-
-
-
- Depuis que 1981 a mis fin à 23 années de gaullisme, la droite est à la recherche d'une victoire décisive contre le mouvement social afin de mettre un terme à l'instabilité politique que connaît désormais la Ve République. Elle veut rééditer ce qu'a réussi Margaret Thatcher en triomphant devant les mineurs britanniques et en assurant ainsi une victoire politiquement durable au néo-libéralisme.
- L'enjeu de la bataille sur les retraites réside dans l'alternative ouverte, si la droite va jusqu'au bout, par la crise sociale qui vient. A savoir : du mouvement social et du gouvernement, quelle est la force qui va l'emporter ?
- Si le mouvement social se développe et paralyse le gouvernement, il peut créer une crise politique dont la droite ne se relèvera pas vraiment. C'est pourquoi, dans ce cas, le gouvernement devra choisir de céder aux revendications, tant qu'il est encore temps pour lui, ou de céder la place plus tôt que prévu et sans perspective de retour.
-
- La gauche doit aider le mouvement social à triompher
- Néanmoins, le mouvement social se lève en s'assurant de chacun de ses pas. Dans la situation actuelle, il ne compte que sur lui-même. Pour que la victoire soit arrachée grâce à la peur de la droite devant la menace de crise politique, il faudrait que la gauche s'affirme comme candidate au pouvoir.
- La gauche n'est pas prête, alors la droite peut se permettre de tenir tête au mouvement social car son pouvoir politique n'est pas encore menacé. Les salariés mobilisés le savent. Il savent que la droite a la majorité parlementaire et que la constitution de la Ve République lui permet de gouverner jusqu'aux prochaines échéances électorales en étant minoritaire dans le pays.
- Cette réalité est un obstacle que les salariés mobilisés peuvent estimer trop haut pour pouvoir le franchir : leur mobilisation n'a pas pour objectif de remplacer un parti commun de la gauche unie qui n'existe pas, mais d'obtenir satisfaction sur les revendications.
- Pour aider les salariés en lutte, la gauche doit s'unir autour d'un programme qui répond à leurs aspirations.
-
- La combativité des salariés peut vaincre le gouvernement et... pousser la gauche à se relever de ses défaites
- La droite peut pourtant être battue par le mouvement social, être affaiblie et même discréditée pour devoir céder la place plus ou moins rapidement.
- Sans Mai 68, combien d'années aurait-on dû attendre la constitution de l'Union de la gauche et l'adoption du Programme commun ?
- La conversion de la gauche aux 35 heures par la loi est évidemment le résultat de Novembre-Décembre 95. Et l'entêtement de Juppé assura la défaite de la droite en 1997. La droite le sait. Lorsqu'en 1986 le gouvernement Chirac tarde trop à retirer le projet Devaquet, elle est battue à l'échéance électorale suivante de 1988.
Mais, parfois, elle sait aussi retirer son projet avant que s'ouvre une crise politique qui l'engagerait dans une impasse, comme en 1994 où Balladur retira la réforme Bayrou de la loi Falloux.
- Ce sont toujours les mouvements sociaux qui ont placé la gauche devant ses responsabilités. Sans mouvement social, la gauche peine à rester la gauche. Et la gauche se renouvelle par les mouvements sociaux.
- D'ailleurs, les débats du congrès du Parti socialiste ont montré que la température monte : les revendications du mouvement social ont fait l'unanimité dans les congrès où elles sont présentées et les courants qui les ont défendues ont obtenu 40 % des voix des adhérents.
- Avec 2 millions de manifestants lors du 13 mai, est engagée la marche vers le 25 mai, qui peut précipiter la droite dans une crise sans rémission.
- Nous sommes sur la bonne voie, mais pas encore au bout de la route.
- Pierre Ruscassie
-
-
-
- Ah, Raffarin affirme qu'il n'écoutera pas les salariés même s'ils font grève et manifestent ?
- Qu'avait dit Juppé en 1995 ? « S'il y a 2 millions de manifestants, je retire mon projet ». C'est ce jour de novembre 95 que le « Juppéthon » a commencé... quand il y eut deux millions de manifestants, Juppé a dut reculer.
- Que veut nous dire Raffarin lorsqu'il affirme : « Ce n'est pas la rue qui gouverne » et qu'il conduira « à terme » son attaque contre les retraites ?
- Qu'il n'a rien à faire de la concertation, de la négociation, qu'il amuse la galerie depuis des mois et qu'il va faire pire que Juppé en 1995, coûte que coûte ?
- Qu'à trois ou quatre millions de manifestants, il continuera de s'insurger contre l'expression manifestement majoritaire des salariés ?
-
- Pourtant le "Raffathon" a commencé...
- Déjà le 3 avril dernier, 72 % des citoyens soutenaient la journée d'action unitaire. Il y avait eu 580 000 manifestants dans 127 cortèges. Le 1er février, il y a eu 400 000 manifestants et encore 400 000 le 1er mai dans 200 villes.
- Qu'est-ce qu'il faut à Raffarin pour ne plus être autiste ?
- Les salariés d'EDF-GDF ont déjà voté à 57,8 % contre les propositions du gouvernement.
- Le 13 mai, ce sont deux millions de salariés qui ont manifesté pour les retraites et les services publics. Le cumul des manifestations décentralisées de 2003 atteint déjà 3,5 millions de participants. Les prochaines échéances jusqu'au 25 et le dimanche 25 lui-même vont faire exploser le « Raffathon ».
- Les Verts et le PCF, 8 syndicats sur 9, réclament le retour aux 37,5 annuités, le maintien de la retraite à 60 ans à taux plein pour toutes et tous, le calcul sur les 10 meilleures années, le taux de remplacement à 75 %, l'indexation sur les salaires. Au moins 40 % du PS est également pour. Et 40 % de la CFDT. Donc, il y a, à gauche, une majorité d'idées écrasante sur ces questions, et cela influence grandement les salariés et les fonctionnaires quelle que soit leur opinion.
- On sait tous comment financer la défense de nos retraites : 0,3 points de hausse annuelle du taux de la part patronale des cotisations sociales de 2006 à 2036, (lire l'excellent article de Jean-Paul Piriou, économiste, maître de conférence à Paris , "Retraites : cotisons dans la bonne humeur", Le Monde page 10, édition du 9 mai 2003)
- Raffarin-Chirac-Fillon veulent faire le hold-up du siècle sur les retraites et les salaires. Ils veulent nous faire régresser de plus de 20 %, renvoyer les personnes âgées dans la pauvreté. En cherchant à nous faire tous cotiser 42 ans, et en baissant le montant des retraites, ils savent ce qu'ils font à une population salariée dont l'espérance réelle de cotisations est limitée à 37 ans en moyenne ! Toute leur propagande, mensonge, bourrage de crâne n'y fera rien, les citoyens sont avertis et démasqueront leurs mensonges. Vive les 13 mai, les suites, la montée sur Paris le 25 mai.
- En lutte, et Chirac-Raffarin comme Chirac-Juppé sera bien forcé d'écouter les grévistes et la rue !
- Gérard Filoche
-
- Construire la grève générale
-
- Le mouvement qui se développe dans le pays vient de loin. Assommés par le 21 Avril, lentement mais sûrement les salariés de ce pays se remettent debout et entrent en mouvement. Déjà, 4 grèves de 24 heures de l'Education nationale diversement suivies depuis le début de l'année.
-
- En mars, la décentralisation Raffarin/Ferry met le feu aux poudres.
- En particulier dans l'Académie de Bordeaux où se font les premières expérimentations.(cf interview d'Isabelle Sargeni-Chetaud, responsable nationale de la FSU et secrétaire adjointe de la FSU-64). Puis intervient le 3 Avril et la grève générale de la Fonction publique dans le cadre d'une journée d'action interpro sur les retraites.
-
- Les attaques sur les retraites posent la nécessité d'un mouvement d'ensemble
- Les grévistes de l'Education nationale qui participent à des AG dans une vingtaine de départements surtout en Midi-Pyrénées et en Languedoc-Roussillon (avec des taux variant de 15 à 40 % ) se mettent en grève reconductible autour d'un front syndical commun et des comissions ou comités de grève qui se chargent d'étendre la grève, de mobiliser autour de la plateforme la plupart du temps sur 3 points :
- •Non à la décentralisation Raffarin, défense de l'Ecole ;
- •Retrait des projets Fillon sur les retraites ;
- •Abrogation des mesures Balladur ;
- Et d'une façon générale : défense des services publics et de notre système de protection sociale.
-
- La grève s'installe dans l'Education nationale
- Toutes les organisations syndicales de l'Education nationale appellent à la grève dès le 6 mai.
- Le 6 mai, 45 % de grévistes au plan national (80 % dans certains départements qui avaient entamé la grève en avril).
- Plus de 60 départements ont d'ores et déjà décidé de reconduire la grève, le plus souvent dans l'unité syndicale.
- La grève est diversement suivie, certains se réservant pour les suites du 13 mai.
-
- De partout monte l'exigence que les grandes confédérations donnent un plan d'action national plus précis et annoncent qu'elles sont prêtes à appeler à la grève générale interprofessionnelle pour gagner.
-
La grève générale, celle qui ouvre tous les horizons et qui exige de Chirac/Raffarin/Fillon/Ferry qu'ils cèdent ou qu'ils partent.
- Le SNUipp/FSU (syndicat majoritaire chez les instits) appelle d'ores et déjà à reconduire la grève après le 13 mai.
- La FSU appelle à une puissante journée d'action le 19 mai.
- Dans le secteur public, chez ceux qui sont directement touchés, s'organisent des AG avec à l'ordre du jour: la reconduction de la grève après le 13 mai.
- Dans les autres secteurs publics, le débat que nous retraçons dans ces pages porte, dans les services publics, sur «proclamer ou construire la grève reconductible dans son secteur.
- Le secteur privé peut se rallier à la mobilisation lors des temps forts que les intersyndicales organisent localement et nationalement, comme le 19 mai.
Le dimanche 25 mai la CGT, la FSU, SUD et l'UNSA organisent une très grande manifestation nationale à Paris avec montée en trains et cars. Objectif : un million de manifestants.
- Alors si d'ici le dimanche 25, le gouvernement ne cède pas il risque d'y laisser sa peau: Dès le 26 le mouvement social ne répond plus de rien.
- Pilou
-
-
-
- Entrevue avec
Isabelle Sargeni-Chetaud
- Depuis le 18 mars, les salariés de l'Education nationale se mobilisent contre la décentralisation, le démantèlement du service public et la baisse du montant des retraites organisés par la droite sous les ordres du Medef.
