Démocratie & Socialisme
Navigation

Dans Siné-hebdo no 6

Le pelleteur et le gougleur

dimanche 7 décembre 2008 par Gérard Filoche
 
Ahmed est là, en bas dans le sous-sol sur sa grosse machine qui fait bruit et poussière. C’est un grand chantier au cœur de Paris, des milliards en jeu. Ils en sont à reprendre l’immeuble en sous-œuvre, phase délicate, car on creuse, on démolit et l’on étaye à la fois, fer et poutres en béton. C’est la partie infernale des travaux, car l’espace est compté, il faut déblayer, évacuer, et remplacer, consolider. L’homme que je vois à 56 ans, il travaille dans les chantiers depuis 37 ans me dit-il…

Devant le chef de travaux, il me dira qu’il n’y a pas d’heures supplémentaires. Par derrière, il me dira bien évidemment qu’il fait près de 10 h par jour, dans une atmosphère irrespirable, avec du danger partout. Il voudrait bien un contrôle des horaires mais comment faire ? Sur sa pelleteuse, il prend le maximum de risques : il en arrive à creuser sous son propre talus pour que le bulldozer s’approche, lui amène les gravats, il les rattrape, et les redépose sur le cul du camion garé au millimètre près juste à côté. À peine si son énorme engin peut se tenir en équilibre : risque de basculer à tout moment, dans le trou, de cogner sa pelle sur les cloisons, sur le camion, sur le bulldozer. « Mais c’est un as » me dit, cynique, le chef de chantier. J’arrête quand même le chantier, car il y a un risque d’enfouissement et de chute à la fois avec machines dangereuses. Le gars me regarde : qu’est-ce qu’il a une bonne tête ! Il a quelque chose de ressemblant avec mon père, cet air de vieil ouvrier. Il est usé, triste, mais lucide, et souriant comme si c‘était « sa fatalité » de vivre ainsi. Que faire d’autre ? Il bouffe de la poussière par brassée, il n’y a pas d’arrosage, pas d’aération, pas d’extraction d’air digne de ce nom. Il ne peut pas tenir avec un masque et ni avec un casque pour les oreilles, il fait trop chaud. Il regarde mes efforts pour l’aider en tant qu’inspecteur du travail, avec commisération. Il a toujours fait ça, et il touche à peine plus que le Smic… Oui il aimerait bien être mieux traité, gagner plus, mais même à 50 h par semaine, ils le tiennent et le volent en ne le payant pas comme il faut. Quelle espérance de vie a t il ? Fillon vient de lui augmenter ses cotisations retraite à 41 annuités et le Medef ne veut pas négocier la « pénibilité ».

Henric est en haut, là en face d’Ahmed, de l’autre côté de la rue, au 3e étage dans un des bureaux éclairés et lumineux, fonctionnels quoique « paysagers ». Il y a un coin de repos avec jeux et billard, un restaurant d’entreprise chic, tout est clean, ils sont 145 devant leurs magnifiques ordinateurs. Jamais ils ne jettent un coup d’œil au chantier d’en bas, qu’on peut deviner par leurs fenêtres, ils ne soupçonnent même pas la vie des ouvriers, ça doit les agacer, de temps en temps, à cause du bruit. Ce sont des cadres jeunes, branchés, entre 25 et 35 ans, arrogants, ils n’avouent pas leurs journées de 13 ou 14 h. Ils croient que leurs salaires élevés les dispense de respecter la durée maxima du travail. Mais ça n’empêche rien, car ils ne tiendront pas le rythme, 60 h par semaine, et plus. Au premier enfant, ça bloquera. Ils voudront leurs RTT. Mais ce n’est pas bien vu, dans cette boîte, où règne un esprit de liberté… de compétition et un système de primes effarant pour « ceux qui font le maximum ». D’ailleurs le seul qui se plaindra à moi, parce qu’il est tout le temps en astreintes et qu’elles ne lui sont pas payées, se fera aussitôt rabrouer par la DRH. Un autre de ces jeunes cadres a déjà payé : un infarctus à 34 ans. Je le répète toujours, ce n’est plus le grisou qui tue, ce sont les AVC. Ils vont apprendre en vieillissant à « compter leurs heures » et même peut-être à diviser leurs salaires par le nombre d‘heures réellement faites, ils verront que leur taux horaire n’est pas si élevé que ça. Peut-être même qu’un d’entre eux se syndiquera, et qu’il expliquera aux autres quel est leur intérêt réel en tant que salarié. C’est une autre forme d’exploitation que celle que subit Ahmed bien sûr, mais quand le comprendront-ils ? Eux aussi, pourtant, n’ont que leur force de travail à vendre.

