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- Puisque les réseaux d'Oussama ben Laden, al-Qaeda, sont mis en cause par le Président Georges W. Bush, en tant qu'organisateurs de l'horrible attentat du 11 septembre à Manhattan, les USA sont tristement contraints de se regarder dans un miroir : ce sont eux, qui ont recruté, formé, armé le tueur, le fanatique, le riche milliardaire qui les a frappés.
- S'il se confirme que le criminel est réellement ben Laden, c'est Frankenstein qui se retourne contre sa créature.
- Ce sont les administrations américaines successives, depuis des décennies, qui ont jugé utile d'encourager l'intégrisme religieux pour dévoyer les revendications sociales des peuples arabes. Pour stabiliser la région la plus riche en pétrole du monde, les USA après la Grande-Bretagne, se sont appuyés sur les prospères monarchies réactionnaires arabes, notamment la famille saoudienne, les émirats arabes unis, pour diffuser dans toutes les populations pauvres, l'opium du fondamentalisme islamique. C'était le meilleur moyen de contenir les syndicats, la gauche, le nationalisme, de diviser les camps, chiites ou sunnites, de faciliter la réaction, les guerres et l'obscurantisme. Tour à tour, opposer la Jordanie et les palestiniens, l'Iran et l'Irak. Puis mener la guerre et boycotter l'Irak, isoler la Syrie. Développer le Hamas contre l'OLP d'Arafat. Empêcher l'unité arabe sur des thèmes progressistes. Ben Laden soutient aussi les groupes intégristes islamistes en Algérie, en Egypte, et au Yémen. C'est Washington qui a confié à ben Laden le soin de superviser les fonds que l'Arabie Saoudite mettait à la disposition des moudjahidins afghans qui sesont battus à partir du 24 décembre 1979 contre l'invasion soviétique. On dit qu'il aurait eu des contacts avec la CIA et que celle-ci, même après les attentats dans les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie, en 1998, aurait gêné l'enquête du FBI. Oussama ben Laden, jusqu'au 31 août dernier, était encore le protégé du chef des services secrets saoudiens, le prince Turki, limogé en catastrophe douze jours avant l'attentat. Ben Laden est l'enfant toujours protégé d'une des plus riches familles du royaume, de stricte orthodoxie wahhabite (école la plus rigoriste de la religion musulmane). Son père, une sorte de Bouygues local, construit les aéroports et les bâtiments qui abritent à la fois les troupes US, et les nombreux pèlerins de la Mecque. La fortune de ben Laden provient d'une multitude d'affaires réalisées avec ses protecteurs US, y compris l'exportation de gomme arabique, nécessaire à la fabrication du Coca-cola.
- Boomerang : le fou de dieu se retourne contre les infidèles qui l'ont armé. Il forme des jihadis, les fanatise, les envoie contre le grand Satan. Il profite de l'appui des généraux d'extrême droite pakistanais, d'émirs corrompus, des monarques pourris de pétrodollars, et des talibans, eux-mêmes tous alliés des USA. Ambiguïté, double, triple jeu, lui permettent de continuer à accéder à sa fortune, à des moyens technologiques ultra modernes, à payer des mercenaires qualifiés, et à éviter d'être expulsé, du Soudan puis d'Afghanistan, tout en passant pour un héros auprès de populations qu'il méprise souverainement ("des mécréants").
- C'est la politique capitaliste qui a créé le terreau propice pour que plusieurs dizaines d'agents soient motivés, formés, mis en place pour préparer au prix de leur vie, à long terme, des attentats envers des populations civiles innocentes. C'est, hélas, le cadre salarié informaticien et la femme de ménage de Wall Street qui paient le prix de la façon dont Washington a voulu maintenir toute une région du monde dans la pauvreté et l'obscurantisme.
- Que Bush, après la catastrophe du World trade center, veuille se débarrasser de sa criminelle créature et éradiquer ses réseaux mortels, ne saurait nous surprendre. Ce terrorisme-là, d'extrême droite, religieux, féodal, opposé à tous les intérêts des peuples doit être liquidé.
- A condition que ce ne soit l'occasion ni d'une croisade, ni d'un amalgame, ni d'un affrontement entre le "Bien" et le "Mal", ni d'une nouvelle terreur contre les populations du Moyen-Orient, du Golfe ou d'Asie centrale. Non à une fatwa texane en guise de riposte à une fatwa islamique !
- Non au "choc des civilisations" ! Pas de loi du talion. Pas de racisme. Stop à la politique impérialiste unilatérale et toute puissante !
- Ce n'est pas parce que nous sommes compatissants de tout cœur avec les malheureuses victimes de l'odieux attentat de New York, que nous sommes prêts à cautionner n'importe quelle réaction de l'Empire US...
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- LA DOULEUR MONDIALISÉE
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7000 personnes tuées et 6300 blessés dans les différents attentats du 11 septembre aux Etats-Unis. Ces disparus sont issus de 62 nations différentes, dont 1 000 européens, 3 à 4000 américains. 346 colombiens, 250 chiliens, 250 indiens, entre 200 et 300 britanniques, 131 turcs, 117 philippins, 107 russes, entre 60 et 100 canadiens, 72 australiens, 72 salvado-riens, 57 italiens, 50 bangalis, 40 autrichiens, 37 équatoriens, 26 brésiliens, 24 africains du sud, 24 japonais, 20 danois, 20 pakistanais, 19 coréen du sud, 17 mexicains, 17 chinois de Hong Kong, 9 taïwanais, 9 dominicains, 7 malais, 7 chinois, 6 suisses, 6 péruviens, 5 portugais, 4 libanais, 4 irlandais.
- Normalement dans les World Trade Center, il y avait entre 40 000 et 50 000 personnes dans la journée, dont une immense majorité de salariés. À New York, on était encore en début de matinée, ce 11 septembre, ce n'était pas l'heure des touristes, mais plutôt celle des employés et des femmes de ménage.
- Comme par hasard, ce genre de terroristes fous de dieu, ratent plus souvent les "Maison Blanche" que les bureaux, les métros, et les grands magasins : leur lâcheté finit toujours par assassiner des civils qui travaillent et qui souffrent. Il en était ainsi lorsqu'on 1995, des fanatiques, à Paris, déposaient des bombes devant chez Tati : ils s'en prenaient à leur frères immigrés, musulmans, à nos collègues salariés, à nos enfants, à tous ceux, indistinctement, qui n'avaient aucune responsabilité dans la politique qu'ils étaient censés combattre.
- C'est pour cela que des centaines de millions de personnes de par le monde entier, se sont solidarisés, émus aux larmes, avec ces gens qui se jetaient du haut des Twin Towers pour éviter le brasier, qui périssaient sous des dizaines de millions de tonnes de gravats, qui explosaient avec les avions plein de kérosène des kamikases. Aucun symbole, ni Wall Street, ni l'Occident riche, n'étaient touchés, rien n'avait de sens. Il n'y avait que des corps humains disloqués, des braves gens qui auraient pu être chacun de nous...n'importe qui sur la planète... que l'on voyait périr dans un fantasme de terreur incroyable et intolérable pour des cerveaux humains.
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- Surtout ne pas confondre ben Laden avec les peuples dont la cause est juste - même par antiaméricanisme primaire. Lui, c'est l'extrême opposé du combat des peuples. Il n'y a pas un gramme de la pensée de ben Laden qui soit progressiste. Il est d'extrême droite. Ce n'est pas parce qu'il s'en prend à l'Amérique de Bush qu'il est du côté de ceux qui combattent la mondialisation libérale. Il est capitaliste libéral et fanatique à la fois.
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- BEN LADEN est prêt, et s'en vante, sans scrupule, à assassiner des milliers de braves gens (des "mécréants") qui travaillent dur. Il est l'anti monde que nous voulons. Il exprime la haine et l'obscurantisme, l'inquisition et le féodalisme. C'est une créature de l'impérialisme et non celui qui peut l'affaiblir.
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- Meurtres de masse et régression
- II est accusé d'être l'instigateur du massacre de Louxor en Egypte, et de l'attentat d'Addis-Abbeba contre Osni Moubarak en juin 1995, ensuite des attentats de Nairobi et de Dar es Salaam en 1998. La destruction du World Trade Center ne nuit pas à W. Bush mais le renforce : hier, il était le simplet élu de justesse, l'imbécile alcoolique, le méchant "Dark Wador" qui refusait les accords de Kyoto, et anonnait ce que son père disait, aujourd'hui le voilà devenu un héros résistant se réclamant de la liberté.
- Le premier résultat des attentats du 11 septembre, c'est la régression idéologique qui se fait jour partout. On ne parle plus ni de Gênes, ni des revendications sociales, ni de ce qui intéresse les salariés. Chirac et les va-t-en-guerre s'agitent, on parle d'infiltrations, de guerres, de vengeances, de patriotisme, de coalitions, de destructions, de croisades.
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- Un richissime milliardaire
- Le dirigeant d'al-Qaeda n'a rien à voir avec la défense des peuples pauvres et humiliés du monde. C'est d'abord un richissime privilégié : sa fortune vient des combinaisons de son capitaliste de père, qui savait à la fois profiter de la religion et de la protection US. Le "Ben Laden construction group" est en effet un grand groupe du bâtiment, - à la
façon de Bouygues - qui travaille à la fois pour l'agrandissement des lieux saints de l'Islam, La Mecque et Médine, et pour les installations militaires qui abritent les soldats américains qui stationnent dans la région. Double bénéfice : le pèlerinage et la guerre, le goupillon et le sabre. Il gagne des dollars des deux côtés : quand le fondamentalisme se développe, et quand les Américains viennent rétablir l'ordre. La famille ben Laden vit de la protection et la corruption de la famille royale saoudienne, elle compte parmi les piliers du pouvoir monarchique despotique de Riyad.
- Lorsque ben Laden échappe au contrôle des services secrets américains qui l'ont formé et alimenté financièrement dans la guerre contre l'invasion soviétique en Afghanistan, il conserve des liens avec sa famille donc avec l'état saoudien. Certes, ils ont fait mine de lui ôter son passeport saoudien et de le renier, mais ils viennent au mariage de son fils et continuent de faire leurs affaires ensemble. Rien à voir avec le Coran rappelle Le Monde du 19 septembre : "Ceux qui bénéficient d'intérêts seront bannis comme ceux que le démon a rendus fou". Ben Laden est diplômé d'économie et de gestion, ses lieutenants dit-on sont des cadres, médecins, ingénieurs, informaticiens, banquiers.
- Parmi ses 54 frères et sœurs, il y a des dirigeants de sociétés diversifiées dans la construction d'autoroutes, d'infrastructures portuaires, l'électronique, les nouvelles technologies, l'immobilier, le transport maritime. La "Ben Laden Organisation" est une des plus grosses puissances financières du Moyen Orient, gérant avec la famille royale, de nombreux fonds dans les paradis fiscaux du monde entier. "Milliards de dollars du pétrole, argent de la
drogue, trafic d'armes, dîme religieuse et financement occulte à travers des organisations humanitaires. Les filières islamistes bénéficient de l'absence de transparence entretenue par certains états, les milieux d'affaires et les réseaux bancaires" titre le Monde. Non seulement cet individu n'a rien à voir avec la lutte contre la puissance financière américaine et le libéralisme, mais il en dépend et s'en nourrit.
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- Bourgeois arabe réactionnaire
- Non seulement son argent, mais ses origines, sa culture, son milieu en font un ennemi des peuples arabes. Normalement cet individu était pré- ' destiné à vivre tranquillement des fonds familiaux et à défendre les propriétés privées des 5 à 6 000 princes de la très vaste famille royale saoudienne. Une farouche référence à l'orthodoxie wahhabite, un rigorisme formel l'ont apparemment façonné et conduit à une voie différente de ceux qui, depuis des décennies, réussissent à se servir de la religion pour organiser la soumission aux intérêts américains. L'Arabie Saoudite est une des pires dictatures du monde, rarement dénoncée comme telle, parce qu'alliée décisive des USA : elle jouit de la manne pétrolière et utilise ses pétrodollars pour détourner les peuples de la contestation sociale afin de les attirer sur le terrain de la mystique religieuse. Parade classique : dévoyer les désespoirs sociaux, pour cultiver les promesses d'un avenir meilleur au paradis d'Allah. Les saoudiens financent le GIA algérien, les intégristes égyptiens, yéménites, ça empêche les syndicats et les organisations de gauche de gagner en influence parmi ces populations. Ben Laden bénéficie encore de cet héritage lorsqu'il rompt avec ses protecteurs US, se concentre sur ses objectifs religieux en usant toujours des mêmes techniques, pour empêcher les peuples de se libérer, de se soulever. L'argent, lui, sert à attirer et encadrer les révoltés, à les fanatiser, à les enrôler. La cause n'est ni démocratique, ni égalitaire, elle est fanatiquement religieuse.
