Démocratie & Socialisme
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D&S, la revue

D&S, la revue, créée en décembre 1992, 17 ans d’existence

D&S existe depuis dix-sept ans et a été l’essentiel de ce temps le mensuel de la Gauche socialiste. Son comité de rédaction publie cette revue pour animer le débat d’idées, et mener les débats, actions et campagnes nécessaires pour ancrer à gauche le Parti socialiste. D&S veut mobiliser les militants socialistes pour rénover le parti, en faire un véritable instrument démocratique de lutte pour la transformation sociale.

D&S est une équipe militante, essentiellement basée sur une expérience syndicale, et implantée dans les luttes et revendications du salariat, privé et public. Son comité de rédaction en est la direction (pour en comprendre l’histoire et la composition : lire la liste des biographies de ses membres ci-jointe sur ce site ; et lire aussi « Syndicalistes ! » paru de Syllepse en 2008, ainsi que « Mai 68, histoire sans fin » aux Ed. Flammarion puis Jean Claude Gawsevitch, 1998, 2008)

D&S veut l’unité de toute la gauche. D&S veut l’unité syndicale. Il y a un seul salariat, il devrait y avoir une seule gauche. La « théorie » des « deux gauches » est une argutie de division. La théorie qui dit qu’il faut une « gauche de la gauche » est une voie sans issue. Ceux qui refusent de classer le PS à gauche appauvrissent non seulement eux-mêmes mais la gauche tout entière. Jamais rien de grand dans ce pays ne s’est fait sans l’unité de toute la gauche. Dans tout mouvement pour l’unité, il y a une radicalisation : l’unité ne peut se faire sur des mots d’ordre sociaux-libéraux. C’est le mouvement unitaire de toute la gauche qui peut faire avancer le programme authentiquement socialiste pour lequel nous luttons.

De 1995 à 2000, D&S a joué le rôle de mensuel de la Gauche socialiste. Un des premiers débats conduit par D&S en 1995-96 fut d’amener la gauche socialiste, (Jean Luc Mélenchon et Julien Dray avaient voté « oui » à Maastricht en 1992) à s’opposer nettement à l’Europe libérale et a défendre une autre Europe, sociale, démocratique, laïque, fédérale, par la voie d’une Assemblée constituante. Cela fut réussi dans un texte qui s’appela « tourner la page de Maastricht », fut soumis au vote des socialistes lors de la première convention de mars 1996, et il obtint une majorité absolue : 52 % des voix !

Ce fut une période de construction qui a malheureusement été interrompue par les querelles personnelles et divisions de deux dirigeants, Jean-Luc Mélenchon et Julien Dray, qui ont mis en avant leurs intérêts et visions propres au lieu du travail collectif du courant. Ainsi ont-ils impitoyablement scissionné la gauche socialiste en été 2002. D&S a lutté contre cette division de la gauche socialiste de toutes ses forces autour des « thèses de Nantes » approuvées par un dernier vote unanime en fin août 2002. Puis D&S a travaillé à reconstruire ce qui avait été si scandaleusement brisé.

Après le 21 avril et lors de la préparation du Congrès de Dijon 2003, les animateurs et militants abonnés se sont partagés entre les motions « Nouveau parti socialiste » et « Nouveau monde » : ils ont agi pour le rapprochement politique des deux courants et pour que l’orientation du parti se tourne vers le mouvement social.

D&S a milité, a contribué puis s’est félicité du rapprochement entre "Nps" (Benoît Hamon, Arnaud Montebourg, Christian Paul, Vincent Peillon), « Forces militantes » (Marc Dolez) et Nouveau Monde (Henri Emmanuelli, Jean Luc Mélenchon, Pascal Cherki, Isabelle Thomas, Michel Vergnier, Eric Thouzeau, Jean-Jacques Chavigné, Gérard Berthiot…) : le samedi 10 avril 2004 un grand meeting dynamique a réuni les trois courants à la Halle Carpentier pour le « non » au TCE.

