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Chercheurs d’avenir contre Raffarin-réacLa recherche à la casse
vendredi 12 mars 2004
Après la grogne des enseignants et la fronde des intermittents du spectacle, c’est le monde de la recherche qui se mobilise pour lancer un signal d’alerte à la nation.
Jamais ce secteur s’est autant engagé : plus de 30 000 signatures à la pétition lancée par les chercheurs de Cochin, 10 000 manifestants , menace de démission collective des directeurs de laboratoire... La mobilisation des scientifiques, limitée du fait de leur nombre, ne peut certes affecter immédiatement la vie de nos concitoyens. Pourtant, l’avenir de la recherche conditionne de façon décisive, celui du pays. Le gouvernement Raffarin peut mépriser un mouvement par nature non massif. Mais la nation ne doit pas ignorer ce cri d’alarme d’un secteur déterminant pour son avenir. Face à cette réalité, la situation de la recherche en France est contrastée. D’un côté notre pays a une recherche qui bénéficie dans le monde d’une bonne réputation. Ses grandes institutions, l’Inserm, le Cnrs, l’Inra, les Labos Universitaires ont une reconnaissance internationale dans des domaines majeurs. Sur le papier, la France consacre plus de 1,03 % de son Pib à la recherche et fait mieux que la plupart des pays d’Europe. Mais, depuis plusieurs années l’engagement public en faveur de la recherche s’est affaibli. Et depuis deux ans les chercheurs subissent un effondrement de leurs moyens financiers à l’heure où doit se préparer la relève des générations. La recherche française, incapable de retenir ses jeunes cerveaux n’a pas les moyens de faire face aux enjeux futurs, en particulier en biologie. De même, la France ne soutient pas suffisamment la micro électronique et les nano technologies qui conditionnent directement l’avenir de toutes les branches industrielles de la prochaine décennie. Lorsque nous apportons à ce secteur moins de 200 Millions d’Euros, le Japon engage I,2 milliard de dollars et les Etats-Unis de 3 à 4 milliards de dollars d’argent public. Ces disparités annoncent des décrochages irrémédiables aux lourdes conséquences industrielles qui, selon la formule de l’économie Elie Cohen, « feront basculer notre pays du stade de l’innovation à celui de l’imitation ». Si on ajoute à ces données l’effort massif en faveur de la recherche et de l’enseignement supérieur engagé par les deux grands pays milliardaires en habitants, la Chine et l’Inde, la première dans la conquête spatiale et les biologies, la seconde dans les sciences de l’information, on imagine la nouvelle géographie économique du monde de demain. Un dogmatisme à courte vue Quant à la gauche, en quête d’une légitimité qui reste encore à construire, elle doit poser les questions fondatrices d’un grand projet pour la recherche, point central de l’innovation des sociétés modernes. Cela signifie concrètement des réponses à quelques grandes questions : Nous sommes donc bien loin de simples revendications catégorielles d’une corporation agitée par des états d’âme. Les questions posées par les chercheurs sont fondamentales pour l’avenir de la nation. Elles peuvent être l’occasion d’une démarche démocratique exemplaire. Le travail de refondation qui s’impose à la gauche doit nous conduire à ouvrir aussi ce chantier là. Claude Saunier (sénateur socialiste des Côtes d’Armor) |
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