Démocratie & Socialisme
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Éditorial de "la lettre de D&S" n°119 - 14 mai 2012

Tout redevient possible !

mardi 15 mai 2012

 

De nombreux commentateurs saluent le résultat des présidentielles en citant les mots prononcés par le socialiste Alexandre Bracke-Desrousseaux le 10 mai 1936 après la victoire du Front Populaire : « Enfin les difficultés commencent pour nous ! ». Je serai tenté de dire : sachons tout d’abord savourer la victoire de François Hollande. Savourons notre victoire ! C’est ce qu’a fait le 6 mai au soir le peuple de gauche.

Un air de 1981 ? Oui certainement comme à chaque fois que les forces de progrès l’emportent. Mais sans doute avec plus de gravité, tant la crise du capitalisme est forte. La situation en Grèce (avec le refus du peuple grec d’être plus longtemps victime de l’austérité imposée par l’Union européenne au profit des banques européennes), la situation en Espagne (où la jeunesse se désespère de voir son avenir sacrifié) résument assez bien les données du problème. Il nous faut desserrer l’étau des forces de l’argent au plan européen ! L’élection de François Hollande, qui a clairement dit qu’il refuse l’austérité comme horizon indépassable de l’Europe (*), suscite un grand espoir en Europe ! Il nous faut ne pas le décevoir !

Tout est possible ?

De 1936, nous préfèrons retenir le titre de cet article écrit par le leader de la gauche de la SFIO , Marceau Pivert : « Tout est possible ! ». Bien sûr, c’était le 27 mai 1936, alors que le mouvement social prenait son essor et allait imposer des conquêtes sociales que le Front populaire n’avait même pas osé inscrire dans son programme électoral (les congés payés, la réduction de 48h à 40h de la semaine de travail…).

La situation n’est pas la même ? Certes ! Mais nous vivons une crise du capitalisme qui pourrait devenir aussi importante que celle de 1929. L’extrême-droite en profite électoralement comme à l’époque. Il s’agit, une fois de plus, pour celles et ceux qui se réclament du socialisme de rassembler et d’unir pour qu’une alternative et une issue progressiste se dessinent.

La base sociale de la gauche

François Hollande a su rassembler électoralement la majorité du salariat. La classe salariale représente 93% de la population active. Au sein du salariat, il y a un peu plus de 60% d’ouvriers et d’employés. Et 90% des salariés gagnent moins de 3200 euros nets par mois. Ouest-France (12-13 mai) parle de vote de classe et de retour à une logique de classe sociale. En effet ! « Nicolas Sarkozy n’est majoritaire qu’à partir de 3000 ou 3500 euros par mois » (Bruno Cautrès, chercheur CEVIPOF).

Les clés du succès électoral seront les clés du succès du quinquennat : rassembler et gouverner pour les « nôtres », la majorité sociale de ce pays. La question sociale et notamment la question salariale sont essentielles, avec tout ce qui en découle en termes de protection sociale et de retraites. Les négociations sociales qui vont très vite démarrer seront déterminantes. Qu’une majorité de ceux qui se disent proches d’un syndicat de salariés aient voté très majoritairement pour François Hollande l’atteste : le mouvement social est disposé favorablement envers François Hollande. Ceux qui parient déjà sur un mouvement social contre la gauche au gouvernement se trompent. Il faut au contraire compter sur un mouvement social qui « pousse », qui aide la gauche au pouvoir. Un gouvernement dans lequel il est nécessaire que toutes les composantes se retrouvent : PS, Europe écologie les verts et Front de gauche. La France est un pays riche, qui souffre d’inégalités croissantes. Nous avons besoin d’un gouvernement de la gauche unie pour prendre à la fois des mesures de relance économique et des mesures de redistribution des richesses, de justice fiscale et sociale.

François Hollande a deux atouts que d’autres gouvernements de la gauche n’ont pas eus : un Sénat à gauche, et des conseils régionaux presque tous à gauche. Quand on sait le rôle croissant des régions dans le domaine économique (rôle qu’un acte 3 de la décentralisation devra confirmer et accroître), les régions pourront se mettre au service de la relance et jouer un rôle essentiel dans la constitution d’une banque publique d’investissements.

Pour l’heure, il nous faut confirmer aux législatives le résultat des présidentielles. Il faut donc repartir en campagne. Donner une majorité à François Hollande s’impose. Il faut donner une majorité au changement pour que tout redevienne possible !

(*)Cette formule utilisée par François Hollande fait clairement allusion à cette phrase malheureuse du congrès de l’Arche (de la Défense) du Parti socialiste : « le capitalisme, horizon indépassable de l’humanité ». C’était en décembre 1991. Sous pression libérale, la social-démocratie intégrait nombre de présupposés de l’adversaire…cela amena en France à la défaite électorale de 1993. Et au plan européen, Tony Blair et Gérard Schroeder se sont fait les chantres de cette orientation (la « troisième voie ») qui s’est vite révélée une impasse.