Une des plus arriérées quand on observe les actes du régime taliban contre les femmes, contre l'éducation, contre la science, la médecine, l'art... Les hommes des réseaux ben Laden sont les meilleurs soutiens, ni des paysans, ni des travailleurs pauvres, mais ceux des affairistes bourgeois arabes qui baignent dans les pèlerinages, dans le pétrole, les trafics de drogue et d'armement. Avec sa culture et son argent, il parvient à envoyer des hommes qualifiés, intellectuels, fils de notables, dans les pays occidentaux, "agents dormants" avant l'heure du crime. Ils peuvent ne pas hésiter demain à user de la guerre bactériologique ou chimique. Les paysans afghans ou soudanais, ne sont que spectateurs soumis, affamés, dépendants de ces riches seigneurs de guerre, dont les chefs se servent de leur pays comme cachette.
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- Pas d'amalgame, c'est un ennemi
- Les médias trouvent toujours des pauvres Afghans ou palestiniens pour dire devant une caméra " - Ce qui est arrivé à New York, c'est bien fait, c'est leur tour". Il y a même des gens cultivés pour dire cela. Mais ces propos recueillis ne servent malheureusement pas la cause de ceux qui se laissent aller à les prononcer. Tout au plus envoient-ils un signal : à la racine de tout cela, il y a la politique américaine, le pillage des peuples pauvres, l'inégalité et l'injus-
tice, trop d'iniquité qui exaspère des millions d'humains spoliés. Mais loin de faire avancer le rapport de force, ces paroles le dévoient, le dégradent.
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- La guerre sainte ennemie de la guerre sociale
- Arafat n'est pas ben Laden contrairement à ce que dit Sharon.Au contraire nous devons distinguer les aspirations populaires légitimes des peuples du Moyen-Orient de celles de ben Laden, souligner inlassablement qu'il ne doit pas y avoir d'amalgames, pas de confusion, pas de lien entre les luttes sociales et la prétendue guerre sainte. Ce fou de dieu n'est pas un défenseur des peuples, mais l'équivalent d'un fasciste, pas un saint homme mais un escroc illuminé, il ne mène aucun Djihad mais des actions odieuses et inhumaines. Que sa responsabilité dans les attentats du 11 septembre soit prouvée, et qu'il soit éliminé en retour, ne nuira pas à la cause des populations du Moyen-orient, au contraire.
- À condition que la distinction soit faite entre les fous de dieu et les peuples opprimés. Pas question de guerre contre l'islam ! Pas de "choc de civilisation" ni de croisade aveugle.
- Vengeance n'est pas justice! Si ben Laden est le "mal" Bush n'est pas le "bien". Pas de guerre au peuple afghan, il n'est fautif ni des talibans qui l'oppressent ni des crimes du milliardaire libéral religieux illuminé.
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- Ce pays est classé au 105° rang sur 226 pays pour son PNB (à la hauteur du Zimbabwe) et au 211° rang pour le PNB par habitant. En termes d'indice de développement humain (IDH, incluant le niveau social) il est le 169e sur 174. Aucune statistique n'est précise, dans ce pays arriéré. Il est divisé en tous domaines : religieux, social, géographique.
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- LE RITE SUNNITE rassemble
80% des Afghans contre 15 % de chiites (dans la région centrale d'Hazarajat, Hérat et près de l'Iran).
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- Un puzzle humain
- C'est un puzzle humain de dizaines de langues, de peuples, d'histoire et de culture différentes. Quatre catégories principales : les Pachtouns, à l'est, morcelés entre Durranis (côté afghans) et Ghilzais (côté Pakistan) constituent 41 % de la population. Les Tadjiks persanophones au nord est, représentent 28 %. Les Hazaras, chiites persécutés, au centre, 11 %. Les Turcophones (turkmènes et Ouzbéques) 11 % de la population. De façon récurrente, la place des patchouns divise les Afghans et les Pakistanais.
- L'Afghanistan a toujours été un carrefour d'ambitions, soumis depuis des siècles, à des conquêtes suc-
cessives. Au 19 siècle, il a été déchiré par la rivalité entre russes et anglais. Les britanniques arrivent à Kaboul en 1839, ils seront battus sévèrement en 1842 (lire l'article d'une dizaine de pages paru dans une encyclopédie américaine sous la plume d'Engels, le 10 août 1857, "Afghanistan" qui raconte les échecs cruels des armées Anglaises) mais reviendront en 1878 et imposeront temporairement un émir à leurs ordres. Sir Mortimer Durand fixera des frontières pour séparer nettement l'empire russe et britannique. Les monarques qui se succéderont au XXe siècle seront généralement corrompus et soumis au clergé, partagés entre l'influence russe et américaine. Pétrole, gaz, pipe-line, seront-ils orientés vers le nord, l'URSS ou le sud, l'Océan Indien ?
- ...L'Afghanistan est déjà une pièce maîtresse sur l'échiquier pétrolier.
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- L'invasion soviétique
- La confusion politique, économique est au comble dans les années 1970 et débouche sur des secousses révolutionnaires et des coups d'état. L'assassinat du prince Daoud le 27 avril 1978, est suivi de l'arrivée au pouvoir du PDPA, (parti démocratique et populaire d'Afghanistan) puis de la signature d'un Traité avec l'Union soviétique le 5 décembre 1978, puis des répressions pro et anti communistes en 1978-79 et enfin par l'arrivée de 85 000 soldats soviétiques, le 24 décembre 1979. Cette invasion militaire avait deux buts : contrôler les frontières menacées de l'URSS et la préserver d'une propagation du fondamentalisme religieux ravivé par la toute fraîche victoire de Khomeyni en Iran. L'Irak attaquant simultanément l'Iran stimulé par... les USA.
- Les Soviétiques disposaient d'un parti communiste (PDPA) divisé en deux : le Khalq dirigé par Nur Mohammed Taraki ("le peuple") plus radical, en majorité pachtouns Ghilzais et le Parcham dirigé par Babrak Karmal, ("le drapeau"), pachtouns Durrani. Ces deux partis accéderont au pouvoir et se déchireront, donnant matière à l'intervention directe soviétique.
- Tout le monde pense en 1980 que l'URSS viendra vite à bout des moudjahidins : mais Ronald Reagan aidera le Pakistan et l'Arabie saou-dite à soutenir les résistants afghans, en leur versant de 1980 à 1989, 15 milliards de dollars en armements et munitions, soit l'équivalent d'une année de PNB afghan. L'URSS ne parviendra pas à occuper vraiment plus de 20 % du pays en dix ans de guerre. Les missiles Stinger sol-air livrés par les américains sont décisifs et donnent l'avantage aux bandes rebelles qui détruisent huit cents hélicoptères et avions russes. La résistance afghane n'est pourtant pas unifiée : c'est un chapelet de six cents groupuscules autonomes sans coordination et dont seulement 10 % dispose de plus de cinquante soldats. Armés par les USA, ils réussissent à vaincre les troupes de l'URSS que Gorbatchev retire le 15 février 1989...
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- Un pays décimé, divisé
- Mais l'Afghanistan est en ruine, décimé : 1,3 million de morts, 10 % de la population. Dont 80 % de civils, cinq millions de réfugiés : le plus grand exode de la planète en ces années-là.
- L'idée d'état-nation n'existe toujours pas davantage après cette guerre qu'avant : c'est toujours une constellation de clans, de familles, de tribus. Le pays enclavé avec des frontières artificielles, est toujours essentiellement rural. 42 % des habitants vivent dans les campagnes, même si Kaboul rassemble 1,4 million d'habitants soit 10 % de la population. Il y a 17 millions d'habitants (auxquels il faut ajouter encore prés de 3 millions d'exilés, 1,2 au Pakistan, 1,4 millions en Iran). La densité théorique du pays est de 30 hbts au km2 pour une superficie de
Les chemins afghans mènent ai
652 225 km2 équivalente à la France, au Bénélux et à la Suisse réunis. Le climat est rude, 40 % du territoire se situe à plus de 1 800 mètres en montagne (elles culminent à 7485 m), le reste est un désert où régnent de fortes tempêtes de sable, le réseau routier est déficient, 80 % des véhicules sont à Kaboul.
- 90 % des Afghans sont illettrés, l'espérance de vie ne dépasse pas 39 ans, 60 % de la population est atteinte par la tuberculose, le taux de mortalité infantile est un des plus élevé au monde avec 200 décès pour 1000 naissances, la moitié des enfants meurent avant cinq ans. Les famines sont meurtrières, la sécheresse y règne depuis trois ans et fait des ravages. Le secteur agricole occupe 60 % de la population mais la production agricole, vivrière, ne représente qu'un tiers de celle de 1979. Le secteur minier (houille) est embryonnaire. Les hydrocarbures sont l'essentiel de l'armature industrielle : le gaz est exporté vers l'Ouzbékistan. L'activité principale est devenue la culture de pavot et le commerce de stupéfiants (opium, 20 % du PIB, 2,5 milliards de dollars). Le pays est en tête des producteurs d'héroïne avec 3300 tonnes d'opium en 1998.
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- Après 1991,
les rivalités continuent
- Mais depuis l'éclatement de l'URSS, tout a changé. Ce pays qui n'a aucune richesse est un enjeu géopolitique. Les consortiums pétroliers 'voient à travers ses déserts et ses montagnes, une route permettant d'acheminer l'or noir de l'Asie centrale vers les ports de l'Océan indien.
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Les affrontements qui ont continué après le départ des soviétiques ont provoqué 30 000 morts et ruiné le pays davantage, le ramenant au Moyen-Age. Najibullah est parvenu à se maintenir au pouvoir pendant trois ans après le départ des Soviétiques, contre tout pronostic : mais après 1991 et la fin de l'aide soviétique, il sera battu puis assassiné par les talibans en 1996. Aux clivages pro ou anticommunistes, ont succédé des clivages ethniques (Pachtouns contre Tadjiks) des rivalités religieuses (Sunnites-Chiites) géographiques (ruraux, citadins). Ahmad shah Massoud, héros de la
lutte contre l'envahisseur russe, s'allie avec Abdoul rachid Dostom, procommuniste. Ils forment une coalition anti pachtouns qui réussit à rentrer dans Kaboul, le 29 avril 1992. Mais celle-ci éclate, Dostom se rallie au pachtoun Gulbuddin Hekkmatyar, affîdé du Pakistan. Dès lors les talibans progressent et prennent Herat la deuxième ville du pays en septembre 1995. Les quatre principaux mouvements qui s'affrontent au cours des années 90 sont :
- - Le Djamiat-é-islami (association islamique) fondamentaliste "modérée", tadjiks du Nord, commandant Massoud et successeurs.
- - Le Djoumbesh (mouvement national islamique) turcophone, favorable
à un système inspiré de Mustapha Kemal, hostile aux pachtouns.
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- Le Hezb-é Wahdat (Hazaras, chiites, pros iraniens). Ils sont persécutés par les talibans (neuf diplomates iraniens tués le 8 août 1998), les chiites victimes d'un blocus, la ville de Bamiyan bombardée, occupée, 10 000 Hazaras exécutés par les talibans. L'Iran masse 200 000 soldats à la frontière en été 1998 : l'Iran voit dans le mouvement des talibans une manœuvre américaine contre les ayatollahs chiites.