D&S a fortement milité pour que le PS prenne position pour le « non » au traité constitutionnel européen : il s’en est fallu de peu puisque 42% des voix le 1er décembre 2004, en interne, on pris cette juste position. En fait, ce vote a été manipulé, et si la démocratie avait été respecté, c’est une majorité pour le « non » qui serait apparue ce jour-là, comme cela avait déjà le cas en mars 1996 lorsque le parti avait librement voté le texte de la GS « il faut tourner la page de Maastricht ». Si les grandes fédérations n’avaient pas manipulé le vote, s’il avait été démocratique, le « non » l’aurait logiquement emporté, la gauche aurait été unie, et nous aurions gagné la présidentielle autour du premier secrétaire socialiste !

D&S a mené campagne en résonance avec la majorité des électeurs socialistes qui se sont prononcés à 59% pour le « non » le 29 mai 2005 (en fait c’était ça le vrai vote interne, il s’est « libéré » dans les urnes) . Ce jour là, les 55% de « non » étaient composés d’une majorité écrasante de la gauche active, des ouvriers, des employés, des cadres, des jeunes, des femmes… Quel dommage que non seulement la direction du PS ait voté « non » mais ait choisi ensuite de « sanctionner » ceux qui avaient eu raison en faisant gagner cette juste cause… Elle n’a pas su, pas voulu reconnaître le sens noble et majoritaire, évident, du vote du 29 mai 2005 confortant durablement une division interne, alimentant de longues querelles d’orientation et de personnes…

Puis, après le 29 mai 2005, NPS a commencé à se diviser sous l’impact de Vincent Peillon, D&S à contribué à fonder "Alternative socialiste" (Henri Emmanuelli, Marc Dolez, Gérard Filoche) estimant qu’elle était un pas pour une forte gauche du Parti socialiste, capable de peser sur lui... Cela a donné naissance à la motion 5 au congrès du Mans.

D&S militait aussi pour le rapprochement avec la motion 2 (Laurent Fabius, Jean Luc Mélenchon, Marie Noëlle Lienemann…), de façon peser puissamment au sein du PS à la veille de la présidentielle.

Mais la “synthèse” du congrès du Mans a été imposée en novembre 2005 – notamment par un accord entre Vincent Peillon et Henri Emmanuelli, contre plus de 80% des adhérents, militants de leur propre motion 5. La motion 2 s’y est ralliée (Laurent Fabius, Jean-Luc Mélenchon, Marie-Noëlle Lienemann), contre l’avis d’un grand nombre de ses militants. Cela a été une catastrophe, décevant les efforts et les volontés agissant et convergeant depuis plus d’une décennie dans le sens d’une forte gauche socialiste ancrant le parti à gauche, en liaison avec le mouvement social.

Motion 2 et motion 5 faisaient 47% des voix à elles deux : après et à cause de la « synthèse » le candidat issu de ces deux motions, Laurent Fabius, n’a obtenu que moins de 20% des voix à la désignation des voix en novembre 2006 à la présidentielle. La montée de la gauche au sein du PS jusqu’en 2005 a donc été cassée à ce moment-là par la synthése et la voie a été ouverte à la désignation d’une candidate comme Ségolène Royal.

D&S avec Force militante (Marc Dolez) ont été les seuls à refuser cette synthèse ! Puis D&S et FM ont proposé un accord avec les amis d’Arnaud Montebourg, qui l’ont refusé le 11 janvier 2006...

Dés lors, le courant FM-D&S a fusionné, (décembre 2005) pour rassembler les forces éparses de la gauche socialiste, et se fixant comme objectif de reconstruire une gauche des socialistes capable de tirer les leçons du 21 avril 2002, du 29 mai 2005 et des mouvements sociaux de 2003 (retraites...) à 2006 ( CPE...) Voici, en douze points, les références principales de D&S du « manifeste » qui a alors été adopté (avril 2006) et qui résume correctement les positions de D&S :

- Pour la mondialisation des droits opposée à la globalisation libérale, inégalitaire, opposée à la marchandisation de l’ensemble des biens et activités humaines. Pour un internationalisme, « un autre monde » respectueux de l’égalité entre les peuples et les humains, de la démocratie, de la paix, des droits des travailleurs. Pour la protection de l’écosystème planétaire, pour un développement durable.

