours des années à venir) qui seraient obligés de travailler plus longtemps pour bénéficier du taux plein. Que signifie d'ailleurs " travailler plus longtemps " ? Travailler au-delà de 40 années ? Travailler au-delà de 60 ans, voire de 65 ans ? Il faut absolument préciser ce que cette proposition signifie et affirmer que la durée de cotisation ne sera en aucun cas allongée,
Il faut s'en donner tous les moyens, et e!
qu'il ne sera touché ni à la retraite à 60 ans, ni à l'âge butoir de 65 ans pour pouvoir disposer d'une retraite à taux plein. En favorisant la retraite progressive ? Encore faudrait-il que les patrons l'acceptent et ne fassent pas subir de déclassement à ces salariés en créant de véritables " emplois vieux ". Encore faudrait-il, aussi, que les salariés concernés ne voient pas leurs droits à la retraite diminuer et qu'ils aient la volonté aussi bien que la possibilité physique et morale de continuer à travailler, même à temps partiel. Or, le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il n'existe pas aujourd'hui, la moindre garantie qu'il en soit ainsi. Bien au contraire si l'on en croit les politiques patronales actuelles...
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Inventer un modèle social plus souple, plus libre....
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" II faut inventer un modèle social plus souple, plus libre, davantage choisi afin que chacun puisse définir la temporalité de son existence selon ses propres besoins "...
- C'est un bel objectif. Mais autant dire tout de suite qu'il ne pourra pas être atteint au cours de la prochaine législature sans l'éradication complète du chômage de masse.
- Il faut, en effet, avoir à l'esprit ce que signifie le temps partiel " choisi " pour des centaines de milliers de femmes du secteur privé dans ce même contexte de chômage de masse : un temps partiel imposé, synonyme de pauvreté. Croire qu'il en sera autrement avec la retraite et que l'on pourra comme l'affirme le projet " varier tout au long de la vie les périodes d'activités, de loisir, de retraite et de retour à la vie professionnelle " n'a qu'un lointain rapport avec une réalité où le patronat se débarrasse de ses salariés dés 50 ou 55 ans. Penser qu'un salarié pourra prendre sa retraite, revenir, puis repartir : sera peut-être possible dans 10 ou 20 ans. Mais penser qu'une telle perspective pourra se concrétiser au cours de la prochaine législature ne relève pas, c'est le moins que l'on puisse dire, du réalisme dont le Parti Socialiste
se réclame pourtant dans tant d'autres domaines...
- Affirmer qu'il est nécessaire " d'augmenter le taux d'activité des jeunes ...
- mais aussi de favoriser l'emploi des salariés de plus de 55 ans " part certainement d'une bonne intention. Mais ces deux objectifs sont totalement contradictoires en période de chômage de masse. Allonger la durée de travail des salariés âgés ne pourrait, dans un tel contexte, avoir qu'une seule conséquence : empêcher les jeunes d'accéder au travail et surtout à un travail stable. Des personnalités aussi différentes que Jean-Paul Fitoussi (Président de l'OFCE) ou Douste-Blazy en ont d'ailleurs convenu.
- Le recours aux pré-retraites doit devenir l'exception, affirme également le projet. Certes, mais quel serait l'intérêt d'une telle évolution si au lieu d'être à la retraite, ces salariés se retrouvaient au chômage ? Quel serait l'intérêt d'une telle solution si l'UNEDIC devait débourser ce que les caisses de retraites n'auraient pas à financer ? Dans le monde réel, en effet, les politiques patronales actuelles envers les salariés âgés sont telles que le choix n'est pas entre retraite ou .emploi mais bien entre retraite ou chômage.
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- Le rôle limité du fonds de réserve
- Le projet insiste sur la nécessité de continuer les réformes engagées depuis 19997 si nous voulons sauver nos retraites par répartition. Or, l'instauration d'un fonds de réserve est la principale et sans doute la seule réforme engagée depuis 1997. Or, ce fonds de réserve ne garantit en aucun cas l'avenir de nos retraites. Ce n'est pas, d'ailleurs, pas la fonction que lui a attribuée Lionel Jospin lors de sa Conférence de presse du 21 mars 2000 en précisant qu'il s'agissait d'un fonds de " lissage ". C'est-à-dire d'un fonds qui permettra d'éviter, à court terme, des augmentations brutales de cotisations mais qui ne pourra en aucun cas se substituer, à moyen ou long terme, aux augmentations de cotisations-retraites nécessaires pour équilibrer les régimes de retraite par répartition.
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En effet, I 000 milliards de francs accumulés sur ce fonds en 2020, cela peut paraître un chiffre important. Mais c'est un chiffre qui représente un stock, un capital et (au taux de 4 % retenu par Lionel Jospin) un flux de 40 milliards de francs annuels seulement. Alors que les retraites par répartition représentent un flux annuel de 1 100 milliards de francs et qu'il faudrait (au même taux de 4 %) un capital de 27 000 milliards de francs pour pouvoir les financer en 2001. Il convient donc de garder le sens des proportions.
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- Efforts équitablement répartis ?
- Le projet insiste à juste titre sur la nécessité de répartir équitablement les efforts pour financer les retraites.
- Mais pourquoi s'arrêter en chemin ?
- Pourquoi limiter aux salariés du public et du privé les efforts à faire ? Pourquoi ne pas demander au patronat de faire, lui-aussi, un effort ?