D&S a rencontré Isabelle Sargeni-Chetaud, secrétaire-adjointe FSU-64 et membre du bureau national de la FSU au titre de la tendance " Ecole Emancipée ".
-
- D&S : Des salariés de l'Education nationale sont entrés dans l'action depuis le 18 mars contre le démantèlement du service public d'éducation.
-
Isabelle Sargeni-Chetaud : La grève du 18 mars a été fortement suivie en Aquitaine, académie " expérimentale " et un mouvement de grève reconductible a démarré à partir des demandes des assemblées générales et d'un appel intersyndical académique (FSU, FERC-CGT, SGEN-CFDT, FO, UNSA-éduca-tion, SNETAA-eil). Il s'est étendu ensuite à d'autres académies, avec comme point central la contestation des mesures de " décentralisation " à la mode Raffa-rin-Ferry, notamment le transfert aux collectivités territoriales de pans entiers du service public.
Le mouvement a repris au retour des vacances et la grève du 6 mai en a marqué une nouvelle étape. Les secteurs où la mobilisation dans l'éducation était forte ont participé de manière conséquente à la réussite des manifestations du 3 avril et du Premier Mai sur les retraites, en y portant les revendications contre le démantèlement du service public d'éducation.
-
- D&S : L'attaque contre le service public d'éducation va au delà des projets de mise en concurrence des services publics, organisés par la Commission européenne.
- ISC : Dans le cadre des négociations de l'OMC (Organisation mondiale du commerce), la Commission européenne (dont les propositions supposent l'assentiment de tous les gouvernements d'Europe) s'est engagée à ne pas soumettre, cette année, les services publics d'Education, de Santé et d'Audiovisuel à 1'" Accord général sur le commerce des services ". Pourtant, le gouvernement, pressé par le MEDEF, a choisi de réduire au maximum le coût de l'Educa-
tion, de précariser davantage le service public et à terme d'abandonner aux marchés financiers des morceaux de l'Education nationale. Après des années de résistance contre les dégradations du service public, nous sommes confrontés à une attaque d'une extrême violence contre la structure même du service public. Il s'agit d'une remise en cause en profondeur du droit à l'éducation pour tous.
-
- D&S : C'est la décentralisation...
- ISC : Oui, elle permet le désengagement de l'Etat, désengagement financier préparé par l'abandon de compétences au profit des régions et le transfert de 110 000 fonctionnaires d'Etat aux collectivités territoriales.
- Cette décentralisation va développer les inégalités territoriales entre régions ou départements, selon leur richesse. La décentralisation permettra au gouvernement de réduire l'impôt sur le revenu, tout en laissant augmenter les taxes locales, plus injustes. Certaines collectivités se déchargeront des services de cantine, de nettoyage, d'orientation et d'information, par la sous-traitance confiée à des entreprises privées.
-
-
D&S : Le désengagement de l'Etat est un pas de plus dans le démantèlement des services publics...
- ISC: L'ensemble des services publics est visé. Si on laisse faire Fillon, à partir de 2004, un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ne sera pas remplacé. Le rapport Pochard du Conseil d'Etat, qui vient d'être rendu public, recommande que l'emploi public soit privatisé, sauf pour les militaires, les policiers, les gardiens de prison et les magistrats. Le statut de contractuels de droit privé pourrait ainsi être étendu aux enseignants d'une Education de moins en moins nationale (Raffarin vient même de débaptiser Ferry, devenu " ministre chargé de l'Education ").
- Les économies budgétaires se traduisent déjà par la diminution des crédits de formation et de fonctionnement, les suppressions de postes, la remise en cause de la scolarisation des 2 ans, la mise au chômage de 20 000 aides-éducateurs, la suppression de 5 600 surveillants et l'extinction de leur statut.
-
- D&S : Le gouvernement veut diminuer le financement des services publics, diminuer les contributions directes et les contributions sociales ...
- ISC: C'est le dogme de l'allégement des " prélèvements obligatoires ". Mais, contrairement à ce que dit le discours néo-libéral, contributions et cotisations sociales ne sont pas des prélèvements
Fillon
et aux retraites
sur la richesse produite par le travail, mais le prix que nous payons, collectivement, pour les services publics y compris la protection sociale. Ce sont les profits qui constituent un prélèvement sur la richesse produite. Or, au sein de la valeur créée par le travail, la part des profits (des revenus de placement) a augmenté 31 % à 40 % depuis 1980. La droite veut encore augmenter cette part en aidant le Medef à faire main basse sur les retraites.
-
- D&S : Les mesures prévues par la réforme des retraites ont pour but de pousser les salariés les plus aisés à recourir à l'épargne, aux assurances privées ou aux fonds de pension pour financer leur retraite.
- ISC: L'objectif du gouvernement est clair. Les mesures prévues par Fillon vont aboutir à dégrader encore le montant des pensions du privé (à la suite des mesures Balladur de 93) et à faire baisser celles du privé comme du public de 20 % d'ici 2008. Le taux de remplacement du dernier salaire serait ainsi passé de 78 % à moins de 60 %. L'équilibre de pouvoir d'achat entre retraités et actifs serait alors rompu. La décote de 3 à 6 % par année manquante, l'augmentation du nombre d'années de référence pour le calcul de la retraite et l'augmentation du nombre d'annuités donnant droit au taux plein, à 40, à 41, à 42, puis à 45 en 2020 ont pour but de réduire les pensions à moins de 50 % du dernier salaire. Et de créer un créneau pour des retraites par capitalisation, dont les salariés d'ENRON ont fait les frais.
-
- D&S : Jusqu'où le gouvernement est-il prêt à aller pour imposer une telle régression ?
-
ISC : Après des années marquées par des défaites des salariés (Lu-Danone, Balladur, privatisation de France-Télécom...), l'offensive de la droite et du Medef vise à emporter une victoire durable qui écrase les mobilisations sociales pour de longues années. Le gouvernement Chirac-Raffarin veut réussir contre le mouvement syndical ce que Thatcher avait réussi contre les mineurs britanniques en 1986. Nous en voyons le résultat en Grande-Bretagne qui fait l'expérience de la privatisation de tous les services publics, de la régression sociale, de la misère et, comme aux USA, du désintérêt des électeurs qui met en crise le suffrage universel...et même la possibilité de résistance collective.
- Tel est l'enjeu de l'affrontement social qui se prépare. Raffarin veut aller jusqu'au bout, le mouvement syndical n'a pas d'autre choix que de le faire plier... vite.
-
-
- EN MOUVEMENT
- Lettre
flash
- «Tous personnels"
A tous ceux qui veulent sauver l'Éducation NATIONALE
- Cette lettre n'entame en rien le budget du Ministère.
-
- La campagne de propagande du ministre est coûteuse pour les contribuables que nous sommes. Elle est assez habile mais sa stratégie est simple : ne pas aborder les véritables questions posées, se plaindre de rumeurs en prétendant que les gens ne sont pas ou mal informés.
- Le Ministre, le Recteur, ... inventent des rumeurs :
- « On a dit que les COPSY seraient supprimés ... c'est faux », déclare Ferry sur France Inter ? Personne n'a affirmé cela ainsi, mais pourquoi le concours de recrutement est-il supprimé dès 2005 ? « On dit que les écoles maternelles vont disparaître... c'est faux », dit le Ministre ? Nul ne l'a affirmé comme tel, mais il apparaît que déjà les 2-3 ans ne peuvent plus y accéder.
- Ils assènent des mensonges purs et simples :
-
« Personne n'a jamais dit que les assistants d'éducation pourraient être de jeunes retraités ou des mères de famille » ? Pourquoi la lettre d'Alain Boissinot, Directeur du Cabinet, datée du 27/09/02 l' affirme-t-elle ?
-
« Les profs continueront à être recrutés nationalement » ? Les vacataires et les contractuels, recrutés par l'Inspecteur d'Académie ne sont donc pas des profs ?
- « l'Education restera nationale » ? Le
décret n° 2003-181 du 5 mars 2003 nous dit exactement le contraire : il n'y a plus qu'un « ministre chargé de l'Education » !
Le ministre, désormais de l'Education (tout court), déclare sur les ondes que tous les présidents de région sont d'accord avec son projet ? M. Roussel, qui, dans sa lettre du 25 avril 2003, déclare le contraire, n'est-il pas le président de la région Aquitaine ?
- Ils énoncent des demi-vérités :
- « Les missions des COPsy seraient toujours définies nationalement ». ? Ils passent sous la tutelle des Régions qui sont responsables des décisions en matière d'orientation. Qui va définir leur mission ?
- « Les TOS n'ont rien à craindre d'un transfert aux collectivités locales » ? Ce sont les « missions » qui sont transférées, rien n'empêchera certaines collectivités de faire appel à des entreprises privées (entretien, restauration scolaire...).
-
Ils affirment de façon péremptoire :
- « Le statut des surveillants est obsolète et n'est plus adapté aux étudiants d'aujourd'hui ». Le ministre déclare également que les assistants d'éducation seront recrutés en priorité parmi des étudiants ? Sera-t-il plus facile à un étudiant assistant d'éducation qui devra 35h de service, qu'à un étudiant sur-
veillant qui en doit 28, de suivre des cours à l'université ? (n'ayant plus le temps de passer des examens, il aura sans doute plus de temps à consacrer à la vie scolaire !).
- Et pendant ce temps là...
- La DRH du Rectorat, déplacée à Mont de Marsan, donne le choix à des collègues de comptabilité dont le poste est supprimé à Oloron, entre se reconvertir en prof de Math, de Français, ou Histoire Geo, et pourquoi pas EPS. Mais certainement pas prof de vente dans le même établissement ! Le même type de reconversion est proposé à des profs de philo et de STI.
- De nombreux problèmes (la reconversion des TZR en particulier) sont traités au Rectorat au cas par cas sans le moindre regard des représentants du personnel.
- Le Recteur affirme que 34 collèges vont bénéficier de la création d'une 2ème langue vivante en 6ème. A Jeanne d'Al-bret pourtant, l'Espagnol 1ère langue a déjà disparu, la disparition de l'Anglais LV2 est programmée, et dans d'autres collèges de nombreuses options ont disparu (Russe à Margot...).
- La disparition des MISE et des Aides Educateurs a déjà été votée le 19 mars (perte programmée de 10000 postes).
-
- Sur des sujets aussi importants, a-t-on vu un seul DÉBAT à la télévision ? A t-on tenu compte de l'avis des personnels concernés ? La propagande et le mensonge sont-ils devenus des moyens de gouverner la France ?
-
- Ce qui est enjeu aujourd'hui, ce ne sont pas des revendications corporatistes des personnels, mais la qualité et la survie du service public d'éducation, élément de justice sociale, dont nous attendons qu'il reste NATIONAL.