- Pour mobiliser contre les guerres « préventives » du gouvernement nord-américain, contre ses coups de force impérialistes. Pour une gouvernance mondiale pluraliste avec une Onu rénovée, démocratisée, ou l’OIT, l’OMS, l’OME aient des pouvoirs réels qui s’imposent à l’Omc.

- Pour une Europe sociale, démocratique et fédérale, dont l’élargissement, les institutions soient conditionnés au respect des droits sociaux, démocratiques (salaire minimum européen, droit du travail aligné par le haut,...), et de la laïcité, par opposition à un vaste marché déréglementé, libéral, marchand, et bancaire.

- Pour la défense et l’extension de l’ensemble de nos services publics, santé, école, équipements collectifs, transports, communications, énergie, le refus de l’ouverture d’EDF au capital privé, le retour de France Telecom dans le domaine public, la nationalisation de l’eau.

- Pour la défense et l’extension de nos acquis sociaux par une politique de redistribution des richesses et de combat contre les inégalités. Pour une réforme de la fiscalité républicaine directe et progressive, contre les taxes indirectes et injustes socialement.

- Pour la priorité au recul du chômage de masse, pour que la réduction de la durée du travail à 35 h hebdomadaires sans perte de salaire soit étendue à tous les salariés du public et du privé, avec embauches correspondantes, et avec amélioration et respect des lois du travail face au marché.

- Pour une hausse des salaires directs et indirects, à commencer par le Smic, sur lequel les minima conventionnels doivent être alignés, et permettre des progressions du pouvoir d’achat par des « conférences annuelles » sur les salaires.

- Pour que la volonté politique l’emporte sur l’économie et l’être humain sur l’argent, pour que la puissance publique se dote des moyens de dire « stop » aux licenciements abusifs et boursiers.

- Pour que nos retraites par répartition à 60 ans, à taux plein, soient protégées et renforcées, pour l’abrogation des mesures Balladur, les 37,5 annuités pour tous afin que l’égalité public-privé soit restaurée et que le montant des pensions par répartition soit maintenu à un taux de 75% garanti, calculé sur les 10 meilleures années, indexée sur les salaires, pour ne pas laisser de place aux fonds de pension par capitalisation.

- Pour la démocratie sociale le contrôle des syndicats sur la gestion des cotisations sociales, le retour à de véritables élections démocratiques aux Caisses de protection sociale. Pour une règle majoritaire dans la signature d’accords de branche ou d’entreprise, pour une redéfinition démocratique des critères de représentativité, de financement des syndicats, des droits nouveaux (droit de veto) pour les institutions représentatives du personnel.

- Pour une lutte contre les ghettos, la misère sociale, l’insécurité libérale, qui sert à désocialiser les pauvres en les faisant vivre dans la peur des violences de toutes sortes, pour le démantèlement des zones de non-droit, pour la lutte contre les accidents du travail et de la route, la destruction du tissu social, associatif, et pour une politique de « sécurité sociale globale » incluant tous les éléments d’éducation, de prévention, et de fermeté nécessaires.

- Pour une remise en cause des institutions antidémocratiques de la Ve République, un régime authentiquement parlementaire, une VIe « République sociale », la réhabilitation de la politique et de la citoyenneté, contre la concentration des médias et des biens culturels, pour un système électoral plus juste et proportionnel, la limitation des mandats en nombre et en durée, la parité femmes-hommes réelle. Contre une décentralisation qui sert au démantèlement de la République en réduisant le domaine de la loi républicaine par la contractualisation des rapports entre les collectivités locales et avec l’État.

