Démocratie & Socialisme
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Une revue amie : Dissidences

Pour l’étude historique des mouvements révolutionnaires

lundi 27 juillet 2009

 

Dissidences est le nom d’un projet d’étude scientifique des mouvements révolutionnaires de gauche, qui s’incarne dans un collectif de chercheurs, un site Internet et une collection de volumes faisant suite à une revue autoproduite.

MATURATION (1997-1998)

Dissidences a connu sa première matérialisation en juin 1997, avec la rédaction d’un appel intitulé « Recherche et extrême gauche : un nouveau départ ? ». Ce texte, rédigé par Jean-Guillaume Lanuque (alors enseignant d’histoire stagiaire achevant son DEA), fut envoyé à un certain nombre de chercheurs - dont plusieurs collaborateurs du Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français (le Maitron) - qui le diffusèrent autour d’eux, finissant par rassembler une première équipe informelle.

Celle-ci se chargea de rédiger une déclaration d’intentions afin d’expliciter la nature du projet, celui d’une histoire scientifique des mouvements révolutionnaires de gauche, non sans difficultés : le texte définitif fut finalement approuvé en juin 1998. Des discussions, polémiques et mutations allongèrent en effet la maturation du bulletin : départs de Sylvain Boulouque et de Jean-Pierre Hirou en raison de la peur d’un possible académisme, d’une insuffisante ouverture sur l’ensemble des mouvements révolutionnaires et de divergences historiographiques ; hypothèse de reprise des Cahiers Léon Trotsky de Pierre Broué, finalement abandonnée…

LA REVUE PAPIER (1998-2004)

Le premier numéro du Bulletin de liaison des études sur les mouvements révolutionnaires (BLEMR) ne parut donc qu’en décembre 1998, après une souscription préalable, et autour d’une équipe stabilisée (Jean-Pierre Bigaré, enseignant en philosophie travaillant sur « Socialisme ou Barbarie » ; Philippe Bourrinet, salarié par l’ONU, auteur de travaux de recherche sur les communismes de gauche ; Charles Jacquier, docteur en histoire, dont la thèse portait sur Boris Souvarine ; Florence Collet et Quentin Dauphiné, étudiants, ainsi que Yann Kindo, enseignant, et J-G. Lanuque, tous quatre travaillant sur les trotskysmes).

On y trouvait notes de lecture, articles de réflexion, présentations de centres d’archives, de maisons d’éditions, bibliographies thématiques puis chronologies, revues des livres et des publications, ainsi qu’une liste de chercheurs travaillant sur le champ d’études. Les changements les plus notables de cette première formule papier, à la parution semestrielle, intervinrent avec plusieurs des numéros suivants. Le numéro 5 d’avril 2000, mis en page pour la première fois par Aurélien Moreau (étudiant), s’articulait ainsi autour d’un dossier thématique. Cette conception d’axer le contenu autour d’un dossier thématique central devait faire florès. Le n°6 de septembre 2000 vit le terme de BLEMR devenir le sous titre de Dissidences, titre proposé par Stéphane Moulain (enseignant d’histoire). Parallèlement, grâce aux efforts de Sylvain Delouvée (doctorant en psychologie sociale), un site Internet fut créé [1]. Enfin, les deux dernières parutions, des volumes doubles, intégrèrent une nouvelle déclaration d’intentions, finalisée en juin 2002.

MUTATIONS DE L’ÉQUIPE RÉDACTIONNELLE

Tout au long de cette première période d’existence, l’équipe de rédaction connut des changements, souvent liés aux débats sur la nature du projet, avec la difficulté de se positionner entre une histoire militante et une histoire strictement universitaire. Certains quittèrent la revue suite à des désaccords  : C. Jacquier après le n°6, en raison d’un fonctionnement collectif qui lui semblait déficient et de ce qu’il diagnostiquait comme une « universitarisation rampante de la revue » (1) ; P. Bourrinet après le n°7, face à ce qu’il analysait comme une prise de contrôle de la revue par des militants ou sympathisants de la LCR [2].

Parallèlement, pendant que quelques membres fondateurs du projet partaient sur la pointe des pieds (F. Collet, J-P. Bigaré, Y. Kindo), d’autres l’intégraient provisoirement (Michel Christ du n°4 au 6, A. Moreau du n°5 au volume 1, Thierry Choffat du n°9 au 14-15). D’autres encore sont venus enrichir durablement le comité de rédaction en cours de route : Stéphane Moulain et Sylvain Delouvée à partir du n°6 ; Jean-Paul Salles, professeur d’histoire détaché dans le supérieur, du n°7 ; Franck Gaudichaud, doctorant en sciences politiques, et Georges Ubbiali, maître de conférence en sociologie, du n°9 ; Christian Beuvain, enseignant d’histoire doctorant, du 12-13 ; Hervé Chalton, doctorant, et Olivier Neveux, doctorant en arts du spectacle, du 14-15. Divers membres du collectif s’impliquèrent également, sous l’étiquette de Dissidences-BLEMR, dans des travaux extérieurs : un CD Rom sur l’histoire du communisme aux éditions Etat de veille en avril 2001 ; deux invitations à l’université d’été de la LCR en août 2000 et août 2002 ; deux journées d’études à l’université de Bourgogne le 5 juin 2002 [3] et le 10 novembre 2004 [4]…