-
- C'est pourquoi nous avons mené, depuis un mois et demi, de nombreuses actions.
Avons-nous d'autre choix que la mobilisation de tous ?
- Personnels du Collège Jeanne d'Albret -64000 Pau - 9Mai 2003
-
-
-
EN MOUVEMENT
- Haute-Garonne : Vers les Comités d'Action.
-
- Après avoir fermé les 6 écoles lors de la grève du 3 avril, les enseignants de Cugnaux/Ville-neuve (banlieue sud de Toulouse) ont organisé une réunion publique pour expliquer le sens de leurs luttes.
- A la tribune : la secrétaire de la CFDT (Météo), le responsable régional de l'UNCA (police), le responsable FO du Conseil Régional et un responsable FSU. 120 personnes ont donc décidé de préparer la manifestation du 1er mai et de se constituer en Collectif Citoyen. La mairie de Cugnaux (gauche unie) s'est déclaré solidaire. Ce Collectif s'est doté d'un outil : le Raffa-rinthon à la fois tract d'explication et pétition. Ce Raffarinthon est signé sur les marché du sud et de l'ouest toulousain. Des collectifs se mettent en place à Colomiers (sud-ouest de Toulouse) et ailleurs encore. L'objectif est de constituer un véritable réseau de comités d'action pour préparer les 13 et 25 mai
- RAFFARINTHON
- En 95 grâce à une forte mobilisation le gouvernement JUPPE a dû abandonner sa réforme de la sécurité sociale et des retraites.
- Aujourd'hui le gouvernement RAFFARIN nous impose :
- -
la décentralisation et la remise en cause de l'école de la République
-
- le démantèlement des services publics
- - une attaque sur les retraites de tous :
- *
1993 : le privé à 40 ans ; l'indexation des retraites sur les prix (- 20%) ; le calcul sur les 25 meilleures années (-4%).
- *
2003 : le public à 40 ans avec un alignement sur le privé
- *
2008 : tout le monde à + de 40 ans ( 41,42, ... ) et une remise en cause du système tous les 5 ans.
- Quelques exemples concrets :
-
- Au Havre l'expérimentation de la décentralisation provoque déjà la fermeture du CIO, de 3 maternelles et d'un lycée. Quel bel exemple de politique de proximité !
- - A Toulouse le démantèlement du service public et la privatisation de France Télécom entraînent la fermeture du centre de La Fronde, seul centre qui permettait aux usagers de payer leur facture en liquide.
- Un exemple de remise en cause des retraites :
- - Aujourd'hui le salaire médian est de 9000 francs (la moitié des salariés français gagnent moins de 9000 francs, l'autre moitié plus).
- - Avant 1993, le taux de reversion était de 84% dans le privé et de 77% dans le public.
- - Après les mesures Balladur de 93 et celles de Fillon en 2003 le taux de reversion du privé et du public sera compris entre 5O et 58 %.
- - La retraite des salariés payés au SMIC passera d'un taux de 83% à 75%.
- Autrement dit : un retraité avant 93 touchait 6000 francs de retraite pour 8000
francs de salaire. En 2003 il ne touchera plus que 4400 francs s'il a cotisé 40 ans.
Est-ce ce monde-là que nous voulons laisser à nos enfants?
-
- une école inégale selon les régions,
- - un service public délabré,
- - des parents qui travailleront plus longtemps pour une retraite misérable et des enfants sans emploi...
- La quatrième puissance économique du monde peut offrir un avenir meilleur à chacun grâce à une meilleure répartition des richesses.
- Nous exigeons l'abrogation de toutes ces réformes engagées par le gouvernement et nous déclarons solidaires du mouvement en cours.
- Le mouvement en cours s'est donné un certain nombre de rendez-vous :
-
- Le 1er mai, manifestation unitaire et intersyndicale dans 200 villes en France et à Toulouse (place Arnaud Bernard à 10h30).
-
- Dès le mardi 6 mai, grève unitaire, nationale, reconductible de l'Education Nationale.
- - Samedi 10 mai, manifestation parents/enseignants dans toutes les grandes villes.
- - Mardi 13 mai grève générale unitaire et interprofessionnelle.
- - Dimanche 25 mai, grande manifestation nationale à Paris.
- A Cugnaux, notre Collectif se réunira mercredi 30 avril à ISheures à l'école maternelle Eugène Montel. Il envisage de tenir un stand d'information lors de la fête du 1er mai à Cugnaux. Il organise son propre cortège dans la manifestation toulousaine du 1er mai.
-
Le Collectif citoyen pour l'Egalité, les services publics et les retraites solidaires.
- Cugnaux/Villeneuve/St-Simon(Hte-Garonne)
|
-
- Raffarinthon
-
- Nous nous prononçons pour l'abrogation des lois sur la décentralisation, pour revenir sur toutes les mesures de privatisation (mise en concurrence, ouverture du capital, privatisation totale) des Services Publics
- Nous demandons l'abrogation et le retrait :
- - des mesures Balladur (93) et de l'accord de 96 sur les retraites,
-
- des projetsFillon sur les retraites des fonctionnaires.
- Nous demandons :
- - la retraite à taux plein à 60 ans pour tous
- - un taux de reversion de 75% au minimum
- - 37,5 annuités de cotisation pour tous
- - pas une seule retraite inférieure au SMIC
- Pour sauver nos retraites nous proposons une augmentation des cotisations patronales et/ou salariales
- (Le Conseil d'Orientation des Retraites a calculé qu'il fallait augmenter de 0.3% les cotisations si l'on veut abroger les décrets Balladur et revenir aux 37.5 annuités pour tous)
- Nous soutenons le mouvement revendicatif en cours qui cherche à faire valoir ces exigences.
-
- NOM
ADRESSE
SIGNATURE
-
-
-
-
- Un document présenté début avril par le président le Commission des finances de l'Assemblée nationale, Pierre Méhaignerie (UMP), et le rapporteur général, Gilles Carrez, prouve que les syndicats de l'Éducation nationale ont raison d'avoir peur. Ces élus y demandent une réduction des dépenses de l'État en passant par la remise en cause du statut de fonctionnaire.
- Morceaux choisis
-
- Après les rapports du Conseil d'État, celui de la Cour des comptes, puis la préparation de la décentralisation par le Département, c'est au tour du parlement de sonner le glas du système éducatif national actuel.
- Dans un document d'une quarantaine de pages remis à la Commission des finances de l'Assemblée nationale, le président de cette instance, Pierre Méhaignerie (UMP), et le député Gilles Carrez (UMP) tirent à vue sur les statuts des personnels de l'éducation. Le rapport d'information sur le Contrôle des dépenses publiques et l'amélioration des performances de l'État rendu public le 2 avril dernier confirme ce que les syndicats crient depuis des semaines. Après les avis très écoutés, mais sans valeur juridique, de la Cour des comptes et du Conseil d'État, les menaces sur les statuts des fonctionnaires de l'Éducation nationale sont maintenant évoquées au plus haut niveau. Le président Méhaignerie et le rapporteur géné-
ral de la Commission des finances, Gilles Carrez, prônent une culture de l'évaluation pour maîtriser les dépenses de fonctionnement, et les baisser, dans des proportions qui touchent directement le statut des enseignants, premiers employés de l'État.
-
- RÉDUCTION DE 10% DES CRÉDITS
- Avec un dépassement des critères de Maastricht en matière de dépenses publiques (3,1% du PIB en 2002), la France a besoin de rentrer dans le rang ou de passer pour le mauvais élèves de l'Europe. Il n'y a pas d'autres solutions, écrit le président de la Commission, que de maîtriser la gestion du financement de la fonction publique. Et pour plus d'efficacité, l'ancien ministre de l'Agriculture parle de «notion de performance», un terme qui ferait bondir n'importe quel enseignant. Alors que la plupart des syndicats réunionnais demandent une seconde vague de rattrapages en terme de postes dans l'académie, donc davantage de dépenses pour une meilleure qualité d'enseignement, les deux députés prônent l'inverse.
- Selon ces élus, l'augmentation des dépenses n'est pas suivie par une amélioration du service public. «Ce lien n'est pas évident, indiquent-ils dans le rapport. Au contraire, il faut développer l'attitude inverse : (...) le calcul de la performance doit aboutir à rendre un meilleur service à un coût moindre.» Quelques paragraphes plus loin, ils en remettent une couche lorsqu'ils déclarent : «II faut bien avoir à l'esprit qu'on peut obtenir de meilleurs résultats avec moins d'argent.» Et enfoncent le clou en indiquant que «des études montrent qu'il n'y a pas de corrélation entre le niveau des élèves et le nombre d'enseignants. (...) Une étude de l'inspection de l'Éducation nationale portant sur cinq académies a évalué à 4% le surnombre des enseignants.»
-
- Tout cela pour aboutir à un chiffre : «Chaque ministère devra réduire de 10% ses crédits.» Les auteurs, conscients de la provocation, préconisent de mettre en place «un mécanisme de récompense des initiatives et des suggestions» pour associer «les supposées «victimes», à savoir les fonctionnaires».
- C'est une vraie révolution du système. En s'appuyant sur les exemples américains et hollandais, les élus défendent
l'impérieuse nécessité de procéder à des évaluations «neutres». Plus loin dans le rapport, les deux députés se demandent si les contraintes du statut de fonctionnaire «pourront (-elles) être conciliées avec une gestion managériale» ? Il ne s,agit pas que d'un exercice de style puisque quelques lignes plus bas, les députés répondent clairement à la question: «Certaines de ces mesures nécessitent des modifications, en particulier statutaires, à moyen ou à long terme.»
- Ainsi, le président et le rapporteur général reprennent une synthèse de la Cour des comptes d'avril 2001 pour reprocher «le nombre de disciplines (350) et leur cloisonnement, la lourdeur des procédures d'affectation, le fait que les enseignants soient de plus en plus «monovalents» et refusent d'enseigner dans des disciplines proches de la leur, la difficulté pour les chefs d'établissements de pouvoir obtenir des enseignants des heures supplémentaires. Le fait que plus le concours initial est réputé difficile, plus la rémunération est élevée et plus le nombre d'heures d'enseignement à effectuer est faible.» Autre point lié aux menaces pesant sur le statut des fonctionnaires de l'Éducation, la baisse du nombre de personnels.
