Démocratie & Socialisme
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SNCF : Matraquage anti-service public !

mardi 27 décembre 2005
 
 

Nous connaissons un déchaînement médiatique contre les cheminots sans précédent. La direction de la SNCF adopte une communication agressive (tracts aux usagers), les médias ne sont pas en reste. Nous publions des extraits d’un mail adressé à la rédaction de radio-France par un cadre SNCF, attaché au service public, après l’émission " Radio-Com " afin de tenter de rétablir quelques vérités.

" 1°) – La "prime" : La somme de 160 € initialement "promise" par la Direction de la SNCF était une somme moyenne, devant être attribuée dans le cadre d’un accord sur l’intéressement, de manière différenciée selon les "résultats" des services et des agents. L’action des cheminots a obtenu que la gratification d’exploitation traditionnellement versée en juin soit doublée cette année (soit environ 120 € de plus pour CHAQUE cheminot).

Certes, c’est bien peu…mais c’est tout à fait différent de l’esprit de l’intéressement…

2°) – ID TGV : Il ne s’agit en aucun cas d’une filiale "chargée" de gérer le système Internet de la SNCF mais d’une "Agence de Voyages" virtuelle, commercialisant les produits Voyageurs de la SNCF en utilisant, comme peut le faire n’importe quelle Agence de Voyages accréditée, le système Internet géré par la maison-mère, mais en pratiquant des prix concurrençant le réseau de vente "normal".

Quel intérêt ? me direz-vous. Eh bien l’isolement comptable et gestionnaire d’une activité de produit, à titre d’expérimentation et en vue d’une privatisation, comme il a été fait aux PTT avec les produits financiers, le courrier, les télécoms…

3°) – RFF : vous avez présenté les choses comme si RFF était une garantie de la propriété et du financement publics des infrastructures ferroviaires. En fait, il s’agit de l’application d’un Directive Européenne (91-440), imposant la séparation de l’Infrastructure de l’Exploitant-Transporteur, en vue de l’ouverture des lignes ferroviaires à la concurrence privée et internationale. Les biens et les missions transférés, à RFF, lors de sa création, en 1997 appartenaient auparavant directement à l’Etat (Domaines) et étaient confiés, par délégation, à la SNCF. Un projet de Loi vient d’être déposé en vue du financement privé des infrastructures(…).

Il s’agit là, (…) du moyen de libéraliser – déréglementer le rail comme il a été fait, par exemple, du transport aérien, du réseau de télécommunications ou, plus récemment, du réseau des énergies électrique et gazière.

4°) – Trafic Fret International : vous stigmatisez l’arrêt et l’attente aux frontières des conteneurs bloqués sur des trains "nationaux". Mais, dois-je vous rappeler que depuis les années qui ont immédiatement suivi la Libération, il existait des accords internationaux entre Etats et Sociétés Ferroviaires Européennes qui ont permis d’effectuer un trafic marchandises trans-frontalier au moins égal à quatre fois celui que l’on connaît actuellement ? Les seules contraintes étaient le changement d’agent de conduite (et de locomotive, parfois) à la frontière…

ce qui est beaucoup moins difficile à mettre en œuvre que la nécessaire mise à des normes techniques internationales de sécurité, d’alimentation énergétique de la traction…à moins que la véritable raison des blocages des accords précités pour leur substituer les règles de la concurrence type "OMC" ou "Directive Bolkestein" ne résident en la volonté d’importer dans les système ferroviaire européen les même conditions de travail pour les cheminots que celles qui sont actuellement applicables au travailleurs des transports routiers. "