LE PASSAGE DE L’AUTOPRODUCTION À L’ÉDITION PROFESSIONNELLE (2004-2008)

Après un projet de partenariat avec l’université de Dijon, finalement resté sans suite, les démarches auprès de divers éditeurs entamées en 2004 devaient permettre de passer à un stade supérieur de publication, celui de volumes thématiques et non plus de simples bulletins autoproduits. Pour cela, une association fut également officiellement créée, les amis de Dissidences, avec l’ouverture d’un compte bancaire autonome. Cette dernière démarche était d’ailleurs une condition de l’aide accordée par le CNL, toutes les demandes à cet égard s’étant heurtées à une fin de non-recevoir. Des pourparlers furent d’abord entrepris avec un éditeur professionnel engagé. Ils durèrent assez longtemps, et finalement, alors que l’accord semblait avoir été conclu quant à la publication d’un premier volume entièrement terminé sur « Révolution, lutte armée et terrorisme », cet éditeur se rétracta, obligeant à reprendre les recherches.

Les éditions de L’Harmattan endossèrent alors concrètement la publication des deux premiers volumes (le premier, « Révolution, lutte armée et terrorisme », en février 2006, le second sur « Daniel Guérin, révolutionnaire en mouvement( s) » [5] en mars 2007), avant que les propositions faites par les éditions le Bord de l’eau (Bordeaux) ne fassent migrer le projet chez eux, à partir du n°3 (voir ci-dessous). Ces volumes s’ouvrent tous par une troisième déclaration d’intentions validée en février 2006, « Pourquoi Dissidences ? » [6].

DISSIDENCES AUJOURD’HUI

L’équipe de rédaction actuelle, la plus étoffée à ce jour, se compose de Yannick Beaulieu, Christian Beuvain, Hervé Chalton, Vincent Chambarlhac, Sylvain Delouvée, Franck Gaudichaud, David Hamelin, Jean-Guillaume Lanuque, Olivier Neveux, Stéphane Moulain, Stéphane Paquelin, Stéphanie Rizet, Jean-Paul Salles, Florent Schoumacher, Frédéric Thomas et Georges Ubbiali. Les membres de la rédaction se répartissent géographiquement à travers toute la France avec deux pôles principaux, le Grand Est et Paris. Plusieurs d’entre eux ont récemment collaboré à l’écriture d’articles pour l’encyclopédie La France des années 1968, parue chez Syllepse. Des assemblées générales sont organisées au moins une fois l’an pour compléter les échanges par Internet.

Le site Dissidences est le complément indispensable des volumes papier, avec une mise en ligne mensuelle de notes de lecture - dont une partie autour d’un thème -, une revue des revues bi-annuelle, des actualités et des articles inédits  [7]. Une newsletter dont la parution est calquée sur la publication des volumes, fait le point sur les nouveautés les plus importantes.

COMITÉ DE RÉDACTION

- Yannick Beaulieu, docteur en histoire
- Christian Beuvain, enseignant dans le secondaire, recherches sur l’histoire visuelle du mouvement ouvrier
- Hervé Chalton, enseignant documentaliste
- Vincent Chambarlhac, historien, chercheur associé au UB CNRS 5605
- Sylvain Delouvée, docteur en psychologie sociale, maître de conférences à l’université de Rennes 2
- Franck Gaudichaud, docteur en science politique, maître de conférences en civilisation hispano-américaine à l’université Grenoble 3
- David Hamelin, doctorant en histoire (université de Poitiers)
- Jean-Guillaume Lanuque, enseignant dans le secondaire, coordinateur du corpus « extrême gauche (marxiste) » du dictionnaire Maitron
- Stéphane Moulain, enseignant dans le secondaire
- Olivier Neveux, docteur et maître de conférences en arts du spectacle (université Marc Bloch de Strasbourg)
- Stéphane Paquelin, doctorant et enseignant en histoire
- Stéphanie Rizet, docteure en sociologie
- Jean-Paul Salles, docteur en histoire
- Florent Schoumacher, ancien professeur de philosophie, aujourd’hui cadre administratif au sein de la fonction publique d’Etat
- Frédéric Thomas, docteur en science politique
- Georges Ubbiali, maître de conférences en sociologie à l’université de Bourgogne

