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Pourquoi militer dans le PS ?
vendredi 9 juillet 2010 par Pierre Ruscassie
Question au comité de rédaction de Démocratie & Socialisme :J’ai écouté avec un très grand plaisir les conférences de Gérard Filoche sur le droit du travail et les retraites. Mais pourquoi n’adhérez-vous pas au Parti de Gauche ? Pourquoi choisissez-vous de rester au PS ? Réponse au nom du comité de rédaction de D&S :Pourquoi choisissons-nous de militer dans le Parti Socialiste ? Parce que nous voulons sortir la gauche de sa crise ! Pourquoi ne voulons-nous pas adhérer au PG ? Parce que l’existence du PG ne peut pas servir à sortir la gauche de sa crise. La gauche a besoin d’une stratégie qui établisse la démocratie en son sein : que tous les militants de gauche puissent débattre ensemble, puissent élaborer ainsi le programme de la gauche, l’amender et l’adopter. Les candidatures aux élections seraient alors au service du programme, pas l’inverse. Or, l’existence d’une dizaine de partis de gauche, d’une telle division de la gauche, constitue autant d’obstacles à l’instauration de la démocratie dans la gauche. La constitution du Parti de Gauche alimente cette division et élève un barrage de plus contre la démocratie à gauche. Parce que, au contraire, nous sommes partisans d’une stratégie démocratique : constituer un parti unifié de la gauche, qui rassemble toute la gauche, qui unifie la dizaine de partis qui la constituent, du Front de Gauche à Europe Écologie, en passant par le PS et incluant, s’ils en sont d’accord, le NPA et Lutte Ouvrière, le PRG et le MRC, etc. Si, comme c’est le cas pour l’immédiat, la constitution d’un tel parti unifié est refusée par les principales organisations qui devraient fusionner pour le créer, nous proposons la constitution immédiate d’une Union de la Gauche autour d’un programme commun de gouvernement, un accord politique entre partis indépendants. La division de la gauche Quel est le principal facteur qui affaiblit le mouvement syndical et l’empêche de s’élever comme contre-pouvoir autour duquel devrait s’organiser les salariés ? C’est la division syndicale. Il y a en France 8 confédérations syndicales, la conséquence en est la perte d’adhérents. En outre, la division a fait éclater tout le réseau social qui avait été construit avant la Première guerre mondiale (syndicats, mutuelles, associations d’éducation populaire, amicales laïques, etc). Quel est le principal facteur qui donne à un mouvement social sa capacité de mobilisation, sa massivité, sa force ? L’unité d’action inter-syndicale, solution ponctuelle à la division en plusieurs syndicats. Le mouvement contre le projet Sarkozy-Woerth sur les retraites en est une nouvelle illustration. Quel est le principal facteur qui empêche un mouvement social de franchir le palier supérieur (de s’engager dans une grève générale, par exemple) qui provoquerait une crise politique et obligerait à recourir, par exemple, à des législatives anticipées pour résoudre la crise ? L’incapacité de la gauche à proposer un débouché politique : débouché nécessaire pour présenter une perspective qui encourage le mouvement de masse. Que manque-t-il à la gauche pour proposer un débouché politique ? Il manque à ses principaux dirigeants la conviction qu’ils peuvent sortir la gauche de sa crise en construisant l’Union de la Gauche. En être convaincu suppose d’accepter des compromis pour s’accorder sur un programme commun de gouvernement. Ils ne s’y résolvent pas car ils croient (à tort) que la droite est majoritaire en France donc que l’unité n’assurerait pas la victoire de la gauche et ne justifierait pas les compromis qu’elle exige. Chacun joue donc son jeu personnel et la création du PG résulte de ce choix. La stratégie démocratique repose d’abord sur le respect du pluralisme de la gauche La comparaison entre la réception du Front de Gauche par les électeurs et la réception du NPA, montre que les électeurs de gauche sont plus attentifs au pluralisme affiché qu’au monolithisme apparent. La mobilisation électorale dont a bénéficié Europe Ecologie confirme, davantage encore, que le pluralisme (de José Bové à Daniel Cohn-Bendit !) est conforme à l’attente des électeurs de gauche. Mais les stratégies du Front de Gauche et d’Europe Ecologie sont des stratégies minoritaires. Elles font plus obstacle à l’union de la gauche qu’elles ne lui servent de modèle parce qu’elles recherchent une unité partielle et sont un substitut à un accord majoritaire. C’est le refus des principaux dirigeants du PS de s’engager dans la construction d’une Union de la gauche, sans exclusive, qui conduit les dirigeants de la gauche de la gauche à s’enfermer dans des unions minoritaires et insuffisamment pluralistes pour répondre, à elles seules, à l’aspiration démocratique du peuple de gauche. En revanche, l’hégémonie du PS sur la gauche, malgré son incapacité actuelle à proposer un programme précis et malgré sa réticence à défendre vraiment la stratégie d’unité de la gauche, repose sur la richesse de son pluralisme : il est un lieu de débat où se confrontent tous les programmes qui coexistent dans la gauche. La cacophonie à laquelle participent ses différents responsables en mettant leurs propositions sur la place publique, lui rend davantage service qu’elle ne brouille son image. On dit : « Ils ne sont pas encore d’accord entre eux… Mais quand en émergera-t-il un qui dira ce que je voudrais entendre de leur part ? ». Bien que ses principaux dirigeants actuels ne soient pas encore prêts à rompre avec la stratégie du chacun pour soi et à adopter un programme commun, il n’empêche que la clé pour ouvrir la porte de l’Union de la Gauche se trouve dans le PS. C’est dans le PS que se prennent les décisions qui ouvrent ou ferment cette porte. Les propositions des militants de la gauche de la gauche et d’Europe Ecologie auraient plus de poids dans un parti unifié de toute la gauche. Faire le choix de l’unité, c’est faire le choix du débat et de la démocratie. Pierre Ruscassie
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Pourquoi militer dans le PS ?