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- Le Hezb-l islami, majoritairement composé de pachtouns, dirigé par Gulbuddin Hekkmatyar homme pivot des Américains, anticommuniste d'abord, soutenu par le Pakistan qui
l'abandonne ensuite à cause de son retournement anti-occidental. Car Hekkmatyar utilise les armes et l'argent fourni par les Etats-Unis pour lutter contre l'URSS et ensuite contre le régime de Najibullah, il soutient Saddam Hussein lors de la guerre du Golfe et entraîne des dizaines de milliers de militants islamistes apprentis terroristes anti-occidentaux, préparant avant l'heure, la montée en puissance d'Oussama ben Laden.
- Cette trahison va pousser les Etats-Unis et le Pakistan, versatiles, à lui préférer ... les Talibans, pachtouns également.
- LE 23 SEPTEMBRE 2001, GÉRARD FILOCHE
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- LES TALIBANS
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- Cette nouvelle force religieuse n'est pas liée aux querelles du clientélisme clanique existant. Elle est issue d'un réseau de madrasas, écoles coraniques dirigées par le mollah Mohammed Omar. Ils sont liés à un courant religieux théologique traditionaliste du sous continent indien, le Déoband qui prône une stricte orthodoxie rejetant toute innovation. Ce courant est apparu en réaction à la présence britannique aux 19 siècles. Ils profitent de l'usure de toutes les forces afghanes à partir de 1994. le rejet de l'étranger, des Britanniques, des communistes, des Américains, n'a apporté que du malheur à l'Afghanistan et conforte l'adhésion de la population aux talibans.
- Ils conquièrent Kandahar le 16 février 1995, leurs effectifs passent alors de 2000 à 25 000. Ils prennent Kaboul le 26 septembre 1996 (c'est pour eux, une ville dévoyée, cosmopolite). Puis Mazar-i-charif le 15 août 1998. Essentiellement composés de pachtouns, ils obtiennent le soutien de Benazir Bhutto, puis des Etats-Unis mais ne parviennent à contrôler la quasi totalité du territoire afghan qu'en 1999. L'Arabie Saoudite a intérêt à alimenter les foyers de subversion en Asie centrale comme au Caucase, afin de rendre dangereux et hasardeux les projets d'extractions pétrolières concurrents qui déprécieraient automatiquement les cours de l'or noir. Ils sont fondamentalistes, partisans de l'application totale de la Charia, loi islamique coranique du 7° siècle qui codifie l'ensemble des droits et devoirs des musulmans. Les prières sont obligatoires cinq fois par jour. Les assurances, les jeux de hasard, le recours à l'usure sont interdits comme les télévisions, les magnétoscopes, la photographie ; les femmes sont privées d'instruction, leurs écoles sont fermées par le "ministère de la répression du Vice et de la promotion de la Vertu". Les femmes ne peuvent sortir seules, ni travailler, elles sont condamnées au port du tchadfi, et lapidées en cas d'adultère. La plupart des écoles universités, hôpitaux sont détruits. Les talibans exécutent et mutilent pour rétablir la sécurité et la vertu coranique. Ils utilisent des gaz chimiques dans les combats. Ils ont un projet de société précis : construire un émirat islamique. Ils ont été dotés d'une vingtaine d'avions chasseurs par Islamabad et d'un encadrement militaire, 20 % des talibans sont pakistanais. Mais les talibans démentent les espoirs mis en eux par les USA. Après les attentats de Nairobi, Dars es Salaam, Washington met la tête de ben Laden à prix : cinq millions de dollars en 1998. Oussama ben Laden est le gendre du mollah Omar, et son hospitalité est acquise, même si les talibans le trouvent encombrant. Leur régime (comme le précédent de Hekkmatyar) échappe à tous ses créateurs, financiers, et supporteurs. Les attentats du 11 septembre 2001 sont l'occasion, pour les USA, de viser au-delà de ben Laden et les talibans, la reconquête de cette zone clef pour le pétrole d'Asie centrale.
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- LES VRAIS ENJEUX PÉTROLIERS
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Le Kazakhstan comme le Turkménistan ont, dans leurs sous-sols, la troisième réserve mondiale de gaz (5 % des réserves mondiales soit l'équivalent de 2 fois celles de la mer du nord). Les découvertes de gisements pétroliers importants en Azerbaïdjan, au Turkménistan et au Kazakhstan, ont conféré à l'Asie centrale un rôle clef pour les décennies à venir : 1,65 % des réserves mondiales, l'équivalent de 20 % des réserves du Koweït. Les principales nappes pétrolières et gazières sont localisées dans les anciennes républiques soviétiques, dont les liens avec Moscou sont distendus et qui sont travaillées par la progression de l'islam. L'acheminement du pétrole et du gaz devrait passer par des oléoducs et gazoducs qui traverseraient l'Afghanistan pour rejoindre les ports du Pakistan ou aller approvisionner la Chine. Certes, il y a de nombreux tracés possibles :
- - Un consortium comprenant les Etats-unis, la Grande-Bretagne, ('Azerbaïdjan, la Russie, la Norvège et la Turquie a investi 8 milliards de dollars en 1994 pour exploiter le pétrole azerbaïdjanais. Mais par quelle route passerait-il ensuite ? Un tracé a été dessiné de ('Azerbaïdjan via la mer Caspienne, la Géorgie, la Turquie. Mais il passe par de hautes montagnes, et traverse le Caucase et la Tchétchénie...ensuite il passe dans une zone kurde...
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- La deuxième voie passe par l'Iran, vers le Golfe persique, à Bander Abbâs : mais il faut régler la question iranienne. La loi d'Amato votée en 1996 prévoit des sanctions à ('encontre des entreprises investissant plus de 20 millions dollars en Iran. Et un autre risque surgit : les pays riverains du Golfe persique (Arabie Saoudite, Koweït, Irak, Iran, émirats arabes unis...) produiraient 25 % du pétrole mondial et contrôleraient 40 % de la production qui passerait par le Golfe.
- - Le troisième tracé traverse te territoire afghan. Il pourrait approvisionner l'immense marché asiatique, éviter d'être tributaire de la Russie et de l'Iran. Encore faut-il pacifier l'Afghanistan... le 25 octobre 1997, un consortium a été créé avec Delta Oil le gouvernement Ouzbek, Gazprom des représentants du pouvoir afghan, et Unocal (compagnie californienne qui détient 36, 5 % des parts). Le projet vaut au minimum 2 milliards de dollars, (l'équivalent en France d'un projet industriel de 615 milliards de francs...) permettrait aussi d'exporter le pétrole de Sibérie, mais il a été arrêté... à cause des désordres afghans, des talibans, et de la présence de ben Laden.
- On comprend pourquoi les USA choisissent d'attaquer l'Afghanistan alors que les réseaux ben Laden ont des ramifications internationales : cela n'a pas uniquement à voir avec les victimes du World Trade Center mais plutôt avec le pétrole... Sur le plan financier, oléoducs et gazoducs permettrait une compensation financière importante : qui donnerait cette manne à la milice taliban au pouvoir ? D'autant que cela Impliquerait raffinage, stockage, et des dérivés industriels importants. Ceux qui seraient au pouvoir à Kaboul recevraient d'importantes ressources internationales. Dangereux !
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- Depuis 1989, année de la chute du mur de Berlin, 1991, année de l'effondrement de l'URSS et de la guerre du Golfe, un des leitmotiv de la propagande américaine, c'est qu'un "nouvel ordre mondial" s'était instauré. Fukuyama s'était même permis de parler de "fin de l'histoire" prétendant que le capitalisme avait vaincu... sur la planète.
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- Nous sommes quelques uns à ne pas reprendre volontiers cette expression : car il nous semblait qu'il s'agissait d'un "désordre mondial" et non d'un "ordre nouveau". Jusqu'à cette date, la dictature bureaucratique en URSS avait contribué à l'ordre bipolaire crée depuis les conférences d'après-guerre à Yalta, Potsdam et Téhéran. Staline, Roosevelt et Churchill avaient contribué à définir un partage de la planète qui impliquait que chaque pôle fasse sa propre police dans son propre camp. Peu de luttes de libération nationales, peu de conflits sociaux échappaient aux deux principaux maîtres de la guerre froide puis de la coexistence pacifique instituée. Tout était contrôlé, les vietnamiens, les cubains, même Carlos ou les brigades rouges.
- Cet ordre là s'est effondré avec l'URSS : les USA se sont retrouvés seuls à tenter de faire régner "leur" ordre dans le monde. Or une seule puissance même forte ne pouvait remplacer le partage antérieur des rôles. D'où l'avènement, peu à peu d'un désordre généralisé : conflits nationalistes partout dans le monde, morcèlement des forces, soulèvements épars, terrorisme international, zones de non droit... On comptait en 1999, 27 conflits majeurs dans 25 pays - dont la majorité dans un cadre infra-étatique. Les ventes d'armes progressent : + 26 % au Pakistan et Inde. En Afrique subsaharienne, 47 états ont accepté les programmes de privatisation imposés par la banque mondiale : il en résulte la création de société privées de mercenaires. Le "club" des puissances nucléaires s'élargit : Inde,
Pakistan, Israël, Irak, Iran, Corée du Nord...des matériaux dangereux circulent...
- De la guerre du Golfe à celles de l'ex-Yougoslavie, et de l'Asie centrale, c'est plutôt le désordre qui s'étend. On ne peut pas dire que les USA réussissent à s'imposer : leurs interventions sont des fiascos qui coûtent cher. L'Iran est toujours au ban mais tient bon. Cuba résiste au boycott. Saddam Hussein est toujours là. En Macédoine, ça continue. Les Palestiniens se défendent. Les ripostes aux réseaux ben Laden de 1993 à 2001 ont échoué et le pire est arrivé à New York. Bush veut un bouclier antimissiles mais il se contourne avec des cutters... Mais
des armes
(la russie 13 %, la
les USA vendent dans le monde
France 10 %, la Grande bretagne ! 6,5 %...). Non décidément la mondialisation libérale n'apporte pas la paix...
- Et voilà que Washington part encore une fois en guerre, en Afghanistan,
l'un des pays les plus pauvres du monde mais où les troupes britanniques ont déjà échoué il y a un siècle, ainsi que, plus récemment, les troupes soviétiques...
- Est-ce un nouvel ordre ou la prolongation du désordre ? Ce pourquoi nous luttons, ce n'est pas pour le désordre libéral mondial mais pour un nouvel ordre économique social mondial.
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- C'est du propre ! Alors ce merveilleux marché tant vanté par nos libéraux, ce marché qui régule mystérieusement tout, crée des richesses puis les redistribue tout seul, le voilà qui tremble ! Pas courageux, pas patriote !
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- Ils ont artificiellement fixé la barre du krach à 10 % de baisse. Alors le 17 septembre, ils se sont rassurés à bon compte en constatant 7,13 % de baisse. Mais il y en a eu presque autant chaque jour qui a suivi. Les 13 % de pertes ont été atteints dès le jeudi 12 septembre.
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- Panique et krach... lent
- Tous les indices aux noms étranges de par le monde, Dow Jones, Nasdaq, Cac 40, (- 15,5 % Français), Footsie, ( - 10,5 %, Britannique), Dax (- 20 %, Allemand), Nikkei, (Japonais) sont à la baisse. "On ne voit pas le bout de ce krach rampant..." Plus de 1200 milliards seraient partis en fumée, affirme Le Monde. A New York, la Morgan Stanley qui a perdu 700 de ses salariés dans les Twin Towers, joue à la baisse, les enterrant une seconde fois...
- Les assureurs qui font tant d'argent, prétendent qu'ils ne pourront pas payer les 30 milliards de dollars estimés de dégâts (ils sont par contre "pour la guerre" de Bush, sans doute parce que les talibans interdisent au nom de la religion, le recours aux assurances ?). Le coût direct tout compris des attentats serait estimé entre 16,1 et 48,5 milliards d'euros, plus de 100 milliards de dollars. Auxquels il faut ajouter 40 milliards accordés à Bush par le Congrès pour l'opération "justice sans limites". Tous les secteurs de l'économie sont atteints : aéronautique, automobile, banques, assurances, luxe...Les riches ne dépensent plus ? Les compagnies aériennes dans le monde envisagent 100 000 licenciements qui s'ajoutent à la vague de licenciements que les
grandes compagnies avaient déjà fait déferler de concert depuis le début du printemps 2001 (aux seuls USA, un million d'emplois ont été supprimés sur les douze derniers mois !)..