DISSIDENCES-BLEMR, PREMIÈRE SÉRIE

- Numéro 5, avril 2000 : anarchisme
- Numéro 6, septembre 2000 : surréalisme
- Numéro 7, décembre 2000 : les trotskysmes américains
- Numéro 8, mai 2001 : mémoires de la Commune de Paris
- Numéro 9, octobre 2001 : anticolonialisme(s) révolutionnaire( s)
- Numéro 10, février 2002 : révolution sexuelle
- Numéro 11, juin 2002 : mémoires de la Révolution française
- Numéro 12-13, octobre 2002 – janvier 2003 : révolutionnaires en Seconde Guerre mondiale
- Numéro 14-15, octobre 2003 – janvier 2004 : autour du mouvement révolutionnaire chilien

DISSIDENCES, NOUVELLE SÉRIE

- Numéro 1, Révolution, Lutte armée et Terrorisme, 2005.
- Numéro 2, Daniel Guérin. Révolutionnaire en mouvement( s), 2007.
- Numéro 3, Avant-gardes artistiques et politiques autour de la Première Guerre mondiale, 2007.
- Numéro 4, Mai 68. Monde de la culture et acteurs sociaux dans la contestation, 2008.
- Numéro 5, Mai 68. Aspects régionaux et internationaux, 2008.
- Numéro 6, Trotskysmes en France, 2009.
- Numéro 7, La Belgique sauvage. L’extrême gauche en Belgique, à paraître en octobre 2009. A paraître en 2010 : n°8 sur les Maoïsmes en France et n°9 sur Les Arts dans les années 1930.


COMITÉ SCIENTIFIQUE

Matéo Alaluf (Professeur de sociologie à l’Université Libre de Bruxelles), Paul Alliès (Professeur de Science politique à l’Université de Montpellier), Marc Angenot (Professeur de Lettres à l’Université McGill de Montréal), Nathalie Brémand (Chercheuse associée au GERHICO, Université de Poitiers et Directrice de la rédaction de la Bibliothèque virtuelle Les premiers socialismes (BPVS), David Berry (Professeur à la Loughborough University (Grande-Bretagne), Roberto Bianchi (Professeur d’histoire contemporaine, Firenze, Università degli Studi), Miguel Chueca (Maître de conférences en langue et civilisation hispanique, Université de Paris X-Nanterre), Donatella Della Porta (Professeur de sociologie à l’European University Institute, Florence), Marnix Dressen (Professeur de sociologie à l’Université de Lille 1), Michel Dreyfus (Directeur de recherche au CNRS, Centre d’histoire sociale du XXe siècle, Université de Paris I), Eros Francescangeli (Professeur à l’Université de Padoue), Stathis Kouvelakis (Politologue, Professeur au King’s College, Londres G.B.), Lebaron Frédéric (Professeur de sociologie, Directeur du laboratoire Curapp, Université d’Amiens), Jean-Philippe Legois (Directeur de la Mission Caarme, Université de Reims), Michaël Löwy (Sociologue, Directeur de recherche émérite au CNRS), Gérard Mauger, (Directeur de recherche au CNRS, Centre de Recherches Politiques de Paris I), Robi Morder, (Professeur associé à l’Université de Reims), René Mouriaux (Directeur de recherche à la Fondation nationale des Sciences politiques, Paris), Philippe Pelletier (Professeur de Géographie à l’Université de Lyon 2), Claude Pennetier (Ingénieur de recherche au CNRS, Centre d’histoire sociale du XXe siècle, Université de Paris I, Directeur du Maitron), Wayne Thorpe (Professeur d’Histoire à la McMaster University d’Hamilton en Ontario (Canada), Enzo Traverso (Maître de Conférences en sociologie, Université d’Amiens, Curapp), Marcel van der Linden (Directeur de Recherche à l’Institut International d’Histoire Sociale d’Amsterdam et Professeur d’histoire du mouvement social à l’Université d’Amsterdam)

Notes

[1] Voir sa lettre publiée dans le numéro 7 de Dissidences- BLEMR, décembre 2000, p.52.

[2] Voir sa lettre publiée dans le numéro 8 de Dissidences- BLEMR, mai 2001, p.46.

[3] « Histoire de l’extrême gauche française : le cas du trotskisme. Une histoire impossible ? », journée d’étude organisée par l’Université de Bourgogne/Institut d’histoire contemporaine (Dijon). Les différentes communications furent publiées dans les Cahiers Léon Trotsky n°79, décembre 2002.

[4] « Approches sur la sociologie et l’histoire des trotskistes », journée d’études organisée par l’Institut d’Histoire Contemporaine de l’Université de Dijon. Communications restées inédites à ce jour.

[5] Actes (partiels) du colloque tenu en 2004 à l’université de Loughborough (Royaume-Uni) sous la direction de David Berry.

[6] (4).

[7] 7. Parmi les derniers, citons « Le spectre de Smolny ? Retour sur le 90e anniversaire d’octobre 1917 à travers textes et images animées » de Christian Beuvain et Jean-Guillaume Lanuque ([5]), « Eisenstein fait écran » de Vincent Chambarlhac ([6]), ou « Les guerres coloniales françaises au miroir communiste : quelques livres et deux ou trois choses que l’on sait d’elles » de Christian Beuvain.

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