1er août 2010, par Albert
DSK à la tête du FMI avec le feu vert des Etats-Unis qui y possède une minorité de blocage... Pascal Lamy, autre "socialiste" à la tête de l’OMC qui prône un libéralisme effréné... Martine Aubry qui a voté Oui au TCE, qui propose de reculer l’âge de la retraite à 61 ou 62 ans et qui draîne derrière elle tout le patronat chrétien... Que vous faut-il de plus ? Je finis par me demander si Gérard Filoche et ses amis n’ont pas des intérêts particuliers et personnels de rester au PS... Pourquoi militer dans le PS : Pour tempérer ce qu’a dit Pierre Ruscassie
20 juillet 2010, par Dominique babouot
De retour de vacances de quinze jours de vacances en Espagne, j’ai pu observer ce qui se passe sur le plan politique outre-pyrénnées à travers la lecture de la presse espagnole. En effet, comme je suis en train d’apprendre cette langue, j’ai eu l’idée de lire les journaux dans un but de perfectionnement linguistique, je me suis trouvé au cœur d’un débat qui intéresse la gauche et particulièrement les socialistes espagnols, l’intérêt d’en parler dans ce débat quant à la nature du ps français, c’est qu’on peut faire un rapprochement dans le comportement des deux partis. Rien d’étonnant, on s’en doutait un peu, malgré des différences de façade, les partis socialistes ou socio-démocrates européens sont beaucoup plus intégrés qu’on ne le croit. Donc revenons à la situation espagnole, le débat là-bas se trouve autour de la question des identités nationales des différentes régions, il y en a plusieurs : catalanes et basques les plus en pointes, d’autres moins marquées, la désagrégation menace l’état espagnol car les tendances centrifuges des bords toujours présentes s’amplifient avec la crise économico-financières. ainsi les catalans ont écrit un statut qui insiste sur la notion de nation catalane, réclamant à la fois l’indépendance financière et judiciaire, ajoutant de plus la revendication de faire disparaitre l’espagnol (castillano) comme langue véhiculaire, supprimant ainsi le bilinguisme officiel dans l’administration catalane. La réaction ne s’est pas fait attendre , le tribunal constitutionnel espagnol à rejeté ces aspects anti-unitaire du statut proposé par la catalogne réaffirmant qu’il ne connait qu’une seule nation la nation espagnole et rétablissant l’existence de l’espagnol comme langue administrative partout. Ce débat n’aurait guère d’intérêt dans ce cadre, si on ne s’intéressait pas aux positions des socialistes sur cette question. En catalogne les socialistes sont regroupés au sein d’un parti spécifique le PSC distinct du parti socialiste ouvrier espagnol (psoe) et ils exercent le pouvoir au sein de la Généralitat de Catalunya avec divers partis nationalistes ou autonomistes. La présidence est assurée par un membre du psc, ils sont naturellement engagés dans ce combat et ont largement inspiré le statut. A Madrid le Psoe détient une majorité sur la quelle s’appuie Zapatero grâce à l’alliance avec le groupe très important des députés catalans du Psc. Dans cette crise le premier ministre espagnol s’est donc retrouvé pris entre deux feux, entre la nécessité de ne pas mécontenter l’opinion madrilène ou andalouse en laissant les catalans "prendre le large" et donc donner des voix au parti populaire (droite) et rompre l’alliance avec le Psc sans laquelle le gouvernement ne peut exister. Que penser de cette attitude des socialistes catalans, basques ou madrilènes et andalous ? Constater que comme dans le reste de l’Europe, au lieu de se préoccuper de la question sociale pour laquelle ils ont été créés au début du siècle dernier, ils mettent les questions sociétales au premier rang, ici c’est l’écologie, ou la libération des moeurs, là bas c’est la question de l’indépendance des provinces, l’identité des nationalités. Les socialistes catalans préfèrent s’intéresser au catalanisme plutôt qu’au sort des 25000 familles catalanes qui vivent avec un revenu de 400 euros par mois !!!!! Tant que la social-démocratie européenne ne sera pas revenue à ses origines, les tentations de s’organiser en dehors d’elle seront grandes et ceci en France comme en Espagne, en Grèce ou en Allemagne ! Pourquoi militer dans le PS : Pour tempérer ce qu’a dit Pierre Ruscassie