- Le CAC 40 a presque été divisé par deux en l'espace de douze mois. De 7 000 points le 4 septembre, il est tombé à 3 652,87 points le 21 septembre. Alcatel (-85 %), France Télécom et cap Gemini (-75 %) TF1, Thomoson, Multimédia, LVMH ont perdu de 65 à 70 %. Les marchés pétroliers craignent un recul de la demande, le secteur du tourisme plonge, les fonds de pension spéculatifs sont les plus agressifs et "accentuent la volatilité en Europe".
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- Au secours ! Vivent les états...
- M. Denis Kessler, l'homo libéral par excellence, risquophile, n°2 du Medef et ennemi public n°1 bien connu de l'état-providence, vient en délégation auprès de Laurent Fabius... pour demander que les patrons d'assurance puissent revoir les seuils de garantie et augmenter les primes.
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"Au secours l'état !" : pour reconstruire, pour organiser la risposte, pour stabiliser les marchés, pour garantir les compagnies aériennes,
vive l'état ! Nos libéraux redécouvrent le rôle des élus, des gouvernements, que, d'habitude, ils priaient de ne pas s'occuper d'économie. Le Congres américain vient au secours des assurances contre les risques de guerre, les ministres des finances européens sollicités, y vont de leur garantie ad hoc pour suppléer aux assureurs, ainsi que la Grande-Bretagne...
- "Nous allons ensemble prendre des mesures pour renforcer l'économie américaine et remettre les gens au travail" déclare Bush qui devient un keynésien forcené. 40 milliards d'aide à la ville de New York, 15 milliards de dollars aux compagnies aériennes, des dizaines de milliards aux industries de la défense, vont être injectés dans l'économie tellement libérale...
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- A croire qu'une économie administrée ne serait pas si mal !
- On aura tout entendu : Michelle Alliot-Marie, dirigeante du RPR se ravise et demande au gouvernement français de reporter, vu la conjoncture, la baisse des impôts! La droite estime soudain que la "cagnotte publique" devient nécessaire contre la récession...
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"ATTAC ET SES RAMIFICATIONS DANS LE PS...
- PHILIPPE ALEXANDRE sur BFM
n'a pas hésité à établir un lien entre la Gauche socialiste et le terroriste ben Laden : "Si l'on ne peut pas qualifier de "raciste" cet anti américanisme primaire et sacré, c'est seulement qu'il relève d'un racisme différent, plus insidieux. La France, elle-même, n'est pas épargnée par l'anti américanisme même s'il n'ose pas dire son nom ni montrer son visage. Dans la fièvre antimondialiste qui grossit, il y a plus que des relents, des arriérés-pensées d'hostilité à l'Amérique. Le mouvement Attac, qui a des ramifications au coeur du PS, lorsqu'il vise les multinationales, exploiteurs du Tiers-Monde, n'ignore pas que les cinq premières de ces multinationales, en terme de chiffre d'affaires, sont américaines. Anti américanisme également, le combat contre les Mac Do', contre les OGM, et même contre les mouvements de capitaux, et pour la taxe Tobin." (A gauche N°831, 17 septembre 2001)
- Beau morceau de bravoure ! Voilà l'amalgame par excellence, il rapproche les manifestants de Gênes de ben Laden. "Ne dites pas à ma mère que je suis contre la mondialisation libérale, elle va me croire terroriste..."
- Un certain Philippe Chalmin écrit une tribune dans le même esprit, dans Le Monde du 21 septembre, : "La violence à Nice, Goteborg, Gênes, laisse rêveur... manipulation... un mouvement international voudrait déstabiliser l'Occident qu'il ne s'y prendrait pas autrement..."
- Si vous critiquez Bush, vous faites preuve d'un "racisme anti américain" plus insidieux que le racisme ! Ne manifestez pas contre Mac Do, vous contribuez à affaiblir la riposte contre le terrorisme. Idem, pas touche aux OGM, sinon vous êtes complices d'al-Qaeda. Ne manifestez plus contre les sommets du G8, vous vous faites manipuler. Et ne mettez pas en cause les capitaux des cinq premières multinationales,
elles soutiennent les victimes new yorkaises. Enfin la taxe Tobin, c'est le relent d'un racisme anti américain. Merci de votre lumineuse intelligence, messieurs.
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- Taxe Tobin, paradis fiscaux et guerre contre l'argent sale de ben Laden
- LEVÉE IMMÉDIATE DU SECRET BANCAIRE !
- L'INDIGNATION surgit du fait que ben Laden ait pu spéculer sur les valeurs des compagnies d'assurance. Comme si ce n'était pas le "jeu" normal au nouvel âge financier du capitalisme. L'économie financiarisée est incapable de défendre l'intérêt général et, surprise, tous demandent une autorité réaffirmée des états. Mieux : il est question d'un contrôle des spéculations, du blanchiment de l'argent sale et des fonds terroristes ? Paradoxe, pour venger New York, voilà que les banques
centrales et les Etats commencent à s'interroger sur les paradis fiscaux et l'absence de contrôle des mouvements de fonds.
- Wolinski traduit fort bien dans un dessin du Journal du Dimanche, (23 septembre 2001) le problème : "Comment rendre plus transparent le circuit de l'argent sale sans nuire à l'opacité de nos propres affaires ?"
- Des banques, mais aussi des états, véhiculent les fonds de ben Laden Les premières enquêtes démontrent que la famille de ben Laden qui a prétendument rompu avec lui., n'en a rien fait. Certains de ses frères (il en a 54...) sçnt toujours gestionnaires de ses affaires, la holding Wadi AI-Aqiq, le groupe Saudi Bin Ladin, la Al Shamal Islamic Bank, la famille royale, le roi Fahd d'Arabie Saoudite, ont toujours des liens directs ou indirects avec ben Laden. La deuxième institution bancaire du Soudan, la Talamon Islamic Bank, et la Dubaï Islamic Bank, la Bahrein Islamic Bank, la Kuwaït Finance House, comme la Faisal Islamic Bank ont des connections établies avec les fonds ben Laden. Le milliardaire Khalid Bin Mahfouz et ben Laden seraient reliés par trois sociétés et par le mariage d'Oussama }: avec l'une des sœurs de Bin Mahfouz. Tout comme ben Laden est lié familialement avec le mollah
Omar d'Afghanistan et a financé les Talibans.
- Les fonds transitent aux Bahamas, à Jersey, au Liechtenstein, et au Luxembourg... des investissements sont opérés dans une myriade de sociétés qui ouvrent autant d'opportunité, de connaissance des pays où elles sont implantées : à Gap dans les Hautes-Alpes ou à Valence en Espagne, à Hesse en Allemagne, au Texas, dans la société pétrolière Harken... dont le directeur n'était autre que Georges W Bush.
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- Enquête, surveillance, transparence
- Le plus formidable, c'est que les efforts soudainement déployés après l'attentat du 11 septembre, rendent crédibles une proposition faite depuis longtemps par tous ceux qui dénoncent la financiarisation : la levée du secret bancaire, la taxation de chaque mouvement de capitaux. Les experts ont placé huit banques islamiques sous surveillance, les banques occidentales recherchent dans leurs fichiers les relevés des transactions, et l'ouverture et la fermeture des comptes. Bush annonce le 24 septembre que 27 entités financières liées à ben Laden sont interdites, saisies. Mais quel effet concret ? En dehors des USA, et des menaces de rétorsion sur ceux qui échangeraient avec les sociétés de ben Laden, l'impact sera limité : il faudrait des mesures concertées au plan international contre les paradis fiscaux, et pour la transparence des mouvements de capitaux. S'il y a pourtant une guerre efficace à faire contre le terrorisme, c'est sur ce terrain et non pas contre le peuple afghan.
- En quelque sorte, s'il y a une volonté, il y a un chemin et des résultats peuvent être obtenus en quelques heures, là où cela s'avérait impossible depuis des années. Ce qu'on peut faire contre le terroriste ben Laden, on doit pouvoir le transposer à l'argent de la drogue, aux spéculations honteuses.
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- Vive la transparence bancaire !
- Et s'il y a transparence bancaire que verra-t-on apparaître ? L'exigence encore plus forte d'un nouveau partage des richesses au niveau international, bien sûr.
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- L'OMC VA T ELLE SE RÉUNIR À QATAR ?
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- Cet été à Gênes, les 21 et 22 juillet, face au "G8", il y aurait eu plusieurs centaines de milliers de manifestants pacifiques et démonstratifs si le terrorisme de la police italienne n'avait provoqué, dénaturé, réprimé cet immense mouvement social. Depuis Seattle jusqu'à Nice, Prague, Gôteborg, et Gênes, on constate la montée en puissance des rassemblements opposés à la mondialisation libérale. A un point tel que l'OMC ne sait plus où se réunir la prochaine fois...
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- AU QATAR VRAIMENT ?
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À Gôteborg, la police a tiré à balles réelles. À Gênes, II y a eu un mort et des provocations policiers d'une ampleur telle que les commissions d'enquête trouvent tous les jours de nouveaux faits criminels de la part des autorités italiennes. La vérité, c'est que devant la croissance des manifestations de masse, les chefs d'état capitalistes ne savent plus comment faire : chaque rendez-vous, européen, mondial, FMI, Banque, OMC est l'occasion d'une progression du mouvement. Alors, pour le diviser, le dénaturer, les polices exploitent les "casseurs" de façon de plus en plus voyante. Ainsi elles effraient, limitent, défigurent le retentissement médiatique de chaque mobilisation.
- Pourtant cet été, l'ampleur des défilés, la qualité des manifestants, syndicalistes, membres d'organisations non gouvernementales, d'Attac, de tous les partis de gauche, a marqué l'Europe et le monde. Jacques Chirac a été obligé de demander du respect pour les motivations des manifestants sincères. Bush, qui n'avait rien compris, s'étonnait : " - Mais, c'est nous qui défendons les pauvres ici..." Berlusconi essayait de couvrir les méfaits de sa police et de ses plans anti-émeutes forcenés, mais n'a pas pu éviter que les faits soient révélés, démasqués au grand jour.
- Alors le rassemblement de l'OMC... les 10 et 11 novembre s'annonçaient mal. L'OMC croyait bien faire en choisissant Qatar pour se réunir.
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- COMPLICE DES ÉMIRATS COMPROMIS ?
- L'OMC, après le 11 septembre, se trouvait liée aux émirs "unis" qui étaient les seuls (avec le Pakistan et l'Arabie Saoudite) à avoir reconnu les talibans et qui finançaient ostensiblement les réseaux ben Laden. Voilà le genre de situation dans laquelle on se plonge en cherchant l'abri de dictateurs, en refusant la démocratie des manifestations.
- Les émirs ont, depuis, rompu leurs relations diplomatiques avec Kaboul, un peu avant que l'Arabie Saoudite ne le fasse à son tour. Ils ont rappelé leur ambassadeur, et rejoint très servilement les rangs de la coalition américaine avec armes et pétrole. Ils n'en redeviennent pas plus fréquentables... Aucune manifestation n'est autorisée en ce pays, l'obscurantisme y règne autant qu'en Afghanistan ou au Soudan. Il était impossible d'obtenir des visas, malgré de nombreuses demandes.
- Sans doute, honteuse, de se trouver en si mauvaise compagnie, d'avoir choisi cet endroit du monde pour s'isoler, des bruits hélas non confirmés à cette heure, laissent entendre que l'OMC abandonnerait le Quatar et reporterait sa réunion sine die.
- Voilà un effet indirect des attentats de New York...
- Il reste pour les collectifs anti-mondialisation libérale, à prendre d'autres rendez-vous : ce pourrait être l'occasion de fêter les réunions de l'OIT, car voilà une organisation internationale positive, qui pourrait si les moyens lui étaient donnés, réguler la mondialisation au lieu de laisser se mondialiser la dérégulation.
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- Dans un rapport "Ouverture et démocratie dans le commerce international" remis au Parlement européen cette semaine, Harlem Désir (PSE) a proposé une réforme radicale de l'OMC et du système commercial multilatéral.