Gérard Filoche

Forum, nombre total de sujets : 4
Cliquez sur le titre d'un message pour le lire
 
Forum
 Le pelleteur et le gougleur 16 décembre 2008, par Aeron

Que voulez-vous ? C’est la dure mais juste loi de l’offre et de la demande. Pourquoi Ahmed trime-t-il pour un tel salaire ? Parce que tout simplement il y a derrière lui des centaines de gens qui prendraient sa place sans discuter s’il venait à démissionner. Sa paye et ses conditions de travail reflètent le marché : si personne n’est prêt à bosser autant pour si peu, les salaires seront obligatoirement augmentés et les conditions améliorées. Mais là, pourquoi son patron irait payer plus pour Ahmed alors que Maurice, Georges ou Boris accepteraient de bosser pour moins ? Pareil pour les épiciers du bâtiment d’en face.

Si l’on veut un salaire décent dans notre monde d’aujourd’hui, il faut être irremplaçable, avoir une qualité que personne d’autre n’a. Alors on pourra exiger le salaire et les conditions qu’on veut. Regardez Zidane, il est surpayé. Oui mais il n’y a qu’un seul Zidane. Si son employeur n’est pas prêt à débourser plus pour lui, il peut faire une croix sur son équipe.

Ce que je veux dire, c’est qu’il y a deux attitudes à avoir : 1) On arrête de se lamenter et on essaye de se tirer vers le haut pour être meilleur que les autres, en acceptant de vivre dans le stress et jusqu’à 50 ans mais en reconnaissant que Darwin avait raison et que seuls les plus forts s’en sortent ; 2) On se regroupe en « clans de faibles » et on essaye de faire changer les lois de la nature pour que le plus faible ait une chance de s’en sortir, au détriment peut-être du reste de la société, de la reconnaissance individuelle et au risque peut-être d’un nivellement par le bas. On applique alors la loi de « l’union fait la force ».

Etre entre les deux, c’est du n’importe quoi. Il faut choisir. Et c’est le peuple entier qui choisit (démocratie). Une fois que la majorité a fait son choix, tout le monde doit s’y tenir. Alors soyons communistes et n’essayons pas de progresser ou soyons capitalistes et interdisons les syndicats. Les deux sont moches, à vous de voir si vous préférez le camp des faibles ou le camp des fous. Mais de grâce, cessez les lamentations ou ça sera la troisième option (l’option tabou) qui prendra le dessus : la religion ! arrrrgggg

 Sauvez Darwin de ces idioties ! 16 décembre 2008, par Bob

Darwin n’a jamais proposé une théorie débile de "les plus forts s’en sortent" !

La théorie de la sélection naturelle darwinienne repose sur l’idée de "survival of the fittest" c’est-à-dire la sélection des caractères les plus adéquats ("fittest") à l’environnement donné.

Mais Darwin a explicitement rejeté l’idée que son mécanisme s’appliquerait aux êtres humains (c’est l’objet de son ouvrage "The descent of Man").

Car contrairement à vous et aux auteurs réactionnaires (les darwinistes"sociaux" comme Spencer) Darwin ne pensait pas que le fonctionnement de l’économie découlait de lois "naturelles", mais découlait au contraire d’arrangements sociaux.

Et que donc il n’y avait rien de naturel à ce que dans le capitalisme certains détiennent les moyens de production tandis que d’autres (les "faibles" comme vous dites avec tout votre mépris social)soient forcés de vendre leur force de travail contre un salaire.

Lisez les auteurs que vous citez et réfléchissez-y !

 Sauvez Darwin de ces idioties ! 16 décembre 2008, par Aeron

Loi du plus fort et « survival of the fittest », ne vous en déplaise, c’est exactement la même chose pour moi. Vous survivez parce que vous êtes le plus adapté = vous êtes le plus fort. Car qui survit aujourd’hui ? Le marginal ou celui qui s’est le plus adapté à la société et qui sait l’utiliser dans son propre intérêt ?