- Entre 1982 et 1997 la part des profits dans la richesse nationale créée chaque année est passée de 60 à 69 % au détriment des salaires (directs et indirects). Depuis 1997, cette part est restée identique.
- Or, il n'y a aucune garantie possible du niveau de nos retraites sans augmentation des cotisations retraites et en premier lieu des cotisations patronales. Pour maintenir la parité entre les retraites et les salaires il n'y a pas d'autres solutions que d'augmenter les cotisations retraites. Le rapport Charpin indique lui-même dans quelles proportions : en multipliant le taux actuel de cotisation par 1,55 en 40 ans.
- C'est tout à fait possible.
- Cela signifie une augmentation de 0,4 point chaque année du taux des cotisations retraites. Cela signifie également, il est vrai, qu'il faudra imposer au patronat de perdre, chaque année, une petite part de ses profits pour financer les retraites par répartition. Mais n'est-ce pas le minimum que l'on puisse attendre d'un projet socialiste ?
- Cela signifie que la part du PIB destiné à financer les retraites devra augmenter de 8 points au cours des 40 prochaines années. Pourquoi cela ne serait-il pas possible alors que cette part a déjà augmenté de 8 points durant les 40 dernières années ?
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- Entre 2000 et 2040 la richesse de la France doublera au minimum
- Le nombre de retraités doublera entre 2000 et 2040 et passera de 10,5 millions aujourd'hui à 2l millions. C'est une réalité que personne ne peut nier et que l'on nous répète d'ailleurs à satiété.
- Mais pourquoi ne pas préciser également qu'au cours de ces 40 années, même avec les hypothèses de croissance particulièrement pessimiste du rapport Charpin, la richesse de notre pays doublera et que son PIB (en francs constants) passera de 9 000 à 18 000 milliards de francs. Ce qui signifie que même s'il fallait 2 000 milliards de plus pour financer les retraites par répartition, il resterait encore une richesse supplémentaire de 7 000 milliards de francs à partager entre l'ensemble de la population !
- Pourquoi le projet socialiste passe-t-il sous silence une information aussi essentielle ? Une information qui a le mérite déterminant de mettre en évidence que le véritable problème posé aux
retraites par répartition n'est pas l'évolution démographique mais bien la volonté du Medef de s'emparer, en premier lieu au détriment des retraités, de la plus grande partie des milliers de milliards annuels de richesses supplémentaires créées dans notre pays ?
- JEAN-JACQUES CHAVIGNÉ
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- AN 2000 : BABY-BOOM EN FRANCE
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- Depuis 1995, les Français s'acharnent à contredire le Medef : ils font des enfants ! Et ils démentent ainsi tous les mauvais pronostics sur l'inéluctable baisse démographique qui conduirait à l'écroulement de nos retraites, à la nécessité de les livrer aux fonds de pension et de rallonger la durée de nos cotisations.
- Avec 779 000 naissances en l'an 2000, la natalité française a connu "la plus forte hausse enregistrée de puis 20 ans", tendance confirmée par les premiers chiffres de 2001. Le "taux de fécondité" est de &,89 ce qui nous place deuxième après l'Irlande en Europe.
- Comme l'explique en détail le livre de Jean-Jacques Chavigné et de Gérard Filoche, "Réponse au Medef (Ed Ramsay, avril 2001) : "II n'y a pas de " loi d'airain " démographique".
- Selon le Medef, en effet, les perspectives démographiques d'ici 2040 rendraient inéluctable l'augmentation du nombre d'annuités de cotisations retraite car l'espérance de vie augmenterait de un trimestre par an.
- Faux encore : selon les démographes, entre 1998 et 2040, l'espérance de vie des hommes, devrait augmenter de 6,3 ans soit 25,2 trimestres. L'espérance de vie des femmes dans la même période devrait connaître une augmentation de 7 ans, soit 28 trimestres. C'est loin de l'allongement de la durée de la vie " d'un trimestre par an " comme le prétend le Medef.
- Certes la "génération du baby-boom" c'est-à-dire les personnes nées entre 1946 et 1975, parviendra à la retraite à partir de 2 006. Le nombre de retraités va donc augmenter, en effet. Il est aujourd'hui de 110 000 personnes chaque année. En 2 006 et jusqu'en 2 035 environ, il devrait augmenter en moyenne de 250 000 personnes par an.
- Si la durée de la vie augmentait d'un trimestre par an comme le prétend le Medef, il n'est pas très difficile de calculer qu'en 40 ans, l'allongement de la durée de la vie devrait être de 40 trimestres. Or une augmentation de l'espérance de vie de 6,3 ans pour les hommes ne correspond qu'à 25,2 trimestres. Quant à l'augmentation de l'espérance de vie de 7 ans pour les femmes même si elle est plus importante, elle ne se traduit que par 28 trimestres supplémentaires. Nous voilà assez loin des 40 trimestres annoncés par le Medef.
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- ESPÉRANCE DE VIE À LA NAISSANCE ET... À 60 ANS
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- De plus, il y une différence entre espérance de vie à la naissance et espérance de vie à 60 ans. L'espérance de vie à la naissance est, en effet, plus importante que l'espérance de vie à 60 ans : elle tient compte, notamment de la baisse de la mortalité infantile. Or, la mortalité infantile est assez rarement une cause de mortalité chez les plus de 60 ans... Le président de la CFE-CGE, Jean-Luc Gazette, le souligne à juste titre (Marianne du 12 février 2001) :
- " Depuis 1980 on a gagné entre cinq et six ans d'espérance de vie à la naissance (c'est différent selon le sexe), mais on n'a gagné que trois ans à trois ans et demi d'espérance de vie à 60 ans. Et, en plus, depuis 1997, l'espérance de vie des plus de 60 ans stagne ".
