Démocratie & Socialisme
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Éditorial de "la lettre de D&S" n°122 - 5 juin 2012

Parachever le vote du 6 mai

jeudi 7 juin 2012

 

Les 10 et 17 juin prochain, il faudra parachever le vote du 6 mai dernier. Cela signifie, en tout premier lieu, qu’il faudra, en juin, tout faire pour qu’il y ait la même mobilisation des électeurs de gauche qu’en mai. Ce n’est pas acquis. Le poids de l’élection présidentielle est tel que beaucoup ne considèrent plus ces élections législatives que comme une simple formalité. Cela risque de faire le jeu de la droite.

Éviter les majorités à géométrie variable

Le FdG, le PS et EELV ne sont malheureusement pas parvenus à conclure un accord électoral à trois pour les prochaines élections législatives. C’est tout à fait regrettable, notamment à Hénin-Beaumont face à Marine Le Pen, comme dans la 2ème circonscription des Pyrénées-Atlantiques, face à François Bayrou.

Le PS a passé des accords électoraux bilatéraux avec EELV, le PRG et le MRC qui aboutissent à ce que, dans une centaine de circonscriptions, il n’y ait pas de candidat du PS face aux candidats d’EELV, du PRG ou du MRC. Le PS, le PRG et EELV participent au gouvernement de Jean-Marc Ayrault. Le MRC a conclu un accord de législature avec le PS.

Le 17 juin, Jean-Marc Ayrault devra disposer d’une majorité à l’Assemblée nationale afin d’appliquer la politique qui, pour le moment, a obtenu l’accord d’EELV, du PRG et du MRC. Il sera donc nécessaire de voter, dès le 10 juin, pour les candidats du PS ou soutenus par le PS, présentés par EELV, le PRG ou le MRC.

Il n’y a pas d’autre solution pour éviter des majorités à géométrie variable comme celles qui avaient suivi les élections législatives de 1988. Le Parti socialiste n’avait pas obtenu la majorité absolue. Michel Rocard, Edith Cresson, Pierre Bérégovoy avaient alors appliqué leurs politiques en faisant voter les lois, soit avec le PCF comme force d’appoint, soit avec l’UDC ou le MDR, la droite camouflée en « centre » (les Bayrou du moment), comme autre force d’appoint. Le tout couronné par des « gouvernements d’ouverture » où figuraient nombre de ministres de droite tels que Durafour, Soissons, Pelletier, Durieux ou Baumet.

Le résultat de cette politique a été sans appel en 1993 : un raz-de-marée bleu. Ce sont les retraites (la fin des 37,5 annuités dans le privé qui a servi de levier à la tentative de contre-réforme de 1995 et aux contre-réformes de 2003 et 2010) et l’Ecole publique (la loi Bayrou qu’un million de manifestants à Paris en janvier 1994 a obligé la droite à retirer) qui ont, aussitôt, été en ligne de mire. Ce serait bien pire en 2017, avec la crise que connaît l’Union européenne, un FN à 18 % et une UMP de plus en plus poreuse aux idées et à la politique du parti de Le Pen.

Après le 17 juin, il faudra un gouvernement unitaire de toute la gauche basé sur un accord politique

Un gouvernement de toute la gauche, devra inclure le Front de Gauche, comme l’a proposé Jean-Marc Ayrault. Ne nous y trompons surtout pas : soit la gauche sera capable de répondre aux aspirations du salariat et de faire reculer la misère sociale sur laquelle prolifèrent le FN et l’UMP, soit la gauche perdra la bataille. Et c’est l’ensemble de la gauche qui sera perdante, comme elle a perdu les élections législatives au Royaume-Uni, en Allemagne, en Espagne, au Portugal et en Grèce où, le 6 mai dernier, la première formation de gauche, SYRIZA n’est arrivée qu’en deuxième position, derrière le parti de droite Nouvelle Démocratie.

Se mettre en réserve de la République, se poser en recours de la gauche, tabler sur un échec de François Hollande serait un pari extrêmement dangereux pour le salariat et la gauche toute entière.

Un gouvernement de toute la gauche, au contraire, permettrait d’élargir la majorité parlementaire et fermerait la porte du gouvernement à Bayrou dont l’objectif est de dresser, face à tout mouvement social, un gouvernement « d’ouverture » ou « d’union nationale » aligné sur les volontés de la Finance.

C’est le gouvernement qui devra d’abord agir pour faire gagner toute la gauche, en encourageant la mobilisation sociale et en s’appuyant sur elle pour faire face aux pressions (qui se font déjà extrêmement fortes) des marchés financiers, des banques, du patronat, de la Commission européenne et de la droite européenne.

Le 10 juin : pas une voix ne doit manquer aux candidats soutenus par le PS (présentés par PS, PS-EELV, PS-PRG ou PS-MRC)

Le 17 juin : pas une voix ne devra manquer aux candidats de gauche (PS, FdG, EELV, PRG, MRC) arrivés en tête.

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Forum
 Parachever le vote du 6 mai 9 juin 2012, par Odile BANKOWSKI
Parachever le vote du 6 mai, c’est donner une majorité de gauche face à l’opposition de droite à l’Assemblée nationale. Mon vote du 6 mai pour F.Hollande n’a pas été un vote d’adhésion à son programme, ce choix politique je l’avais exprimé au 1er tour. J’ai donc contribué à flanquer dehors Sarko et sa clique avec le bulletin qui me restait face à NS, celui de F. Hollande. La gauche est diverse et, pour moi, les conditions de la réussite d’un véritable changement passe par l’élection d’un nombre important de députés Front de gauche. Il ne faut pas oublier que l’apport de nos 4 millions de voix a été décisif dans l’élection de F. Hollande. J’en arrive à ce qui m’interpelle : entre les 2 tours des élections législatives, seront proposés au vote des parlementaires européens, 2 règlements complémentaires du traité merkozy imposant aux états membres de la zone euro à inscrire dans leur constitution nationale l’obligation de discipline budgétaire. Le 1er règlement donne à la commission européenne le pouvoir de surveillance des budgets, le 2e celui de sanctionner les états indisciplinés : pour faire court, charbonnier ne serait plus maître chez lui. Je vais donc être très attentive au vote des parlementaires de gauche. Le peuple a voté majoritairement pour un changement (et j’apprécie les 1ères décisions), pour un gouvernement dont l’action, dans la durée, sera en rupture avec tout ce qui s’est fait sous l’ère Sarko, c’est-à-dire un gouvernement qui ne se couchera plus devant les marchés financiers, les banques, le patronat, la commission de Bruxelles et ce gouvernement là pourra compter sur nous, le peuple de Gauche.
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