Du reste, que Darwin ait rejeté l’idée que sa théorie puisse s’appliquer à l’homme ou non, ce n’est pas le problème. Je l’ai pris en exemple mais le texte ne tourne pas autour de lui. Et puis contrairement à moi et aux auteurs réac, Darwin vivait il y a plus d’un siècle, dans un monde bien différent, non globalisé. Il n’exclurait peut-être pas aujourd’hui que sa théorie puisse s’appliquer également au social...

Et au contraire, je trouve tout à fait naturel que certains aient les moyens de production et pas d’autre. Injuste peut-être mais naturel. S’il y a bien une chose humaine, c’est celle-là : il y a les baiseurs et les baisés (si vous me passez l’expression)

"incredible" hein, ce coup du " Ahmed c’est bien fait s’il en bave "...

et Bernard Maddoc, c’est bien fait s’il a pris 50 milliards au coeur de la jungle capitaliste...

et Bush il était du coté des plus forts... hein ?

nous on veut mettre Maddoc en prison, et Bush comme d’autres l’ont été devant un tribunal pénal international,

même si on n’est pas sûr d’y arriver de son vivant, on lutte pour...

de même qu’on défend Ahmed,

son salaire, sa secu, sa retraite, et on se syndique pour cela...

on doit etre communistes, alors

mais communistes, notre interlocuteur ne doit pas savoir ce que c’est : en donnant a chacun selon ses besoins, c’est l’épanouissement humain, l’émancipation humaine qui devient possible

le communisme, c’est pas le stalinisme,

pas la bureaucratie mais la démocratie poussée au maximum, pour qu’Ahmed puisse vivre décemment et qu’il n’y ait plus de tyran comme Bush pour faire la guerre,

ni de Bling bling comme Sarkozy pour alimenter les spéculateurs du Fouquet’s..

GF

Attention, je n’ai jamais dit que c’était bien fait pour Ahmed s’il en bave, pas du tout. Et je ne lui souhaite pas spécialement non plus. Je ne fais qu’un constat, forcément subjectif, de ce que je vois du monde. Ma position, par rapport à ce que vous dites sur Ahmed, Maddoc ou Bush, ce n’est pas de dire « bien fait pour Ahmed et vive Bush », c’est de dire « Dans la vie, je préfèrerai être un Bush qu’un Ahmed ». Ce n’est vraiment pas la même chose. Et si Bush mérite la prison et qu’il y va effectivement, je dirais alors qu’il vaut mieux être un Bill Gates qu’un Bush, etc.

Mais défendre Ahmed (ou Bush ou Maddoc), ce n’est pas mon truc. Je vous reconnais votre gout pour l’humain et le social. Je ne dis pas que le social, c’est le Mal. Mais reconnaissez alors mon penchant pour l’égoïsme et l’individualisme. Aucun des deux n’est meilleur ou pire que l’autre. C’est pas vrai de dire que le social, le communisme, l’humanisme, c’est romantique, c’est beau, c’est bien. Ce n’est qu’une façon d’être comme tant d’autres. Pour moi, nous sommes tous différents, nous avons tous des qualités et des défauts, et à l’inverse de forcer le moule pour que nous soyons tous égaux je préfère au contraire creuser les différences. Et privilégier l’individu au groupe. Il faut que vous compreniez que la situation d’Ahmed et de Bush comme celle de millions d’enfants mourant de faim m’indiffèrent totalement. Ca ne veut pas dire pour autant que je leur souhaite du mal. Mais pour moi, si des millions de gens doivent souffrir pour que ma famille et moi vivons bien (ce qui n’est d’ailleurs pas le cas), je suis preneur. C’est de l’égoïsme pur. Et dire qu’être égoïste c’est mal n’a aucun sens.

Par contre, à l’inverse de beaucoup de gens, je sais ce que c’est que le communisme. Le vrai communisme. Pas cet espèce d’espoir utopique inconnu dénoté souvent par la maxime : « Le communisme c’est très bien, c’est la façon dont ça a été appliqué qui n’est pas bien. ». Le communisme « est » exactement l’application qu’on a pu voir en Russie, en Chine, en Corée du nord ou à Cuba. Le communisme, c’est le stalinisme. Le communisme, c’est 1984 de George Orwell. Le communisme, c’est 80 millions de morts. Et pour moi, un citoyen qui porte une carte du Parti en proclamant vouloir sauver Ahmed et le monde, ce n’est rien d’autre qu’un fou qui cautionne la mort de 80 millions d’Ahmed.