- Nous voilà encore plus loin des 40 trimestres d'augmentation de l'espérance de vie en 40 ans du Medef.
- " A moins d'agir sur les processus de vieillissement eux-mêmes, on ne peut espérer voir augmenter la longévité au 2l°siècle comme cela a été le cas au cours du 20° siècle dans les pays développés "avertit Aline Desesquelles de l'Institut national des études démographiques, chercheur en santé
publique, dans un article de Sciences du 23 février 2001.
- La durée de vie augmente mais plus doucement, explique Le Monde du 21 février : " prenant en compte la vitesse du déclin de la mortalité à chaque âge et son ralentissement, les démographes calculent que les femmes devaient atteindre pour 50 % d'entre elles, l'âge de 85 ans, en 2033 en France, en 2035 au Japon, et en 2182 aux Etats-Unis ". Atteindre 100 ans d'espérance de vie moyenne supposerait de réduire à zéro la mortalité à tous les âges avant 85 ans, ce qui est totalement irréaliste ".
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Toujours est-il que le Medef - qui ne s'intéresse pas à ces précisions scientifiques et continue, parce que ça l'arrange, d'affirmer que " la vie augmente d'un trimestre par an " - préconise 45 annuités de cotisations pour faire face à ces suppléments d'espérance de vie. Soit 7,5 ans de travail de plus pour le public (5 millions de salariés), et 5 ans de plus pour le privé (14,5 millions de salariés). Bien plus que l'espérance de vie gagnée à partir de soixante ans : le double !
- Et même plus que les gains d'espérance de vie à la naissance !
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- La crise des confédérations et fédérations syndicales représentatives a souvent abouti à la dispersion syndicale : exclusion des opposants Cfdt des PTT et de la santé favorisant la création des syndicats Sud, exclusion de la Fen donnant naissance à la Fsu, départ de Fo vers l'Unsa...
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- Mais la signature par le SYndicat du COmmerce PArisien d'un protocole d'adhésion collective à la Cgt est un événement nouveau qui ouvre une nouvelle voie à la lutte contre l'atomisation du mouvement syndical. Cela démontre que la division syndicale peut-être surmontée et que les démarches catégorielles et sectorielles ont vécue.
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- Un processus largement discuté par les syndiqués
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C'est le 19 octobre 2000, à l'issue d'un congrès extraordinaire, que le SY.CO.PA décide de se désaffilier de la Cfdt. Oppositionnels de longue date, 77 % des congressistes décident de rompre avec cette confédération suite à la signature par la direction fédérale de la CCN Grands Magasins/Magasins Populaires malgré l'avis défavorable des militants et adhérents.
- Farouches partisans de l'unité syndicale, ils écartent fermement la perspective de rejoindre le groupe des dix constitué par Sud. Immédiatement les dirigeants du SYCOPA engagent des discussions avec la Cgt et Fo. Certains dirigeants confédéraux de la Cgt ne croient pas en la possibilité d'un passage collectif à la
Cgt qui bouscule toutes leurs grilles d'analyses ; les discussions piétinent malgré les bons contacts sur le terrain. Dans Fo, les syndicalistes influencés par les lambertistes du PT font tout pour empêcher tout rapprochement. Mais à la fin du premier semestre 2001, la direction confédérale de la Cgt se préoccupe de lever les obstacles administratifs à la fusion. Le 4 juillet, celle-ci envoie une note à toutes les Unions Départementales et Fédérations pour saluer la signature d'un protocole d'adhésion. Le 18 octobre, à l'occasion d'un nouveau congrès, le SYCOPA décide à 92 %, (soit I 500 adhérents) de rejoindre la Cgt.
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- L'expression d'une réelle maturité syndicale
- L'entrée massive du SYCOPA à la Cgt est le résultat de l'engagement de sa base pour un syndicalisme confédéré et unitaire. Cet élément fédérait les opposants Cfdt et leurs dirigeants ont respecté et appliqué ce mandat avec beaucoup de conviction. Evidemment, la
nouvelle ligne de la Cgt a favorisé considérablement le rapprochement entre le SYCOPA et l'Union Syndicale Cgt du Commerce.
- Tout cela démontre que l'unification syndicale est une question de volonté politique et de démocratie.
- Certes, il y a dix ans les conditions étaient plus difficiles. Quand les exclus de la Cfdt PTT ont constitué Sud et ceux de la santé ont fondé CRC, la Cgt était recroquevillée sur une ligne sectaire. De plus, la constitution d'un syndicat « de la gauche syndicale » correspondait au projet de militants d'extrême
gauche (LCR ou libertaires) d'avoir un "correspondant" syndical à leur courant politique.
- Mais le mouvement de 1995, les évolutions internes dans toutes les confédérations, le retour à des initiatives unitaires interprofessionnelles comme le 25 janvier sur les retraites ou, dans une moindre mesure, le 16 octobre ont changé la donne. Il y a de réelles possibilités pour unifier le syndicalisme : la Cgt affirme y travailler, les opposants Cfdt représentent toujours 25 à 30 % de leur confédération, La Fsu recherche une confédération ou à se confédéraliser, l'UNSA a les mêmes préoccupations, la Cgc de Jean-Luc Gazette a opéré un tournant positif. Seule Fo entretient des rapports assez distants et trop peu unitaires.