-
- UN REMPLACEMENT POUR DEUX DÉPARTS EN RETRAITE
- Les syndicats le crient haut et fort depuis plusieurs mois, le document déposé sur le bureau de la commission des finances de l'assemblée nationale le confirme : «Des administrations comme l'Éducation nationale, les Finances, l'Intérieur ou la Justice devraient voir leurs effectifs baisser.» La sûreté de l'emploi, pilier de la fonction publique, est même remise en cause. Les élus évoquent la possibilité pour l'État de mieux rémunérer ses employés s'ils se jettent dans les bras de la contractualisation. «La contractualisation, l'externalisation et la décentralisation, indiquent les députés, doivent conduire à une déflation des effectifs de l'État. Recourant à des emplois contractuels, il pourrait davantage demander aux fonctionnaires titulaires de renoncer à la garantie de l'emploi à vie contre des salaires plus attractifs.»
- La mesure est dangereuse politiquement. Les députés Méhaignerie et Carrez en conviennent. Aussi, ils évoquent
L'éducation à la britannique
(lettre parue dans la presse locale)
un outil beaucoup plus subtil pour enrayer les dépenses, mais non moins cana-lisateur de rejet : le non remplacement des départs à la retraite. «l'État peut être ferme, mais peut procéder avec nuance et intelligence. La conjoncture démographique est d'ailleurs particulièrement favorable : 50% des fonctionnaires vont prendre leur retraite dans les dix ans à venir, l'objectif devrait donc être de ne procéder qu'à une seule embauche pour deux départs en retraite.» c'est écrit noir sur blanc. S,il n'y a pas encore de projet de loi déposé sur le bureau du président de l'Assemblée nationale, la Commission de finances a, en revanche, approuvé le rapport parlant d'un remplacement pour deux départs à la retraite. Pierre Méhaignerie et Gilles Carrez sont pleinement conscients des risques politiques. S,ils affirment que «les citoyens savent déjà, instinctivement, que la maîtrise des dépenses serait une bonne chose», ils revendiquent tout de même un «effort de pédagogie nécessaire». Exit le modèle britannique lorsqu'il s,agit de présenter la réforme au public, car «dangereuse politiquement» pour favoriser les exemples espagnols ou italiens. Même dans un document a priori apolitique, les références politiciennes sont largement évoquées. Les deux élus portent un regard critique sur la communication du Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, qui ne met pas en avant un politique de rigueur, «une première erreur qui compromet les chances de victoire électorale de l'actuelle majorité dans quatre ans.» Le ton est donné. Pour les députés, les réformes «peuvent être comprises par le citoyen» ... «et l'électeur.»
-
(recueilli sur le site grevinfoliste)
-
- Témoignage fort instructif d'une enseignante écossaise, professeur d'anglais à Saint Louis sur les conséquences de la décentralisation de l'éducation en Grande Bretagne.
- Enseignante à la Réunion, d'origine écossaise je souhaiterais m'adresser aux parents et rendre compte de l'état de l'enseignement en grande Bretagne, modèle que le gouvernement français semble vouloir adopter.
- Dans mon pays l'éducation dépend des régions et dans nos établissements il n'y a pas d'assistantes sociales, d'infirmières, de conseillers d'orientation, de surveillants, de CPE, d'intendants.
- Tout le travail de ce personnel essentiel et donc qualifié est donc effectué par les professeurs (qui ont beaucoup plus d'heures de cours) et par les chefs d'établissements - des personnels qui n'ont pas la formation pour accomplir ce travail.
- Qu'est-ce que cela veut dire concrètement pour les élèves et les parents ?
- La qualité de l'enseignement est nettement inférieure parce qu'on ne peut pas exercer plusieurs métiers en même temps et qu'il est alors difficile de consacrer suffisamment de temps à nos élèves, à la préparation des cours et aux corrections. Résultat : le travail est superficiel et les devoks simplifiés sont souvent corrigés en classe par le voisin.
- Des enseignants surmenés quittent la profession et il y a des problèmes de recrutement. Dans certaines régions on bouche les trous en primaire avec des étudiants d'autres pays européens. Dans le secondaire les enseignants remplacent leurs collègues malades : un professeur de maths peut remplacer un col-
lègue en allemand par exemple/résultat: aucune garantie de qualité.
- Un taux d'absentéisme alarmant chez nos élèves, faute d'un encadrement efficace ( pas de surveillant, ni de CPE)
- Résultat : davantage de délinquance.
- Depuis 10 ans énormément d'écoles en Angleterre ont décidé de quitter le public pour devenir "Indépendants Schools" et sont ainsi devenues payantes.
- Résultat : des écoles de qualité pour ceux qui en ont les moyens et l'école publique démunie pour les autres.
-
Personnellement je ne mettrais pas mes enfants dans une école publique chez moi et je n'arrive pas à croire que les français vont accepter qu'on leur impose un tel modèle.
- L'éducation de nos enfants n'a pas de prix. En reléguant progressivement le système éducatif aux régions celles qui sont les plus démunies n'auront d'autre choix que de se tourner vers le privé , amenant un modèle d'école à deux vitesses. Dans mon pays nous n'avons pas compris les dangers et nous en payons maintenant lourdement les conséquences.
-
Je souhaite de tout mon coeur, pour nos enfants, que les français vont réagir. Il faut protéger l'égalité des chances pour chaque enfant.
- En France le système d 'éducation est d'une très haute qualité. Si vous ne me croyez pas allez voir comment cela se passe ailleurs. Cette mobilisation concerne tous les Français, de toutes les régions, dans le public et dans le privé. Le personnel de l'éducation nationale est dans la rue aujourd'hui avant tout pour protéger l'avenir de vos enfants, de nos enfants. Venez nous parler, venez demander des explications et vous comprendrez alors que nos inquiétudes sont également les vôtres.
- Un professeur d'anglais Saint Louis
-
- Commentaire : On voit mieux à la lecture de ce document ce qui nous menace.
- Au demeurant on connaissait déjà les méfaits de la privatisation de la médecine en Angleterre ( les malades britanniques qui en ont les moyens viennent se faire soigner par bateau entier en France)
- (recueilli sur le site grevinfoliste)
|
-
-
-
-
- Les libéraux s'attaquent à l'éducation
- C'est au gouvernement Raffarin qu'il revient de peaufiner et d'appliquer les réformes dites " LMD-ECTS ". Issues du processus " Sorbonne-Boulogne-Prague ", ces réformes sont les fruits de l'harmonisation européenne à la sauce libérale. En soumettant étroitement les formations universitaires aux besoins des entreprises, elles aboutiraient, en cas d'application, à casser le service public d'enseignement supérieur. Pour Yassir Fichtali, président de l'UNEF, (à l'intention du 1er ministre) " derrière votre pragmatisme, il a en fait un dogme et une idéologie d'inspiration libérale et conservatrice ".
-
- Casse du cadre national des diplômes
- La première attaque contenue dans la réforme vise le cadre national des diplômes. En effet, par l'intermédiaire d'une autonomie accrue des universités en termes de contenu et d'organisation des enseignements, les intitulés communs des diplômes risquent de recouvrir des réalités fort différentes. Ainsi, il est prévu par les textes la mise en place systématique d'une annexe au diplôme indiquant la ville d'obtention, les noms des enseignants et les intitulés des modules d'enseignement. Pensant des années, les syndicats étudiants ont craint de voir les diplômes régionalisés, le gouvernement Raffarin veut les individualiser ! Le cadre national des diplômes est pourtant la seule garantie pour l'étudiant de pouvoir être embauché selon son niveau de sortie d'étude dans n'importe quelle entreprise située sur le territoire. De ce fait, le cadre national constitue une défense contre l'inféodation du salarié à son entreprise. Par ailleurs, le niveau de diplôme étant reconnu par les conventions collectives, il sert de base aux grilles de salaires et permet au jeune embauché de négocier son salaire sur une base acquise collectivement. La réforme sonne le glas de ces acquis.
-
- Mise en concurrence des établissements
- La décentralisation vise à régionaliser une partie du financement des universités. L'objectif avoué de la réforme est de mettre en concurrence les universités entre elles quant à l'offre de formation et de mettre en phase les formations avec les besoins des entreprises des bassins d'emploi locaux via des partenariats entre les conseils régionaux et les entreprises locales.
- La réforme ECTS encourageant la pro-fessionnalisation des enseignements et associant le MEDEF à l'évaluation des
diplômes, on comprend ici ce que le ministre entend faire quand il veut mettre en phase les formations avec les bassins d'emplois locaux. L'enjeu pour la droite et le patronat est de fournir des salariés " clé en main " aux entreprises, rentables pendant leur formation (stages) et " employables " dès leur sortie d'études.
- De la sorte, les universités sont incitées à être gérées comme des entreprises et à recentrer leur offre de formation sur des filières " rentables ". Ainsi, il risque d'émerger deux phénomènes :
-
- dans les régions " pauvres ", on verra apparaître de plus en plus de filières professionnalisantes avec des diplômes " d'entreprise " et la suppression des filières " non-rentables " (certains diplômes de langue ou artistique ont déjà disparu). De ce fait sans cadrage national, sous couvert d'insertion professionnelle, une partie de la jeunesse en formation risque de voir diminuer de façon considérable la part des enseignements théoriques et voir augmenter de façon proportionnelle les stages et autres enseignements spécialisés. On voit poindre ici la logique anglo-saxonne des compétences contre la logique républicaine des qualifications garantie collective sanctionné par un diplôme national.
-
- Les régions " riches ", elles, pourront se recentrer sur des technologies de " pointe " et continuer à dispenser un enseignement général, théorique de qualité. Ce sont les fameux pôles d'excellence.
-
- Une sélection sociale accrue
- II n'est donc pas très compliqué de comprendre quels sont les étudiants qui pourront se permettre d'intégrer les pôles d'excellence et ceux qui se retrouveront dans les voix professionnalisantes avec de grandes difficultés à se réformer (à défaut d'un enseignement théorique suffisant) au cours de leur vie professionnelle. Un étudiant d'une région " pauvre " n'ayant pas les moyens de poursuivre ses études à Paris ou Toulouse (le gouvernement est peu enclin à favoriser l'aide sociale) n'aura pas d'autre choix que d'étudier sur son université dans une filière qui
ne lui correspond pas forcément. De plus, la suppression des bac+2 et bac+4 (la réforme prévoit comme niveau de reconnaissance des diplômes bac+3, bac+5 et bac+8) découragera certains étudiants d'entreprendre des études supérieures.
- La mise en place de cette réforme signifie la fin d'un service public unifié d'enseignement et de l'idéal républicain de l'égalité des chances déjà mis à mal dans la pratique.