Et sachez monsieur que le communisme, ce n’est pas de la démocratie mais bien la dictature d’un parti et que je l’ai vécu. Pour moi, un marteau et une faucille, c’est aussi sale qu’une croix gammée.

Je comprends votre idée de démocratie poussée au maximum, à l’inverse de la bureaucratie. Et je n’ai rien à redire là-dessus. Mais si vous appelez ça le communisme, alors c’est vous qui ne savez pas de quoi vous parlez.

Et je déteste le bling bling :p

franchement, je ne suis ni l’un ni l’autre, mais dans la vie, je préferai etre ahmed que Bush

un homme plutôt qu’un salopard...

j’aurai honte de laisser a l’histoire, comme a mes enfants le spectacle d’un assassin de masse, d’un criminel de guerre...

la dignité fait l’humain, la solidarité l’intelligence, la lutte pour l’égalité des droits est le plus noble des combats...

ce qi s’est produit en russie, n’a rien a voir avec le communisme, staline fut à la révolution d’octobre ce que Napoléon fut aux sans culottes,

je suis du côté des sans-culottes et des revolutionnaires d’octobre, pas du cote de napoléon et de staline

la contre-revolution stalinienne se fait sous la pression du capitalisme, Staline fait exécuter 90 % des bolcheviks d’octobre et son système est une dictature totalitaire effrayante, Léon Trotsky disait que Staline c’était l’étoile jumelle de Hitler, c’est vrai quelque part...

et c’est encore la faute au capitalisme s’il y a Hitler...

c’est encore le capitalisme qui a conduit a la guerre en Yougoslavie, qui a isolé Tito en même temps que Staline... et qui a joué des querelles nationales pour reprendre le controle des marchés

ces foutus marchés qui font plus de morts et de ravages sociaux et economiques et écologiques sur l’ensemble de la planète que toutes les dictatures,

et que des milliards d’humains soient tués, meurent de faim ou gazés comme hier cela vous laisse indifférents dites vous ?

allez piller, volez, exploitez, servez vous, égoïstement, cela a l’air d’etre votre trip final...

que ce soit méprisable a nos yeux doit vous laisser de marbre,

alors que venez vous argumenter sur ce site... contre le "communisme" sic ?

crise alimentaire, faim, pandémies, guerres, 3 hommes possèdent plus que 48 pays les plus pauvres... c’est ça la barbarie actuelle, et vous voulez "creuser les différences" encore plus ?

mais on a compris que vous vous en foutez, que vous preferez ETRE bush qu’Ahmed...

et surement vous préféreriez etre Bernard Madoff...

Gerard filoche

 Sauvez Darwin de ces idioties ! 16 décembre 2008, par Françoise

Cet irremplaçable travaille pendant ses congés payés, gagnés par des "faibles" syndicalistes.

Cet arrogant ne doit pas non plus profiter des remboursements de la sécurité sociale que de "faibles" ont imposés.

Il n’ira pas non plus se lamenter auprès de l’inspection du travail quand il sera remplacé pour un plus jeune payé moins cher et bien plus prêt à en faire plus.

Un réconfort, ce truqueur flanchera avant ses 50 ans.

 Sauvez Darwin de ces idioties ! 16 décembre 2008, par Aeron

Si c’est de moi que vous parlez, vous faites fausse route.

Je suis salarié, remplaçable (et même éjectable), immigré yougoslave, non syndicalisé, non syndicalisable, je bosse à Monaco où le syndicalisme est inexistant ou presque et où le patronat a les pleins pouvoirs, je touche la sécu mais je côtise pour, j’ai droit au chômage mais je côtise pour et si je me fais virer pour qu’un jeune sous payé prenne ma place, effectivement, je ne vais pas pleurer à l’inspection. Je ne truque pas. Je paye des impôts. Je gagne à peine plus du SMIC et je trouve ça nul. L’idéal que je poursuis ce n’est pas d’attendre que des inconnus empêchent mon boss de me virer, c’est plutôt d’essayer de m’améliorer afin que mon boss ne puisse pas me virer.