- Les militants syndicaux membres de la République Sociale ont l'importante responsabilité d'être les meilleurs artisans de la construction d'un syndicalisme unifié et démocratique capable de regrouper tous les salariés quelles que soient leurs opinions philosophiques, politiques. Depuis le succès de leur réunion du 12 mai 2001 (D&S n°86), ils s'organisent davantage et plus efficacement... au service de toute la gauche.
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- "Déception boursière pour les salariés" Le Monde du 17 octobre...
- 40% DE PERTES POUR LES SALARIÉS ACTIONNAIRES
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- On estime qu'il y au total entre 1,5 et 2 millions de salariés actionnaires (sur 21 millions). Depuis le fameux "PPESV" (Plan particulier d'épargne salariale volontaire) mis en place par Laurent Fabius, fort heureusement, le nombre de salariés dont les compléments de salaire dépendent des différentes formes d'actionnariat (bourse, épargne, intéressement, participation) n'est pas encore trop élevé. Tant mieux pour les salariés (en général des cadres) car, on le vérifie, rien n'est moins fiable.
- Selon l'enquête du Monde, sur 1,73 million de salariés, le patrimoine d'un salarié actionnaire est en moyenne de 27 771,88 euros ( 182 172 F) en octobre 2001 contre 45 505,01 euros (29 8057 F) fin 2000 soit 38,97 % de perte d'avoirs (116,322 F ou 17 692 euros).
- C'est pour le moins une chute vertigineuse !
- A Renault la part détenue par les salariés n'a cessé de diminuer, de 4 à 2 %. A Bull, tous les plans d'actionnariat des salariés sont dans le rouge "une grande détresse et un grand gâchis" dit Le Monde. Au Crédit Lyonnais les fonds d'action salariés ont perdu 20,80 %. A France télécom, le fameux "accès au capital" explose : l'action est passée de 220 euros à 27 euros et c'est encore pareil pour les salariés qui ont acheté des titres Wanadoo ou Orange dont le cours a été divisé par quatre. Même à TFI la fièvre actionnariale est retombée. A Air France la chute est de 45,72 %, de 76,26 % à Alcatel, de 18,94 % à Carrefour, de 36,79 % à Lagardére, de 60,65 % à la Sagem, de 25,27 % à Vivendi, de 48,62 % à Thomson Multimédia, pour ne prendre que quelques exemples sur 40 sociétés étudiées par Le Monde.
- Une leçon toute simple : ne vous faites pas payer en colifichets ni en bimbeloteries boursières, demandez du salaire direct, c'est plus sûr. Et notez le au passage, la part de votre salaire qui est indirect (les cotisations sociales qui vont à vos retraites à votre sécurité sociale...) n'est pas soumise à spéculation, profitez en tant que Chirac n'est pas réélu et ne peut les reverser aux fonds de pension.
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Julien Dray a rapporté au bureau national du Parti socialiste et > animé un colloque, le 27 octobre, pour définir une nouvelle politique de sécurité nationale.
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- LE DÉVELOPPEMENT des actes de violence atteint un niveau insupportable dans notre pays. Il exaspère légitimement celles et ceux qui en sont directement victime et génère une angoisse collective dans toute la société. Il est porteur de nombreux dangers : ségrégation des. populations, repli sur soi, peur de la jeunesse, dislocation sociale. L'action politique est interpellée, tant un sentiment d'impuissance s'est répandu et alimente la crise de la démocratie." affirme le texte adopté à l'unanimité par le Bureau national du Parti socialiste.
- "L'insécurité est aussi une inégalité sociale. Elle touche plus durement les plus pauvres, les plus démunis, les plus fragiles. Restaurer la sécurité pour tous et partout, garantir à chacun le droit à la tranquillité dans sa vie quotidienne, tels sont nos objectifs.
- Nos concitoyens attendant des réponses concrètes et efficaces. Ici se trouve l'origine d'une divergence de fond entre les approches démagogiques et incohérentes de la droite et celle de la gauche qui renvoie au projet de société que nous défendons (...) L'idéologie du "tout répressif, la fuite en avant vers une logique d'enfermement, de développement des services de sécurité privée, conduiraient à surprotéger des "réserves" de riches quand une partie de la population serait abandonnée à la violence et au désordre, condamnée à l'assistance."
- (...) Nous ne nous résignons pas à l'horizon d'une France coupée en deux. Pour nous, l'insécurité n'est pas une fatalité à laquelle chacun devrait adapter son mode de vie. Un combat efficace contre la sécurité ne se conçoit pas sans être adossé à un projet de transformation sociale et à la perspective d'une société du plein emploi. La violence dans notre société est la résultante de l'augmentation des inégalités, des effets durables d'une crise que la reprise économique n'a pas effacée, de la violence faite aux individus par les ravages d'un capitalisme débridé, c'est pourquoi face à cette situation, nous voulons mieux prévenir et mieux punir pour que chacun ait droit à la tranquillité à laquelle il aspire."
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Trois mots-clefs : précocité, intensité, continuité
- La précocité : agir en amont des comportements violents, en remettant sur pied une politique de prévention à la française en direction des jeunes et des familles pour éviter que des enfants finissent, par défaites successives de la société face aux comportements, par des caïds. Il faut agir le plus tôt possible, à la première alerte en apportant tout de suite une réponse.
