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Point de vue : Pour permettre à la gauche d’être au second tour : Benoît
Hamon devrait se désister en faveur de Jean-Luc Mélenchon

jeudi 13 avril 2017 par Jean-Jacques Chavigné

 

J’ai milité pour des primaires de toute la gauche et des écologistes, allant du président de la République à Jean-Luc Mélenchon. J’ai persévéré dans cette voie après que François Hollande ait jeté l’éponge.

Bien que mon candidat, Gérard Filoche, ait été éliminé de la primaire de la gauche, sous le prétexte de règles de parrainage à géométrie très variable, je suis allé voter à la primaire. Au 1er tour, j’ai glissé un bulletin Arnaud Montebourg dans l’urne, après avoir appelé à voter pour ce candidat. Au second tour, j’ai appelé à battre Valls, et j’ai glissé un bulletin Benoît Hamon dans l’urne après avoir appelé à voter pour ce dernier.

Fort de la victoire de Benoît Hamon et de sa promesse de proposer l’unité à Jean-Luc-Mélenchon, j’ai milité pour une candidature unitaire de la gauche sur un programme commun, déjà en grande partie écrit par les deux candidats, tant leurs convergences étaient grandes.

J’estimai, alors, que le candidat à la présidence de la République devait être Benoît Hamon et que Jean-Luc Mélenchon devrait être Premier ministre. Pourquoi ? Parce que Benoît Hamon l’avait emporté dans une primaire à laquelle avait participé plus de 2 millions d’électeurs de gauche et que sa position, plus centrale au sein de la gauche, me paraissait faire de lui le plus apte à unifier la gauche et à incarner le « vote utile ».

J’ai, en même temps, écrit de nombreux articles pour décortiquer les programmes de François Fillon et de Marine Le Pen. Pour montrer, aussi, en quoi le soi disant candidat « et de droite et de gauche », Emmanuel Macron, était un candidat de droite, un néolibéral de la plus belle eau, cherchant, à grand peine, à le dissimuler sous une peau d’agneau, pourtant taillée à sa mesure par les médias dominants.

Deux faits m’ont amené à changer d’avis, concernant la forme que prenait l’unité de la gauche.

Le premier est le peu de succès des lettres, des pétitions et des rassemblements en faveur de l’unité des deux candidats de gauche, alors que 75 à 78 % des électeurs de gauche souhaitent un candidat commun.

Le second est la montée en puissance de Jean-Luc Mélenchon dans des sondages de plus en plus fiables au fur et à mesure que s’approche le scrutin du 1er tour. En une semaine, Jean-Luc Mélenchon atteint 19 % des intentions de vote, fait jeu égal puis dépasse François Fillon, alors que Benoît Hamon se retrouve à 9 %.

J’ai alors compris que les électeurs de gauche avaient parfaitement conscience des enjeux du scrutin et qu’ils ne voulaient pas subir pendant cinq ans les attaques de l’extrême droite ou de la droite, que cette dernière porte le visage de Fillon ou celui de Macron.

J’ai compris, également, que ces électeurs avaient parfaitement conscience qu’avec deux candidats à 12 ou 13 % au premier tour de la présidentielle, la gauche n’avait pas la moindre chance d’être au second tour. Le nombre d’électeurs socialistes déplaçant leur intention de vote de Benoît Hamon vers Jean Luc Mélenchon progresse. Les électeurs de gauche sont donc en train d’imposer, à leur façon, dans les faits, avec une rare intelligence et avec le seul moyen dont ils disposent (leur bulletin de vote) un candidat unique de la gauche qui n’était pas le mien : Jean-Luc Mélenchon.

Ce qui m’importe, au total, dans cette élections décisive, est qu’un candidat de gauche soit au second tour, batte Marine Le Pen et emporte la présidentielle. Je suis donc bien obligé de constater que les 9 % dont Benoît Hamon est crédité dans les sondages ne serviront à rien. Jean-Luc Mélenchon est devenu le « vote utile » à gauche. Il suffirait que la moitié des électeurs de Benoît Hamon votent pour Jean-Luc Mélenchon et ce dernier serait au second tour, en passe d’emporter la présidentielle.

Je suis donc obligé de tirer la seule conclusion qui s’impose : Benoît Hamon devrait se désister en faveur de Jean-Luc Mélenchon. Et il devrait le faire de tout urgence pour créer une dynamique de rassemblement de la gauche, ramener à gauche tous ceux qui, en désespoir de cause, voulaient voter Macron pour faire barrage à le Pen et encourager à retrouver le chemin du vote tous les électeurs de gauche qui s’abstenaient depuis 2013.

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