-
-
L'UNEF à la hauteur des enjeux
- L'UNEF en tant que première organisation de jeunesse et seul syndicat étudiant implanté sur tous les campus universitaires est la seule organisation à être en capacité d'informer massivement et de mobiliser les étudiants sur cette question. Après avoir pris part aux négociations quant à la mise en place de cette réforme, l'UNEF a pu constater la détermination du gouvernement. Ainsi, lors du dernier conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche (CNESER) les représentants du syndicat étudiant ont claqué la porte.
- Il est maintenant clair que l'on ne peut négocier " à froid " avec ce gouvernement. Sans l'établissement d'un rapport de force national par la mobilisation des étudiants, le combat est perdu d'avance. Nous entrons dans la phase décisive de cette bataille, en effet, la réforme commence à s'appliquer dès la rentrée prochaine pour certaines universités.
- Lors de son congrès l'UNEF va-t-elle définir comme priorité de son activité l'agitation et la mobilisation des étudiants contre cette réforme ? C'est ce qui semble se dégager des premiers débats. " Je n'ai pas le bouton qui déclenche les mobilisations " déclare Yassir Fichtali, certes une mobilisation ne se décrète pas, mais une des clés du problème réside peut-être dans la non-acceptation des rythmes imposés par Luc Ferry : il veut décentraliser l'application de la réforme, l'UNEF doit centraliser la lutte !
-
Thomas Chavigné Hélia Pouyllau
-
-
-
- L'ouverture du capital n 'est pas privatisation nous expliquent Laurent et Dominique. Et pourtant l'ouverture du capital de France Télécom est là pour nous ramener à la triste réalité. Pour payer les nouveaux actionnaires, il faut aller jouer en bourse, investir sur les marchés étrangers en dehors des missions de service public. France Télécom a eu l'intelligence de vouloir piller le tiers-monde. Patatras, la crise argentine, l'effondrement de l'économie a gonflé une dette gigantesque. Pour rembourser France Télécom vend ses immeubles, rentabilise le travail des employés (presser le citron) et abandonner ses missions de services publics : l'exemple du centre La Fronde.
-
- À Toulouse s'est mis en place, autour des syndicats CGT et Sud France Télécom avec le collectif des Associations des Pradettes, le PCF, la LCR, les Mo-tivé-e-s et le Parti Socialiste, un collectif de Défense. Voici l'extrait d'un tract de ce collectif :
- La Direction France Télécom annonce, sous prétexte de rentabilité, la fermeture
de l'agence de la Fronde. Voilà deux ans, elle justifiait la fermeture de l'agence de Jolimont par le maintien de celle de la Fronde !!
- En fermant cette agence, fréquentée par 6 000 personnes chaque mois (dont près de 4 000 pour des paiements en espèces), la Direction de France Télécom mettra fin à un service et à un droit important de payer en espèces les factures. En même temps, elle fermera la dernière agence de Toulouse qui est un service public et non un lieu exclusivement dédié à la vente. Un lieu où les usagers sont reçus assis, dans un espace qui permet la confidentialité, notamment pour tout ce qui concerne les renseignements " facture " avec face à eux une personne et non une machine.
- Le " hasard " aura voulu que la fermeture de l'agence de la Fronde coïncide avec l'ouverture d'une téléboutique au centre ville, essentiellement consacrée à la vente de mobiles. Il faut rappeler qu'il y a déjà une téléboutique à Esquirol et une place Wilson, dans lesquelles on ne peut pas effectuer le paiement des factures.
- Mode de paiement, que nous assisterions à une recrudescence de coupures
de lignes. Les usagers sont victimes des choix de la Direction de France Télécom et en supporteront seuls le coût.
- Nous devons empêcher cette décision et exiger le maintien des activités de cette agence, y compris le paiement en espèces. Le personnel, appuyé par les syndicats et de nombreux élus, a retardé l'échéance de la fermeture. Seule une mobilisation conjointe des salariés, de la population et des élus empêchera France Télécom de fermer cette agence et de maintenir ainsi un service public de proximité.
- Usagers, associations..., Nous vous appelons à rejoindre le collectif qui s'est constitué pour le maintien de l'agence de la Fronde et la défense du service public.
-
La fermeture a été effective à partir du 2 Mai. Gageons que la grève qui gagne secteur après secteur les salariés de la Haute-Garonne saura reposer avec force la nécessité de la réouverture de ce centre situé à deux pas du Mirail et des quartiers d'habitat social.
-
Pierrre Timsit.
- Représentant du PS au sein du Collectif.
-
- LAÏCITE :
- Mieux qu'en janvier 1994 contre la loi Falloux, nous avons trouvé cette proposition de loi sur le site de l'Assemblée Nationale. 85 députés UMP osent proposer
-
- Enseignement privé.
- EXPOSÉ DES MOTIFS
- Mesdames, Messieurs,
- La liberté de l'enseignement est un principe à valeur constitutionnelle reconnu par le Conseil constitutionnel dans sa décision du 23 décembre 1977. Cependant, l'exercice de cette liberté ne peut être effectif que si les établissements d'enseignement privés ont les moyens de l'exercer. Or, la législation en matière de financement des investissements de ces établissements date de 1850 et s'avère mal adaptée aux exigences de notre époque. Les collectivités locales ne peuvent accorder des subventions d'investissement à ces établissements que dans la limite du dixième de leurs dépenses annuelles.
- Pourtant, véritable instrument de lutte contre les inégalités sociales au même titre que les établissements publics, l'enseignement privé ne doit pas être pénalisé par des moyens insuffisants.
- Quand le législateur a voulu reconnaître aux collectivités locales la possibilité de financer les dépenses d'investissement des établissements privés au-delà de cette limite, le Conseil constitutionnel lui a opposé, dans sa décision du 13 janvier 1994, le principe d'égalité entre
l'enseignement public et l'enseignement privé, estimant qu'il n'existait pas de garanties suffisantes pour éviter que les établissements privés se trouvent dans une situation plus favorable que celle des établissements d'enseignement public, en raison des charges et des obligations de ces derniers.
- Compte tenu de l'importance des lycées d'enseignement privé général dans le système éducatif français (5705445 élèves à la rentrée 2002 dont 1182660 dans les lycées), il apparaît nécessaire d'élargir les possibilités d'aide des régions aux dépenses de construction, de reconstruction, d'extension, de grosses réparations et d'équipement des lycées ayant conclu avec l'Etat un contrat d'association. Toutefois, dans le respect du principe d'égalité entre l'enseignement public et l'enseignement privé, cette prise en charge ne devra pas être supérieure, pour chaque établissement, à la moitié des dépenses d'investissement et ne devra pas excéder, dans chaque région, le montant des investissements annuels réalisés dans l'enseignement public.
- C'est pourquoi nous vous demandons, Mesdames, Messieurs, de bien vouloir adopter la présente proposition de loi.
-
- PROPOSITION DE LOI
- Article 1er
- Après la première phrase de l'article L. 151-4 du code de l'éducation, il est inséré un alinéa ainsi rédigé :
- «Les régions peuvent concourir, par voie de subventions à hauteur maximale de la moitié de la dépense totale, à la construction, à la reconstruction, à l'extension, aux grosses réparations et à l'équipement des lycées ayant conclu avec l'Etat un contrat d'association en application de l'article L. 442-5 du présent code. Toutefois, l'aide apportée à ces établissements, dans chaque région, ne peut excéder le montant des investissements réalisés dans l'enseignement public.»
-
- Article 2
- Les charges découlant pour les régions de l'application de la présente loi sont compensées, à due concurrence, par une augmentation de la dotation régionale d'équipement scolaire.
- Les charges incombant à l'Etat sont compensées, à due concurrence, par une augmentation des tarifs visés aux articles 575 et 575 A du code général des impôts.
494 - Proposition de loi de M. Bernard Perrut sur le financement par les régions des dépenses d'investissement des lycées privés d'enseignement général
-
-
-
-
- Elles se félicitent de l'ampleur des manifestations du 1er Mai et de la mobilisation des salariés qui s'annonce importante pour la journée interprofessionnelle de grève et de manifestations du 13 mai prochain sur les retraites.
- Les fédérations CGT - CFDT - CFTC - UNSA - FGAAC confirment l'appel à la grève auprès des cheminots pour cette journée à caractère interprofessionnel. A cette fin, elles rappellent qu'un préavis de grève unitaire a été déposé pour la période du Lundi 12 mai à 20 H 00 au Mercredi 14 mai à 8 H 00. En même temps, elles les appellent à participer massivement aux manifestations qui auront lieu ce jour là.
- Le 13 mai est une étape s'inscrivant dans un processus de mobilisation unitaire et solidaire des salariés du privé comme du public. Son succès doit contraindre le gouvernement à mettre en place une réforme prenant en compte les exigences sociales des salariés lors du conseil des ministres du 28 mai consacré aux retraites. Dans ce processus, d'autres actions interprofessionnelles vont avoir lieu dans les prochaines semaines.
- Les cheminots y auront toute leur place.
- Paris, le 7 mai 2003
-
- Voici la position que la CFDT-Cheminots a défendu à l'interfé-dérale du 7 mai. Seuls FO et SUD appellent nationalement à une grève reconductible à partir du 14.
- Voir ci-joint le communiqué des autres fédés.
-
- "Sur la forme
-
Le cadre unitaire est une nécessité impérieuse qui doit au moins provisoirement dépasser tout calcul tactique d'appareil. Il implique, pour chacun d'entre nous, des compromis et que ces compromis soient respectés. L'unité est précieuse, mais fragile ; il est de notre responsabilité collective de la préserver. On ne peut pas dire «blanc» en interfé-dérale et dire «noir» en intersyndicale dans les régions. L'attitude «unitaire et démocratique» de
SUD le 1er mai à Paris faisant une « haie d'honneur » à la
CFDT en hurlant «grève générale, on vous attend» ! nous ramène aux périodes les plus désagréables de 96.. nous pensions que cette période était dépassée.
-
-
Sur le fond
- Nous pensons que la journée du 13 doit être une réussite majeure en terme de mobilisation des salariés, car de son succès dépend l'attitude du gouvernement, et les capacités syndicales à passer un cran supplémentaire dans le rapport de force.
- Pour la CFDT, l'action des cheminots, dans la période, doit être menée solidairement avec le reste du mouvement interprofessionnel. Tout débordement de ce cadre amènerait les cheminots à s'isoler et à prendre le
risque de s'exposer inutilement au contre-feu des médias et du gouvernement.
- En l'état, la grève nationale reconductible n'est donc pas envisageable et il faut avoir le courage de dire ensemble
qu'il s'agit d'une grève générale «carrée», la plus massive possible.
- Cette affirmation n'occulte pas l'hypothèse d'une grève reconductible si d'autres secteurs publics ou privés prenaient des initiatives majoritaires dans ce sens.
