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L’eau, bien commun de l’humanité

mardi 18 avril 2017 par Margaux Denantes

 
Nous reproduisons ici un article paru dans la rubrique « écologie » de la revue Démocratie&Socialisme de mars 2017.

En 2013, l’OMS [1], recensait quelques 768 millions de personnes, n’ayant pas accès à l’eau potable, soit 11 % de la population mondiale. Ce chiffre en baisse (ils étaient plus de 20 % il y a vingt ans) souligne les avancées en Asie, en matière d’accès à l’eau. Même chose du côté de l’Afrique sub-saharienne, où les progrès sont notables, mais inégaux.

Au Sud du Sahara, les progrès en terme d’accès à l’eau domestique en effet très différents selon les régions habitées, creusant encore le fossé des inégalités, notamment entre les personnes vivant dans les zones rurales et celles vivant dans les villes.

À celui de l’accès effectif à l’eau à usage domestique, s’ajoute l’enjeu des réserves d’eau, partout dans le monde, dont on estime qu’elles fondent comme neige au soleil. Son utilisation accrue pour les besoins agricoles et industriels menace, en effet, des régions entières de raréfaction de la ressource. Au moins un mois par an, en Inde, au Bengladesh, en Chine, ou encore au Mexique, les besoins en eau sont deux fois plus importants que les disponibilités, provoquant des privations dangereuses pour les populations. Si les inégalités entre pays persistent, aucune partie du globe n’est cependant épargnée.

Industries et qualité de l’eau

Si l’usage industriel n’est pas nécessairement source d’épuisement des réserves d’eau, certaines firmes industrielles sont, elles, clairement responsables du manque d’eau dans certaines régions du monde ! Les firmes de soda par exemple, au premier rang desquels Coca-Cola, ont besoin de trois verres d’eau pour fabriquer un verre de soda. En 2014, les autorités indiennes ont ordonné la fermeture de l’usine Coca-Cola de Varanasi, dans le nord de l’Inde et condamné la firme à rétablir les niveaux des eaux prélevées dans les nappes phréatiques. L’Inde compte toujours une soixantaine d’usines Coca-Cola...

Les données ne sont pas nouvelles mais la période à laquelle les réserves en eau pourraient être épuisées semble diminuer. Paradoxe, alors que la terre se vide de ses réserves d’eau douce, la demande ne cesse d’augmenter. C’est ainsi que nous puisons dans les nappes phréatiques d’eaux jeunes à vitesse grand V. Selon une étude de l’Université de Victoria, seulement 6 % des eaux souterraines peu profondes auraient été renouvelées ces cinquante dernières années [2].

Ces nappes peu profondes combineraient deux éléments de fragilité. D’une part, elles sont davantage soumises à la pollution et aux effets liés au changements climatiques (hausse des températures et baisse des précipitations). D’autre part, elles sont la source de puisage du tiers de la planète en eau de consommation, d’exploitation agricole et industrielle.

À quand le jour d’après ?

« Le jour du dépassement » [3] illustre bien ce phénomène qui, malheureusement ne concerne pas que les réserves d’eau. Calculé par l’ONG Global Footprint Network, le jour du dépassement est la date théorique où toutes les ressources renouvelables où été épuisées, nous contraignant à pomper dans les réserves naturelles, non renouvelables. Elle donne à voir de la raréfaction des ressources. Si en 1986, le jour de dépassement tombait le 31 décembre, en 2016, il tombait le 8 août !

La capacité à faire évoluer ces chiffres ne peut reposer sur les personnes qui doivent toutes et tous pouvoir accès à l’eau, en quantité suffisante pour l’utilisation domestique (eau potable, eau sanitaire). Seuls des changements radicaux dans les usages industriels et agricoles notamment, permettront, demain, la préservation de l’eau. De manière schématique, c’est l’irrigation agricole qui consomme le plus d’eau (69 % des usages contre 23 % pour l’industrie et 8 % pour la consommation domestique). Interdire les comportements néfastes et investir dans la recherche, cela reste prioritaire.

Notes

[1] Rapport OMS-UNICEF « Progress on sanitation and drinking water », mise à jour de 2013

[2] Publié dans Nature Geoscience en mai 2015

[3] En anglais, « Earth overshoot day »

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