- "L'OMC est de fait une organisation dominée par les puissances commerciales dont les politiques profitent d'abord aux puissances commerciales. En matière de transparence et d'ouverture à la société, elle en est restée au stade médiéval. Même la Banque mondiale fait mieux" écrit notamment le rapporteur dans son exposé des motifs.
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- "COMMENT FAIRE en sorte que plus de régulation globale dans le commerce n'engendre pas moins de démocratie et de développement durable ? Comment promouvoir un commerce juste et équitable pour les pays du Sud comme du Nord ?
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- Un rapport incontournable
- Comment créer les conditions d'un système et d'une organisation commerciales ouverts, transparents, démocratisés, respectueux du principe de précaution, des services publics, des conventions internationales dans des domaines comme l'environnement et les droits sociaux ?" ajoute le rapporteur qui propose pour répondre à ces défis les éléments d'une politique renouvelée de l'Union européenne dans ce domaine.
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Autour de quatre chapitres, le rapport avance de nombreuses propositions concrètes pour réformer les règles et le fonctionnement de l'OMC:
- • Transparence interne et participation effective de tous les pays membres
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• Transparence externe et ouverture à la société et aux ONG
- • Contrôle parlementaire et création d'une assemblée parlementaire de l'OMC
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• Cohérence et hiérarchie des normes internationales pour que les règles du commerce ne s'imposent pas au détriment des autres.
- La proposition de résolution, qui a été présentée à la commission de l'Industrie et du Commerce extérieur, sera soumise au vote en séance plénière du Parlement européen avant la tenue de la Conférence ministérielle de l'OMC à Doha (Qatar) en novembre 2001.
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- Exposé des motifs
- En passant de l'époque du GATT à celle de l'OMC, le système commercial multilatéral n'a pas seulement changé de dimension mais de nature. On rappelle souvent que le volume du commerce international a été multiplié par 18 au cours du dernier demi-siècle. Mais le changement est plus profond.
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Qu'arrive t il au Parlement autour de la proposition de réforme de l'OMC d'Harlem Désir ?
- La droite a déposé des amendements pour tenter de réduire la portée des réformes proposées, de préserver les pouvoirs actuels de l'OMC y compris sur les questions non commerciales qui sont affectées par ses décisions (santé publique, normes sociales, environnement...). Elle refuse toute idée de hiérarchie des normes, de mécanisme d'appel devant d'autres organisations quand celles-ci sont concernées (OIT, OMS, ,.,).
- EIle cherche à supprimer les paragraphes demandant une révision de l'accord sur les services (parce qu'ils veulent garantir que les services publics et sociaux ne peuvent tomber sous la juridiction de l'OMC) et une révision des TRIPS (accords ADPIC sur la propriété intellectuelle, les brevets, les médicaments génériques, le brevetage du vivant...). La commission (dirigée par Pascal Lamy, socialiste) est sur le même type de position même s'ils disent accepter une partie des propositions de réforme du fonctionnement (transparence, participation plus égale des pays en développement).
- Le vote en commission Industrie, commerce extérieur, aura lieu le 10 octobre et en "plénière", en principe dans la semaine du 22 octobre ; c'est-à-dire avant la conférence ministérielle de l'OMC au Qatar.
- Mais une partie de la droite et la commission veulent tenter une manœuvre de procédure pour reporter le vote au lendemain de Qatar pour ne pas "gêner" le commissaire Lamy dans ses négociations ! Demander plus de démocratie et de transparence dans f'OMC gênerait le commissaire, socialiste, européen !
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- Le GATT mettait en jeu des règles commerciales s'appliquant pour l'essentiel à un champ délimité, celui des barrières tarifaires et de certaines restrictions quantitatives aux échanges de biens et de marchandises. Il engageait, au départ, un nombre relativement restreint de pays, ceux qui prennent la plus grosse part au commerce mondial. Les questions commerciales, vues comme des affaires de spécialistes, étaient traitées dans une certaine confidentialité, en lien direct avec
les secteurs économiques concernés, sans interférences du reste de; la société.
- Avec l'OMC, les règles commerciales s'étendent à un champ considérable de nouveaux domaines: services, propriété intellectuelle, investissement, règles sur les bar-_ rières non-tarifaires qui ont souvent un impact sur des questions non-commerciales; ces règles devierV nent de véritables disciplines avec un système de règlement des différends pouvant déboucher sur des ' sanctions, sans équivalent dans les autres organisations multilatérales ;
- enfin l'élargissement, commencé sous le GATT a introduit à partir des années 80 une hétérogénéité sans précédent parmi les membres. Désormais, les règles du système
commercial ne s'appliquent plus uniquement au cinquième de la production mondiale échangée par delà les frontières, mais aussi à des marchandises et des services qui n'entreront jamais dans le commerce international.
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- Une "Constitution pour une économie globale" ?
- Les règles nationales sur le système bancaire, les services financiers, les marchés publics, les télécommunications, les mesures de soutien aux agriculteurs, sont soumises aux disciplines de l'OMC. Tous les pays sont concernés et leurs règles internes affectées, quelque soit la part qu'ils prennent au commerce mondial. Certains accords de l'OMC ont déjà soulevé des questions aussi complexes que la brevetabilité d'organismes vivants, l'accès aux médicaments des malades du SIDA, l'interprétation du principe de précaution dans l'alimentation ou la protection d'espèces menacées, c'est à dire le respect d'autres conventions internationales. Renato Ruggiero, ancien DG, a pu parler de l'OMC comme d'une constitution pour une économie globale et unique («a constitution for a single global economy»).
- On pourrait ajouter une constitution fondée non seulement sur les traités commerciaux mais également sur la jurisprudence élaborée en interprétation des traités, au fur et à mesure des jugements rendus par l'organe de règlement des différents. Cette constitutionnalisation rampante, peut restreindre la liberté de légiférer des parlements au-delà de ce qui a été explicitement débattu au moment de la signature des accords. Bien sûr, les traités sont négociés par les gouvernements qui ont la légitimité pour cela. Mais de nombreux pays en développement (PED) ont déclaré depuis l'Uruguay Round qu'ils ne mesuraient pas au moment de leur signature toutes les conséquences juridiques, administratives et financières de certains accords à l'élaboration desquels ils n'avaient pas été associés. Et l'immense majorité des parlementaires des pays de l'UE de leur côté
n'avaient certainement pas imaginé, en entérinant l'Accord instituant l'OMC, accepter des règles qui permettraient de condamner ultérieurement leurs pays pour avoir proscrit les hormones dans l'élevage du bœuf destiné à la consommation (et donc son importation). Ils n'auraient pas davantage imaginé que ce serait en partie au nom de l'accord sur les services, l'AGCS, que serait prononcée un jugement dans l'affaire de la banane qui semble pourtant devoir relever des règles sur le commerce des marchandises. L'ambiguïté de certaines rédactions de cet accord amènent d'ailleurs à s'interroger sur sa portée future dans les secteurs de services publics.
- A cet impact de plus en plus profond des règles commerciales sur les règles internes des pays membres de l'OMC, au delà d'une réelle maîtrise démocratique, est venue s'ajouter un autre motif de mise en cause du système commercial multilatéral.
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- Les pays en développement démunis...
- Il concerne à la fois sa légitimité et son efficacité pour une partie de ses membres. La légitimité démocratique de l'OMC, organisation à caractère intergouvernementale, repose en principe sur l'égale participation de tous les membres, leur égale voix au chapitre. Mais la plupart des PED se sentent marginalisés par son fonctionnement et tenus à l'écart du processus d'élaboration des décisions. 24 pays en développement au moins, parmi les membres, ne disposent pas d'une représentation permanente au siège de l'organisation à Genève et de nombreux autres n'ont que de très petites délégations ne leur permettant pas de suivre l'ensemble des travaux qui les concernent. Beaucoup de PED manquent d'expertise et de capacité de suivi chez eux (back up). A titre d'illustration, alors qu'à Seattle la plupart n'étaient représentés que par une personne (le ministre du commerce extérieur), la délégation des Etats Unis comptait environ 150 personnes, celles du Japon et de l'UE environ une centaine. Ici, pour les PED, les questions de forme et de fond se rejoignent. Le bond en avant des uns devait tirer les autres. C'était la promesse du cycle de l'Uruguay et de la libéralisation commerciale. Or, six ans après la création de l'OMC, le constat est celui d'une ouverture limitée des marchés du Nord, de grandes difficultés dans l'application des accords et d'une marginalisation persistante dans le fonctionnement de l'OMC. Sentiment d'autant
Comment changer l'OMC
plus fort pour les pays les moins avancées (PMA), 600 millions d'habitants qui représentaient 0,6 % du commerce international il y a 20 ans et ne comptent plus que pour 0,4 % aujourd'hui.
- L'OMC reste une organisation dominée par les puissances commerciales, dont les politiques profitent d'abord aux puissances commerciales. Rubens Ricupero, DG de la CNUCED, observe que pour toute organisation internationale la légitimité dépend de trois facteurs principaux intimement liés : « adhésion universelle et mécanisme d'adhésion, participation réelle de tous les membres au processus de décision; partage équitable des bénéfices du système». On peut dire avec lui qu'au regard de la légitimité démocratique, il y a pour le moins à l'OMC «une tension entre situation légale et situation réelle» .
- Quoique les événements, en particulier l'échec de Seattle, aient amené l'OMC à commencer de le reconnaître, cela ne s'est pas encore traduit par les changements nécessaires en ce qui concerne plusieurs questions clés : la participation effective des PED; la réelle prise en compte dans les règles et les accords de la vulnérabilité des pays pauvres; la transparence interne et externe ; l'ouverture aux préoccupations des citoyens et au dialogue avec les ONG ; le contrôle parlementaire; le respect des autres
principes internationaux dans des domaines comme l'environnement, la santé, les droits sociaux.
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Que faire ?
- Comment faire en sorte que plus de régulation globale dans le commerce n'engendre pas moins de démocratie et de développement durable? Comment promouvoir un commerce juste et équitable pour les pays du Sud comme du Nord ? Comment créer les conditions d'un système et d'une organisation commerciale ouverts, transparents et démocratisés ? C'est le sens des propositions de ce rapport que de tenter de répondre à ces défis et d'avancer les éléments d'une politique renouvelée de l'Union européenne dans ce domaine.
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I - PARTICIPATION ÉGALE,
TRANSPARENCE INTERNE ET RENFORCEMENT DES CAPACITÉS
- La participation égale et effective de tous les membres est décisive pour une réorientation du système commercial multilatéral. L'OMC a tenté de remédier à la situation des pays sans représentation à Genève en regroupant les réunions de plusieurs conseils sur une même semaine. Mais cela ne répond que très partiellement au problème, l'OMC fonctionnant sur une base quasi-quotidienne. Par ailleurs, beaucoup d'informations restent longtemps inaccessibles aux membres qui ne peuvent participer à des réunions formelles ou informelles.
- La méthode des consultations informelles, dites «chambres vertes», souvent réduites aux grandes puissances commerciales voire à la seule «quadrilatérale» (Etats Unis, Canada, Japon, Union européenne), exclue de fait la plupart des PED. Elle a eu, entre autre, pour conséquence, que beaucoup de pays ont signé à la fin du cycle de l'Uruguay des accords préparés sans eux, qu'ils ne pouvaient appliquer dans les délais prévus et qui ne correspondaient pas à leurs besoins mais aux intérêts de puissants lobbies des pays industrialisés. Ainsi de l'accord ADPIC sur la propriété intellectuelle, totalement inadapté au transfert de technologie vers les PED, qui menace le recours aux médicaments génériques, ouvre la voie au brevetage d'organismes vivants en violation d'autres conventions et dont la mise en œuvre entraîne d'énormes difficultés. Clare Short, Secrétaire d'Etat du RU, note que la mise en œuvre des accords ADPIC, SPS (Sanitaire et Phytosanitaire), Evaluation en Douane (Customs Valuation) et MIC (Mesures concernant les Investissements et liées au Commerce-TRIMs), oblige les PED «à créer de nouvelles institutions ou à renforcer celles qui existent, à embaucher et former des personnels, à améliorer leur technologie informatique... la mise en oeuvre de l'Uruguay round augmente les dépenses budgétaires sans compensation de recettes. Il n'est pas surprenant que les pays développement n'aient pas pu s'y conformer dans de nombreux domaines».