D&S avec Forces militantes a contribué au mouvement massif contre le CNE et le CPE, dés le début, et pendant toute la période des grandes mobilisations de février-avril 2006. La victoire sociale contre Chirac-Villepin-Sarkozy en avril 2006 confirme que la victoire plus large contre le libéralisme était à l’ordre du jour et la présidentielle de 2007 était gagnable à condition d’avoir un programme capable d’unifier et de mobiliser la gauche.

FM-D&S a élaboré collectivement, rédigé, et publié le 29 avril 2006 un “projet socialiste” “Pour une VIe République sociale”, propositions pour une alternative antilibérale, soumis, à la veille des échéances électorales au débat du Parti socialiste, au vote de ses militants, au débat de toute la gauche.

Ce document de référence (spécial D&S n°134, avril 2006) est téléchargeable ici :

PDF - 980 ko
Pour une VIe république sociale
(pour impression)
PDF - 588.3 ko
Pour une VIe république sociale
(pour consultation écran, avec signets)

Mais le « projet socialiste » de juillet 2006 quoique amendé par D&S (qui y a ré introduit les 35 h, la retraite à 60 ans, la défense du droit du travail, la priorité à la hausse des salaires…) n’était pas à la hauteur. La candidature de Ségolène Royal s’est alors imposée faute de débat politique de fond depuis la débâcle de la synthèse.

Lors de la campagne présidentielle, les amis de Forces militantes n’ont pas voulu mener campagne pour la candidate socialiste face au candidat Sarkozy. Au contraire D&S a essayé de tout faire pour que la candidate gagne, en dépit des limites sociales évidentes de son discours. FM a alors rompu avec D&S.

En vue du congrès de Reims, D&S a alors recommencé opiniâtrement à se battre pour reconstruire une gauche socialiste capable d’être incontournable dans le PS. D&S a tenté de regrouper les militants de « Trait d’union » (Jean Luc Mélenchon) de « Forces militantes » (Marc Dolez) de « Changer » (Marie Noëlle Lienemann) et de ce qui restait de NPS (Henri Emmanuelli, Benoit Hamon, après les départs de Peillon et d’autres…).

D&S a publié une contribution qui a obtenu en septembre 2008 la signature de 600 militants, et a œuvré pour mettre d’accord sept contributions de gauche différentes et construire la « motion C » appelée « un monde d’avance ».

Contribution "redistribuer les richesses" :

PDF - 1.2 Mo
Contribution à télécharger

« C’est un accord historique » s’est alors écrié Jean-Luc Mélenchon.

Oui, c’était un nouveau pas en avant pour reconstruire la gauche du parti socialiste !

Cette motion a effectivement connu un grand succès et obtenu 20 % des voix, 10 000 signatures et même 25% des voix pour Benoît Hamon devenu son porte-parole. La motion C a été indispensable pour que Martine Aubry soit élue face à Ségolène Royal et pour qu’une majorité se constitue au sortir du congrès de Reims.

Le combat continue, alors que le capitalisme connaît la plus grave crise de son histoire, pour une gauche en capacité d’ancrer tout le parti socialiste dans une démarche d’unité de toute la gauche et d’œuvrer pour une transformation sociale profonde.

D&S a défend son programme de 2006, ré actualisé dans un programme d’action d’urgence dans le n° de janvier 2009. D&S a publié des livres sur la Sécu, sur les retraites, sur la défense du droit du travail, sur le salariat... Chaque mois D&S se veut, non pas une revue théorique, mais une “praxis”, c’est à dire de la théorie illustrée, vivante, incarnée, en pratique.


“Démocratie & Socialisme” est un mensuel socialiste qui a pour fonction de répondre à l’actualité sociale et politique en lien avec les mouvements sociaux ; ancrer le PS à gauche et contribuer à l’unité de ses courants de gauche, fait partie de ses priorités.

Ce mensuel est un outil indispensable à l’information, la réflexion et l’action de centaines de militants politiques, de centaines de militants syndicaux.

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