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Forum
 Tout redevient possible ! 22 mai 2012, par Alain
Il faut saluer notre victoire et aussi être content des voix prisent au FN par le Front Populaire même si peu de personnes osent le dire !
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ciel ! Le nouveau gouvernement ne contient aucun ministre de D&S ! Des hollandais, la droite du PS (Valls et autres...), quelques uns de gauche mais aucun proche ou militant de Filoche. Quoi ? 20 ans au PS sans atteindre l’objectif : prendre la tête du PS sur une base de gauche. Tous les alliés à un moment ou un autre de D&S et Filoche sont au gouvernement de Montebourg à Hamon où ils peuvent selon leur logique politique "vraiment agir". D&S que dalle ! Il est vrai qu’après 20 ans 200 ou 300 militants seulement, quel échec ! La diffusion d’une revue ne permet de mesurer qu’une certaine audience mais pas un pouvoir ou un poids réel dans le parti. Se cacher derrière les chiffres de la diffusion ne trompe pas grand monde. Hollande en fin tacticien des rapports de force le sait et en tire les conséquences. Les militants de D&S devraient en tirer les conséquences aussi et rejoindre Montebourg, Hamon ou Mélenchon...
 Et alors ? 18 mai 2012, par
Provocateur ou cynique, l’auteur du message sur l’absence d’un ministre proche de D&S dans le gouvernement ? Probablement les deux à la fois. Cet individu confond l’influence et le pouvoir : s’il faut renoncer à ses idées pour conquérir des positions de pouvoir, à quoi sert d’avoir le pouvoir, si le but n’est pas de satisfaire sa propre ambition ? Et si on peut souhaiter à Alain Vidalies (pour qui j’ai la plus grande estime) d’être utile à la cause, là où il va se trouver, on peut aussi se souvenir que Jean Poperen, dont il a été proche, a laissé une vraie trace dans l’histoire du socialisme, idéal qu’il a bien servi, sans se servir lui-même ; mais sûrement pas en tant que ministre chargé des relations avec le Parlement (eh oui !) de 1988 à 1992. Quant à "rejoindre" Montebourg, on peut être sûr que pas un des camarades de D&S ne le souhaite, surtout après son ralliement peu glorieux à Hollande, après le premier tour des primaires. C’est d’ailleurs mon principal reproche à Filoche que d’avoir participé, certes avec les meilleures intentions, à la mystification (NPS et ses suites) qui a permis à la presse de présenter Montebourg comme "la gauche" du PS. Mais il est facile de le dire dix ans après, j’en conviens. Les camarades de D&S n’ont pas besoin de "rejoindre" Hamon, puisqu’ils ont participé à la création et à la vie (autant qu’il leur a été possible) du courant dont il était le premier dirigeant. Quant à Mélenchon, il n’a pas plus envie que Montebourg d’être rejoint par des militants qui ne lâcheront rien sur la question des revendications (dont Montebourg n’a pas grand chose à faire) pas plus que sur celle de l’unité de la gauche (que Mélenchon ne fait rien pour faciliter avec sa stratégie du recours). Si je n’ai fréquenté que par époques les camarades de D&S, je suis sûr d’une chose : ils prennent au sérieux la phrase d’une vieille chanson française (et internationale !) : "Il n’est pas de sauveur suprême, ni dieu, ni César, ni tribun !" Pour qu’ils rejoignent Mélenchon, en dehors même des questions de stratégie politique, il faudrait que le Parti de Gauche (ou le Front de Gauche) leur offrent les garanties d’une vie interne organisée de façon véritablement démocratique...
 Et alors ? 18 mai 2012, par
ces analyses sont justes... mais ce n’est pas la question les autres courants ont plus ou moins réussi au regard de leurs objectifs affichés au départ, pour D&S l’échec est total. Les autres sont cyniques car ils se sont adaptés au fonctionnement des appareils politiques qui n’ont plus aujourd’hui de force historique, mais c’est un autre débat...
 Et alors ? 23 mai 2012, par jpp
Les courants sont en sommeil en ce moment d’élections, il faut attendre le prochain congrès pour voir réapparaître des courants peut-être sous une autre dénomination et pas avec les mêmes ténors. Il n’y a que Démocratie et Socialisme qui n’a pas changé sauf peut-être au niveau de ses adhérents ou sympatisans.
 Et alors... Travaillons ensemble ! 19 mai 2012, par LZAGO

Je suis militant à la CGT depuis 12 ans, j’ai observé le FdG via ses "assemblées citoyennes dans le cadre de la campagne présidentielle et j’ai finalement adhéré au PCF en mars dernier (vote militant sur la désignation du candidat mais aussi sur l’éntuelle participation du parti au gouvernement).