- - Le mécanisme de règlement des
inadaptée. Sur 19 PMA non-membres de l'OMC au moment de sa création, 10 sont engagés dans une procédure d'adhésion, mais seul le Vanuatu est sur le point d'être admis. Les PED et PMA se voient demandé des obligations plus importantes que celles des pays membres (renoncement au traitement spécial et différencié, périodes de transition, agriculture). La Commission a présenté une proposition de procédure accélérée (fast tract) qui est restée sans suite.
- Les propositions de la Commission européenne pour l'amélioration du fonctionnement et de la transparence transmises le 26 juillet 2000 au Conseil Général de l'OMC devraient donc être renforcées en vue de la 4ème Conférence Ministérielle de novembre 2001.
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Les propositions présentées dans le projet de résolution sur ce point visent à:
- • Créer un fond pour permettre à chaque pays de disposer d'une représentation à Genève ;; soutenir les regroupements régionaux de PED;
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• dans l'attente, permettre aux non-résidents de disposer de compte rendus rapides des réunions, instaurer la transparence interne, mettre en place un système d'alerte préalable (early warning system) pour leur permettre de se préparer aux nouvelles questions venant en négociation ;
- • ajuster la programmation des réunions de sorte que toutes les délégations même les petites puissent participer ou se faire représenter à des négociations portant sur des questions les concernant ;
- • encadrer les consultations dites informelles en permettant notamment à tous pays qui le souhaitent d'y participer, en communiquant leurs résultats ;
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• réformer le système de règlement des différents pour autoriser, pour les PED, dans certaines circonstances, le recours à des sanctions collectives ; faciliter l'adhésion des PMA.
- La participation effective suppose par ailleurs un renforcement des capacités dans le domaine commercial. Celui ci fait l'objet du soutien de
pays industrialisés, dont l'UE et les 15, et de différents programmes notamment de la CNUCED (Trade Analysis and Systematic Issues Branch), de l'OMC (thé Technical Co-operation and Training Division TCTD) ou encore de la Banque Mondiale chargée de coordonner les programmes des autres organisations au travers du «Cadre renforcé» (Integrated Framework). On peut se demander si la Banque mondiale est la mieux placée, le renforcement des capacités dans le domaine commercial n'ayant pas à être un instrument de plus des politiques d'ajustement structurel. Il doit permettre aux gouvernements et aux administrations de faire face à la mise en œuvre des accords mais aussi de peser sur la définition des politiques commerciales au regard de leur propre stratégie de développement. Le renforcement des capacités devraient inclure la mise en place d'instruments d'évaluation de l'impact environnemental et social des accords commerciaux. Dans cette dimension il devrait pouvoir être fait appel au concours d'ONG, d'organisations syndicales internationales, etc.
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- II - OUVERTURE À LA SOCIÉTÉ
ET TRANSPARENCE EXTERNE
- A l'OMC qui traite d'affaires publiques la règle devrait être la transparence et le secret l'exception. La publicité des débats doit donner la possibilité au citoyen de savoir quels sont les objectifs poursuivis, les raisons des décisions et les positions des divers représentants, y compris les siens. L'OMC doit s'ouvrir, rompre avec la culture du GATT et accepter que des points de vue légitimes sur le commerce puissent venir de l'extérieur. A ce jour, l'OMC reste une organisation médiévale en matière d'ouverture et de transparence externe comparée à de nombreuses autres organisations multilatérales. L'art. V. 2 de l'accord de Marrakech établit que «le Conseil général pourra conclure des arrangements appropriés aux fins de consultation et de coopération avec les ONG s'occupant de questions en rapport avec celles dont l'OMC traite». Deux décisions prises à Singapour en 1996 établissent des directives (guidelines) pour les relations avec les ONG. Mais ces relations sont restées limitées pour l'essentiel à quelques symposiums. Plutôt que d'entretenir une relation névrotique aux ONG, le secrétariat de l'OMC devrait accepter le fait que celles ci ont pris la place qui est la leur dans le débat public parce qu'elles expriment des préoccupations dans lesquelles se reconnaissent de nombreux citoyens. Cela ne signifie pas que les ONG doivent être mises sur le même plan que les gouvernements, ce qu'elles ne réclament pas. Mais elles sont un acteur du débat. D'autres organisations multilatérales ont su aménager des statuts d'observateur, des modalités d'accréditation . Même la Banque Mondiale fait mieux que l'OMC !
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Les propositions présentées dans le projet de résolution visent à:
- • La dérestriction rapide et la publication des documents et compte rendus de toutes les instances de l'OMC sur son site web ;
- • L'ouverture des réunions, y compris le Mécanisme d'Examen des Politiques Commerciales (MEPC), à d'autres organisations multilatérales et à des ONG;
- • Permettre aux ONG de transmettre des analyses et propositions écrites ou orales aux instances de l'OMC ;
- • Rendre publiques, dans la procédure de règlement des différends, les «réunions de fond avec les parties» des groupes spéciaux (panel) et de l'organe d'appel, ainsi que les communications des parties ou des experts ;
- • Permettre aux groupes spéciaux de recevoir des « amicus briefs » des ONG.
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- III - DIMENSION PARLEMENTAIRE
- Les mécanismes les plus importants de contrôle parlementaire des politiques commerciales sont ceux qui peuvent être mis en place au niveau national (et communautaire pour l'UE). Les parlements devraient être associés pleinement à l'élaboration des mandats de négociations, à leur suivi, puis à l'évaluation des accords et de leur impact. Dans les faits, ils en sont réduits le plus souvent à un rôle de ratification en bloc et de chambre d'enregistrement.
L'implication des parlements est pourtant une dimension essentielle de la légitimité des politiques commerciale et leur contrôle effectif est un des moyens de veiller à ce que les règles de l'OMC n'empêchent pas ultérieurement les pays
membres de continuer à légiférer librement dans des domaines comme la santé, la protection des consommateurs, l'environnement ou la culture.
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- Les propositions pour le contrôle parlementaire visent à:
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• à ouvrir aux parlementaires le MEPC;
- • à remédier, au sein de l'UE, au déficit démocratique de la Politique commerciale commune en réformant l'article 133 du Traité CE afin de garantir la pleine association du Parlement européen, sa consultation sur les mandats de négociation, l'ouverture du comité 133 à ses représentants et son avis conforme sur tous les accords commerciaux ;
- • à promouvoir, sur la base d'une étude comparative à l'intérieur et hors de l'UE, les meilleures pratiques de contrôle parlementaire sur la politique commerciale.
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- Proposition pour un Forum parlementaire
- La question a été soulevée par le Parlement européen, d'une assemblée parlementaire de l'OMC. Lors du séminaire organisé par le Parlement européen les 10 et 11 avril 2001, en présence de parlementaires de nombreux pays du Sud et du Nord, la déclaration finale de la présidence, présentée par le président de la commission ITRE Carlos WESTENDORP Y CABEZA appelait les parlementaires à tenir une rencontre à l'occasion de la 4ème Conférence Ministérielle pour
examiner comment établir un forum de parlementaires de tous les membres de l'OMC pour procéder à des échanges de vues, recevoir des informations et suivre les activités de l'OMC.
- Un tel forum, composé de délégués des parlements des membres, pourrait avoir une fonction consultative sur les choix stratégiques de l'OMC. Il devrait permettre une prise en compte des opinions émises par les institutions élues nationales et locales, les syndicats, les ONG du Sud comme du Nord. Il pourrait être un forum privilégié pour les débats sur les relations entre les règles commerciales et les autres domaines. Les échanges doivent être approfondis à ce- sujet avec les autres parlements, l'UlP, ainsi que les autres organisations multilatérales. Cette assemblée parlementaire devrait pouvoir recevoir des rapports du Secrétaire général de l'OMC, du Président du Conseil Général et des autres conseils (des services, des marchandises, de la propriété intellectuelle ...) et pouvoir leur présenter des propositions. Il serait préférable que ce forum soit établit au sein du traité instituant l'OMC, même si on peut imaginer qu'il soit mis en place par consensus à titre provisoire.
- La question se pose de savoir, compte tenu de la nécessité d'une mise en cohérence des différentes politiques internationales et d'un rôle parlementaire accru dans la gouvernance globale, si la perspective ne devrait pas être, dores et déjà, celle d'une assemblée parlementaire mondiale auprès de l'ensemble des organisations internationales (celles du système des Nations Unies et celles comme l'OMC qui devraient y retourner). Cette assemblée, si elle était organisée en grandes commissions spécialisées se réunissant régulièrement, dont une pour le commerce, pourrait être plus opérationnelle qu'un forum se réunissant en séances plénières 2 ou 3 fois par an.
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- IV - COHÉRENCE, HIÉRARCHIE
DES NORMES ET NOUVELLE ARCHITECTURE INTERNATIONALES
- L'une des premières missions confiées à un tel forum (assemblée [ auprès de la seule OMC dans un premier temps ou assemblée parle- I
mentaire globale) pourrait être de débattre d'une nouvelle architecture des relations entre les organisations internationales afin de veiller à la cohérence des politiques de régulation internationales et de proposer une hiérarchie des normes qui devrait être respecté par toutes. Ces propositions seraient soumises à l'Assemblée Générale des Nations Unies ainsi qu'au Conseil général de l'OMC et à sa conférence ministérielle.
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- Les propositions du projet de résolution visent à:
- • renforcer les relations de coopération de l'OMC avec les autres organisations multilatérales; prévoir que les groupes spéciaux et l'organe d'appel soient tenus de prendre l'avis des organisations compétentes dans les cas qui mettent en cause d'autres conventions internationales et que ces avis soient rendus publics ;
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• prévoir la possibilité de faire appel d'une décision de l'OMC devant les instances d'une autre organisation multilatérale;
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• mieux garantir le recours au principe de précaution par une révision de l'Accord SPS et une réforme du Codex Alimentarius afin d'appliquer à son fonctionnement les principes de contrôle démocratique demandés pour l'OMC;
- • inclure dans le Préambule de l'Accord instituant l'OMC les objectifs d'éradication de la pauvreté, de promotion d'un développement équitable et durable, de protection de l'environnement et de respect des normes sociales fondamentales.
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Cette dernière question est clairement du ressort de l'OIT mais ne peut être esquivée dans l'OMC, même si selon le DG, Mike Moore, on est plus loin d'un accord sur ce point qu'au moment de Seattle . Le respect des normes fondamentales du travail pourraient d'abord être renforcées par une utilisation plus vigoureuse des mécanismes de l'OIT, qui peut proposer des sanctions, comme elle l'a montré en utilisant pour la première fois l'article 33 de ses statuts dans le cas du Myanmar. Au sein de l'OMC, la prise en compte des normes sociales ne doit pas avoir pour objectif des res-
trictions aux importations. Le but doit être le respect par les membres des conventions de l'OIT et par l'OMC des décisions de l'OIT C'est pourquoi l'UE devrait aller au-delà de la communication de la Commission, «promouvoir les normes fondamentales du travail».
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- Les propositions présentées visent à :
- • un accord plurilatéral au sein de l'OMC, fondé sur l'obligation pour tous les membres de ratifier au moins la déclaration des principes fondamentaux de l'OIT et un système de mesures incitatives au travers du SPC.
- Ceci ne peut totalement exclure la possibilité d'autoriser des sanctions commerciales si celles-ci étaient demandées par l'OIT qui en a, seule, la compétence.
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- CONCLUSION :
- La politique commerciale est la plus ancienne des politiques extérieures communes de l'UE. Il y est question d'intérêts économiques et de compétition, mais pas uniquement. Par son biais, l'UE dit beaucoup de sa vision du monde et notamment des relations entre le Nord et le Sud. Elle affirme aussi une conception du partage entre ce qui relève du marché et ce que les sociétés doivent pouvoir faire relever d'autre principes comme la solidarité. Cette politique doit être porteuse des valeurs et des objectifs fondamentaux de l'Union. C'est pourquoi l'UE doit placer au centre de ses objectifs la mise en place d'un commerce juste et équitable, d'un système multilatéral démocratisé, d'une OMC réformée et d'un nouvel équilibre des règles internationales qui place les droits humains et sociaux, la protection de l'environnement, le principe de précaution et le développement durable, au-dessus d'une vision étroite des intérêts commerciaux.