- Il faut rester attentifs et mobilisés pour s'inscrire, le moment venu, dans une action plus massive encore pour faire reculer définitivement le gouvernement sur les retraites mais aussi sur ses autres projets profondément antisociaux (santé, privatisation des entreprises publiques,
réductions budgétaires de l'Etat, absence de financement des infrastructures ferroviaires.).
- Il faut également se tenir prêts à se mobiliser sur l'avenir de 1' entreprise. L'ensemble de ces objectifs n'étant pas forcément séparé, comme nous l'avons démontré ensemble en 95."
-
-
- RETRAITES
- RAFFARIN, FILLON :
- 4 MENSONGES SUR L'AVENIR DE NOS RETRAITES
-
- Le 7 mai, le Ministre des affaires sociales, François Fillon, a présenté en Conseil des Ministres les grandes lignes de sa réforme sur les retraites. Il a aussitôt été épaulé par Raffarin...et Chirac. Ils ont asséné quatre mensonges pour faire passer une réforme des retraites qui n 'a qu 'un seul but véritable : préserver ou améliorer la part des profits dans le partage des richesses créées chaque année, aux dépens des salariés et des retraités.
-
-
Le 28 mai, le projet de loi sera présenté
en Conseil des ministres .
- L'examen du texte de loi par le
Parlement aura lieu en juin. Le vote
définitif devrait intervenir avant le 14
juillet.
- Autant dire qu'il ne faut pas baisser la
garde car au cours du débat
parlementaire, les députés ou les
sénateurs de droite pourraient fort bien
durcir le projet de loi Fillon.
- De toute façon, ce projet représente une
telle régression sociale que seul son
retrait peur et simple peut permettre de
sauvegarder nos retraites.
-
- UNE RÉFORME ÉQUITABLE ?
- Si l'on en croit le ministre des Affaires sociales, son projet de réforme des retraites aurait pour principale fonction d'assurer l'équité. Mais l'équité entre qui et qui ? Et l'équité comment ?
-
- Dans le secteur privé : s'agit-il de l'équité entre les salariés et les profits ?
- Absolument pas, Raffarin, comme Fillon se refusent à toute augmentation des cotisations patronales.
- Pourtant, le Conseil d'orientation des retraites en a fait le calcul : une augmentation de 15 points du taux de cotisation permettrait, en revenant sur les mesures Balladur de 1993 (40 annuités de cotisation au lieu de 37,5, salaire de référence calculé sur les 25 meilleures années au lieu des 10 meilleures, indexation sur les prix et non plus sur les salaires) de maintenir un taux de remplacement de 78 % (pourcentage de la retraite par rapport aux derniers salaires).
- Une telle augmentation signifierait une hausse de 0,4 points du taux de cotisation chaque année pendant 40 ans. A raison de 0,25 point pour les cotisations patronales et de 0,15 point pour les cotisations salariales, ce serait
la solution la meilleure pour préserver nos retraites. D'autant qu'avec un doublement de la richesse de notre pays en 40 ans (avec le taux moyen de croissance de 1,75 % par an retenu par le COR) il serait à la fois possible de continuer à augmenter de plus de 60 % en 40 ans les salaires directs et de continuer à augmenter la part des profits destinée à l'investissement productif.
-
- S'agit-il de l'équité entre hommes et femmes ?
- Certainement pas, 23 % des salariées du privé n'atteignent pas à 60 ans, aujourd'hui les 40 annuités de cotisation nécessaire pour obtenir une retraite à taux plein. S'il fallait, comme le prévoit Fillon, cotiser 42 années en 2020 : c'est près de la moitié des femmes qui n'auraient pas droit à une retraite à taux plein.
-
- S'agit-il de l'équité entre les salariés du secteur privé et les fonctionnaires ?
- C'est bien de cela dont il s'agit,selon Fillon.
- Mais alors pourquoi ne pas avoir réalisé cette équité vers le haut en revenant aux 37,5 annuités pour tous ? Une telle réforme aurait, selon le COR, un coût négligeable : 0,3 point du PIB annuel en 2040 !
- Pourquoi ne pas abroger les mesures
Balladur de 1993 qui programment une baisse de plus de 20 points du taux de remplacement des retraites d'ici 2030 ? L'équité que veulent Fillon et Raffarin, c'est l'alignement vers le bas et la programmation du retour de la pauvreté (comme durant les années 1950 et 1960) chez une grande partie des personnes âgées.
- Raffarin et Fillon ne cachent plus leur jeu. L'alignement des conditions de retraites des fonctionnaires sur ceux du privé ne serait pas un aboutissement mais un début, un tremplin.
- Dès que l'alignement vers le bas aurait été atteint (en 2008) entre les salariés du privé et les fonctionnaires, la régression continuerait pour l'ensemble des salariés puisqu'une augmentation continue de la durée de cotisation serait programmée à partir de 2008.
-
- MAINTENIR LE NIVEAU DES RETRAITES ?
- C'est le but que dit s'assigner Fillon.
- L'ennui est que le Ministre se contredit
en affirmant qu'il n'y aura pas de retraite inférieure à 75 % du SMIC alors qu'aujourd'hui les salariés qui ont travaillé toute leur carrière au SMIC perçoivent une retraite égale à 83 % du SMIC. C'est donc pour ces salariés une baisse de 8 points du taux de leur retraite que prévoit Fillon...
- Il se contredit également en assurant qu'il veut "mettre un terme à la dégradation du taux de remplacement". Mais en même temps il affirme vouloir garantir pour tous les Français, en moyenne, une retraite étale aux " deux tiers du revenu de référence ". Ce qui signifierait un taux de remplacement de 67 % alors que le taux de remplacement est aujourd'hui de 78 % ! Une régression de 10 points du taux de référence : voilà ce que Fillon appelle maintenir le niveau des retraites.
- Selon les calculs de la CGT comme de la Fondation Copernic, la baisse moyenne des retraites entre 1993 et 2020 serait de 20 % pour les fonctionnaires et de 30 % pour les salariés du privé.
-
- PÉNALISER LES ENTREPRISES, C'EST PÉNALISER L'EMPLOI ?
- Le Premier Ministre rejette toute augmentation des cotisations car ce serait, selon lui pénaliser l'emploi. Cela pourrait avoir un début de crédibilité si la quasi-totalité des profits des entreprises finançait des
investissements productifs. Or, ce n'est pas le cas aujourd'hui. Sur le total des richesses créées par les entreprises (la valeur ajoutée) : 20 % seulement sont investis de façon productive et 16 % vont alimenter la spéculation financière.
- La part attribuée à la spéculation financière a augmenté de 8 à 16 % de la valeur ajoutée entre 1982 et 2002. Dans le même temps, les salaires et les retraites baissaient de 72 % à 64 % de cette même valeur ajoutée.
- Financer les retraites en augmentant les cotisations patronales pour ponctionner la partie des profits qui ne s'investissent pas de façon productive mais qui sont utilisé à spéculer serait, contrairement à ce qu'affirmé Raffarin, particulièrement bénéfique pour l'emploi. Ce n'est pas de spéculation dont l'économie a besoin aujourd'hui mais d'une demande (salaires et retraites) en expansion.
-
- UN PROJET POUR SAUVER LES RETRAITES PAR RÉPARTITION ?
- C'est exactement l'inverse qui se
mettrait en place.
- Si le projet Fillon était mis en œuvre, les retraites par répartition régresseraient considérablement au cours des 20 prochaines années. Tous les salariés qui en ont les moyens se précipiteront vers les " fonds de pension à la française " que le projet Fillon met tranquillement en place. Mais seuls le haut du salariat pourra y souscrire, les autres ayant tout juste de quoi boucler leurs fins de mois.Cela pousse déjà les gens à calculer individuellement leur situation pour s'en sortir : cette individualisation mine la solidarité, le principe de répartition.
- Les sommes versées sur les fonds de pension seraient exonérées de cotisations sociales, ce qui diminuerait d'autant les ressources de la Sécurité sociale et des caisses de retraites par répartition.
- Là encore, une spirale infernale s'instaurerait, qui accentuerait considérablement les inégalités face à la retraite.
C'est un alongement de la durée du travail sur la vie plus important que ce qui a été réduit sur la semaine avec les 35 heures, cela augmentera le chômage de masse, et produira donc moins de cotisations sociales pour les retraites.
- Jean-Jacques Chavigné
-
-
-
- Le positionnement de la CFDT sur les retraites remonte à 1989, date où Michel Rocard alors premier ministre faisait publier un livre blanc sur les retraites. Il y était préconisé déjà une réforme du type Fillon.
-
- La CFDT épousait les thèses du rapport et expliquait à ses militants notamment dans les fédérations du privé que les salariés du public avaient de super-privilèges payés par les salariés du privé.
- En 93, pas plus que les autres centrales syndicales, la CFDT n'organisait l'action contre les mesures Balladur.
- Au congrès de Montpellier, en mars 95, la direction confédérale proposait une résolution votée par les congressistes contre la réforme Balladur et en particulier contre le passage de 37,5 à 40 annuités de cotisations pour le privé. C'est le dernier texte de congés de la CFDT sur la durée de cotisation. Aucun texte depuis n'a été voté portant le nombre d'années de cotisation à 40.
- En effet dans plusieurs régions (Rhône-Alpes) ou fédérations (construction bois), les amendements demandant le retour aux 37,5 annuités étaient votés majoritairement. La consigne confédérale était donnée de ne plus soumettre ce type d'amendement à des congrès.
- Pendant l'élaboration des rapports Charpin et Teulade, des rapprochements ont eu lieu avec la CGT, un livre des deux responsables confédéraux chargés du dossier Toulisse (CFDT) et Le Digou (CGT) était publié.
Ce rapprochement constituait le socle de l'accord unitaire pour les manifestations unitaires du 1° février 2003. Si, bien sûr dans ce texte il n'était pas fait référenceau retour à 37,5 ans dans le privé, ce texte revendiquait la retraite à 60 ans pleine et entière (comment faire si le nombre d'années de cotisations est de 40 ou plus). La CFDT s'employait aussitôt à mettre un coup de canif dans l'accord en sortant une affiche : " Profiter de la retraite dés 40 ans de cotisation même avant 60 ans ". Le diable est dans les détails, en effet le précédent slogan était : " Avec 40 ans de cotisation, la retraite avant 60 ans ". Le mot " même " introduit dans le nouveau slogan implique qu'en réalité la CFDT ne revendique plus la retraite à 60 ans pleine et entière mais la retraite à 40 ans de cotisation pour tous assorti de la retraite à la carte en réalité porte ouverte aux fonds de pension.