Pour les militants syndicaux et/ou politiques que nous sommes l’important n’est pas les "personnalités" mais les moyens que nous nous donnons pour faire reculer le capital. Or, le sens du gouvernement JM Ayrault est parfaitement donné par Pascal Canfin dans l’Huma daté du 18/05/12 : "Puisque les politiques d’austérité ne marchent pas, assouplissons-les." C’est tout à fait cohérent avec ce que Hollande a toujours défendu et ce n’est pas en contradiction avec ce qu’Aubry a toujours défendu. On est en revanche très loin de "dette indigne" ou de "l’humain d’abord".

Le FdG n’est à ce stade qu’un potentiel, une bannière ouverte regroupant des sensibilités se retrouvant sur l’essentiel mais ne voulant pas abdiquer pour autant sur leurs identités respectives. Démocratie et Socialisme a toute sa place au sein du Front de Gauche et peut l’aider à aboutir son objectif : devenir un Front du peuple comparable à ce que fut le Front populaire. Alors, même si rien ne dit que nous réussirons car il n’est pas de déterminisme, CAMARADES, TRAVAILLONS ENSEMBLE !

Bonjour,

Le fonctionnement du PCF est totalement différent de celui du PS. Les adhérents sont de vrais militants. Au PS c’est plus flou, il y a sans doute pas mal de cotisants mais peu de militants.Il n’y a qu’à voir le nombre de personnes qui assistent régulièrement aux réunions de section ! d’ailleurs je me suis mis à faire la même chose, je préfère rester le soir chez moi à regarder des séries américaines à la télé plutôt que d’aller en réunion.

Cordialement

 Tout redevient possible ! 16 mai 2012, par Patick Albert
Pour quelle raison le Front de Gauche irait dans le gouvernement alors qu’il s’est prononcé clairement contre le traité qui veut institutionnalisé une austérité permanente. En effet, Hollande est maintenant relativement clair sur le TSCG en indiquant qu’il s’agit de le compléter avec un volet croissance. Il n’est pas question de refuser de le ratifier.Les dirigenants allemands ne s’y trompe. Comme le dit le vice-président du groupe parlementaire de la CDU, il s’agit de rhétorique. Mais sur le fond rien ne change. D’ailleurs Hollande n’arréte pas de répéter qu’il va falloir s’attaquer aux déficits. On sait où ont mené ces politiques (voir la Grece, l’Espagne...).
 Tout redevient possible ! 16 mai 2012, par jpp
Le Font de Gauche a des candidats contre ceux du PS et il n’y a pas d’accord électoraux entre PS et Front de Gauche par apparemment il y en a entre PS et PCF.
 Tout redevient possible ! 17 mai 2012, par QUILLERE
Eh oui, c’est l’éternelle question, comment imposer sa politique quand on est minoritaire ? Refuser de participer au gouvernement est il le bon choix, mais alors c’est refuser de faire entrer des sensibilités qui peuvent influencer les décisions, c’est refuser de faire avancer le débat au sein de la gauche. Pourquoi VALS aurait plus sa place que Mélenchon ou Laurent au sein du gouvernement, sans parler des verts ou des radicaux.... Des différences il y en aura toujours et c’est tant mieux, car c’est la meilleure façon de coller aux aspirations de salariés. Nous avons donc intérêt à une gauche unie dans le combat et dans la gestion de l’état au service des salariés. Le Front de gauche, ne doit pas voir ses propositions comme un obstacle ou une condition à l’unité, mais comme une chance pour la gauche et donc doit se battre pour être partout ou ce débat est important, au gouvernement aussi. Pour battre la droite les électeurs de Mélenchon ont voté massivement Hollande, ne les décevons pas par une division, ou un refus de diriger qu’ils ne comprendront pas
 Tout redevient possible ! 19 mai 2012, par LZAGO
Le Front de Gauche n’est pas un parti mais une bannière regroupant plusieurs partis. C’est un rapprochement progressif de cultures politiques différentes qui reste ouvert afin de permettre à d’autres d’y entrer. Le corpus idéologique doit être cohérent mais Démocratie et Socialisme n’y détonnerait pas (en tout cas nettement moins qu’au PS). Chaque formation décidera donc pour elle-même sur une éventuelle participation. La démarche communiste est dictée par la procédure du vote militant : à l’issue des législative les militants se prononceront. Cela nous permet de ne pas fermer la porte au PS bien que nous constatons chaque jour que les conditions ne sont pas réunies (Hollande et Ayrault ne sont pas Filoche et Lienemann).
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Au boulot ! La chronique de Gérard Filoche dans l'Humanité Dimanche