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- Qu'arrive-t-il au Parlement autour de cette proposition de réforme de l'OMC d'Harlem Désir ?
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La droite a déposé des amendements pour tenter de réduire la portée des réformes proposées, de préserver les pouvoirs actuels de l'OMC
y compris sur les questions non commerciales qui sont affectées par ses décisions (santé publique, normes sociales, environnement...). Elle refuse toute idée de hiérarchie des normes, de mécanisme d'appel devant d'autres organisations quand celles-ci sont concernées (OIT, OMS, ...).EIIe cherche à supprimer les paragraphes demandant une révision de l'accord sur les services (parce qu'ils veulent garantir que les services publics et sociaux ne peuvent tomber sous la juridiction de l'OMC) et une révision des TRIPS (accords ADPIC sur la propriété intellectuelle, les brevets, les médicaments génériques, le brevetage du vivant...).
- La commission (dirigée par Pascal Lamy, socialiste) est sur le même type de position même s'ils disent accepter une partie des propositions de réforme du fonctionnement (transparence, participation plus égale des pays en développement). Le vote en commission Industrie, commerce extérieur, aura lieu le 10 octobre et en "plénière", en principe dans la semaine du 22 octobre ; c'est-à-dire avant la conférence ministérielle de l'OMC au Qatar.
- Mais une partie de la droite et la commission veulent tenter une manœuvre de procédure pour reporter le vote au lendemain de Qatar pour ne pas "gêner" le commissaire Lamy dans ses négociations ! Demander plus de démocratie et de transparence dans l'OMC gênerait le commissaire, socialiste, européen !
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- Dès avant le 11 septembre, l'économie mondiale fonctionnait au ralenti, sous la menace d'une récession généralisée. Mais déjà, la Réserve fédérale américaine menait une politique active pour tenter de sortir les Etats-Unis de la crise, la Banque Centrale Européenne et la Commission européenne, grâce aux pouvoirs dont les ont dotées les traités de Maastricht et d'Amsterdam, concoctaient tous les ingrédients nécessaires à la plongée de l'Europe dans la récession : euro fort, comblement des déficits publics à marche forcée, "modération "salariale...
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- DEPUIS LE 11 SEPTEMBRE, le
contraste entre la politique américaine et celle de l'Union européenne s'est encore accentué. Certes, la BCE a été obligée de baisser ses taux d'intérêts d'un demi-point pour éviter que les Etats Unis se trouvent à court de liquidités. Mais alors que l'Etat fédéral américain vient massivement en aide aux compagnies aériennes et aux entreprises touchées par la crise, l'Union européenne continue à s'enferrer dans des politiques libérales qui accroissent le risque de récession pour l'économie européenne.
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- Maastricht et la Banque Centrale Européenne
- BCE a une seule mission, qui lui a été confiée par le traité de Maastricht : défendre la valeur de la monnaie unique.
- La Réserve fédérale américaine a, quant à elle, une double mission : celle de défendre le $ mais aussi celle d'assurer les conditions de la croissance économique aux USA.
- Contrairement à la Réserve fédérale, la BCE ne baisse donc ses taux directeurs qu'avec la plus grande parcimonie. Et comme le traité d'Amsterdam a décidé qu'un gouvernement économique ne ferait pas contrepoids à la BCE, c'est elle qui détermine aujourd'hui la politique de change de l'Union européenne. Et il n'y a aucune illusion à se faire puisque, début juin, le président de la BCE, Wim Duisenberg, réaffirmait encore son credo : " Un euro fort est dans l'intérêt d'une Europe forte ".
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Le traité de Maastricht a inscrit dans le traité fondateur de l'Union européenne un des principes fondamentaux de l'économie libérale : malheur à l'inflation !
- C'est pourquoi la BCE veille à l'inflation alors que la récession menace, comme un vacancier qui se couvrirait d'ambre solaire à l'arrivée des nuages noirs de l'orage...
- En effet, par rapport au mois de juin 2000, le taux d'inflation annuel a augmenté dans trois Etats-membres, a baissé dans 11 et reste inchangé dans un !
- Pascal Blanqué (Crédit Agricole) souligne cette erreur de perspectives dans Les Echos du 20/08/01 : " Le risque inflationniste est surestimé parce que l'intensité de la reprise mondiale l'est aussi (...) Ce sont les
excès d'offre à purger plus qu'une demande débridée à contraindre qui domineront l'horizon conjoncturel visible ". Le 11 septembre a, depuis, accentué la pertinence de cette affirmation.
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- La réalité sociale de l'euro fort
- La lutte contre l'inflation et la défense de l'euro se présente sous un
masque économique mais leur réalité est avant tout sociale.
- Vouloir "un euro fort" comme le proclame la BCE peut, à première vue, apparaître comme quelque peu délirant. C'est, en effet, prendre le risque délibéré de réduire encore le niveau des exportations européennes, notamment celles de l'Allemagne, et précipiter ainsi l'Europe dans la récession.
- Un euro fort aurait, par contre, un grand avantage.
- Celui-là même qui était recherché par les libéraux rédacteurs du traité de Maastricht : obliger les différents Etats de l'Union monétaire à aller encore plus loin dans le sens des réformes libérales.
- En effet, avec un euro fort (et donc un $ plus faible), la seule façon de contrer la concurrence américaine serait d'accroître la durée et la flexibilité du travail, tout en " modérant " les salaires.
C'est bien là, sur le plan social, que les conditions de l'instauration de l'euro et de la BCE prennent toute leur signification.
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La Commission
européenne
et le traité d'Amsterdam
- Le traité de Maastricht avait fixé des critères de convergence que devaient atteindre avant le 1er janvier 1999 les pays candidats à l'entrée dans la monnaie unique.
- Parmi ses critères figurait en bonne place la limite que devaient respecter les déficits publics de chacun des Etats candidats : pas plus de 3 % de son PIB.
- Le Pacte d'austérité de Dublin avait pérennisé cette limite et le traité d'Amsterdam avait entériné les pénalités qu'encourrait le pays dont les déficits dépasseraient ces fatidiques 3%.
- Nous sommes aujourd'hui, bien loin de ces 3 % et c'est l'objectif de 0 % de déficit public qui est devenu la perspective de la Commission européenne et des chefs d'Etat et de Gouvernement européens.
- Aussi, lorsque le ministre des Finances allemand Hans Eichel propose un assouplissement de la politique de rigueur budgétaire, s'attire-t-il aussitôt les foudres du commis-
saire européen chargé des questions monétaires, Pedro Solbes.
- Personne ne cherche à cultiver le déficit public pour le déficit. Mais un déficit passager peut être tout à fait efficace pour éviter une récession... et retrouver ensuite une meilleure situation budgétaire.
- C'est ce qu'avait fait la Suède au début des années 1990 : son déficit avait atteint 6 % du PIB mais deux ans plus tard, était revenu à moins de 3 %.
- C'est la politique qu'ont pratiqué les USA, chaque fois qu'ils l'ont estimé
nécessaire, au cours de ses 30 dernières années. C'est ce qu'ils avaient commencé à faire avant le 11 septembre. Depuis le 11 septembre, ils changent de braquet et le Congrès un budget de 40 milliards de dollars pour le réarmement et la reconstruction alors que Bush n'en demandait que 20...
- Or, après avoir tancé l'Irlande, la Commission européenne, malgré les indignations de Laurent Fabius, a reproché à l'Allemagne, l'Italie, au Portugal et à la France de ne pas avoir " tiré parti d'un environnement
favorable en matière de croissance pour atteindre l'objectif du Pacte de stabilité et de croissance ".
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- Il est difficile d'imaginer pire aveuglement
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Car c'est justement parce que les engagements de ces pays n'ont pas été tenus au pied de la lettre, que la croissance européenne a pu être aussi forte au cours des dernières années.
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BCE et Commission européenne concoctent tous les ingrédients d'une récession en Europe
- D'abord la baisse de la consommation : qu'il s'agisse de la consommation privée, les salaires qu'il faut " modérer " ou de la consommation publique, les déficits budgétaires qu'il faut combler.
- Ensuite, le maintien de taux d'intérêt réels élevés qui pèsent sur les capacités d'emprunt aussi bien des particuliers que des PME qui connaissent, pourtant, de plus en plus de difficultés de trésorerie au fur et à mesure du ralentissement de la croissance.
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Ce ne serait pas d'ailleurs la première fois que les politiques européennes conduiraient tout droit à la récession. Cela avait déjà été le cas au début des années 1990 quand les politiques visant à atteindre les critères de convergence fixés par le traité de Maastricht avaient brusquement cassé l'expansion en cours (4 % en France en 1991 !) et plongé l'Europe dans la récession (- 1,6 % en France en 1993 !)
- Mais socialement, le bilan que tire les libéraux de cette période est excellent.
- Les gouvernements libéraux et les patronats de chacun des Etats-membres ont, en effet, profité de la rigueur budgétaire, de la lutte contre l'inflation et du rapport de forces défavorable aux salariés qui en découlait pour imposer de multiples réformes libérales : privatisation des entreprises et des services publics, baisse de la part salariale dans la valeur ajoutée annuelle des entreprises, multiplication des emplois précaires, annualisation du temps de travail, baisse du montant des retraites par répartition et des allocations-chômage, introduction des fonds de pension...
- C'est, à l'évidence, dans ce sens qu'ils comptent poursuivre leurs efforts
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- Le gouvernement français à la croisée des chemins
- Laurent Fabius ne pourra pas à la fois baisser les impôts, baisser les déficits et soutenir la consommation. En effet, le ralentissement de l'économie entraîne une baisse des rentrées fiscales, concentrée sur l'Impôt sur les Sociétés, la TIPP (taxe sur les produits pétroliers) et la TVA.
- Cette évaporation fiscale devrait atteindre 25 milliards de francs sur l'année 2001, selon le Ministère de l'économie et des finances.
- A cela s'ajoutent les 10 milliards de francs de compensation de manque de recettes des collectivités locales (suppression de la vignette auto et de la part régionale de la taxe d'habitation).
Le déficit public était de 191,2 milliards de francs fin 2000. Il devait mécaniquement passer à 186,6 milliards de francs en 2001 et donc remonter d'environ 0,3 point de PIB supplémentaire.
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Pour éviter la récession : faire l'inverse de ce préconisent la BCE et la
Commission européenne
- Pour éviter la récession ou un ralentissement économique trop prononcée, le gouvernement de la gauche plurielle n'a pas d'autre choix que de faire exactement l'inverse de ce qu'exigent la BCE et la Commission européenne
- Non seulement il ne lui faut pas chercher à atteindre à tout prix les objectifs qu'il s'était fixés en termes de réduction des déficits publics mais il lui faut, au contraire, laisser filer ces déficits pour relancer l'économie tout en répondant à la l'urgence sociale, telle qu'elle s'exprime, par exemple, à l'hôpital public.
- La BCE prône la " modération " salariale au nom de la lutte contre l'inflation mais elle ne prône jamais la " modération " des profits dont l'augmentation pèsent, pourtant, tout aussi lourdement sur l'augmentation des prix... Le gouvernement de la gauche plurielle devrait de toute urgence, quant à lui, dénoncer cette mauvaise foi et augmenter le Smic aussi bien que les minima sociaux afin de relancer la consommation
qui reste le seul moteur de la croissance encore un bon état de marche aujourd'hui.
- Le Gouvernement a, certes, promis de baisser les impôts. Mais dans la conjoncture économique actuelle, il paraît plus que jamais nécessaire de choisir à la fois ce qui est juste et ce qui est efficace.
- Cela revient à dire que seuls doivent baisser les impôts des catégories sociales qui consommeront la plus grande partie de ce surcroît de revenu ; et non ceux des catégories sociales les plus aisées qui épargneront une bonne partie de ce revenu supplémentaire.