- L'intensité : Mobiliser tous les moyens en même temps. Il s'agit de rassembler tous les acteurs pour qu'ensemble, ils travaillent à gérer chaque situation dans la coordination et l'échange et qu'ils évaluent à chaque étape l'efficacité des solutions apportées.
- La continuité : agir dans la durée. Il s'agit de prendre en charge, sur des trajets de vie, chaque situation, d'inscrire les réponses apportées dans la durée, pour éviter échec et récidive.
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- Les principales propositions : mieux prévenir, mieux punir
- Mieux prévenir :
Une cellule sociale dans chaque école pour dépister systématiquement les troubles du comportement et traiter les carences sociales, familiales ou affectives qui en sont à l'origine.
- Ouverture de deux internats pédagogiques renforcés par département pour accueillir les élèves en situation de rupture à partir du CM2 ou du collège.
- Création d'écoles de parents, services collectifs d'aide à la parentalité.
- Un ministère de la jeunesse à part entière doté d'un budget conséquent et d'une administration.
- Une maison des Jeunes dans chaque quartier de 5000 habitants.
- Le droit au sport pour tous les jeunes : développement de l'accessibilité aux pratiques sportives, recrutement d'éducateurs sportifs ;
- Un plan d'urgence pour la prévention spécialisée : recrutement de 5000 éducateurs de rue, revalorisation de leur statut.
- Une présence humaine forte pour améliorer la vie quotidienne dans les quartiers d'habitat collectif (gardiens, médiateurs, "correspondants de nuit") et un renforcement des obligations des bailleurs pour l'entretien des logements et parties communes.
- Une lutte draconienne contre les discriminations racistes.
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- Mieux punir :
- Une échelle de sanction adaptée à chaque situation : la mesure éducative, la réparation, l'éloignement, l'enfermement.
- Un service de la réparation dans chaque parquet pour organiser l'exécution des mesures permettant à l'auteur du délit de réparer le préjudice subi par la victime et la collectivité.
- Recrutement substantiel d'officiers de police judiciaire afin de démanteler méthodiquement les réseaux de l'économie parallèle et du grand banditisme.
- Une police de proximité de qualité grâce à :
- - Une programmation à 5 ans intégrant un plan pluriannuel de recrutement de gardiens de la paix, de cadres intermédiaires, d'agents administratifs.
- - La déconcentration de la gestion des effectifs et des moyens techniques de la police au niveau des préfets.
- - La responsabilisation du commissaire sur la direction de l'ensemble des opérations de police sur sa circonscription.
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- La mise en proximité de l'ensemble des services spécialisés de police (judiciaire, RG, mineurs, mœurs...)
- - Une réorganisation des horaires d'ouverture des commissariats et des patrouilles en fonction des réalités de la délinquance
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- La décentralisation par transfert de compétence aux régions de la construction des commissariats
- Un plan d'action pour la justice, discuté et évalué chaque année par la Parlement afin de réaliser une mise à niveau des moyens humains : recrutement d'assistants de justice autour des magistrats, création de postes de greffiers, recrutement exceptionnel de juges d'application des peines
- Un devoir d'information de la justice sur son activité : obligation d'information continue des victimes, motivation des classements sans suite dans le cas des plaintes contre des auteurs connus.
- La transformation des quartiers de détention réservés aux mineurs en petites unités avec une sécurité et une prise en charge éducative dynamique selon le rapport un détenu- un adulte réfèrent.
- Un "correspondant victime" par commissariat, assistant psycho social chargé d'accueillir les victimes et de les conseiller dans leurs démarches.
- Une deuxième phase de développement des Contrats Locaux de sécurité : instauration d'une obligation de réunion mensuelle et création d'une cellule opérationnelle réunissant de façon quasi hebdomadaire tous les partenaires.
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- Dans le Nouvel Observateur (8-14 nov. 2001)
- JULIEN DRAY, JOKER DE JOSPIN ?
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Sécurité, l'homme qui veut mobiliser la gauche
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- "Connu comme un agitateur d'idées, c'est chez Giulani, le très répressif maire de New York, qu'il est allé prendre des leçons. Sa connaissance du terrain - il est élu d'un département chaud, l'Essonne - lui permet aujourd'hui de fédérer toutes les tendances du PS autour d'un programme musclé".
- C'est sous ces différents titres que le Nouvel Observateur consacre trois pages au rapport et à l'action de julien Dray pour permettre que le Parti socialiste se dote d'un nouveau projet sur les questions de sécurité.
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"Dray sait que son camp doit retrouver la main dans un match qui n'est pas gagné. (...) II a parsemé son rapport d'interpellations. Chaque tête de chapitre de son rapport est une interjection. "Les délinquants se croient tout permis" ; "Si les parents s'occupaient de leurs gosses, ça n'arriverait pas" ; "Les petits risquent d'être encore plus terrible". Réflexions d'angoisse. Celles qu'il entend dans sa circonscription de l'Essonne, où l'ancien agitateur, élu depuis 1988, a décidé de devenir tribun. II a résumé le tout dans un slogan : "Mieux prévenir, mieux punir."
"
- Lionel Jospin avait proclamé, déjà, à Villepinte, en octobre 1997 : "II n'y a pas de liberté possible sans la sécurité".
- Mais le temps passe... et l'insécurité devient un thème majeur.