Et à 50 ans, je ne flancherai pas, ne vous en déplaise. Comme mon père, mon grand-père et mon arrière grand-père, je me battrai toujours. Pour moi et pour personne d’autre. Mais je me battrai vraiment.

 Sauvez Darwin de ces idioties ! 17 décembre 2008, par Françoise

Je ne sais pas si vous habitez à Monaco mais vous dites autant de bêtises sur le syndicalisme à Monaco que sur Darwin. Là-bas il y a des syndicats, pas presque. Eh oui. Mermet a d’ailleurs fait une émission sur ces syndicalistes qui n’ont pas et réclament un code du travail et une législation sur le droit syndical. Mais ils sont unifiés, dans l’Union de syndicats de Monaco, l’USM, syndicat de lutte de classes, qui s’annonce anticapitaliste et démocratique qui se bat pour l’application des 35h. L’USM représente 7% des salariés de Monaco, c’est peu vous direz, mais comme ici les manifestations rassemblent beaucoup plus, 5 000 personnes en moyenne.

Invoquez qui vous voulez, votre père, grand-père, etc. pour garder le SMIC que ces syndicalistes ont eu tant de mal à vous obtenir. Tout seul vous seriez encore à être payé à la tâche.

 Sauvez Darwin de ces idioties ! 18 décembre 2008, par

C’est vous qui racontez n’importe quoi. Non je n’habite pas Monaco (650 000 euros pour un studio...), oui j’habite juste à côté et j’y travaille. Je connais très bien la principauté. Dire qu’il y a des syndicats à Monaco, c’est être un rêveur. Je ne veux pas dire qu’il n’y en a pas (c’est pour celà que j’ai dit « presque »), mais par rapport à la France, c’est vraiment le balbutiement de la représentation syndicale. Ne vous méprenez pas à nouveau : je ne juge ni critique en rien le travail des syndicalistes monégasque. je veux simplement vous signaler qu’à Monaco, il y a 3 usines qui se courent après (peut-être même moins...), beaucoup de travailleurs au status cadre ou assimilé qui ne peuvent malheureusement prétendre a être syndicalisés et que si le droit de grêve existe, il est restreint à une simple manifestation pépère dans une rue bien définie et une fois par an seulement. Les 35h par exemple, ça n’existe pas (c’est 40 si je me souviens bien, mais mon status m’empèche de compter mes heures...). En bref, oui il y a des syndicats, oui il y a des actions (et des tractes distribués timidement dans les entreprises) mais la règlementation monegasque est bien différente et le pouvoir des syndicats très faible (par rapport à la France).

Et croyez-moi, à part si vous êtes monégasque, vous pouvez vous faire virer du jour au lendemain de presque n’importe quelle boite. Ce n’est pas forcément légal mais c’est comme ça. C’est une réalité. Si vous me dites que vous vivez dans le Cantal et que là-bas les vaches sont vertes, je serai tenté de vous croire. Moi je vis et travaille à Monaco, alors ne mettez pas en doute mes paroles juste parce que vous avez vu une émission télé.

Evelyne TREFOLONI Abonnée (ex- lectrice de Charlie) Secrétaire Générale du Syndicat des Agents de l’Etat et de la Commune de Monaco

Bonjour à toute l’Equipe de Siné-Hebdo

Juste pour vous signaler que nous préparons le prochain Congrès de l’Union des Syndicats de Monaco (16-17-18 mars 2008) et que les articles de G Filoche nous servent de base de réflexions car ça bouge beaucoup du point de vue syndical à Monaco.

Pratiquement, une manif par semaine (uniquement relayée par FR3 Côte d’Azur) à cause de la fermetures d’usines (Biotherm - L’Oréal) et autres menaces de fermetures.

Vous pouvez suivre l’actualité syndicale de Monaco sur le site www.usm.mc /www.usm.mc>

Je fais la pub du journal et il marche bien à Monaco (plus vendu que le bientôt défunt Charlie H)

Bien cordialement à tous !

