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Produire moins bien et consommer plus

L’obsolescence programmée

Article paru dans la revue D&S de janvier 2017

mardi 31 janvier 2017 par Margaux Denantes

 

En France, l’obsolescence programmée est devenue officiellement un délit (loi de transition énergétique de 2015). C’est une avancée, mais avec une application bien complexe car le processus s’est généralisé avec des entreprises qui multiplient les nouveaux modèles.

L’obsolescence programmée est un processus par lequel les fabricants rendent un appareil caduque, en le rendant inutilisable ou « passé de mode ». Ce processus visant à réduire la durée de vie des produits, pensé dans un contexte alors même que les ressources naturelles paraissaient illimitées, s’est intensifié aujourd’hui.

Des industriels rusés

Ces trente dernières années, dans les pays riches, les industriels et les distributeurs ont gagné leur pari, celui de rendre indispensable l’acte d’achat de produits neufs, dans un rythme toujours plus soutenu. Entre l’indisponibilité des pièces détachées ou la sophistication des appareils, entre l’incompatibilité entre les produits ou la fragilité excessive de certaines productions, les industriels ne manquent pas d’imagination pour rendre les appareils cassables et non réparables. La publicité prend fait et cause pour eux, argumentant auprès des consommateurs, non pas sur la qualité ou la durée de vie des produits, mais plutôt en mettant en avant le goût pour le nouveau.

Des conséquences catastrophiques

Les déchets ménagers ne cessent d’augmenter. Une tonne de déchets équivaut à la consommation, en amont, de 100 tonnes de ressources naturelles. Aujourd’hui, nous en consommons 50% de plus qu’il y a 30 ans. Par ailleurs, la production de nouveaux biens de consommation, comme les téléphones portables, a fait exploser les besoins en métaux. Dans les pays les plus pauvres, l’impact sanitaire s’amplifie. Comme au Pérou, où les populations, qui connaissent pourtant le manque d’eau, utilisent cette ressource pour exploiter les mines de cuivre. L’OMS a également observé des teneurs en plomb excessives dans le sang des enfants vivant à proximité des mines de cuivre. En Chine, la présence de minerais rares, utilisés dans les appareils de haute technologie, a permis le développement d’entreprises où tout semble permis. Les suicides en chaîne de salariés [1]] au sein du groupe Foxconn ont dramatiquement mis en lumière des conditions de travail insupportables.

Des solutions ?

Acheter d’occasion, donner, louer ou mutualiser un appareil, s’avère un moyen utile et économe de lutter contre le gaspi. Ce faisant, nous rendons aux produits leur valeur initiale, celle de rendre un service. L’acte d’achat est ainsi dissocié de l’envie d’accumuler et de posséder des biens. Les groupes industriels doivent être amenés à développer les services, à côté de l’objet. En 2015, la loi Hamon a obligé les fabricants à afficher leur capacité à fournir les pièces détachées indispensables à l’utilisation d’un bien. Sauf que les fabricants qui ne proposent pas de pièces détachées n’ont, eux, aucune contrainte. Ils peuvent continuer à proposer sur le marché leurs produits, sans malus.

Imposer la réparation comme critère de mise sur le marché, ainsi qu’une durée de vie minimale du produit, pourraient être des solutions nouvelles, compatibles avec l’exigence écologique. Remettre au centre du jeu la durabilité du produit, parier sur l’économie de la réparation et encadrer la publicité rendraient aux biens leur vocation, celle de nous rendre service, pas celle de nous emprisonner dans un cycle marchand, d’accumulation des produits. Avec moins de profits pour les actionnaires ?

L’histoire commence en 1924, quand les gros fabricants de l’époque décident de contrôler la production des ampoules incandescentes en réduisant leur durée de vie. L’un des premiers théoriciens de l’obsolescence programmée est Bernard London. Dans un article de 1932, il présentait l’obsolescence programmée comme un moyen de sortir de la dépression économique. En réduisant la durée de vie des produits des entreprises, on oblige ainsi les ménages à augmenter leur consommation pour relancer l’économie. On cite souvent l’exemple des machines à laver pour illustrer ce phénomène d’obsolescence programmée : dans les années 1950, celles-ci étaient faites pour résister plusieurs décennies alors qu’elles ne survivent plus que quelques années de nos jours. Depuis le processus s’est généralisé jusqu’à en devenir un outil de profit pour les entreprises qui multiplient les nouveaux modèles à l’image de l’iPhone d’Apple.

En savoir plus :

Obsolescence programmée : quand la loi ne suffit pas, c’est aux citoyens d’agir, sur consoglobe.com

Notes

[1] [Article Foxconn sur wikipedia->https://fr.wikipedia.org/wiki/Foxconn

Forum, nombre total de sujets : 5
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Forum
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