- Alors vient l'heure de Dray : "Après 1997, cet ex-jeune homme que Mitterrand aima, mais que Jospin rejette, n'est qu'un député de gauche, un peu plus seul que les autres. Mais Dray a un sujet. La sécurité. II a fait le voyage aux Etats-unis, pour comprendre les ressors et les limites de la politique du New Yorkaîs Giulani. on a moqué sa conversion au tout-sécuritaire ? on a tort. II croit toujours au social, au déminage des quartiers, à la politique de la ville - à cette prévention qui n'est plus qu'un slogan... Pour lui tout se tient. En avril 2000, François Hollande l'invite à rentrer au secrétariat national du parti. "Que veux-tu faire ?" Dray choisit la sécurité. Et s'investit dans sa mission, en râlant, selon son habitude. Avec l'obstination dont il est capable, comme s'il lui fallait prouver qu'il peut porter la parole de tous les socialistes ! II obtient l'unanimité sur ses propositions. Et aujourd'hui, défend une ligne ferme et centrale. II s'oppose aux "shérifs" qui veulent municipali-ser la police - "avec eux on aura des villes riches et sures, et des villes pauvres transformées en ghettos". Mais insiste sur les responsabilités de maires : "On ne traitera les questions que dans la finesse, au niveau local... II faut tenir tous les bouts de la chaîne..." C'est presque du Jospin. Mais Jospin le sait-il ?"
- L'ARTICLE EST SIGNÉ CLAUDE ASKOLOVITCH
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- Le dernier livre de notre camarade Gérard Filoche revient sur le contexte politique des années soixante et soixante et dix. L'annonce par Lionel Jospin de son passé trotskiste fournit une occasion unique de braquer les projecteurs sur les idées qui ont fondé cet engagement et qui, en quelques décennies, ont mobilisé des milliers de militants.
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- TROTSKI et trotskisme, pseudonyme et entrisme..., durant les semaines qui ont suivi le 5 juin, les télés et les journaux ont répété jusqu'à épuisement, dans des dizaines d'articles, ces mots le plus souvent inconnu pour des millions de gens. Pourquoi ? Lionel Jospin venait d'évoquer, lors d'une séance de débats à l'Assemblée Nationale, qu'il fut durant des années militant d'une organisation politique se réclamant du trotskisme.
- Derrière le déferlement de commentaires majoritairement hostiles au Premier ministre qui suivirent cette déclaration, on voyait souvent poindre deux objectifs principaux.
- Premièrement, démontrer que Lionel Jospin serait un menteur car depuis longtemps il refusait de reconnaître cet engagement. Après le « Monicagate » de Bill Clinton, Lionel Jospin se voyait coupable pour une certaine presse d'une sorte de «Trotskigate ».
- Deuxièmement, et nettement plus agressifs, sur l'air de «trotskiste un jour, trotskiste toujours ! », les commentateurs les plus conservateurs prétextaient l'occasion pour décrire le Premier ministre comme un sombre idéologue rigide et dangereux, avec une formation «d'adversaire de la démocratie» selon les mots de Renaud Dutreil, député UDF.
- Dans la même veine de cet acharnement, quelques jours après les terribles événements du 11 septembre, la philosophe universitaire, Monique Canto-Sperber, publiait une tribune en première page du journal Le Monde dans laquelle elle faisait de Trotski le responsable de ces massacres en présentant faussement l'un de ses ouvrages « Leur morale et la nôtre » publié en 1938, comme la matrice de ces actes fous. Sous sa plume, Trotski devient « l'un des plus redoutables commissaires du gouvernement bolchevique ». Rien de moins... (Cf. article "terrorisme et socialisme" dans la présente revue).
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La cohérence d'un engagement
- Que l'on ait eu des commentaires outranciers de la part de commentateurs connus pour leur engagement à droite nul ne doit s'en étonner. Par contre il y a de quoi être déçu par l'incapacité de beaucoup de chroniqueurs, considérés comme de gauche, d'expliquer la cohérence du parcours militant du Premier ministre.
- C'est à ce travail d'explication que notre camarade Gérard Filoche s'est attelé dans son dernier livre « Ces années-là, quand Lionel... » paru il y a quelques jours (Ramsay, 284p. 118 F, 18 euros). Ouvrage réactif et militant, guidé par le souci de faire comprendre ce que pouvait être la fidélité au combat politique de Léon Trotski et de ses partisans, ce livre s'adresse à tous ceux qui cherchent encore les moyens de changer l'ordre du monde. Certains, plaisanterie fine, ayant identifié Trotski « à un coureur cycliste », Gérard Filoche affirme qu'à refuser de comprendre les raisons d'un engagement trotskiste, on se heurte à un « XX° siècle qui n'aurait aucun sens, aucune clé, aucune rationalité ».