- Au mois de mars, la CFDT considérait que le texte d'orientation générale du gouvernement donnait satisfactions à ses objectifs, par exemple, le principe de la retraite par répartition était sauvé ! Du coup, elle se retirait du front syndical commun et n'appelait pas aux manifestations du 3 avril. Cette position fut souvent mal comprise par les militants et les adhérents, une trentaine d'unions départementales ou de secteurs appelaient malgré tout aux manifestations. Partout dans les 127 manifestations du 3 avril il y avait des militants et des syndiqués CFDT.
- Las ! Lorsque le gouvernement publie sa première ébauche la CFDT n'a pas grand chose à valoriser. Ceci cumulé avec le malaise créé par la non participation à la journée d'action du 3 avril, elle recolle au front syndical commun et appelle pour le 13 mai.
- Lors de l'émission " Orient-Express ", François Chérèque porte 5 exigences un peu atténuées par la suite :
- Aucune retraite ne doit, à terme, être inférieure au SMIC,
-
l'arrêt de la dégradation des retraites du secteur privé,
- la prise en compte des primes des fonctionnaires,
- le droit à la retraite dès 40 ans de cotisation même avant 60 ans pour les salarié ayant commencé avant 17 ans,
- une politique de plein emploi pour les salariés âgés.
- Les militants CFDT vont avoir un grand rôle pour maintenir la CFDT dans le front syndical commun, car il n'est pas gagné qu la CFDT appelle à la manifestation à Paris le 25 mai.
- Correspondant Auvergne
-
-
-
-
-
Le congrès de la Cgt a adopté cet appel. 93 % des délégués l'ont voté. Contrairement à ce que dit la presse la question des 37,5 annuités n'est pas abandonnée, ni même la bataille public privé. Au contraire, les 37,5 annuités y sont citées deux fois. Une fois pour souligner que le retour aux 37,5 n'est pas suffisant et qu 'il faut prendre en compte les années d'études, une seconde fois pour réaffirmer que le nombre d'années de référence doivent rester à 37,5.
- A ce congrès comme aux précédentes Commissions Executives Confédérales et Comités Confédéraux Nationaux larevendication de revenir sur les réformes Balladur a pris une place centrale, leur remise en cause (leur abrogation donc) figure dans cette appel.
- Les actions et les grèves du 3 avril vont être une étape importante dans la bataille pour défendre les retraites par répartition. Avec les luttes contre la régionalisation libérale chez les fonctionnaires, celles pour les retraites peuvent déclencher un mouvement du type de 1995.
-
Jean-Yves Lalanne.
-
-
APPEL SUR LA RETRAITE
- Pour l'avenir de nos retraites, gagnons ensemble
Dans la confrontation qui s'engage avec le Gouvernement et avec le MEDEF, la défense et l'amélioration de notre système solidaire de retraite est une priorité.
-
- Ce qui est en jeu : la conception même de la retraite.
-
La retraite devient une période de la vie à laquelle tout le monde peut prétendre. Le nombre de retraités va rapidement s'accroître. Le chômage et la faible croissance amputent les ressources des régimes. Ce système doit aussi répondre à de nouveaux besoins.
- Nous nous battons aujourd'hui pour consolider les fondements de notre système :
- la répartition solidaire entre les générations, face à la capitalisation inégalitaire.
- le droit à la retraite, lié au travail et au salaire, à l'opposé d'une allocation vieillesse minimale.
-
la solidarité au bénéfice des privés d'emplois, des précaires, des salariés et retraités modestes.
-
Le patronat veut réduire sa contribution, les assureurs y voient un marché juteux, le gouvernement est prêt à abaisser le niveau des pensions, à le rendre plus incertain. Tous veulent contraindre chaque salarié à compléter individuellement sa retraite avec des systèmes d'épargne foncièrement inégalitaires.
-
- Ce que revendique la cgt : consolider le contrat entre les générations.
- Avec demain 50 % de retraités en plus, il faut, pour garantir un haut niveau de retraite assurer la solidité financière du système. Cela exige une autre politique de l'emploi et des salaires, une autre répartition de la richesse nationale plus favorable aux salariés. Nous préconisons de taxer les revenus financiers et de réformer la contribution des entreprises de manière à tenir compte de l'ensemble de richesse créé par le travail.
- Le droit effectif à la retraite à 60 ans est pour les salariés le repère collectif fondamental.
- Les décrets Balladur de 1993 qui allongent à 40 ans la durée de cotisation des salariés du privé et programment la baisse des pensions
sont incompatibles avec ce droit. Ils doivent être remis en cause. Le seul retour de tous les salariés à 37,5 années de cotisation ne peut suffire à garantir ce droit à la retraite à 60 ans.
-
La CGT exige la garantie d'un bon niveau de retraite pour tous. Toutes les retraites doivent être au moins égales à 75 % des meilleures rémunérations d'activité, et indexées sur les salaires.
-
- Il faut assurer l'égalité en s'attaquant aux disparités entre salariés
- Garantir l'égalité ne suppose pas une uniformisation des régimes ni même des règles. Il faut qu'à une même cotisation corresponde une retraite de niveau comparable. La base d'une carrière de 37,5 ans doit continuer à prévaloir.
- La validation de périodes d'études, d'apprentissages, de recherche d'un premier emploi doit être assurée aux jeunes rentrés tardivement dans un emploi stable. La situation des femmes cantonnées dans des emplois à temps partiel, doit être réexaminée.
- Pas d'égalité face à la retraite tant que perdurent les inégalités d'espérance de vie : les salariés ayant accompli des carrières longues doivent pouvoir partir avant 60 ans ; ceux qui exercent des travaux pénibles doivent pouvoir le faire à 55 ans.
-
- Ne laissons pas « carte blanche » au gouvernement. C'est le moment d'agir.
- Le Gouvernement a multiplié ces dernières semaines des déclarations. Elles sont claires, elles sont inacceptables.
- Il veut inciter à travailler plus longtemps, et au nom de la liberté de choix, il veut supprimer le droit à la retraite à 60 ans.
-
Il veut confirmer les décrets Balladur de 1993 et décider de leur application aux fonctionnaires et aux salariés des entreprises publiques. L'alignement public-privé n'apporterait rien au privé, il ne serait qu'un nouveau pas vers une dégradation pour tous.
- Salariés du privé et du public, après les manifestations du 1er février votre intervention la plus large et la plus unitaire est de nouveau indispensable pour que vos revendications soient entendues.
- N'acceptons pas que ce projet soit débattu pendant l'été et exigeons de véritables négociations.
- Le 47ème Congrès vous appelle, salariés, jeunes, retraités, privés d'emploi, à vous engager dans la journée unitaire de mobilisation du 3 AVRIL et à participer nombreux aux manifestations et arrêts de travail.
- Le 26 mars 2003
-
- Communiqué des
Fédérations
CGT - CFDT - CGT-FO - CFE-CGC - CFTC
- des Industries Electrique et Gazière
-
- Dans le cadre de l'appel interprofessionnel du 13 mai sur la réforme des retraites, les Fédérations, CGT, CFDT, CGT-FO, CFE-CGC, CFTC appellent leurs syndicats à s'inscrire dans une journée d'actions, de manifestations et d'arrêts de travail.
- En outre et tout en conservant leur analyse spécifique, les cinq Fédérations partagent des inquiétudes fortes :
- - dégradation de l'emploi et des conditions de travail,
- - dégradation du pouvoir d'achat,
- - menaces de démantèlement du service public,
- - projet d'évolution du statut juridique des entreprises, manque de concertation.
-
-
Les cinq Fédérations considèrent nécessaire de permettre au personnel d'obtenir des avancées significatives et concrètes, et d'exprimer son mécontentement et son inquiétude. Cela nécessite de créer rapidement les conditions d'une mobilisation à laquelle elles vont s'employer.
- Elles décident de se revoir le 14 mai au soir pour en définir le contenu et les modalités.
- Paris le 6 mai
|
-
-
-
-
- Retraites
- Le 13 mai et après?
-
- À quelques jours de la journée interprofessionnelle de grèves et de manifestations, l'épreuve de force entre les syndicats et le gouvernement semble inéluctable.
Mercredi soir sur France 2, le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a affiché sa «grande fermeté» pour engager la réforme des retraites, déclarant notamment à «ceux qui veulent (la) bloquer (qu'il) ne faut pas qu'ils comptent sur (lui) pour avoir quelque sentiment de tendresse», ajoutant que «ce n'est pas la rue qui gouverne».Un peu plus tôt, le porte-parole du gouvernement, Jean-François Copé, avertissait: «II peut encore y avoir ici ou là des modifications. Mais il faut bien que chacun comprenne que ces modifications ne viendront certainement pas bouleverser l'architecture générale du projet» de loi présenté dans la matinée en Conseil des ministres par le ministre des Affaires sociales. En clair, le gouvernement fait le choix du rapport de forces avec les syndicats. Lesquels préparent déjà l'après 13 mai à l'instar des fédérations de la Fonction publique (FO, CGT, FSU, UNSA) ou des syndicats des cheminots (FO, SUD) qui ont appelé à «prolonger» et à «reconduire» des actions de mobilisation à partir de cette journée interprofessionnelle de grève et de manifestations associant les salariés du public et du privé. Quant aux centrales syndicales, elles n'excluent pour l'heure aucune éventualité.
- Hier, dans une interview au journal Le Monde, le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a estimé que «le gouvernement aurait tort de considérer» qu'il «est à l'abri d'une contestation sociale de grande ampleur». Selon lui, le gouvernement «doit bien mesurer les conséquences d'un passage en force sur un tel sujet. (...) Nous nous préparons à cette éventualité». Sur les marges de discussion laissées ouvertes par MM Raffarin et Fillon dans le projet de loi-vraisemblablement un effort sur les petites retraites et pour ceux qui ont commencé à travailler à l'âge de 16 pour contenter les seules revendications de la CFDT - Bernard Thibault déclare : «Lorsque 80 % d'un texte est mauvais, il faut accepter de le réécrire» en ouvrant de véritables négociations. Le secrétaire général de FO Marc Blondel a pour sa part tenu a minimisé la «mise en garde» déclarant qu'il «n'y a aucune raison que la rue gouverne (car) on n'est pas dans cette situation» aujourd'hui, mais, lui non plus, «n'a pas exclu» qu'il y ait des «suites (de grève) le 14 mai». Il a de nouveau tenu à dénoncer l'attitude du gouvernement «dont le seul but est d'affirmer sa détermination en faisant peur aux gens» pour «conditionner l'opinion publique en faisant croire qu'il n'y aura plus de retraite demain». Et Marc Blondel d'ajouter: «II y a effectivement une velléité à aller plus loin car les gens sentent venir derrière ce projet sur les retraites la réforme de l'assurance maladie».