- Le Gouvernement de la gauche plurielle devrait, ensuite, maintenir le cap des 35 heures pour les entreprises de moins de 20 salariés, sans augmentation des quotas d'heures supplémentaires. Car ce n'est pas au moment où la courbe du chômage risque de s'inverser et de repartir à la hausse qu'il lui faut abandonner cet instrument essentiel de création d'emplois.
- Il serait d'ailleurs vraiment paradoxal que Lionel Jospin décide d'agir autrement au moment où la très libérale " Buba " (la Banque centrale allemande) est obligée de reconnaître que c'est " la vigueur des créations d'emplois en France " qui explique pourquoi le chômage a baissé plus rapidement en France qu'en Allemagne. Et, comme le souligne avec une pointe d'ironie La Tribune du 24/08/01 : " la Buba salue même à contrecœur, l'apport des 35 heures à ce processus... "
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Le choc pétrolier du début des années 1970 ou la guerre du golfe au début des années 1990 avaient déjà servi d'explication à des récessions dont les causes étaient, comme aujourd'hui, beaucoup plus profondes, beaucoup plus structurelles.
- Il en va de même aujourd'hui : l'économie mondiale courait déjà, depuis le brusque ralentissement de la croissance américaine au début de l'année, le risque d'une récession généralisée. L'attentat du 11 septembre n'a fait, du strict point de vue de la croissance économique, qu'accentuer une tendance qui était déjà largement à l'œuvre.
- L'économie américaine avait connu un brutal ralentissement dés le début de l'année
- La croissance du PIB des Etats-Unis avait stagné au deuxième trimestre avec un taux de croissance annuelle de 0,2 %.
- Les demandes de permis de construire avait baissé de 1 % en juillet et de 0,7 % en août.
- Août était le onzième mois de baisse continue de la production industrielle.
- Après avoir reculé de 0,2 % au premier trimestre, l'investissement des entreprises s'est effondré au 2ème trimestre avec une chute de 13,6 %. Il fallait remonter à 1982 pour retrouver un tel chiffre. Le taux d'utilisation des capacités de production n'était plus, en août, que de 76 %.
- Le déstockage s'était élevé à 21,1 milliards $ entre janvier et mars puis à 26,9 milliards $ entre avril et juin.
- Les annonces de mauvais résultats de sociétés, les " profit warning ", se multipliaient, bien avant le 11 septembre.
- La consommation intérieure restait le seul moteur de la croissance qui fonctionnait encore. Pour soutenir cette croissance, l'administration Bush comptait sur les remises d'impôt (38 milliards $) qui seront versées aux contribuables au 3ème trimestre (300 $ pour un célibataire, 600 $ pour un couple).
- Mais, déjà, le 20 juillet, devant le Congrès, le Président de la FED (la Réserve Fédérale), Alan Greenspan parlait de " risques de fléchissement de la consommation au cours des prochains trimestres ". Il est vrai que prés de 800 000 emplois avaient été supprimés depuis un an. Il est vrai également que l'effondrement des cours du Nasdaq (l'indice des valeurs des sociétés de " nouvelles technologies ") avait commencé à mettre à mal " l'effet richesse " et " l'effet revenu " induits par la hausse des cours boursiers. Ce qui faisait courir le risque d'un coup de frein à la frénésie de consommation de nombreux américains aisés.
- Avant le 11 septembre, le Japon était déjà au bord au bord de la récession
- Le PIB nippon avait stagné au premier trimestre 2001.
- Les dépenses des ménages salariés avaient chuté de 2,6 % en mai 2001 par rapport à mai 2000.
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Les exportations avaient chuté de 8,9 % en un an.
- L'archipel était déjà confronté à une déflation, c'est-à-dire à une chute des prix, qui rogne les profits et décourage l'investissement productif.
- Le marché de l'emploi se dégradait rapidement : 840 000 emplois de j moins au cours des trois derniers mois et la crise bancaire obligeait
les banques à couper le robinet du crédit pour de nombreuses PME qui n'avaient plus le choix que de fermer leurs portes ou se restructurer.
- L'économie de l'Union européenne ralentissait également
- En juillet dernier, l'indicateur" Eurocroissance estimait que le taux de croissance en Europe serait en 2001 de l'ordre de 1,5 % à 2 %. Alors que la croissance européenne avait atteint 3,3 % en 2000. Si la chute s'annonçait moins brutale qu'aux USA, elle n'en était pas moins sévère.
- L'impact du ralentissement économique américain avait été plus sérieux que prévu. La baisse des importations allemandes avait, en effet, durement impacté l'économie de l'Allemagne. Le Chancelier, Gerhard Schrôder, estimait, en août, que la croissance se situerait entre 1,5 et 2 % du PIB en 2001. Le FMI parlait, au même moment, d'un " brutal déraillement " et prévoyait une croissance de 1,25 % en Allemagne en 2001.
- La Banque centrale allemande (la Bundesbank) estimait dans son dernier bulletin du mois d'août : " II ne faut s'attendre à une reprise globale durable que si la conjoncture américaine, qui joue plus que jamais un rôle clef dans l'économie mondiale, reprend sa route ".
- Ce ralentissement de l'activité allemande avait touché, par ricochet, les économies de la France et de l'Italie dont une part importante des exportations est destinée à l'Allemagne.
- En France, la prévision de croissance sur laquelle était bâti le budget 2001 était de 3,3 %. Fin août, la prévision n'était déjà plus que de l'ordre de l'ordre de 2,3 %.
- La demande intérieure était le seul moteur de la croissance qui fonctionnait encore. Mais ce moteur était fragile et risquait fort d'être mis à mal par les nombreux plans de licenciements et de restructuration programmés bien avant le 11 septembre..
- La progression de l'investissement chutait de manière spectaculaire depuis le début de l'année : sa croissance avait été de 12 % en 2000, au mois d'août, la tendance n'était plus, en août, que de l'ordre de 2 % pour l'année 2001.
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L'Amérique latine était, elle aussi, impactée
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L'Argentine était, en août, au bord de la cessation de paiement. Sa dette extérieure atteint 130 milliards de $ et ses créanciers exigent des taux d'intérêts de l'ordre de 15 % pour accepter la restructuration de cette dette. Alors que la Banque centrale argentine est obligée de détenir un $ pour chaque peso en circulation, ses réserves avaient diminué de 11 milliards de $ depuis mars dernier. Les 8 milliards de $ d'aide internationale, octroyée par le FMI, après de longues et difficiles négociations, devaient donc à peine suffire renflouer les réserves monétaires en $ de l'Argentine et arrêter
momentanément la fuite des capitaux. La contrepartie de cette aide était, bien évidemment, un plan d'austérité dont le prix devait être payé par la population.
- Le Brésil, était, bien avant le 11 septembre, déjà coincé entre le ralentissement de l'économie américaine et celui de l'Argentine, son principal partenaire au sein du Mercosur (zone de libre échange sud-américaine). La Président Cordoso avait évidemment trouvé la solution : un plan d'austérité qui touchait en premier lieu la retraite des fonctionnaires.
- Le PIB du Mexique avait déjà stagné au 2ème trimestre. Dans Les Echos du 19 septembre, le Gouverneur de la Banque Centrale, Guillermo Ortiz, affirmait : " Avant même le 11 septembre, le ralentissement américain pesait sur le Mexique ". Ce pays . dont les exportations vont à près de 90 % vers les USA était déjà, en effet, fortement touché par le ralentissement brutal de l'économie américaine. Là encore, le gouvernement préparait un plan d'austérité, dont la population devra payer le prix fort, afin de rassurer les investisseurs étrangers.
- Les pays " émergents " de la zone asiatique n'étaient pas épargnés non plus
- En juillet, Singapour avait dû se résigner à enregistrer deux trimestres successifs de contraction du PIB. Ce qui constitue la définition technique d'une récession.
- Au premier trimestre, le PIB de la Thaïlande s'était contracté de 0,2 % par rapport au trimestre précédent. Plus de 3 300 usines avaient été fermées en 7 mois : une augmentation de 39 % par rapport à l'an dernier.
- Taiwan observait, à son tour, un recul de son PIB : 2,35 % au 2ème trimestre, comparé au même trimestre de l'année précédente. Nous étions déjà bien loin de la croissance annuelle de 5,9 % en 2000. En août, le Directeur du budget taiwanais reconnaissait : " C'est la plus forte baisse depuis la chute de 4,26 % du PIB enregistrée au premier trimestre 1975, en raison de la contraction des exportations, des investissements et de la production de l'île, provoquée par un ralentissement mondial prolongé ".
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- L'attentat du 11 septembre n'a fait qu'accentuer la tendance déjà à l'œuvre
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Avant le 11 septembre, le seul moteur de la croissance qui fonctionnait encore aux USA était la consommation des ménages. Cette consommation avait deux supports : les salaires les revenus (réels ou potentiels) tirés des investissements en Bourse.
- Les plans de licenciements qui se multipliaient bien avant le 11 septembre fragilisait l'apport du salariat américain à la consommation. Après l'attentat du 11 septembre, les plans de licenciements sont passés à une autre échelle : dans les compagnies aériennes (40 000 licenciements prévus), les constructeurs aéronautiques, les compagnies d'assurance et les banques.
- Quant aux revenus tirés des investissements boursiers, ils sont remis en cause par la baisse des cours à Wall Street. En août, la seule bourse des valeurs à n'avoir pas subi de krach était la bourse des valeurs " classiques " de New-York : Wall Street, dont l'indice phare est le Dow Jones. En un an, l'indice de la Bourse de Francfort (le DAX) avait
chuté de plus de 30 %.Dans le même temps, l'indice de la Bourse de Paris, le CAC 40, avait perdu un tiers de sa valeur. L'indice de la Bourse de Londres, le Footsie, avait abandonné 20,70 % depuis le 4 septembre 2000.A la bourse de Tokyo, l'indice Nikkei avait rejoint, en août 2001, son niveau d'octobre 1984 ! La situation n'est évidemment plus la même aujourd'hui et la baisse de Wall Street, si elle se confirmait, risquerait d'entraîner un retournement rapide de la consommation des couches aisées américaines alors que l'injection de liquidités monétaires par la Réserve Fédérale ne produira pas d'effets immédiats sur l'économie.
- L'évolution de l'économie américaine sera déterminante pour la croissance mondiale
- Le sort de la croissance mondiale est aujourd'hui suspendu à l'évolution de la conjoncture économique américaine. Cela n'au rien d'étonnant : la banque Morgan Stanley a calculé qu'en données cumulées entre 1995 et juin 2000, les Etats Unis avaient contribué à 40 % de la croissance mondiale !
- Les " experts " américains avaient d'abord prévu un scénario en " V " : l'économie américaine atteignait son plus bas niveau au deuxième trimestre 2001 mais repartait aussitôt. Ce scénario avait fait long feu bien avant le 11 septembre. L'évolution de l'économie américaine paraissait alors beaucoup plus relever d'un scénario en " U ", impliquant une phase de stagnation, de ralentissement, préalable à la reprise.
- Or, tout dépend de la longueur de la barre de ce " U ". C'est-à-dire de l'importance de la suraccumulation de capitaux réalisée au cours des dernières années. C'est-à-dire du temps qu'il faudra pour procéder à la destruction de ces capitaux excédentaires : entreprise, capacités de production, stocks...
- Si la barre du " U " s'avère relativement courte : si la croissance redémarre au 4ème trimestre 2001 ou au 1er trimestre 2002, sous l'impact de la politique de relance que semble vouloir impulser l'administration Bush, il sera peut-être possible d'éviter une récession mondiale généralisée.
- Si la longueur de cette barre est plus importante (si l'économie américaine ne redémarre qu'au 2ème ou au 3ème trimestre 2002 ou encore plus tard) il deviendra difficile d'éviter une récession dont la généralisation peut emprunter trois chemins différents : la chute de la consommation aux Etats-Unis, le krach boursier mais aussi le prix du pétrole qui s'oriente aujourd'hui à la baisse parce que les producteurs anticipent une baisse de la demande liée au ralentissement de l'économie, mais qui pourrait fort bien s'envoler si la
situation au Moyen Orient devenait explosive.
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- Une reprise de l'économie américaine se