- Dans ce souci de pédagogie, les premiers chapitres de ce livre rappellent les origines de la révolution d'octobre, la boucherie de la guerre de 1914-1918, puis pour ceux qui l'auraient oublié, l'horreur et la barbarie qu'a représenté pour des millions d'hommes et de femmes le stalinisme. Puisant dans le travail remarquable déjà signalé dans ces pages (voir DS n°86) de l'historien Jean-Jacques Marie et empruntant largement à son ouvrage « Staline » récemment publié, Gérard Filoche rafraîchit la mémoire à ceux qui oublient que Trotski et ses camarades furent les premiers opposants au stalinisme et que la plupart d'entre eux le payèrent de leurs vies, au premier rang desquels Léon Trotski lui-même assassiné sur ordre de Staline. Lorsque le stalinisme était triomphant, et ce, bien avant la parution d'un « Livre noir du communisme », les trotskistes étaient les seuls à expliquer la nature réelle de ce régime. Sans ambiguïté ni complaisance, Trotski qualifiait le stalinisme d'être « une étoile jumelle du fascisme ». En revanche, les trotskistes refusaient l'amalgame entre cette monstruosité et l'idéal révolutionnaire qui avait animé les difficiles premières années de la révolution d'octobre. Ils refusaient de mettre un signe égal entre révolution et contre-révolution. Recherchant l'analogie historique, les trotskistes comparaient le stalinisme al un « Thermidor» piétinant les actes de la
première révolution socialiste aumonde.
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Pour avoir dit et écrit cela, les militants trotskistes seront marginalisés, calomniés, pourchassés, frappés et pour beaucoup assassinés. Comme le rappelle
Gérard Filoche, rarement dans l'histoire -du XXe siècle un groupe politique sera
autant la victime de l'acharnement de la. sombre alliance des staliniens et des tenants de l'ordre capitaliste dont les fractions les plus brutales et les plus déterminées étaient, durant les années trente, les nazis conduits par Adolf Hitler.
- Mais le courage intellectuel et physique ne manquait pas à cette poignée d'hommes. Comprenant le danger de la montée du nazisme en Allemagne et le risque évident de « cette guerre qui vient », dès le début des années trente, Trotski dénonçait la folle politique des staliniens allemands qui considéraient les socialistes comme des « sociaux-fascistes » et qui refusaient tout action commune, le « front unique », entre les partis de gauche pour stopper la progression de l'extrême droite. Hélas, là encore, conformément à ses pronostics, les staliniens épuiseront les ressources du mouvement ouvrier allemand dans un sectarisme meurtrier et assureront de fait la victoire des sections d'assauts menées par Hitler.
- Ainsi, lors de chacune des grandes pages de la première partie de ce siècle : la montée du nazisme, la guerre d'Espagne, l'échec de la révolution chinoise, les procès de Moscou, le Front populaire, ...etc. Trotski et les siens donneront des analyses d'une qualité inégalée pour comprendre le sens réel de ces événements. Les trotskistes étaient des héros pendant les années d'avant-guerre et durant la guerre. La génération militante qui a traversé cette période terriblement dure est composée de femmes et d'hommes d'une trempe qui force l'admiration.
- Mais, durant les années soixante, il faut toujours du courage et de la lucidité pour s'engager dans les organisations trotskistes. Lionel Jospin, quand il parle de lui durant ces « années-là » où il entre en contact et rejoint les trotskistes, se définit alors «comme un enfant de Suez et de Budapest ». En clair, quelqu'un de révolté contre le colonialisme et le stalinisme. Un jeune homme incapable de rejoindre les rangs de la vieille SFIO em-
pêtrée dans une politique pro-coloniale, et ceux d'un PCF fier d'être stalinien.
- Alors que beaucoup veulent faire de cet engagement trotskiste une « erreur » de parcours, il faut y voir au contraire un atout pour la gauche française d'avoir pour leader un homme aux convictions pendant longtemps forgées dans des organisations résolument engagées dans un combat politique contre le colonialisme et le stalinisme. De quoi faudrait-il qu'il ait honte ? D'avoir ensuite été un militant résolu contre le pouvoir gaulliste ? De ne pas s'être enthousiasmé pour cette «France de tante Yvonne » que certains présentent aujourd'hui comme un âge d'or de la France d'après guerre ?
- Une chape de plomb pesait alors sur les libertés démocratiques. Il ne faisait pas bon être syndicaliste dans une entreprise durant « ces années-là ». Le pouvoir gaulliste réprimait les grèves, verrouillait les médias avec une ORTF aux ordres, les colleurs d'affiches de droite cassaient la gueule aux « gauchistes ». Les pseudonymes que les militants trotskistes se donnaient n'étaient pas que le produit d'un folklore révolutionnaire. Un jeune énarque comme Lionel Jospin n'aurait jamais pu travailler quelques années au Quai d'Orsay si son engagement trotskiste avait été connu et public. Les mesures de clandestinité que prenaient les groupes d'extrême gauches n'étaient pas la marque d'un comportement sectaire, d'une vision policière du monde, mais bien au contraire une juste appréciation de la période dans laquelle ils militaient.
- Si Lionel fut « Michel » c'est bien parce que les pères spirituels de Jacques, Edouard où Charles l'imposaient par leurs méthodes de pouvoir. À la fin des années soixante, les renseignements généraux sous la houlette de Raymond Marcellin voyaient leurs moyens décuplés. Chaque organisation d'extrême gauche était écoutée, ses militants pho-
tographiés, suivis, et des centaines de policiers sur l'ordre de leur ministre de l'intérieur s'engageaient dans un « entrisme » dans les organisations trotskistes afin de tenir informé le pouvoir gaulliste de leurs activités.
- Mai 68 et ses dix millions de grévistes étaient venu confirmer aux quelques centaines de militants trotskistes qu'ils n'étaient pas les seuls dans le pays à vouloir « chasser la droite ». Au-delà de l'effervescence des universités où les idées trotskistes se développaient et gagnaient des milliers de jeunes. Dans les usines aussi, la détermination de cette poignée d'hommes rencontrait un écho considérable. Qui sait encore que la première usine en grève en mai 1968 fut celle de Sud-Aviation à Nantes à l'initiative des trotskistes de l'OCI qui animaient le syndicat FO de l'entreprise ?