- En attendant, le 13 se prépare et tout indique que ce devrait être une réussite. Le simulacre de dialogue social étant terminé, l'épreuve de force voulue par M. Raffarin est bel et bien engagée. Seule la détermination des salariés du privé et du public pourra conduire le gouvernement à mener une réforme tournée vers le progrès social, la solidarité et le respect des valeurs républicaines.
- FO site le 9 mai 2003
-
-
- L'unité d'action
vers l'unification syndicale ?
-
- Toutes les luttes sociales de salariés et de leurs syndicats ont pour caractéristiques d'être organisées dans l'unité. Les grèves reconductibles s'appuient, elles aussi, dans la quasi totalité des cas sur des assemblées du personnel organisées par le front commun syndical. Mais que d'efforts, de temps perdu, de semaines pu de mois, de conflits entre micro-appareils pour aboutir à organiser l'action syndicale dans l'unité. Contrairement à ce que voudraient faire croire les dirigeants syndicaux favorables à l'éclatement en différentes organisations "concurrentes", le pluralisme syndical n'est pas un acquis de la démocratie ; d'autant que le régime interne imposé par ces mêmes dirigeants écrase toute contestation interne à l'assimilant à une 5ème colonne servant les intérêts d'un autre syndicat ou d'un parti.
-
- Particulièrement en France, la division politique entre socialistes et communistes s'est traduite par les tentatives d'hégémonie politique sur le terrain social et syndical. La scission de 1921 entre la CGT (animée par les socialistes) et la CGTU (animée par les communistes) est la conséquence de l'éclatement de la seconde internationale et de la SFIO suite à la révolution de 1917. La scission de la CGT en 1947 est un des premiers actes de la guerre froide et de la division entre staliniens et sociaux-démocrates. A l'inverse, la réunification de la CGT en 1935 est une des traductions sociales de la montée de la combativité et de l'unité politique de la SFIO et du PCF au sein du Front Populaire. De même, la réunification de 1945 est l'expression de l'unité politique retrouvée dans la lutte contre le nazisme.
-
- Mais depuis près de cinquante ans, les organisations syndicales confédérées CGT, CFDT, FO qui représentent l'écrasante majorité des salariés comme les plus petites CGC ou CFTC se sont installées dans une logique de maintien de leur propre appareil. La proposition de Georges Séguy de mettre en place un CNUA (Comité National pour l'Unité d'Action) fut une rare et courageuse tentative de faire échec à la division PS-PCF de 1977. Ni FO, ni la CFDT ne donnèrent une réponse favorable ; L'appareil CGT dominée par le PCF enterra vite la proposition qui s'opposait de fait à la ligne Marchais.
-
-
La persistance de la division syndicale en France depuis 1947 et l'accélération de l'éparpillement avec les expulsions de la CFDT, à la fin des années 90, la création de SUD, l'éclatement de la FEN pourrait faire croire que le syndicalisme français est condamné à la division permanente. Si les mouvements sociaux de ces 30 dernières années n'ont pu imposer la réunification syndicale, ils ont installé durablement l'idée que "aucune action de masse
efficace ne peut se faire sans unité syndicale". Le mouvement de 1995 y a ajouté un corollaire indispensable : la démocratie dans l'action, la démocratie des assemblées.
-
- Nous ne pouvons nous arrêter aux constats sur la responsabilité de dirigeants syndicaux d'obédience socialiste ou communiste dans la division syndicale. Il faudrait souligner aussi la responsabilité de militants gauchistes qui transforment les syndicats en correspondant social de leur parti. Tout cela est le dramatique héritage de la division du mouvement ouvrier en deux camps, réformistes et révolutionnaires, gauche et gauche de la gauche.
-
-
L'unification syndicale une exigence, une nécessité, pas une utopie
-
- Etre pour l'unité syndicale de manière conséquente, c'est être pour l'unification de toutes les organisations dans une Confédération générale des travailleurs, unifiée et démocratique, par principe. L'unité ainsi réalisée aurait un formidable effet dynamique sur les effectifs syndicaux. La syndicalisation de masse dépasserait facilement ce que rassemblait la grande CGT de 1945. Les Unions locales unifiées verraient leurs moyens multipliés par 4 ou 5. Des milliers de nouvelles sections syndicales pourraient être rapidement créées notamment dans les PME grâce à l'aide de ces structures interprofessionnelles revitalisées. Mais le processus ne se bornerait pas à l'unité, à la syndicalisation de masse. Les adhérents auraient plus de poids pour exiger un fonctionnement démocratique indispensable pour maintenir le nouveau cadre commun. Est-il besoin de souligner que les néo-libéraux, le gouvernement Chirac-Raffarin-Sarkozy et le Medef se retrouveraient bien isolés...
-
- Même si, pour les mêmes raisons, nous devons agir pour former un Parti unifié de la toute la gauche, à l'image du Parti des travailleurs du Brésil, l'unification syndicale ne doit pas être subordonnée à sa constitution. Attendre que les mouvements sociaux imposent par "le bas", spontanément, l'unité organique reviendrait à renvoyer les militants syndicaux à une position de spectateurs.
-
- Il reste donc à créer un mouvement pour l'unification syndicale. Un appel national? Un Comité national pour l'unité d'action ? Une association "trans-syndicalistes" ? mais qui ne soit pas l'instrument ou une machine de guerre d'un courant politique, qui ne soit pas un nouveau syndicat, que ce cadre commun enregistre aussi les divergences, les différences. Cette idée doit faire son chemin. Le temps presse.
- Gilles Navarro.
-
-
-
-
- La réforme Fillon ne peut plus laisser planer aucun doute. Il ne s'agit pas de renforcer les régimes de retraite par répartition mais au contraire de programmer leur fragilisation pour obliger les salariés qui en auront les moyens (essentiellement les cadres) ù se tourner vers l'épargne retraite( ou fonds de pension à la Française). Les profits des entreprises seraient ainsi triplement bénéficiaires :
- 1- Les cotisations retraites patronales n 'augmenteraient pas.
-
2- Une place serait faite pour la mise en valeur des capitaux des assureurs privés (gestionnaires des fonds de pension) dans un domaine qui, jusqu 'à ce jour, leur était fermé.
- 3- L'évolution démographique ne se traduirait pas par une réduction mécanique du chômage : le chômage continuerait donc à faire pression sur les salaires et les conditions de travail.
-
- La tactique employée par le gouvernement est habile
-
II a compris qu'en 1995, Juppé avait eu trop d'appétit en attaquant en même temps tous les salariés du secteur public : fonctionnaires et salariés des entreprises publiques.
- Le Gouvernement Raffarin a donc décidé de s'attaquer aux salariés par tranches successives : d'abord les fonctionnaires, puis les salariés du privé, enfin les salariés des entreprises publiques (au fur et à mesure de leur privatisation...). Son but est, bien évidemment, de les battre ainsi les uns après les autres.
-
Il fait miroiter un certain nombre de concessions pour diviser les organisations syndicales : possibilité de départ en retraite avant 60 ans après 40 annuités de cotisation ; hausse des retraites les plus basses... Mais il se refuse à donner des chiffres précis.
-
- Le salariat a perdu une partie du terrain idéologique
- Le terrain de l'égalité a beaucoup trop été laissé au seul gouvernement qui s'est engouffré dans la faille créée par la réforme Balladur entre les salariés du
privé et ceux du public.
- L'extrême prudence des directions syndicales à s'avancer sur le terrain des 37,5 annuités pour les salariés du public comme du privé, l'absence totale du Parti Socialiste sur ce terrain, ont permis au Gouvernement de marquer des points dans l'isolement des fonctionnaires.
- Certes, le passage aux 40 annuités n'est pas la mesure qui pèse le plus dans la baisse programmée du montant des pensions des salariés du privé mais c'est la plus visible, la plus symbolique. Eviter de mener le débat sur cette mesure a permis au Gouvernement de marquer des points chez les salariés du privé et aussi du public. Les 37,5 annuités n'étaient que la trompe de l'éléphant mais c'était la seule partie qui était visible par tous les salariés. Si on laissait passer la trompe, c'était tout l'éléphant qui suivait. Fillon l'a parfaitement compris : non seulement il prévoit 40 annuités de cotisation pour les fonctionnaires mais aussi la modification du salaire pris en compte pour le calcul de la retraite et des pénalités considérables pour les salariés qui n'auront pas ces 40 annuités.
- La bataille pour l'égalité était (est toujours ) incontournable. Face à la volonté du Gouvernement d'imposer le nivellement par le bas, il fallait (il faut) lui opposer la volonté de nivellement par le haut : les 37,5 annuités pour tous, l'abrogation des mesures de 1994 et 1996 dans le secteur privé.
- Faute d'avoir mené cette bataille avec suffisamment de netteté, le salariat a perdu une partie du terrain idéologique. Le Gouvernement a réussi à faire passer l'idée que le retour aux 37,5 annuités dans le privé coûterait trop cher. Le COR avait pourtant fait le calcul et montré que ce retour ne correspondait qu'à 0,3 % du PIB annuel en 2040 ! Pourquoi ce chiffre n'a-t-il pas été inlassablement répété ?
- Le Gouvernement a réussi à faire passer une autre idée : celle que le passage aux 40 annuités dans le public éviterait aux salariés du privé une réforme trop sévère de leurs régimes de retraites. En réalité, ce passage n'apportera aucune solution aux retraites du secteur privé : la diminution de la ligne budgétaire destinée à financer les pensions des fonctionnaires de l'Etat ne sera pas compensée par des versements aux caisses de retraites du secteur privé ! C'est exactement l'inverse qui est vrai : si les fonctionnaires sont battus, le Gouvernement n'attendra certainement pas 2008 pour augmenter la durée de cotisation dans le privé. En gagnant contre Juppé en 1995, les salariés du secteur public n'ont pas seulement sauvegardé leurs régimes de retraites, ils ont, en même temps protégé les retraites du public. En cas de défaite des salariés du privé en 1995, c'est dés
1996 que la durée de cotisation des salariés du secteur privé serait passée à 42,5 annuités.
- Le Gouvernement a réussi à faire passer une dernière idée : l'évolution démographique (indépendamment de la répartition des richesses entre salaires et profits, indépendamment du doublement du PIB de notre pays entre 2000 et 2040) impliquait de se serrer la ceinture pour sauvegarder les retraites par répartition.
-
-
L'enjeu est considérable
- Si le Gouvernement bat les fonctionnaires, il s