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Dans Siné Hebdo n° 24L’indépendance de la médecine du travail niée par le Medef
jeudi 26 février 2009 par Gérard Filoche
Le code du Travail délègue aux employeurs les coûts de la médecine du travail : c’est normal, le travail fait souffrir, le travail tue. Les salariés sont subordonnés juridiquement : c’est aux employeurs d’assumer leur protection face aux dangers du travail et de réparer les conséquences, accidents et maladies, du travail.
Mais s’il est juste que les employeurs paient, est-ce logique que ce soient eux qui dirigent ? Ceci est âprement disputé entre syndicats et patronat dans des négociations ouvertes les 6 et 18 février qui s’étalent jusqu’en juin 2009. Au point de départ, les patrons disposent de deux -tiers des siéges dans les conseils d’administration des 400 services de santé au travail (SST). Le Medef en abuse : un énorme scandale de « pillage dans les caisses » a été révélé l’an passé par Rues 89 et le Canard Enchaîné. Le Medef refuse toute gouvernance par l’Etat ou par la Sécurité sociale : son négociateur Jean-René Buisson réclame même la disparition du seul contrôle, l’« agrément administratif » des SST. Il veut maintenir le « caractère contractuel privé du paiement à l’acte » des visites médicales et il a réussi à imposer leur espacement… tous les deux ans. Il propose même le recours, faute de médecins recrutés et formés, à des « assistants de santé au travail ». En un mot, le Medef veut tuer une médecine du travail qu’il a déjà rendue défaillante. Pourtant les maladies professionnelles sont largement sous-estimées dans leur ampleur et leur gravité : la dernière enquête « Sumer » du ministère du Travail décompte 2,4 millions de salariés exposés à des produits cancérogènes, soit 13,5 % des salariés. Avec les troubles musculo - squelettiques, les troubles psychosociaux, la surdité, l’amiante, les AVC, (accidents cardiovasculaires), la santé au travail est bien une question de santé publique. Les formes précaires et atypiques de travail, sous-traitants, saisonniers, accroissent les risques. L’alternative voudrait que la merveilleuse ambition politique de prévention qui a présidé, aux origines, à la médecine du travail (et à la médecine scolaire) soit renforcée et non détruite. Qu’aucun employeur ne puisse échapper au paiement des services de santé au travail, et donc, pour plus de sûreté, que l’Urssaf collecte ces cotisations – éventuellement pondérées selon les risques encourus - sur la base de la masse salariale. Que le contrôle de la gouvernance des SST échappe enfin au Medef qui n’a pas intérêt à les développer et revienne principalement, naturellement aux représentants des salariés, les syndicats. Toute logique de santé au travail, exige un service public, qui implique à la fois cotisation du patronat et indépendance des SST, des médecins du travail. N’ai-je pas entendu dans un Comité hygiène, sécurité et conditions de travail (CHSCT) une DRH rabrouer brutalement le médecin du travail qui révélait avoir appris que dans certains services, des salariés travaillaient au-delà de la durée maxima de 10 h par jour : « - Docteur, vous outrepassez votre rôle ! ». Tant que le patronat a ce pouvoir de museler la médecine, comment imaginer une sérieuse prévention pour la santé des salariés ? Quand on aura inversé le rapport de force face à Sarkozy, il y a non seulement un Code du travail à restaurer, mais aussi des questions de vie et de mort au boulot à régler. Gérard Filoche
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L’indépendance de la médecine du travail niée par le Medef
10 mars 2009, par RRH
Bonjour, Je suis RRH dans une entreprise de plus de 1000 salariés. Depuis quelques années, notre communication est très axée développement durable, ce qui nous a valu de recevoir de nombreux prix nationaux pour récompenser notre engagement citoyen. Notre image est parfaite et nous différencie favorablement vis à vis de nos concurrents. Vu de l’extérieur, cette entreprise est un véritable paradis ! Mais la réalité est bien différente. Les propos que j’entends à chaque jour ne laissent planer aucun doute sur le cynisme de notre Direction. Notre baisse spectaculaire du nombre d’AT n’est due qu’à la non déclaration de ces derniers, au harcèlement qui est exercé sur les salariés en arrêt maladie pour qu’ils reviennent dans l’entreprise, aux procédures de licenciement bien orchestrées ou encore aux départs volontaires provoqués par la pression exercée par le management de proximité sur les salariés cibles. Les heures supplémentaires n’ont plus de limite, le niveau de productivité est en permanence réévalué, nous sommes sous le règne de la "qualité totale" et du "zéro défaut". Le management se sent fort et irréprochable, jamais responsable quoi qu’il arrive. Notre politique de développement durable, apparemment si moderne, ressemble de plus en plus au paternalisme d’antan : club de foot, logements ouvriers, crèches, etc. Chaque jour, je dois me retrancher derrière le code du travail pour protéger les salariés de pratiques illégales ou inéquitables. Le marketing change, c’est indéniable, mais la réalité de l’entreprise restera pour longtemps le théâtre de graves injustices, d’autant plus inadmissibles que l’écart entre l’image de l’entreprise et sa réalité interne s’accentue. L’indépendance de la médecine du travail niée par le Medef
6 mars 2009, par MEISSONNIER Bernard
D’accord pour l’essentiel sauf sur un point, que je trouve ESSENTIEL pour le coup !! Les cotisations évoquées ne doivent pas se limiter à la seule masse salariale : il serait plus juste ( et moins pénalisant pour les entreprises à forte main d’oeuvre ) de comprendre AUSSI dans la base des cotisations, la valeur ajoutée, les produits financiers ET les DIVIDENDES ou REVENUS distribués .............. L’indépendance de la médecine du travail niée par le Medef
27 février 2009, par greg
Ce qu’il y a d’autant plus scandaleux, c’est l’amendement adopté en catimini le 21 novembre 2008 par le sénat de soumetre à l’impôt sur le revenu les indemnités journalières perçus par les victimes d’accidents du travail. Dans le même temps le sénat suprime la proposition de l’assemblée nationale, la déclaration à l’impôt des indemnités perçus pour préjudice moral de plus de 200 000 euros (amendement Tapie). Mieux vaut sauvé Tapie passé maître en matière de licenciement dans ses meilleures années "d’entrepreneur", que de protégé le petit ouvrier qui va tombé de son échelle parce-que son gentil "chef" lui aura dit "dépêche toi faut être dans les temps". Ah "l’objectif", le "challenge" quand tu nous tiens........ Alors la attention, les employeurs vont me traité de bolchevik ou de communiste repenti. En effet qu’est ce qui nous prouve à nous salariés, que la somme réunis de l’argent des indemnités d’AT déclarés aux impôts ne sera pas reversé dans les caisses des entreprises ? Étant donné que le gouvernement "Sarko-Medef" fait ce qu’il veut avec notre argent, on peut se poser la question non ? Une chose est sur, énormément de salariés ne déclarent pas leurs AT par peur de représailles du type harcelement ou de voir leurs augmentations de salaires soi disant "initialement prévu" sauter. Il y a même des employeurs qui sont prêt à dire aux salariés victimes d’AT "reste chez toi on te paye tes jours mais n’envoie pas de déclaration ça va nous couter bonbon." Et oui, il y a énormément de salariés qui balisent de déclarés leurs AT, comme il y a énormément de salariés qui hésitent à se syndiquer pour les mêmes raisons. Parce-que le salarié est..... subordonné.....Gérard Filoche a raison.....il faut le soutenir.....longue vie à D&S. |
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