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Les trotskistes français sont déjà divisés dans trois organisations, la LCR, l'OCI et LO. Le livre de Gérard Filoche nous retranscrit avec précision la teneur des désaccords politiques qui opposent ces groupes. Les stratégies syndicales occupaient une grande importance dans ces débats passionnés. Dans quelles organisations syndicales, les révolutionnaires doivent-ils intervenir ? Comment articuler la recherche d'une démocratie directe faisant émerger une nouvelle génération militante connue lors des grèves de Mai et l'intervention dans des appareils syndicaux défendant les salariés même lorsque ces derniers ne sont pas mobilisés ?
- Fascinés par l'ampleur des journées de Mai, beaucoup de ces jeunes militants trotskistes s'égarent et croient que ce qu'ils voient comme un « vieux mouvement ouvrier » vit ses dernières heures. Aussi, ils tournent le dos aux organisations traditionnelles et pensent que c'est à travers des comités « d'avant-garde » que la gauche va se reconstruire. Impatientes, chacune des organisations trotskistes qualifie la période de « révolutionnaire ». La Révolution est pour demain.»'L'Histoire nous mord la nuque » affirmait joliment Daniel Bensaïd l'un des principaux théoriciens de la LCR. Mais la réalité était un peu différente.
- Malgré toutes les erreurs politiques, que le livre de Gérard Filoche analyse avec lucidité, les débats qui traversent alors les groupes trotskistes sont encore riches et passionnants. Ils n'ont rien des visions hallucinées des autres groupes d'extrême gauche comme les maoïstes par exemple qui reprochent au PCF d'être devenu « révisionniste » depuis que Joseph Staline est mort en 1953. Par leur foisonnement d'idées, ils bousculent et renforcent la gauche.
- C'est précisément parce que ces débats n'étaient pas ceux de sectes folles mais ceux de militants politiques qui voulaient être utiles au mouvement d'émancipation de leur classe, que les trotskistes vont s'intéresser à la construction du nouveau Parti socialiste à partir de 1971. Ils vont s'y intéresser à tel point que les directions de l'OCI puis de la LCR vont juger indispensable de venir renforcer ce parti en y envoyant des militants déjà aguerris. Lionel Jospin sera de ceux-là.
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C'est donc pour des raisons politiques cohérentes que des militants comme Lionel Jospin rejoignent le nouveau Parti socialiste. Ils n'y vont pas pour faire de « l'espionnage » au compte d'une quelconque organisation trotskiste, mais pour renforcer la gauche en permettant l'émergence d'une force politique majoritaire. Ils sont dans la continuité de ce que Léon Trotski lui-même proposait à ces camarades en France dans les années trente : «Entrez tous dans les PS et faites entendre votre voix qui sans cela restera isolée ». Sans réécrire l'histoire, qui peut dire si le Parti socialiste aurait connu les mêmes succès si ces militants trotskistes ne l'avaient pas rejoint pour le renforcer par leurs expériences et leur savoir-faire ?
- C'est de tout cela et de bien plus, que nous parle, avec des anecdotes et des témoignages d'un acteur de premier plan, Gérard Filoche, dans son dernier livre. Car il fut durant de longues années un des principaux dirigeants de la LCR. Le livre trouve sa force dans la vérité avec laquelle il décrit les trotskistes des années soixante et soixante dix. Il ne cherche pas à justifier à posteriori ses choix mais rend hommage et critique les qualités et les défauts de chacune d'entre elles.
- Avec la même lucidité, il s'interroge sur la politique actuelle des organisations trotskistes qui, toute trois, abordent les prochaines échéances électorales, législatives et présidentielles, avec un même discours : « Nous ne choisirons pas entre Jospin et Chirac ». Pour Gérard Filoche, il y a une contradiction entre la fidélité aux idées trotskistes et le refus de faire la différence entre la droite et la gauche dans les.,mois qui viennent. Le bilan de la gauche depuis 1997, même s'il reste en deçà des attentes sociales des salariés ne peut être identifié à la politique que mènera la droite si elle revient au pouvoir en 2002.
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Livre militant à l'image de son auteur, il faut le faire lire à tous ceux qui hésitent à venir voter pour le candidat de gauche, même uniquement au second tour Avec plus d'un million de voix aux dernières élections, l'électoral des organisations trotskistes est devenu une des clefs de la victoire de la gauche.
- Alexis Corbière
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- Chers camarades,
- Bravo pour votre dernier numéro. Je joins au réglement de mon abonnement quelques lignes sur l'agriculture que je vous propose d'inclure dans le prochain b&S. Merci d'avance et à bientôt. »
- Y-M L (29)
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- Merci de la qualité de vos dossiers dont la précision les infos, l'analyse des faits et la clarté viennent conforter les positions que nous défendons sans avoir toujours tous les arguments à disposition. Ci-joint un ré-abonnement de soutien un peu en retard. Désolée de n'avoir pas contrôlé plus tôt.
- M etG.O. (65)
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- Je voulais cesser l'abonnement (manque de temps pour tout lire !) mais il faut bien soutenir ceux qui aident à ne
pas désesperer du PS ! Amicalement.
- C et J. P. (17)