Evelyne TREFOLONI

gf vrp du ps et de siné-hebdo ... multicarte en somme

je ne sais l’anonyme qui vient encore de faire un graffiti sur ce respectable site

j’ai assez de respect pour les humains pour ne pas les traiter ni les laisser traiter ainsi "vrp", "multicarte" et bien pire...

j’ai un métier, engagement militant vieux de 4 décennies, je ne VRP vends rien, mais j’essaie de défendre des idées avec, au moins à mes yeux, une certaine constance

cela ne m’a jamais rien rapporté, avec les cotisations que j’ai payé depuis 40 ans, pas loin de 5 à 10 % de mon salaire, (encore 43 euros par mois pour d&s, je paie mon propre journal, mes cotisations Cgt, PS) j’aurais pu....

je ne possède rien, aucun bien, que des découverts chaque mois avec agios lourds, (et des ennuis, mon DGT menace tous les jours pour me faire partir en retraite, un juge m’a mis en examen pour chantage et entrave à un CE sur exigence d’un patron réac, les echos me font un procès en plagiat pour rien, D&S est en retard et il faut le rattraper et bosser)

dans six mois je pars en retraite, je n’ai eu aucune promotion, ils m’ont enlevé toutes mes primes depuis six ans, mais j’ai fait mon boulot, comme je crois

rien que de normal

comme tant et tant dans le mouvement social depuis ses origines,

mais c’est pas une raison pour accepter que, dans un lieu ouvert, qui nous demande effort et attention, des individus agissent ainsi, se croient tout permis, viennent cracher

je trouve d’immenses gratifications à les défendre ces idées, nos idées, celles d’un collectif de militants exceptionnels rassemblé dans d&S

mais les petits graffiteurs anonymes, rascisants, fascisants, ou phrases à deux balles ou pseudo ridicules qui n’ont rien à faire, ne font rien et ou se masquent pour venir ici, sur ce site militant et bénévole, faire leurs déjections, insulter ou donner des leçons, vous comprendrez, qu’à la longue, on les fasse disparaitre, on est en train de le leur dire, c’est fini, on n’accepte plus, on veut un site propre, courtois, de fond, digne, respectant la dignité des gens...

qu’ils ne crient surtout pas "à la démocratie" en plus, surtout pas !

a moins qu’ils ne s’amendent, respectent les gens, aient des idées, des vraies...

GF

 Le pelleteur et le gougleur 10 décembre 2008, par lopez
L’exploitation, concept "dépassé" pour certains, prend de multiples visages. Il est tragique que ces cadres mais pire, ceux qui se pensent comme la "classe moyenne", n’aient pas conscience de leur aliénation, ou la nient. C’est le résultat d’un travail idéologique sur le long terme avec de très gros moyens et la complicité active et consciente de la gauche à vocation gouvernementale. Je lis toujours vos articles avec intérêt mais je vous pose la question : pourquoi compterions-nous sur le PS pour CHANGER les rapports dont vous décrivez si bien les dégâts ?
 Le pelleteur et le gougleur et le résistant 9 décembre 2008, par geabel

Bonjour M. Filoche Je compatis à votre douleur d’être, d’une part, confronté à tant de souffrances et d’injustices que vivent les travailleurs et d’autre part, ce sentiment permanent d’impuissance, conscient que ces situations sont voulues par ceux qui ont le pouvoir de changer ces situations.

Je lis régulièrement vos articles, interviews, interventions publiques, etc. et je trouve que, de par la fonction que vous occupez et votre engagement, vous aidez à maintenir chez beaucoup d’entre nous, l’espoir de jours meilleurs. Solidarité

Tous les biens matériels sont à nous (parce que c’est nous qui produisons tout) , rien n’est à eux.

Ne jamais se résigner et aussi de ne jamais soutenir ceux qui se résignent et qui collaborent.

 Le pelleteur et le gougleur 9 décembre 2008, par Marcel

Les gens et les salariés notamment ont intégré ce qu’il leur est demandé : l’obéissance.

La majorité des gens fonctionne selon la règle tacitement convenue de l’obéissance au "supérieur", au chef : la subordination. Déroger à cette règle, celle du refus d’obtempérer, risque d’entrainer des conséquences inconfortables. Par nature, l’humain est irrésistiblement attiré par le confort et donc la paix et ainsi est-il conduit à choisir la soumission.

Si il perd le confort, alors sera-t-il conduit à se comporter en redressant l’échine selon sa capacité à s’indigner ou à baisser un peu plus bas la tête.

Abonnez-vous à la revue "Démocratie & Socialisme"
Abonnez-vous à la lettre de D&S par courriel
Rejoindre le groupe des amis de  D&S sur lacoopol.fr