25 juillet 2010, par
André COURTE
Bonjour Par ailleurs, on voit bien que les politiques d’austérité sont les mêmes que ce soients des gouvernements de droite ou des socialistes. Zapatero a augmenté la TVA (impôt le plus injuste) diminué les salaires des fonctionnaires, réformé le marché du travail dans le sens d’une plus grande flexibilité. Bref l’application du dogme neolibéral, en conformité avec les preceptes du FMI dirigé par le probable futur candidat du PS pour 2012, pour lequel la droite a de la sympathie ! La frontière se situe entre ceux qui se soumettent aux dogmes neolibéraux voulus par le FMI, l’UE, l’OMC. et les autres qui veulent réellement une société non dirigée par la finance. Alors le problème du PS n’est pas démocratique, mais simplement que les sociaux libéraux sont majoritaires. Il faut avoir l’honnêteté de le reconnaître. C’est pour cette raison que le PS ne reviendra pas sur la réforme des retraites et que la politique d’austérité voulue par la finance internationale se poursuivra. IL NE FAUT PAS SE VOILER LA FACE André Pourquoi militer dans le PS : Pour tempérer ce qu’a dit Pierre Ruscassie
21 août 2010, par
Dominique Babouot
Tout à fait d’accord avec la première partie de l’analyse,je diverge néanmoins sur la deuxième. Le fait que la majorité du ps soit social-libéral ne justifie pas qu’on le quitte pour aller ou ? La majorité des écologistes est aussi sociale-libérale, la gauche de la gauche ne l’est pas, mais divisés ils peinent à atteindre les 10 pour cent, donc militer dans cette mouvance est inefficace puisqu’on a aucune chance qu’elle accède un jour aux leviers de commande et donc qu’elle puisse faire appliquer ses idées. la seule alternative est donc de militer dans la social-démocratie pour la transformer en l’aidant à parvenir au pouvoir pour qu’elle prenne les bonnes mesures par suite de la pression interne et externe. Le fait que la social-démocratie s’éloigne des principes pour laquelle elle a été créée est la cause de l’erreur que font certains en tentant de s’organiser en dehors de la social-démocratie sans succès,mais il s’agit bien d’une erreur. Laisser la social-démocratie dériver encore plus à droite aboutira fatalement à la disparition du mouvement ouvrier, car en dehors d’elle aucune organisation crédible n’est possible, les échecs répétés pour le faire depuis 1920 sont là pour le rappeler. Pourquoi militer dans le PS ?
10 juillet 2010, par mongraindesel
Bonjour,
Je ne suis pas convaincu.
Quoi que vous en disiez ici vous êtes plus proche de Mélenchon, Généreux, Buffet que de Valls, Moscovici, Bayrou !
Une question : N’est-ce pas votre appartenance au PS qui plombe la gauche de la Gauche en donnant à croire que les analyses brillantes que vous défendez sont socio-libérales-compatibles ?
Pour l’électeur putatif de gauche lambda ça pourrait donner, soit "Filloche a bien causer, je peux voter Valls", soit "Ils causent tous bien mais ils disent jamais pareil ! Alors, ils feront quoi ? Comme il veulent, comme toujours ! Alors sans moi."
Si vous n’avez pas -ce qui est votre droit- le type d’ambition personnelle que vous attribué à d’autre, ayez toutefois la générosité d’exprimer vos idées d’un lieu qui les rendent parfaitement audibles.
Pourquoi militer dans le PS ?
5 septembre 2010, par
Jean-Yves
Tu n’as donc jamais voté pour un candidat du PS ? Aux présidentielles au 2eme tour ? Aux législatives, régionales, municipales ? Diviser la gauche c’est diviser le camp des travailleurs. Cette démarche sectaire est ravageuse aussi dans le mouvement syndical.
S’il n’y avait pas de front commun syndical le 7 septembre il n’y aurait pas de perspective politique.
Pour ne pas laisser la place aux bureaucrates ou aux opportunistes, c’est un bon choix que de militer dans les plus grandes organisations syndicales (Cgt, Fsu) politiques (Ps) tout en favorisant l’unité de toute la gauche.
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